Sclérose en plaques : le rôle du microbiote intestinal confirmé

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Une greffe de microbiote intestinal issu d’un individu atteint de sclérose en plaques (SEP) chez la souris déclenche une neurodégénérescence auto-immune, confirmant le rôle de la flore intestinale dans cette maladie.

Le rôle du microbiote intestinal dans l’émergence de la SEP se confirme. Le lien existant entre bactéries commensales intestinales et pathologies auto-immunes a été démontré dans des modèles murins de la SEP. Dans cette étude allemande, les chercheurs ont recruté 34 paires de jumeaux monozygotes dont l’un des frères ou sœurs était malade et l’autre non. Un choix qui permet de s’affranchir de l’influence des facteurs génétiques et de réduire celle des facteurs environnementaux dans la survenue de la SEP. Au préalable, ils ont comparé les microbiotes fécaux: aucune différence majeure n’a été relevée si ce n’est un excès d’Akkermansia chez les sujets malades non traités. Pour tester la fonctionnalité de ces flores intestinales, cinq paires de jumeaux ont été sélectionnées. Le microbiote intestinal de chaque individu a été transféré chez des rongeurs prédisposés à l’encéphalomyélite auto-immune, modèle animal de la SEP. La maladie se déclenchait chez plus de 60 % des animaux ayant reçu la flore issue de sujets SEP contre 30 % chez ceux ayant reçu la flore de sujets sains.

L’analyse du microbiote intestinal des animaux greffés révèle un déficit accru en Sutterella chez les animaux ayant reçu le microbiote de sujet SEP. Or, la présence de cette bactérie est associée à une meilleure défense contre des maladies inflammatoires. Sur le plan immunitaire, l’étude montre un déficit de production d’interleukine 10 chez les animaux ayant reçu la flore « SEP ». En parallèle le blocage de cette cytokine chez les autres rongeurs recevant la flore « saine », augmente l’incidence d’encéphalomyélite auto-immune, suggérant un rôle de régulation de cette molécule dans les maladies auto-immunes du système nerveux central.

Ces travaux ouvrent la porte à d‘autres recherches en vue de découvrir au niveau du microbiote intestinal, les facteurs déclenchants ou au contraire protecteurs de la SEP.

Source :
Berer K et al. Gut microbiota from multiple sclerosis patients enables spontaneous autoimmune encephalomyelitis in mice.Proc Natl Acad Sci U S A. 2017 Sep 11. pii: 201711233. doi: 10.1073/pnas.1711233114.