Maladies cutanées

Psoriasis

L’origine inflammatoire du psoriasis demeure mystérieuse. Des études ont montré des modifications du microbiote chez les patients.

Le psoriasis touche environ 2% de la population à tous les âges de la vie. La maladie se caractérise par une inflammation chronique de la peau. Elle survient chez des personnes génétiquement prédisposées à la faveur de facteurs favorisants, physiques ou psychologiques. Cette inflammation entraîne un emballement de la prolifération des cellules de l'épiderme. Les kératinocytes se renouvellent en trois jours au lieu de vingt-huit avec anomalies des cellules. Dans 20 % des cas, il existe également une atteinte articulaire douloureuse1.

Un microbiote intestinal modifié

L’origine de l’inflammation reste inconnue mais les chercheurs ont constaté des différences entre le microbiote intestinal de sujets sains, celui de personnes atteintes de psoriasis seul et celles présentant un psoriasis avec arthrite. Cette observation suggère un rôle possible du microbiote dans les lésions cutanées et la genèse des arthrites (2). 

Des dysbioses différentes en présence d’arthrite

En cas de psoriasis, le microbiote intestinal est moins diversifié et moins riche en Coprococcus2. Dans les formes avec arthrite, il existe également une raréfaction de Ruminococcus et Akkermansia muciniphila, comme chez les personnes atteintes de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin2. Des recherches sont en cours pour savoir si les anomalies du microbiote intestinal précèdent l’apparition de l’arthrite, ce qui pourrait aider à un dépistage des sujets à risque et suggérerait un lien causal2.

Des traitements locaux et généraux

Selon sa sévérité, le traitement du psoriasis repose sur des traitements topiques (dermocorticoïdes et analogues de la vitamine D3), la photothérapie, ou des traitements généraux (rétinoïdes, méthotrexate, ciclosporine et biothérapies). Actuellement, des recherches sont en cours pour évaluer l’impact des probiotiques sur l'inflammation cutanée locale et sur la dysbiose.

Sources
1. Société Française de dermatologie. http://dermato-info.fr/article/Le_psoriasis
2. Scher JU et al. Decreased bacterial diversity characterizes the altered gut microbiota in patients with psoriatic arthritis, resembling dysbiosis in inflammatory bowel disease. Arthritis Rheumatol 2015; 67: 128-39.

Eczéma atopique

Il existerait une interaction complexe entre le système immunitaire cutané et le microbiote qui jouerait un rôle dans l’apparition de l’eczéma atopique. Sa modulation par des probiotiques est prometteuse en prévention.

L’eczéma atopique, plus communément appelé dermatite atopique, peut toucher jusqu’à 25 % des enfants et 7 % des adultes dans les pays industrialisés. Cette affection de type allergique se manifeste par une sècheresse et des lésions cutanées évoluant par poussées : rougeurs, démangeaisons, vésicules et croutes1

Des facteurs génétiques et environnementaux

Elle est liée à une prédisposition génétique entrainant des anomalies de structure de la peau ainsi qu’une hyperréactivité du système immunitaire. Entre 50 % et 70 % des patients qui souffrent de dermatite atopique ont un parent du premier degré qui en est atteint. Des facteurs environnementaux sont également soupçonnés de modifier l'équilibre du système immunitaire1

Le microbiote intestinal associé à l’atopie

Les microbiotes intestinal et cutané semblent contribuer à cette affection sans que les mécanismes soient clairement établis. Plusieurs études mettent en évidence une association entre le microbiote intestinal et l’allergie2 avec par exemple des modifications de celui-ci avant l’apparition d’un syndrome atopique3. Des dysbioses sont également présentes au niveau du microbiote cutané4. Il existe probablement des liens entre le microbiote intestinal et cutané via le passage des bactéries d’un tissu à l’autre ou encore via leurs interrelations avec d’autres organes tels que le système immunitaire et le cerveau5,6,7,8

Les promesses des probiotiques

Le traitement conventionnel des poussées de dermatite atopique repose sur l'utilisation de dermocorticoïdes, ou d’immunomodulateurs locaux pour les cas les plus sévères. La photothérapie a également montré son efficacité. 

Les recherches actuelles s’orientent sur la correction des dysbioses en prévention. La période néonatale parait particulièrement propice à l’induction d’une immunomodulation efficace pour diminuer le risque d’eczéma atopique. Une méta-analyse montre que l’administration de probiotiques comme Lactobacillus rhamnosus GG, à la femme enceinte semble prometteuse pour prévenir la dermatite atopique chez l’enfant9. Par ailleurs, plusieurs études ont mis en évidence l’intérêt de Lactobacillus salivarius dans la prise en charge de la dermatite atopique de l’adulte et de l’enfant10,11.

Sources
1.     Société française de dermatologie, http://dermato-info.fr/article/La_dermatite_atopique
2.    Candela M, Rampelli S, Turroni S, et al. Unbalance of intestinal microbiota in atopic children. BMC Microbiol 2012 ; 12 : 95. 
3.    Penders J, Thijs C, van den Brandt PA, et al. Gut microbiota composition and development of atopic manifestations in infancy: the KOALA Birth Cohort Study. Gut 2007 ; 56 : 661-7. 
4.    Dereure. Microbiome cutané et dermatite atopique : un second génome ? Réalités pédiatriques février 2015 ; 191 : 43-45
5.    Findley K, Grice EA. The skin microbiome: a focus on patho- gens and their association with skin disease. PLoS Pathog 2014 ; 10 : e1004436. 
6.    Collins SM, Bercik P. Gut microbiota: Intestinal bacteria influence brain activity in healthy humans. Nat Rev Gastroen- terol Hepatol 2013 ; 10 : 326-7.

7.    Bowe WP, Patel NB, Logan AC. Acne vulgaris, probiotics and the gut-brain-skin axis: from anecdote to translational medicine. Beneficial Microbes 2014 ; 5 : 185-199. 
8.    Arck P, Handjiski B, Hagen E, et al. Is there a “gut-brain-skin axis”? Exp Dermatol 2010 ; 19 : 401-5.

9.    Pelucchi C, Chatenoud L, Turati F, et al. Probiotics sup- plementation during pregnancy or infancy for the prevention of atopic dermatitis: a meta-analysis. Epidemiology 2012 ; 23 : 402-14. 
10.    Drago L. et al. Effects of Lactobacillus salivarius LS01 (DSM 22775) treatment on adult atopic dermatitis: a randomized placebocontrolled study. Int J Immunopathol Pharmacol. 2011;24:1037-48.
11.    Niccoli AA. et al. Preliminary results on clinical effects of probiotic Lactobacillus salivarius LS01 in children affected by atopic dermatitis. J Clin Gastroenterol. 2014;48 Suppl 1:S34-6.

Acné

L’acné principalement attribuée à des changements hormonaux, est également associée à un microbiote cutané particulier probablement influencé par l’axe intestin-cerveau-peau.

L’acné touche environ 80 % des adolescents dont 15 % avec une acné sévère, et près de 25 % des adultes, en particulier des femmes. Elle se manifeste par une hypersécrétion de sébum et des anomalies de la kératinisation qui aboutissent à l’obstruction du follicule pilo-sébacé. Cela favorise la prolifération de Propionibacterium acnes et une inflammation. 

Le rôle du microbiote cutané

L’acné combine différents types de lésions dont les formes dépendent de la nature de la peau et de changements hormonaux. Mais des modifications du microbiote cutané sont aussi largement impliquées1. L’acné est en effet associée à un microbiote cutané particulier avec une surreprésentation de Propionibacterium acnes au niveau des glandes sébacées et des follicules pileux mais aussi de Staphylococcus epidermidis2,3. Les études actuelles portent sur l’analyse de ce microbiote et des facteurs de virulence produits par ces bactéries. 

L’axe intestin-cerveau-peau

Ces dysbioses cutanées pourraient également résulter de perturbations de « l’axe intestin-cerveau-peau ». Cette hypothèse fait l’objet d’un intérêt soutenu depuis plus de 80 ans4. Des travaux montrent par exemple la modulation, par le microbiote intestinal, de la sécrétion par le système nerveux de la substance P qui agit, entre autres, sur la peau5. Les arguments qui stimulent la recherche dans ce sens sont une surreprésentation des désordres psychologiques (stress, anxiété) chez les personnes touchées par l’acné, un taux accru de troubles fonctionnels intestinaux chez les patients ou encore des taux sanguins élevés de lipopolysaccharides1.

Des probiotiques à l’étude

A ce jour, la prise en charge repose sur des traitements locaux et une bonne hygiène de vie. Des pistes de traitement concernent également l’utilisation de probiotiques. Plusieurs essais randomisés contrôlés ont montré l’efficacité chez l’homme de quelques souches de lactobacilles avec des effets bénéfiques sur la barrière cutanée, la sensibilité cutanée, l’hydratation et les fonctions de l’épiderme6,7,8. Des essais ont été réalisés dans le traitement de l’acné avec Lactobacillus acidophilus et Lactobacillus paracasei4.

Sources
1.    Bipul Kumar et al. New insights into acne pathogenesis: Exploring the role of acne-associated microbial populations. Dermatologica sinica June 2016Volume 34, Issue 2, Pages 67–73
2.    Wang Y et al. Staphylococcus epidermidis in the human skin microbiome mediates fermentation to inhibit the growth of Propionibacterium acnes: implications of probiotics in acne vulgaris. Appl Microbiol Biotechnol. 2014 Jan;98(1):411-24
3.    Christensen GJ et al. Antagonism between Staphylococcus epidermidis and Propionibacterium acnes and its genomic basis. BMC Genomics. 2016 Feb 29;17:152
4.    Bowe W et al. Acne vulgaris, probiotics and the gut-brain-skin axis: from anecdote to translational medicine. Benef Microbes. 2014 Jun 1;5(2):185-99
5.    Bercik P et al. The intestinal microbiota affect central levels of brain-derived neurotropic factor and behavior in mice. Gastroenterology 2011 ; 141 : 599-609. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21683077
6.    Peguet-Navarro J, Dezutter-Dambuyant C, Buetler T, et al. Supplementation with oral probiotic bacteria protects human cutaneous immune homeostasis after UV exposure-double blind, randomized, placebo controlled clinical trial. Eur J Der- matol 2008 ; 18 : 504-11. 
7.     Gueniche A, Philippe D, Bastien P, et al. Randomised double-blind placebo-controlled study of the effect of Lactobacillus paracasei NCC 2461 on skin reactivity. Benef Microbes 2014 ; 5 : 137-45. 
8.    Philippe D, Blum S, Benyacoub J. Oral Lactobacillus paracasei improves skin barrier function recovery and reduces local skin inflammation. Eur J Dermatol 2011 ; 21 : 279-80.


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