Le microbiote intestinal, facteur prédictif de réponse aux anti-TNF alpha ?

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La caractérisation du microbiote intestinal pourrait permettre d’anticiper l’efficacité d’un traitement inhibiteur du TNF a chez les patients souffrant de spondylarthrite ankylosante. La présence de bactéries de l’ordre des Burkholderiales serait synonyme de meilleure réponse thérapeutique, d’après les résultats d’une équipe française.

 

La spondylarthrite ankylosante (SpA) est une maladie rhumatismale inflammatoire affectant principalement la colonne vertébrale et le bas du dos. Son étiologie commence à être décryptée : des facteurs génétiques et environnementaux (en particulier le tabagisme) ont notamment été identifiés, mais ils ne suffisent pas à expliquer l’ensemble des phénomènes physiopathologiques observés. Le microbiote intestinal et ses variations chez les sujets souffrants de spondylarthrite traités pour la première fois par un anti-TNF a* représentent à cet égard une autre piste.

Peu d’impact du traitement sur le microbiote

Le séquençage de l’ADN bactérien d’échantillons fécaux récupérés avant et trois mois après le début du traitement a permis de suivre l’évolution des populations intestinales de 18 sujets. Objectif : identifier d’éventuelles spécificités microbiennes, selon que la personne répondait - ou non - au traitement. Probablement en raison de sa faible puissance statistique, l’étude révèle in fine que la prise d’inhibiteur du TNF a n’entraîne qu’une faible modification de concentration des taxons les plus représentatifs : Firmicutes, Bacteroidetes, Tenericutes et Proteobacteria. Les patients non-répondants présentent toutefois des variations plus importantes dans la composition de leurs microbiotes intestinaux que les patients répondants, à 0 et 3 mois de traitement. Une différence qui pourrait être liée à une action de « normalisation », le microbiote des premiers étant initialement moins uniforme que celui des seconds.

Une bactérie comme biomarqueur de réponse positive

Le résultat le plus notable reste l’identification d’un taxon dont l’abondance à T0 est associée à une réponse clinique positive à trois mois : les bactéries de l’ordre des Burkholderiales (classe des Betaproteobacteria). Ces dernières pourraient donc représenter un biomarqueur permettant d’identifier en amont les patients susceptibles de répondre à un traitement inhibiteur du TNF a. Une opportunité potentielle d’améliorer la prise en charge de l’ensemble des malades tout en optimisant les dépenses de santé, mais qui demande une phase d’études prospectives.

 

*Les anti-TNF a sont des anticorps monoclonaux se comportant comme des récepteurs solubles du Facteur de Nécrose Tumorale alpha (TNFα), une cytokine possédant des propriétés pro-inflammatoires et des fonctions d’immuno-régulation.

 

Sources :

T. Bazin, K. Hooks, T. Barnetche, et al. Microbiota Composition May Predict Anti-Tnf Alpha Response in Spondyloarthritis Patients: an Exploratory Study, Nature Scientific Reports | (2018) 8:5446 | DOI:10.1038/s41598-018-23571-4