L’influence maternelle sur la mise en place du microbiote fœtal

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Les interactions mère-fœtus ne sont pas toutes connues, particulièrement les interactions microbiennes dans le milieu préservé qu’est le placenta. Une équipe finlandaise explore l’influence maternelle sur le microbiote fœtal, dont l’intérêt immunologique reste à déterminer.

 

Le placenta humain a récemment été associé à un portage de bactéries immunologiquement bénéfiques comme les Lactobacilles et les Bifidobactéries. Cependant, l’influence et les effets de l’exposition bactérienne intra-utérine demeure méconnue. Les techniques invasives ne pouvant être réalisées chez la femme enceinte, les chercheurs ont étudié le méconium de nouveau-nés, qui serait le reflet du microbiome fœtal, pour évaluer l’impact des facteurs d’influence maternels intrapartum ainsi que celui des facteurs périnataux immédiats sur le microbiote du méconium.

La diversité bactérienne du méconium

Les échantillons de méconium ont permis de montrer une diversité bactérienne particulière. Ainsi, les Firmicutes étaient le phylum le plus abondant (abondance relative de 44 %), suivi des Protéobactéries, (28 %) et des Bacteroides (15 %). Devant les Bacteroides et les Streptococoques, les Staphylocoques étaient le genre le plus abondant (abondance relative de 15 %), particulièrement chez les enfants nés par voie vaginale, reflétant probablement les premiers effets du contact cutané per-partum.

Influence de l’environnement maternel

L’analyse multivariée a montré que la biodiversité de l’environnement dans lequel évolue la mère (le nombre d’animaux de compagnie à domicile est l’indicateur retenu) augmente la diversité microbienne fœtale. Cette diversité se fait au profit des Bacteroides et du genre Faecalibacterium. La consommation de probiotiques à base de lactobacilles pendant la grossesse augmenterait légèrement la présence du genre lactobacille. Ces résultats suggèrent donc un transfert in utero de bactéries entre la mère et l’enfant à naître.

L’environnement direct du nouveau-né sans effet

Comme le mode de délivrance, l’âge gestationnel, ou encore l’exposition aux antibiotiques pendant le travail, les facteurs périnataux n’ont étonnamment aucun effet sur la diversité microbienne du méconium. En revanche, la consommation d’antibiotiques de la mère pendant la grossesse a rendu la recherche d’ADN bactérien dans le méconium plus difficile. Même si le mécanisme de la colonisation bactérienne in utero est encore mal compris, il apparaît que le processus est altéré par l’administration d’antibiotiques chez la mère. Une médication qui influence la colonisation intestinale du fœtus et le transfert bactérien intra-utérin. Les effets immunologiques du microbiote fœtal devraient être source d’études futures, d’autant plus que l’exploration de l’exposition bactérienne in utero peut être réalisée de manière non-invasive.

 

Sources :

Terhi Tapiainen, Niko Paalanne, Mysore V Tejesvi, Pirjo Riikola M, Katja Korpela, Tytti Pokka, Jarmo Salo, Tuula Kaukola, Anna Maria Pirttila ̈, Matti Uhari, Marjo Renko. Maternal influence on the fetal microbiome in a population-based study of the first-pass meconium. Pediatric Research accepted article preview 14 March 2018; doi: 10.1038/pr.2018.29