Le microbiote oral au secours de la police scientifique ?

Selon une étude, la variation du microbiote orale pourrait servir d’indice aux enquêteurs dans leurs affaires médico-légales.

Avec plus de 1 000 espèces bactériennes, le microbiote oral est le 2ème plus important après celui de l'intestin. Tout comme ce dernier, il joue un rôle majeur dans la décomposition des corps après leur mort, et son analyse pourrait venir au secours de la police scientifique.

Des chercheurs ont étudié le microbiome post-mortem (ou thanatomicrobiome, le génome des bactéries après la mort) afin d'identifier les espèces bactériennes impliquées dans la décomposition du corps humain et décrire précisément les modifications successives du microbiote depuis le début de la putréfaction jusqu'à l'état de squelette.

Ils ont travaillé sur trois cadavres sur lesquels ils ont procédé à des prélèvements buccaux chaque jour, tout au long du processus de décomposition cadavérique séquencé en 5 étapes : frais, gonflé, désintégration active, désintégration avancée et restes secs putrides. Chaque cadavre a suivi ce processus à son rythme : décomposition du crâne à J6, J7 et J9, et réduction à l'état de squelette complet à J7, J9 et J11 respectivement.

L'analyse et le séquençage de l'ADN du microbiote oral ont permis d'identifier les bactéries qui se succèdent à chacune des 5 étapes de la décomposition des corps. Les auteurs ont observé que ces réarrangements de l'écosystème bactérien dépendent de la disponibilité en oxygène, qui évolue avec le temps. Ils ont l’intime conviction que l'analyse du microbiote oral pourrait servir à estimer relativement précisément l'heure du décès. Elémentaire mon cher Watson !*

 

Sources :
Adseria Garriga J., Quijada NM., Hernandez M., Lázaro DR., Steadman D., Garcia-Gil J. Dynamics of the Oral Microbiota as a Tool to Estimate Time Since Death. Mol. Oral. Microbiol. 2017 Jun 27. doi: 10.1111/omi.12191.