Newsletter d'octobre 2017

Newsletter d'octobre 2017

Chers lecteurs, ces quelques phrases doivent vous donner envie de lire cette newsletter et vous guider au travers des articles rédigés par les experts que nous avons sollicités. Nous ne nous sommes pas trompés en décidant d’investir l’univers scientifique des Microbiotes. Microbiotes avec un « M » et un « s » tant le nombre de découvertes et d’articles illustrant l’importance des relations que nous entretenons dès notre naissance avec nos microbiotes (intestinal, gastrique, urologique, pulmonaire, etc.) est exponentiel.

Nous ne sommes pas égaux face au risque de maladies du foie. À consommation d’alcool équivalente ou bien à surpoids comparable, seule une faible proportion d’individus développera une hépatite, une cirrhose ou un carcinome hépatocellulaire.

Le Dr Anne-Marie Cassard et le Pr Gabriel Perlemuter (Clamart, France) décrivent ici comment le microbiote intestinal est apparu comme un cofacteur incontournable dans le développement des hépatopathies nutritionnelles : maladie alcoolique du foie (MAF) liée à la prise d’alcool et stéatopathie métabolique liée au surpoids, également appelée Non-Alcoholic Fatty Liver Disease (NAFLD).

Très peu de données existent sur le rôle du microbiote intestinal dans les processus de vieillissement. Le Pr Harry Sokol (Paris, France) nous commente les récents travaux de Han et al. montrant l’implication de certains gènes bactériens sur l’espérance de vie.

Ce sont les symptômes gastro-intestinaux présentés par les enfants autistes qui ont fait suspecter l’influence du microbiote sur la physiopathologie de la maladie. Le Pr Emmanuel Mas (Toulouse, France) nous décrit les résultats prometteurs obtenus par Kang et al. sur les troubles digestifs et comportementaux des enfants autistes après transplantation fécale de microbiote.

À travers sa revue de presse, le Pr Dinleyici (Eskisehir, Turquie) évoque la résistance à la chimiothérapie induite par Fusobacterium nucleatum dans le cancer du côlon, l’intérêt potentiel de certains probiotiques dans les maladies du foie et le rôle de marqueur diagnostique que pourrait jouer le microbiote intestinal dans certaines pathologies digestives. Enfin, le Pr Zakharenko (Moscou, Russie) nous propose sa sélection scientifique lors du congrès de l’European Society of Neurogastroenterology and Motility (24 - 26 août 2017 ; Cork, Irlande).

Bonne lecture !

Le microbiote intestinal influence la longévité

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L’homéostasie du microbiote intestinal a une influence majeure sur l’état de santé de l’hôte et le vieillissement. Le développement de probiotiques génétiquement modifiés représente une nouvelle voie thérapeutique prometteuse pour favoriser un vieillissement en bonne santé.

Dans cette étude, 3 983 mutants d’Escherichia coli ont été criblés et 29 gènes bactériens impliqués dans le vieillissement de l’hôte ont été découverts. Lorsque ces gènes étaient supprimés, la longévité de l’hôte (le ver Caenorhabditis elegans) était augmentée. Une douzaine de ces bactéries mutantes avaient également un effet protecteur vis-à-vis de la progression tumorale et l’accumulation bêtaamyloïde. Mécanistiquement, cinq de ces bactéries mutantes prolongeaient la longévité en induisant la sécrétion du polysaccharide acide colanique (AC), qui régule la dynamique mitochondriale et la réponse UPR (Unfolded Protein Response) chez l’hôte. L’administration de polymères d’AC purifié était suffisante pour augmenter la longévité via ATFS-1, un facteur de transcription activé par l’UPR. De plus, les changements mitochondriaux et les effets sur la longévité induits par l’AC sont conservés entre les espèces. Globalement, ces résultats identifient des cibles moléculaires pour le développement de micro-organismes et de métabolites microbiens augmentant la longévité en agissant sur les mitochondries de l’hôte.

Un traitement pa r transfert de microbiote modifie l’écosystème et améliore les symptômes digestifs et comportementaux dans l’autisme : une étude en ouvert

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Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) sont des troubles neurobiologiques complexes qui altèrent les interactions sociales et la communication et conduisent à des comportements, des intérêts et des activités limités, répétitifs et stéréotypés. Les causes de ces troubles sont encore mal comprises, mais le microbiote intestinal, c’està- dire les 1013 bactéries contenues dans les intestins humains, a été mis en cause car les enfants présentant des TSA présentent souvent des problèmes gastro-intestinaux (GI) qui sont en corrélation avec la sévérité des TSA. Plusieurs études antérieures ont signalé des bactéries intestinales anormales chez les enfants présentant des TSA. Le lien entre le microbiome intestinal et les TSA a été testé dans un modèle murin de TSA dans lequel le microbiome était lié de manière mécanique aux métabolites et aux comportements anormaux. De même, une étude menée chez des enfants présentant des TSA a montré qu’un traitement oral par antibiotiques non absorbables améliorait, bien que temporairement, les symptômes GI et de TSA. Ici, un petit essai clinique mené en ouvert a évalué l’impact du traitement par transfert de microbiote (TTM) sur la composition du microbiote intestinal et les symptômes GI et de TSA chez 18 enfants ayant reçu un diagnostic de TSA.

Le TTM a impliqué un traitement antibiotique de 2 semaines, une purge intestinale, puis une transplantation de microbiote fécal prolongée en utilisant une dose initiale élevée suivie par des doses d’entretien quotidiennes plus faibles pendant 7 à 8 semaines. L’échelle d’évaluation des symptômes gastro-intestinaux (Gastrointestinal Symptom Rating Scale) a révélé une réduction d’environ 80 % des symptômes GI à la fin du traitement, y compris des améliorations significatives des symptômes de constipation, diarrhée, indigestion et douleurs abdominales. Les améliorations ont persisté 8 semaines après le traitement. De même, les évaluations cliniques ont montré que les symptômes de TSA se sont améliorés de manière significative et cette amélioration a persisté 8 semaines après la fin du traitement.

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Compréhension actuelle de la relation entre le microbiote intestinal et le foie

La relation intime entre le foie et le tractus gastro-intestinal est bien connue. En se basant sur nos connaissances, bien qu’incomplètes, de la composition du microbiote intestinal et de son rôle, de nombreuses études ont récemment été publiées sur le lien potentiel entre la composition du microbiote intestinal et la maladie hépatique chez les animaux et chez l’homme.

Un nouvel espoir pour les patients atteints de cancer : cibler le microbiote

Mesurer et/ou modifier la composition du microbiote intestinal (principalement Fusobacterium nucleatum) pour améliorer le traitement du cancer colorectal. Le cancer colorectal est l’un des cancers les plus fréquents dans le monde. Les progrès réalisés dans le contrôle de la maladie pourraient être accélérés en augmentant le recours au dépistage à l’âge de 50 ans (ou même plus tôt).

Évaluation du microbiote pour le diagnostic des troubles gastro-intestinaux

Des études récentes ont observé que la dysbiose intestinale est associée aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) et au syndrome de l’intestin irritable (SII), ainsi qu’à d’autres facteurs tels que la susceptibilité génétique de l’hôte. L’évaluation de la composition du microbiote intestinal, grâce au séquençage de nouvelles générations, a facilité l’analyse et a produit des informations taxonomiques fiables.

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Retour de congrès

NeuroGASTRO 2017

Cork, Irlande

NeuroGASTRO 2017, le congrès de la Société européenne de Neurogastroentérologie et de Motilité, a eu lieu récemment à Cork (Irlande), une ville chargée d’histoire.

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Le BMI en bref

Le Biocodex Microbiota Institute, référence internationale sur les microbiotes

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