Infection par C. difficile : le rôle du virome à l’étude

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La transplantation fécale est une thérapie reconnue dans le traitement des infections par Clostridium difficile (CD) surtout pour les cas résistants aux antibiotiques où l’on obtient près de 90 % de réussite. Lors du transfert du microbiote fécal, outre le microbiote bactérien du sujet sain, c’est aussi l’ensemble du virome (composé entre autres de bactériophages) qui est également implanté chez le receveur avec de possibles incidences sur le microbiote de ce dernier. Des chercheurs chinois ont ainsi étudié le lien entre le transfert de ce virome et la réussite du traitement. Pour cela, les auteurs se sont concentrés sur les bactériophages Caudavirales en les caractérisant par séquençage. Ils sont parvenus à montrer que les sujets porteurs de CD avaient plus de Caudavirales mais que ceux-ci étaient moins diversifiés que chez un individu sain. En apportant un microbiote complet (bactéries et phages) chez le sujet malade, une diminution significative de l'abondance de Caudovirales a été observée. La guérison est en outre obtenue lorsque les bactériophages Caudovirales issus du donneur occupent une grande fraction du virome entérique chez les patients. Ces résultats montrent que les infections par CD se caractérisent par une dysbiose entérique du virome et que les bactériophages Caudovirales ont un rôle à jouer dans l'efficacité du traitement par transplantation fécale.

 

Sources :
Zuo T. et al. Bacteriophage transfer during faecal microbiota transplantation in Clostridium difficile infection is associated with treatment outcome. Gut. 2017 May 24. pii: gutjnl-2017-313952. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28539351