On lève le pied sur le ménage ! les poussières protègeraient contre l'asthme !

Traquer la poussière pour prévenir l'asthme infantile serait inutile, voire contre-productif : le microbiote de certains allergènes serait en effet protecteur.

Première maladie chronique chez l'enfant, l'asthme serait lié à une exposition précoce à des facteurs de risque environnementaux ou psychosociaux. Leur nature exacte mérite cependant d'être précisée pour envisager une meilleure prévention.

L'examen de 442 enfants âgés de 7 ans a permis d'identifier les causes de leur asthme : le tabagisme pendant la grossesse, le stress et la dépression maternels dans les 3 premières années de vie, ainsi que des rhumes à répétition. La sensibilité, dès l'âge de 2-3 ans, à un allergène dans l'air, ou les antécédents maternels d'asthme infantile, ont également été pointés du doigt.

A l'inverse, la poussière n'est pas systématiquement apparue comme un facteur de risque, au contraire. Ainsi, les enfants qui avaient vécu, durant leurs 3 premières années de vie, dans un environnement riche en allergènes liés à la présence de chats, de souris et de cafards, étaient moins à risque que les autres. Une analyse plus approfondie de la composition microbienne des poussières a permis d'identifier des bactéries associées à un risque aggravé d'asthme (Staphylococcus, Haemophilus, Corynebacterium et Sphingomonas), et celles associées à un moindre risque (Kocuria, Alloiococcus, Bifidobacterium et Acinetobacter).

Nul besoin de traquer la poussière dans les moindres recoins pour prévenir le développement d'un asthme chez un enfant, concluent les auteurs qui encouragent plutôt à mettre en place des mesures visant à réduire le tabagisme, le stress et la dépression maternels pendant la grossesse.

Sources :

O'Connor GT et al. Early-life home environment and risk of asthma among inner-city children. J Allergy Clin Immunol. 2017 Sep 12. pii: S0091-6749(17)31204-6.