Un lien entre microbiote buccal et cancer colorectal

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La composition du microbiote buccal renseigne sur la présence d’un cancer colorectal ou d’un adénome. Associée à celle du microbiote fécal, elle pourrait permettre de dépister efficacement ces tumeurs.

 

Dépistera-t-on bientôt le cancer colorectal grâce à l’analyse du microbiote oral et fécal ?Une équipe irlandaise s’est intéressée à la possibilité d’un tel dépistage. De précédents travaux ont déjà établi un lien entre microbiote fécal et cancer colorectal. Ici, les chercheurs ont analysé la composition du microbiote buccal afin de mettre en évidence un éventuel lien entre une dysbiose et la présence d’un cancer colorectal ou de polypes adénomateux du côlon.

Ils ont prélevé des échantillons buccaux, fécaux et de muqueuse colique chez 99 patients atteints de cancer colorectal, chez 32 patients présentant des polypes adénomateux, et chez 103 sujets contrôles. Les résultats montrent une modification du microbiote buccal en cas de cancer concernant au moins 16 genres bactériens dont Neisseria, Haemophilus, Parvimonas, Prevotella, Alloprevotella, Lachnoanaerobaculum ou encore Streptococcus. Par ailleurs, au moins 12 genres bactériens sont représentés différemment en cas d’adénome. Ces différences, ajoutées aux données issues du microbiote fécal, permettent de distinguer les cas de cancer colorectal et d’adénome par rapport aux sujets sains avec des sensibilités respectives de 76 % et 88 %. Un test basé sur l’analyse de ces microbiotes pourrait donc favoriser un dépistage très précoce au stade de lésions pré-cancéreuses.

Ces travaux indiquent par ailleurs la présence de bactéries provenant de la cavité buccale dans la muqueuse colique des patients atteints de cancer. Elles forment des biofilms comparables à ceux trouvés dans la bouche. Ces groupes bactériens sont associés à une modification de l’expression des gènes des cellules de la muqueuse, suggérant leur implication dans la progression du cancer. Enfin, une forte concentration intestinale de Lachnospiraceae était négativement corrélée avec une alimentation de type occidental (pauvre en fibres) et avec la présence de bactéries buccales au niveau du colon suggérant un rôle protecteur de certaines bactéries par le biais de l’alimentation.

 

Sources :

Flemer B et al. The oral microbiota in colorectal cancer is distinctive and predictive. Gut. 2017 Oct 7. pii: gutjnl-2017-314814.