Newsletter mars 2018

Newsletter mars 2018

by Dr Maxime Prost "Directeur Affaires médicales France" / Stéphane Eifler "Directeur Affaires médicales internationales"

Chers lecteurs, depuis la découverte des antibiotiques au cours de la première moitié du XXe siècle, les preuves de leur efficacité dans la prise en charge des maladies infectieuses ont largement été établies. Leurs actions sur les bactéries pathogènes les rendent très souvent indispensables et parfois vitaux. Cependant, leur efficacité antibactérienne n’étant pas spécifique aux bactéries pathogènes, leur utilisation entraîne également un déséquilibre profond du microbiote intestinal à l’origine d’une dysbiose. Nous connaissons tous la diarrhée associée aux antibiotiques, conséquence à court terme de cette dysbiose post-antibiotique. Le Pr Yvan Vandenplas (Bruxelles, Belgique) évoque ici les récents travaux mettant en évidence le retentissement à moyen et long termes de la prise d’antibiotiques, notamment lorsque ces derniers sont administrés très tôt dans la vie.

 

Nombreuses sont les applications potentielles de la transplantation fécale. Le Pr Harry Sokol (Paris, France) détaille les résultats obtenus par l’équipe de M. Nieuwdorp chez des patients présentant un syndrome métabolique : la transplantation de selles provenant de donneurs minces améliore l’insulinosensibilité des patients obèses ayant un syndrome métabolique. Le procédé peut également s’avérer utile pour améliorer nos connaissances en physiopathologie : le Pr. Emmanuel Mas (Toulouse, France) commente ici ses derniers travaux montrant que le transfert de selles de nourrissons présentant des coliques à des souris induit une hypersensibilité viscérale. Ces résultats sont en faveur d’un mécanisme douloureux abdominal et de l’implication directe ou indirecte du microbiote intestinal dans la physiopathologie des coliques.

 

Le microbiote intestinal était à l’honneur lors du 30e congrès de l’European Helicobacter & Microbiota Study Group (7-9 septembre, Bordeaux) et de l’Asian Pacific Digestive Week (23-26 septembre ; Hong-Kong) : les Pr Francis Mégraud (Bordeaux, France) et Uday C. Ghoshal (Lucknow, Inde) reviennent sur les points essentiels. Enfin dans sa revue de presse, le Pr Ener C. Dinleyici (Eskisehir, Turquie) commente les dernières recommandations de la World Gastroenterology Organisation sur l’utilisation des prébiotiques et des probiotiques en pédiatrie et évoque les conséquences à court et moyen termes chez les nourrissons liées à l’antibioprophylaxie intrapartum. Très bonne lecture.

TRAITEMENT ANTIBIOTIQUE CHEZ LE NOURRISSON : CONSÉQUENCES À COURT ET À LONG TERMES SUR LE MICROBIOME

by Par le Pr Yvan Vandenplas - Chef du service de Pédiatrie, KidZ Health Castle, Bruxelles, Belgique

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Le microbiote intestinal humain fait référence à des micro-organismes vivant dans l’intestin dont le nombre a été estimé comme étant égal au nombre total de cellules humaines présentes dans l’organisme [1]. La colonisation microbienne de l’intestin humain commence in utero car des bactéries ont été trouvées dans le cordon ombilical, le placenta, le liquide amniotique et le méconium. Après la naissance, le tractus gastro-intestinal est colonisé par un microbiote qui se diversifie rapidement, et c’est au cours des premières années de la vie qu’un microbiome intestinal stable se met en place. La colonisation microbienne est déterminée par de nombreux facteurs tels que le microbiote maternel, le mode d’accouchement, l’alimentation et les médicaments tels que les antibiotiques et les inhibiteurs de la pompe à protons. Les antibiotiques détruisent non seulement les bactéries pathogènes, mais perturbent également profondément l’équilibre du microbiome gastro-intestinal. L’usage des antibiotiques a globalement augmenté de 36 % en une décennie, et ils représentent une cause connue de dysbiose [3]. Si les conséquences à court terme d’une dysbiose induite par les antibiotiques sont relativement bien connues, des données récentes apparaissent concernant les conséquences à long terme et font l’objet de cette revue.

L’AMÉLIORATION DE LA SENSIBILITÉ À L’INSULINE APRÈS TRANSPLANTATION DE MICROBIOTE FÉCAL DÉPEND DE LA COMPOSITION INITIALE DU MICROBIOTE DES RECEVEURS

by Par le Pr Harry Sokol - Service de gastro-entérologie et nutrition, Hôpital Saint-Antoine, Paris, France

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Le microbiote intestinal est impliqué dans l’insulinorésistance bien que les preuves concernant le lien de causalité soient limitées. Nous avons comparé l’effet d’une transplantation de microbiote fécal (TMF) provenant d’un donneur mince (allogénique) à celui d’une autotransplantation (autologue) chez des patients de sexe masculin avec syndrome métabolique. Alors qu’aucun changement métabolique n’a été observé à 18 semaines après TMF, la sensibilité à l’insuline était significativement améliorée à 6 semaines dans le groupe TMF allogénique et cela était associé à une modification de la composition du microbiote. Nous avons aussi rapporté des changements dans les concentrations de métabolites plasmatiques comme l’acide γ-aminobutyrique et montré que la réponse métabolique après TMF (définie comme l’amélioration de la sensibilité à l’insuline 6 semaines après TMF) s’observe chez les patients ayant une diversité microbienne réduite à l’état basal. En conclusion, les effets bénéfiques de la TMF de donneurs minces sur le métabolisme glucidique sont associés à des changements du microbiote intestinal et des métabolites plasmatiques et peuvent être prédits par la composition basale du microbiote du receveur.

LE CONTENU DE SELLES DE NOURRISSONS AYANT DES COLIQUES INDUIT UNE HYPERSENSIBILITÉ VISCÉRALE CHEZ LA SOURIS

by Par le Pr Emmanuel Mas - Gastro-entérologie et nutrition, Hôpital des Enfants, Toulouse, France

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La physiopathologie des coliques infantiles est mal comprise, bien que plusieurs études rapportent une dysbiose du microbiote intestinal chez les nourrissons souffrant de coliques. Nous avions pour objectif de tester l’hypothèse selon laquelle la dysbiose liée aux coliques est associée à une hypersensibilité viscérale déclenchée par une altération du contenu intraluminal. Des échantillons de matières fécales issus de 7 nourrissons souffrant de coliques et 7 nourrissons n’en souffrant pas ont été étudiés. Les surnageants fécaux ont été perfusés dans le côlon de souris C57/Bl6 (n = 10/échantillon). La sensibilité viscérale des animaux a ensuite été évaluée en enregistrant la réponse de leurs muscles abdominaux à une distension colorectale par électromyographie (EMG). Les activités des protéases à sérine et à cystéine ont été évaluées dans les surnageants fécaux à l’aide de substrats spécifiques. La composition du microbiote fécal des nourrissons a été analysée par extraction de l’ADN et pyroséquençage du gène codant l’ARNr 16S. Les surnageants fécaux des nourrissons souffrant de coliques ont déclenché une activité EMG plus importante que ceux des nourrissons ne souffrant pas de coliques en réponse à de plus grands volumes de distension colorectale et globalement, selon une évaluation basée sur l’aire sous la courbe de l’EMG pour tous les volumes de distension colorectale. La durée des pleurs des nourrissons corrélait fortement avec l’activité EMG chez les souris. La richesse et la diversité phylogénétique du microbiote étaient augmentées dans le groupe souffrant de coliques, sans présenter d’altérations importantes de la composition microbienne. Seules Bacteroides vulgatus et Bilophila wadsworthia étaient augmentées dans le groupe souffrant de coliques. L’abondance de Bacteroides vulgatus corrélait positivement avec la sensibilité viscérale. Aucune différence n’a été observée au niveau des activités des protéases.

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ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ 2017

by Par le Pr Ener Cagri DINLEYICI - Service de pédiatrie, Faculté de médecine de l’Université Eskişehir Osmangazi, Eskisehir, Turquie

En février 2017, conformément aux directives précédentes, les experts scientifiques ont évalué des publications récentes pour aborder l’usage basé sur des données probantes des probiotiques et des prébiotiques. Ces directives comprennent des informations élémentaires et résumées, y compris les définitions, la qualité, la nomenclature et l’éventail des produits contenant des probiotiques, ainsi que la sécurité d’emploi et le mécanisme d’action des probiotiques et des prébiotiques.

L’ANTIBIOPROPHYLAXIE INTRAPARTUM POUR TRAITER UNE INFECTION À SGB

Au cours de la petite enfance, la composition du microbiote a une influence importante sur la programmation immunologique et métabolique précoce qui peut prédisposer les enfants au risque de développer des maladies plus tard au cours de la vie. Les 1 000 premiers jours de vie représentent une période critique pour la vie entière et les événements précoces (mode d’accouchement, naissance prématurée, méthodes d’alimentation et consommation d’antibiotiques) peuvent avoir un impact sur le microbiote intestinal et nasopharyngé. Des études ultérieures récentes et prévues visent à évaluer d’autres facteurs de risque éventuels pendant la grossesse et après la période de la petite enfance.

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Retour de congrès

XXXth International Workshop

Bordeaux - France

Le 30e congrès du groupe d’étude européen sur Helicobacter et le microbiote (European Helicobacter & Microbiota Study Group) s’est tenu du 7 au 9 septembre 2017 à Bordeaux, où la première rencontre de ce groupe avait eu lieu en 1988.

ASIAN PACIFIC DIGESTIVE WEEK

Hong Kong

La compréhension du système digestif et des troubles intestinaux s’est récemment améliorée grâce à l’acquisition de connaissances sur le microbiote intestinal (MI) et la dysbiose. Lors de ce congrès, plusieurs aspects du MI ont été présentés et sont évoqués dans cet article.

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Le BMI en bref

Le Biocodex Microbiota Institute, référence internationale sur les microbiotes

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