Le microbiote capillaire, nouvel outil de géolocalisation ?

Le microbiote des poils n’a pas la même composition que celui des cheveux, lesquels subissent davantage l’influence de leur environnement, selon une étude américaine. Une découverte qui ouvre des perspectives, notamment dans le domaine médico-légal.

 

Comme la peau, les cheveux et les poils hébergent leur propre microbiote, sujet à des variations intra et interindividuelles qui les rendent uniques. À ce titre, ils représentent des éléments précieux dans les investigations médico-légales. Pour évaluer l’influence des facteurs environnementaux (alimentation, climat, âge, origine...) qu’ils subissent, des chercheurs américains ont comparé le microbiote de cheveux et poils pubiens prélevés sur des adultes vivant dans divers endroits des États-Unis.

Des microbiotes différents

Quelle que soit la longueur des poils pubiens, il ressort que leur microbiote est plus abondant mais moins diversifié que celui des cheveux, lesquels ont au contraire une influence sur l’abondance de la flore au-delà de 4 cm de longueur. Quatre espèces bactériennes dominent ces écosystèmes, mais seules deux leur sont communes : Staphylococcus et Corynebacterium. Les premières dans des proportions similaires, les autres en quantité nettement plus importante dans les poils pubiens, auxquels l’environnement humide est plus favorable. Quant à Propionibacterium, pourtant prédominante dans les flores de la peau et des follicules pileux (l’endroit où le poil prend naissance), elle est absente du microbiote des racines de cheveux, probablement en raison d’un environnement trop pauvre en sébum et trop riche en oxygène. Des observations qui confirment l’impact des conditions environnementales sur la nature des espèces bactériennes qui composent un microbiote.

Des perspectives en médecine légale ?

Cette étude confirme donc qu’à l’instar du microbiote cutané, celui des poils varie selon l’endroit du corps. Sa composition, distincte de celle des follicules pileux, se rapproche de celle du microbiote de la peau, que les poils recouvrent. Mais la flore des cheveux, quant à elle, conserve des signatures géographiques distinctes, certainement influencée par le lieu et le mode de vie. Le fait qu’elle subisse davantage l’influence des facteurs environnementaux que celle des poils pubiens ouvre des perspectives dans le domaine médico-légal, notamment pour déterminer la provenance géographique d’une personne, estiment les auteurs.

 

Sources :

Lauren Brinkac et al. Spatial and Environmental Variation of the Human Hair Microbiota. Scientific Reports (2018) 8:9017, DOI: 10.1038/s41598-018-27100-1