Cancer : microbiote et efficacite des chimiotherapies

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Partant du constat que les premières lignes de traitement le contre le cancer présentaient une efficacité variable selon les patients, des chercheurs britanniques sont parvenus à montrer chez le nématode (vers rond dont de nombreuses espèces ont une vie parasitaire) que l’efficacité des fluoropyrimidines dans le cancer colorectal était conditionnée par la composition du microbiote de l’hôte. Leur modèle expérimental leur a en outre permis d’identifier les processus biologiques clés liant les voies bactériennes à l'efficacité du médicament.  Dans cette étude, les auteurs expliquent en effet que les bactéries du microbiote peuvent renforcer ou supprimer les effets des fluoropyrimidines par interconversion du médicament impliquant la vitamine B6, B9 et le métabolisme des ribonucléotides chez la bactérie. De plus, les perturbations observées au niveau des désoxynucléotides bactériens amplifient l'autophagie induite par les fluoropyrimidines (principalement le 5-fluorouracil) et la mort cellulaire dans les cellules hôtes. Une étude qui pourrait ouvrir la voie, chez l’homme, à l’identification des bactéries du microbiote également impliquées dans le métabolisme des molécules anticancéreuses et permettre, à terme d’envisager une supplémentation probiotique pour accompagner certains traitements anticancéreux.

Sources :
Scott TA. Et al. Host-Microbe Co-metabolism Dictates Cancer Drug Efficacy in C. elegans. Cell. 2017 Apr 20;169(3):442-456.e18.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/labs/articles/28431245/