Le stress, transmis de mere en fille ?

Par quels mécanismes des bébés soumis in utero au stress maternel développent-ils, une fois adultes, des troubles anxio-dépressifs ?

C'est la question à laquelle a voulu répondre une équipe américaine dont les travaux sur des souris femelles sont publiés dans la revue "Brain, Behavior and Immunity". Pour cela, les chercheurs sont partis de plusieurs observations faites chez l'adulte :

  • Le stress entraîne une dysbiose intestinale associée à ces troubles ;
  • Des altérations du microbiote intestinal sont associées à la production de cytokines.
  • Le stress provoque la libération de cytokines, qui vont impacter certains facteurs de croissance neuronal essentiel au développement cérébral.

Leurs expériences menées sur des souris gestantes montrent un taux accru de cytokines  dans le placenta et le cerveau des souriceaux nés de mères stressées. A l'inverse, elles révèlent une baisse de facteurs de croissance neuronal dans le placenta maternel et dans une structure précise du cerveau des souris à l'âge adulte. Cette découverte suggère un impact durable du stress subi in utero sur le développement neurologique. Par ailleurs, une fois adultes, les souris soumises à un stress prénatal étaient nettement plus anxieuses et stressées que les autres, et présentaient une dysbiose intestinale semblable à celle de leur mère. Pour les auteurs, l'héritage, via l'axe intestin-cerveau, des microbes maternels appartenant au microbiote placentaire pourrait expliquer, en partie, la transmission de l'anxiété.

Sources : 
Tamar L. Gur et al. Prenatal stress affects placental cytokines and neurotrophins, commensal microbes, and anxiety-like behavior in adult female offspring. Brain Behav Immun. 2017 Aug;64:50-58. doi: 10.1016/j.bbi.2016.12.021.