Le microbiote des expectorations renseignerait sur le cancer du poumon

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Le microbiote présent dans les expectorations pourrait devenir un outil de dépistage du cancer du poumon. C’est ce que suggère une étude pilote anglaise. Le cancer du poumon, l’un des plus fréquent au monde, reste très meurtrier en raison notamment d’un diagnostic tardif. Le taux de survie à cinq ans est de 15 % sans progression significative depuis une trentaine d’années. Disposer d’outils de diagnostic précoce revêt donc une importance clinique de premier plan. Compte tenu du lien déjà établi entre certaines bactéries et certains cancers, des chercheurs se sont demandés si la composition bactérienne des expectorations pouvait renseigner sur la présence d’un cancer du poumon, voire sur le type de tumeur et son stade d’évolution. Pour cela, ils ont analysé les échantillons provenant de dix personnes présentant des symptômes évoquant un cancer pulmonaire.  Parmi les 10 personnes inclues dans l’étude, 4 ont finalement été diagnostiquées avec un cancer du poumon. L’analyse du microbiote présent dans les expectorations par séquençage génomique a révélé des différences significatives entre les deux groupes. L’abondance de Granulicatella adiacens et la présence de six autres espèces Enterococcus sp. 130, Streptococcus intermedius, Escherichia coli, Streptococcus viridans, Acinetobacter junii, et Streptococcus sp. 6 étaient notamment, positivement corrélées au cancer du poumon et renseignaient sur le stade d’évolution de celui-ci. Néanmoins, la taille restreinte de l’échantillon nécessite de confirmer ces résultats et de les approfondir pour tenter notamment d’obtenir des marqueurs du stade précoce pour ce cancer.

 

Sources :
Cameron SJS et al. A pilot study using metagenomic sequencing of the sputum microbiome suggests potantial bacterial biomarkers for lung cancer. PLoS One. 2017 May 25;12(5):e0177062