Diabète de Type I5

S’il était connu que la destruction des cellules bêta-pancréatiques tenait à un phénomène d’auto-immunité, l’implication du microbiote intestinal dans ce processus est une découverte récente. Peut-être un nouveau tournant qui permettrait de compléter l’insulinothérapie, traitement de référence à l’heure actuelle dans le diabète de type 1.

Les études réalisées chez l’homme ne permettent pas encore d’élucider entièrement la relation de causalité entre le microbiote et le système immunitaire. Plusieurs études ont néanmoins montré que la diversité et la composition du microbiote intestinal étaient différentes entre un individu sain et un patient souffrant de diabète de type 1 (DT1) ou à risque de le développer. L’une des hypothèses énoncées serait l’augmentation de la perméabilité intestinale, entraînant chez les malades la présence accrue dans le sang de macromolécules dérivées de l’alimentation et des LPS (lipopolysaccharides, fragment de la paroi des bactéries à Gram négatif). En raison d’une effraction de la muqueuse, ces fragments bactériens provoqueraient la libération de cytokines pro-inflammatoires et aboutiraient à la destruction des cellules bêta-pancréatiques5.

INFLUENCE HORMONALE

Les hormones et le microbiote intestinal seraient par ailleurs associés aux maladies auto-immunes et pourraient affecter la réponse immunitaire. Le microbiote intestinal serait également à l'origine de l'effet protecteur de la testostérone observé chez les souris NOD7 mâles : en effet, les souris femelles NOD développent davantage la maladie que les mâles. Ainsi, de jeunes souris femelles NOD ont un risque diminué de développer un DT1 à la suite d’une greffe de microbiote provenant d’un mâle adulte. Les hormones sexuelles et certaines lignées bactériennes agiraient en commun par le biais de cytokines (IFN-γ et IL-1β) exerçant une action régulatrice de l'immunité, et limitant donc la disparition des cellules bêta-pancréatiques8 .

IMPACT DE L’ALIMENTATION

Certains liens entre alimentation et DT1 seraient, eux-aussi, liés au microbiote8 : par exemple, le fait de priver des souris de gluten entraîne, entre autres, une hausse de Treg et d’Akkermansia, bactérie globalement bénéfique pour le métabolisme. Une alimentation dépourvue de gluten jouerait donc un rôle dans la médiation des fonctions des cellules bêta-pancréatiques en modifiant le microbiote intestinal, ce qui pourrait influencer l’incidence du DT1. De plus, l’apport des micro-nutriments jouerait aussi un rôle dans le processus : l’acide rétinoïque, dérivé actif de la vitamine A, aurait une action protectrice contre la maladie. En inhibant la différentiation des Th17 pro-inflammatoires sous l’effet de l'IL-6 et en promouvant la différentiation des Treg anti-inflammatoires, il permettrait de contribuer à limiter l’incidence de la pathologie. Et, comme pour le diabète de type 2, un état pro-inflammatoire se déclare chez des souris nourries par une alimentation riche en gras9.

Vignette

7 Pour Non Obese Diabetic (sans rapport avec Nucleotide-binding Oligomerization Domain 2). Modèle couramment utilisé dans le DT1, issu d’une lignée de souris créées au Japon en 1980 dont les jeunes développent spontanément des symptômes mimant le DT1 humain (glycosurie, perte de poids…). http://www.animalresearch.info/fr/avancees-medicales/maladies-et-recherche/le-diabete/
8 Han H et al. Gut Microbiota and Type 1 Diabetes. Int J Mol Sci. 2018 Mar 27
9 Mélange d’huile de maïs, de graisses polyinsaturées et monoinsaturées, de lard, de graisses saturées à hauteur de 72 %, complété par 28 % de protéines, sans glucides