Le tabac altèrerait la diversité microbienne de l’intestin grêle

Les fumeurs ont une flore intestinale moins riche et moins diversifiée que les non-fumeurs. Cette différence favoriserait les maladies digestives, selon des chercheurs australiens qui ont mené la toute première étude sur l’effet néfaste du tabac sur le microbiote du duodénum.

 

Le tabac provoque et aggrave de nombreuses maladies gastro-intestinales telles que les maladies inflammatoires de l’intestin, les ulcères d’origine infectieuse ou les cancers digestifs. Il favoriserait l’apparition de ces troubles en altérant l’équilibre du microbiote intestinal, en particulier dans la partie initiale de l’intestin grêle – ou duodénum. Pour étudier son impact, les scientifiques ont analysé la composition bactérienne de l’intestin grêle à partir d’échantillons de la muqueuse intestinale prélevés chez 102 participants, dont 20 personnes souffrant de la maladie de Crohn. Les autres volontaires présentaient des douleurs gastro-intestinales au moment de l’étude. Parmi eux, 21 étaient des fumeurs quotidiens, 40 d’anciens fumeurs et 41 n’avaient jamais fumé.

Un microbiote appauvri

Il ressort de cette analyse que la cigarette perturbe l’équilibre du microbiote duodénal et en réduit le nombre d’espèces sans en diminuer la masse totale. Les fumeurs ont une diversité bactérienne plus faible que les non-fumeurs. Or, la littérature scientifique est catégorique : un microbiote digestif varié est gage de santé gastro-intestinale. De leur côté, les anciens fumeurs ont eux aussi un microbiote moins diversifié que les non-fumeurs, mais « ils représentent un état intermédiaire entre les fumeurs quotidiens et les personnes n’ayant jamais fumé », soulignent les auteurs. Et de poursuivre : « cela suggère que l’arrêt de la cigarette peut induire un rapide retour à un équilibre microbien ».

Des mécanismes à préciser

Les chercheurs émettent l’hypothèse que la cigarette pourrait altérer la diversité microbienne en agissant sur le système immunitaire, en affectant directement les bactéries ou en réduisant le taux d’oxygène dans l’intestin. Ces différents modes d’action entraîneraient également la sélection de certains groupes de bactéries participant au développement des maladies digestives. Pour en savoir davantage, les auteurs suggèrent de mener d’autres travaux de plus grande ampleur sur le duodénum en prenant en compte le tabagisme comme facteur pouvant perturber les résultats.

 

Sources :

Shanahan et al. Influence of cigarette smoking on the human duodenal mucosa-associated microbiota, Microbiome (2018)