La bronchite bactérienne persistante appauvrit le microbiote pulmonaire

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Le développement d’une bronchite bactérienne persistante présente un risque d’évolution vers une bronchite chronique chez le jeune enfant, tout particulièrement pré-scolarisé, et impacte par ailleurs la composition et la diversité du microbiote bronchique de ce dernier. Une découverte faite par une équipe anglo-australienne qui pourrait faciliter le diagnostic et améliorer la prise en charge de la pathologie.

 

La bronchite bactérienne persistante pose un problème diagnostique : elle est parfois confondue avec de l’asthme ou une infection virale récurrente. Se pose par ailleurs la question des répercussions de la maladie sur le microbiote bronchique, dont la composition et la diversité joueraient un rôle protecteur vis-à-vis de certaines affections broncho-pulmonaires. Pour approfondir le sujet, les chercheurs ont analysé le microbiote issu d’un brossage bronchique protégé de 24 enfants souffrant de bronchite bactérienne persistante et celui de 20 enfants en bonne santé.

Amélioration des pratiques, réduction micro-organique

L’étude avait deux principaux objectifs : identifier d‘éventuelles modifications du microbiote pulmonaire chez l’enfant malade, et démontrer l’égale efficacité d’un prélèvement par tube endotrachéal versus guidé par un bronchoscope (technique plus invasive). Ce second objectif « technique » a été atteint grâce la mise en évidence de populations microbiennes similaires pour les deux méthodes de prélèvement. À la clé : une piste pour réduire les actes invasifs chez le jeune patient. Concernant la composition du microbiote, une analyse par séquençage de l'ARN 16S a mis en évidence une diminution de la diversité avec une modification des populations bactériennes. L’équipe a ainsi identifié une dominance des Proteobacteria dans les prélèvements des patients avec une association significative d’Haemophilus et Neisseria à la maladie, suggérant que la bronchite bactérienne persistante est source de perturbation du microbiote bronchique. Une première étape pour mieux comprendre le rôle de ce dernier en vue de faciliter le diagnostic et de limiter l’impact et l’évolution de la maladie.

De la culture au séquençage en série ?

Information complémentaire intéressante : la méthodologie développée dans l’étude a permis aux chercheurs de remarquer que les souches identifiées par séquençage, comme la bactérie Neisseria, ne l’étaient pas au moyen des méthodes de détection microbiologique classiques. Bien que considérée comme non pathogène, ces bactéries colonisent la muqueuse nasopharyngée et auraient été impliquées dans des cas de pneumonie, BPCO* et maladies parodontales. Les auteurs ont donc mis en lumière les limites des techniques diagnostiques actuelles, qui orientent pourtant la stratégie thérapeutique, et montrent le microbiote comme un outil potentiel pour prévenir les rechutes de la maladie et limiter son évolution.

 

*BPCO : broncho-pneumopathie chronique obstructive

 

Sources :

L. Cuthbertson, V. Craven, L. Bingle, et al. : The impact of persistent bacterial bronchitis on the pulmonary microbiome of children. PLOS ONE, 27 décembre 2017.