Le microbiote intestinal : réservoir de germes pour les infections urinaires

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La comparaison du génome de souches de E. Coli présentes dans l’intestin et les voies urinaires de patientes révèle qu'une infection urinaire se déclenche le plus souvent en l'absence de mutation bactérienne.

 

A l'âge de 24 ans, une femme sur trois s'est déjà vu diagnostiquer au moins une infection urinaire. Et les bactéries Escherichia Coli responsables de la majorité de ces infections proviennent la plupart du temps de l’intestin de la patiente. Des chercheurs danois ont voulu savoir si cette colonisation d'un nouveau milieu nécessitait, pour les bactéries, une adaptation via des mutations génétiques particulières. Ils ont pour cela comparé le génome de souches de E. coli issues de l'urine et des selles de 42 patientes atteintes d'infections urinaires. Ils ont alors observé des différences fonctionnelles dans la séquence de certains gènes, notamment liés à la virulence, la formation de biofilms, la résistance au froid et à l'acidité et l'échange de plasmides. Cependant, le taux de mutation était faible, suggérant que très peu, voire aucune mutation n'était indispensable pour le transfert du réservoir intestinal aux voies urinaires. Les auteurs en concluent que les infections urinaires se développent suite au passage des E. coli de l’intestin à la vessie sans besoin d’adaptation particulière.

 

Sources :
Nielsen KL et al., Adaptation of Escherichia coli traversing from the faecal environment to the urinary tract. Int J Med Microbiol.  2016 Dec;306(8):595-603.