VIH : la flore vaginale module l’efficacité d’un traitement préventif

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La composition du microbiote vaginal influence l’efficacité d’un traitement topique à base de ténofovir en prévention de l’infection au VIH chez les femmes.  C’est ce que montrent des chercheurs qui ont analysé l’impact du microbiote vaginal sur la réponse à ce traitement dont l’efficacité pouvait varier de 0 et 40% selon de précédentes études publiées.


En étudiant le microbiote vaginal de 688 femmes d’Afrique du Sud non-infectées par le VIH et utilisant  un gel de ténofovir , ils ont mis en évidence deux groupes de femmes : l’un dans lequel le microbiote vaginal est largement dominé (à plus de 90 %) par le genre Lactobacillus et l’autre dans lequel ce genre est minoritaire (représentant moins de 30 % des bactéries) (femmes « non Lactobacillus »). Cette répartition bactérienne a d’ailleurs été retrouvée en population générale. Après deux ans et demi de suivi, les chercheurs ont observé une réduction du taux d’infection au VIH de 61 % dans le groupe « Lactobacillus »  et de seulement 18 % dans le  groupe « non Lactobacillus ». Leurs investigations ont montré que la concentration de ténofovir diminue rapidement une heure après l’application chez les femmes « non-Lactobacillus » et que cette baisse est négativement corrélée à la présence de Gardnerella vaginalis et d’autres bactéries anaérobies associées au risque de vaginose comme Prevotella. Le métabolisme de ces bactéries freinerait en fait l’absorption du ténofovir par les cellules cibles et sa conversion en molécule active. Ces résultats confirment l’importance du microbiote vaginal dans la réponse à ce traitement préventif et suggèrent d’en tenir compte à l’avenir pour améliorer son efficacité.

 

Bibliografia :
Nichole R. Klatt et al. Vaginal bacteria modify HIV tenofovir microbicide efficacy in African women. Science 356, 938–945 (2017)