BPCO : le microbiote respiratoire est perturbé

Les personnes souffrant de broncho-pneumopathie chronique obstructive présentent une flore respiratoire moins diverse que celle des personnes en bonne santé et qui semble se dégrader à mesure que la maladie progresse, selon une équipe suisse.

 

Toux chronique, crachats et essoufflements : voici les principaux signes de la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Cette maladie pulmonaire chronique touche plus de 3 millions de Français et se caractérise par une obstruction progressive des voies aériennes. Les patients qui en souffrent sont plus à risque d'insuffisance respiratoire, mais aussi d'infections pulmonaires.

Un microbiote progressivement perturbé

Dans quelle mesure les bactéries qui peuplent les poumons et les voies respiratoires sont-elles affectées par la maladie ? Pour répondre à cette question, des chercheurs ont examiné la composition microbienne à différents endroits tractus respiratoire (pharynx, trachée, bronches, poumons) chez 32 personnes atteintes de BPCO, puis l’ont comparée à celle de 10 volontaires en bonne santé. Par rapport aux individus sains et aux patients en début de maladie, les malades souffrant de BPCO sévère présentent une abondance identique mais une diversité bactérienne plus faible et une composition microbienne différente, très hétérogène d’un patient à l’autre.  Un critère qui pourrait être utilisé comme marqueur pour évaluer le degré d’avancement de la maladie, même si une relative homogénéité des échantillons prélevés le long des voies respiratoires a été observée chez un même individu.

Implication du système immunitaire

Les résultats montrent également que le déséquilibre du microbiote respiratoire semble associé à une plus forte présence de certaines cellules du système immunitaire (dont les molécules responsables de l'inflammation) chez les patients souffrant de BPCO sévère, bien que le lien de causalité entre déséquilibre microbien (dysbiose) et maladie reste encore à éclaircir. Prendre en compte les perturbations de ce microbiote associé à un désordre immunitaire permettrait une meilleure compréhension de la BPCO et des facteurs aggravant son évolution.

 

Sources :

Mika M, Nita I, Morf L, et al. Microbial and host immune factors as drivers of COPD. ERJ Open Res 2018; 4: 00015-2018