Diabete de type 2 : des résistances aux traitement dues au microbiote

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Un nouveau type de traitements est proposé depuis plusieurs années aux personnes atteintes de diabète type 2 : les analogues du GLP-1 (pour glucagon-like peptide 1) qui activent, au travers de l’axe intestin-cerveau, la sécrétion d’insuline. Ces médicaments présentent plusieurs avantages (perte de poids, faible risque d’hypoglycémie…) ; cependant tous les patients n’y sont pas sensibles de la même manière, et certains y sont même totalement résistants. Une « injustice biologique » à laquelle des chercheurs toulousains viennent d’apporter une explication, qu’ils situent au niveau du microbiote intestinal.

L’équipe de Rémy Burcelin, de l’Université Paul Sabatier, a en effet montré, par de nombreuses expériences chez la souris , que les dysbioses intestinales (en particulier au niveau de l’iléon) induites par un régime trop riche en graisses pouvaient être à l’origine d’une diminution de la sensibilité du système nerveux entérique au GLP-1. Pour preuve, notamment : la prise d’antibiotiques diminuait la réponse au GLP-1 chez les souris saines, tandis qu’elle l’améliorait chez celles présentant une dysbiose. Certaines bactéries favoriseraient donc l’activation du système nerveux entérique par le GLP-1, tandis que d’autres l’entraveraient, potentiellement du fait de leur capacité variable à métaboliser certains acides aminés, ou de leur influence sur le pH intestinal.

Les chercheurs espèrent que leur découverte permettra à l’avenir d’améliorer la prise en charge du diabète de type 2, en particulier pour les patients actuellement résistants aux analogues du GLP-1.

 

Sources :
Grasset E., et al. A Specific Gut Microbiota Dysbiosis of Type 2 Diabetic Mice Induces GLP-1 Resistance through an Enteric NO-Dependent and Gut-Brain Axis Mechanism. Cell Metabolism. 2 mai 2017. http://www.cell.com/cell-metabolism/fulltext/S1550-4131(17)30218-8?_returnURL=http%3A%2F%2Flinkinghub.elsevier.com%2Fretrieve%2Fpii%2FS1550413117302188%3Fshowall%3Dtrue