Le microbiote intestinal influencerait la résistance au sida

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Les VIH "Elite" ou "natural controllers" sont des patients séropositifs qui sans traitement ne développent pas de SIDA. Une étude hispano-suédoise révèle des différences importantes en termes de composition du microbiote intestinal.

 

Dans la très grande majorité des cas, l'infection par le VIH entraîne, en l'absence de traitement, le développement du SIDA. Mais chez une très faible (moins de 1%) minorité de patients infectés, appelés « Elite controllers », le virus ne se multiplie pas. Et si plusieurs facteurs génétiques ont déjà été identifiés pour expliquer cette « protection », une équipe de chercheurs suédois et espagnols ont étudié l’influence du microbiote intestinal sur cette spécificité.

Les scientifiques ont tout d'abord comparé la composition du microbiote intestinal de 16 « Elite controllers» à celui de 32 patients séropositifs « naive progressors », n'ayant pas encore commencé de thérapie antirétrovirale. Par ailleurs, il y avait également un groupe contrôle de 16 sujets VIH négatifs. Les chercheurs ont alors noté une plus grande richesse bactérienne chez les premiers. Les résultats montrent notamment une augmentation d'environ 25 % du nombre de genres bactériens différents observés, et une modification de l'abondance de certains genres connus pour avoir des effets régulateurs du système immunitaire, tels que Succinivibrio, Sutterella et Oscillospora.

Une analyse fonctionnelle a permis d'identifier plus précisément les mécanismes métaboliques, par lesquels ces différences pourraient moduler les défenses immunitaires des patients, tels que le métabolisme du tryptophane, dont la concentration plasmatique semble stable chez les « Elite controller », alors qu'elle augmente chez les autres patients à mesure que l'infection se propage.

 

Sources 
Vesterbacka J et al. Richer gut microbiota with distinct metabolic profile in HIV infected Elite Controllers. Sci Rep. 2017 Jul 24; 7(1):6269.