Immunothérapie et antibiotiques ne font pas bon ménage !

Le succès de l'immunothérapie dans le traitement des cancers serait lié à la composition du microbiote intestinal des patients, d'après une étude française.

Véritable révolution thérapeutique dans la prise en charge de certains cancers (mélanome métastatique, cancer du poumon, du rein ou encore de la vessie), l'immunothérapie se solde néanmoins par des échecs dans un certain nombre de cas.

Pour en comprendre la raison, des chercheurs français issus de plusieurs organismes publics ont collaboré et observé que les patients traités par immunothérapie et qui avaient dû suivre, auparavant, une antibiothérapie pour combattre une infection avaient une survie globale moins bonnes que les patients qui n'avaient pas recouru aux antibiotiques. Leur hypothèse ? Ces médicaments provoquent une dysbiose du microbiote intestinal, qui engendre une moindre efficacité de l'immunothérapie. Ils ont donc analysé le microbiote de patients avant puis pendant leur traitement par immunothérapie, et observé qu'une flore intestinale riche en Akkermansia muciniphila allait de pair avec une bonne réponse au traitement. La confirmation de leur hypothèse sur le rôle joué par ces bactéries dans l'efficacité de l'immunothérapie a été apportée par une étude menée chez des souris, objets d'une greffe fécale : seuls les animaux transplantés avec un microbiote favorable présentaient une évolution positive lorsqu’ils étaient traités par immunothérapie.

Les auteurs en concluent que la composition du microbiote des patients atteints d’un mélanome métastatique permet de prédire leur réponse à une immunothérapie. Cette découverte conforte l'intérêt du développement d'une approche thérapeutique combinant bactéries et immunothérapies.

Sources :

Routy B  et al. Gut microbiome influences efficacy of PD-1 based-immunotherapy against epithelial tumors. Science (2 novembre 2017)

http://science.sciencemag.org/lookup/doi/10.1126/science.aan3706