Maladie d’Alzheimer : un rôle facilitateur du microbiote intestinal ?

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Des dysbioses du microbiote intestinal semblent être impliqués dans les mécanismes physiopathologiques de la maladie d’Alzheimer et accroitre le déficit cognitif.

 

Des travaux suggèrent l’existence d’un lien entre microbiote intestinal et maladie d’Alzheimer. Des chercheurs chinois ont comparé les microbiotes intestinaux et la microarchitecture intestinale au cours du temps chez des souris sauvages et chez des souris modèles de la maladie d’Alzheimer. Pour les 2 groupes, ils ont collecté des échantillons fécaux aux âges de 1, 3, 5- 6, et 8–12 mois et ont étudié la diversité et l’abondance des bactéries ainsi que l’impact de la composition des microbiotes intestinaux sur les voies de signalisation.

La composition du microbiote évolue en vieillissant chez tous les animaux. Toutefois des différences sont observées entre les deux groupes de rongeurs. Les souris « Alzheimer » présentent un excès de Proteobacteria à l’âge de 5-6 mois, et à 8-12 mois, un excès de Verrucomicrobia ainsi qu’un déficit en Ruminococcus et Butyricicoccus pullicaecorum. Ces dysbioses sont associées à l’altération d’une trentaine de voies de signalisation et/ou voies métaboliques et notamment la voie métabolique du butyrate, un acide gras à chaine courte (AGCC) à action probiotique qui participerait à la protection des neurones contre les processus inflammatoire. Ce phénomène associé à la baisse de B. pullicaecorum productrice de butyrate, a incité les auteurs à mesurer le taux en AGCC chez les souris de l’étude. Les souris « Alzheimer » présentaient un déficit en AGCC avec un taux bas au niveau cérébral corrélé à celui retrouvé dans les fèces.

Les auteurs ont également observé des dépôts amyloïdes dans les intestins des animaux modèles Alzheimer et ce, dès l’âge de 5 mois mais aussi des anomalies structurelles : filaments identiques aux plaques séniles du cerveau, villosités plus courtes et irrégulières et dégénérescences mitochondriales.

Pour les auteurs, ces dépôts et modifications structurelles favoriseraient les dysbioses du microbiote intestinal et participeraient ainsi au déficit en AGCC, et contribueraient à accroitre les symptômes cognitifs de la maladie.

 

Sources :

Zhang L et al. Altered Gut Microbiota in a Mouse Model of Alzheimer's Disease. J Alzheimers Dis. 2017;60 :1241–1257.