Diarrhée aiguë : à chaque groupe sanguin son risque !

Les personnes du groupe sanguin A seraient plus sensibles que les autres aux infections intestinales à Escherichia coli selon des travaux américains publiés dans The Journal of Clinical Investigation.

 

La bactérie Escherichia coli entérotoxinogène (ETEC) est une cause majeure de diarrhée infectieuse, dont la sévérité va de la simple turista au décès, en particulier chez les enfants des pays en voie de développement. Sachant que dans d’autres infections digestives, la gravité des symptômes est liée au groupe sanguin, des chercheurs du Missouri (USA) ont voulu savoir s’il en était de même avec cette maladie, et en déterminer les mécanismes sous-jacents.

Groupe sanguin A : des formes sévères plus fréquentes…

Pour cela, ils ont analysé les données issues d’une centaine de volontaires en bonne santé qui ont accepté de boire de l'eau contaminée par une souche d'E. coli isolée chez une personne souffrant de diarrhée sévère. Rapidement, ils ont observé que les formes sévères de diarrhée étaient plus importantes chez les personnes de groupe sanguin A (81 % vs 56 % pour les autres groupes), lesquelles ont nécessité un traitement antibiotique précoce plus souvent que ceux des groupes B et O (respectivement 72 % vs 43 %).

… et la présence d’une protéine spécifique

Forts de ce constat, ils ont ensuite recherché la présence d’EtpA, une protéine soupçonnée d’être impliquée dans la virulence de l’infection à ETEC car elle est sécrétée par la bactérie pour adhérer aux cellules intestinales. Or cette « adhésine », ont découvert les chercheurs, interagissait presque exclusivement avec les molécules de sucre présentes à la surface des cellules sanguines de type A, et très peu avec celles de type B ou O. Autre constat : ces molécules de sucre sont également présentes à la surface des cellules intestinales des personnes du groupe A.

Bientôt un vaccin contre les formes sévères ?

D’après les chercheurs, l’adhésine EtpA accélèrerait l’adhérence des bactéries nocives à la surface des cellules de l’intestin, ainsi que la libération des toxines responsables de la diarrhée. Ces découvertes devraient permettre, espèrent-ils, de mieux comprendre ce qui détermine la virulence des formes les plus graves d’infection à ETEC et de faciliter la mise au point d’un vaccin pour protéger efficacement les personnes du groupe A, davantage à risque.

 

Sources :

Kumar et al. Enterotoxigenic Escherichia coli blood group interactions intensify diarrheal severity. The Journal of Clinical Investigation (2018) https://doi.org/10.1172/JCI97659