Athlètes, pensez à protéger votre flore buccale !

Caries et gingivites plus fréquentes, dépôts bactériens, maladies dentaires chroniques… La bouche des sportifs de haut niveau serait-elle plus fragile ? L’étude du microbiote buccal de rugbymen professionnels par une équipe française semble le confirmer.

 

Depuis certaines observations faites durant les Jeux Olympiques de Londres en 2012, la santé buccale des athlètes (hommes et femmes) est réputée médiocre. En cause chez les joueurs de rugby ? Le port d’un protège-dents, l’alimentation et l’hygiène bucco-dentaire, mais aussi l’impact d’une activité physique intensive sur l’organisme et les traumatismes faciaux répétés d’un sport de contact, précisent les chercheurs. De quoi mettre à mal les 450 espèces de bactéries que la bouche d’un individu adulte héberge.

Des micro-organismes malmenés

Soumis à des prélèvements bactériens pendant 4 mois (dents, gencives, salive), les 24 rugbymen professionnels étudiés ont présenté un déséquilibre (on parle alors de « dysbiose ») de leur flore buccale, c’est-à-dire une réduction de la diversité bactérienne orale et une composition bactérienne différente comparativement à la population générale. Comme chez d’autres sportifs, les causes sont multiples : altération de la salive (flux et acidité), fréquence des prises alimentaires, consommation de boissons énergisantes et surtout apports accrus de sucres, dont l’assimilation impacte, entre autres, la flore buccale. Combiné à une hygiène bucco-dentaire insuffisante, tout ceci appauvrit la population microbienne et favorise la colonisation de la bouche par les Streptococcus, un groupe bactérien dont certaines espèces sont les principales responsables de la formation de caries dentaires.

Des défenses immunitaires en berne

Ce n’est pas tout : les exercices physiques intensifs et répétés affaiblissent la santé cardiovasculaire et impactent négativement les cellules immunitaires protectrices, laissant une « fenêtre ouverte* » au déclenchement et au maintien du processus inflammatoire. « Des éléments qui appellent à la mise en place d’un suivi dentaire routinier plus rigoureux en prévention chez les athlètes », insistent les scientifiques. Et eux de conclure : « non invasive, l’analyse de salive est un bon indicateur de santé buccale chez les sportifs de haut niveau ; la modulation du pH salivaire par des pré- ou probiotiques pourrait faire partie des stratégies futures ».

 

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Sources :

Minty M et al.  Oral health and microbiota status in professional rugby players: A case-control study. J Dent. 2018 Oct 4