Mauvaise haleine : la faute au microbiote de votre dentier ?

La mauvaise haleine serait-elle associée à un microbiote buccal particulier ? S’appuyant sur de nouvelles techniques d’analyse permettant désormais d’explorer plus finement cette éventuelle relation, une étude israélienne menée auprès de seniors apporte certains éléments de réponse.

 

Une personne sur quatre aurait une mauvaise haleine. Généralement liée à l’activité bactérienne à l’œuvre dans la bouche, cette affection s’accroît avec l’âge et touche de plus en plus de personnes en raison de la hausse de l’espérance de vie. Si les causes générales de l’halitose – son nom scientifique – sont globalement connues (hygiène bucco-dentaire insuffisante, certaines maladies), les bactéries responsables de la mauvaise haleine n’ont pas encore été précisément identifiées.

Nouveaux outils

Jusqu’à récemment en effet, les scientifiques ne disposaient pas d’outils satisfaisants pour identifier les microbes de la cavité orale susceptibles de faire évoluer l’écosystème de la bouche. L’essor de nouvelles techniques d’analyse a changé la donne et ouvert la voie à des études plus précises. Grâce à ces progrès, des chercheurs de la clinique dentaire gériatrique de l’Université de Tel Aviv ont réalisé une étude auprès d’un groupe de 26 patients âgés de 71 ans en moyenne et portant une prothèse dentaire complète amovible. Leurs objectifs ? Quantifier et qualifier l’odeur des prothèses, puis étudier l’éventuelle association entre flore buccale et dentiers classés comme malodorants.

Effet cocktail

L’analyse d’échantillons prélevés sur les dentiers a permis de décrire précisément le microbiote buccal. Résultats : une plus grande diversité bactérienne dans les échantillons malodorants (en particulier, une présence plus marquée de certaines bactéries bucco-dentaires connues pour dégager des odeurs désagréables lors de leur décomposition) ainsi qu’une différence notable de populations microbiennes entre les deux groupes. Mais selon la littérature, le microbiote buccal est composé de la somme des sous-populations bactériennes localisées dans les différentes parties de la bouche. La mauvaise haleine ne serait donc pas due à une bactérie en particulier mais résulterait d’une sorte d’« effet cocktail » entre les divers groupes de bactéries colonisant la bouche et interagissant les uns avec les autres. Les chercheurs n’ont pas observé si ces bactéries « malodorantes » étaient associées à des symptômes cliniques particulier. En revanche, ils ont pu confirmer qu’une bonne hygiène dentaire permettait d’éviter les mauvaises odeurs du dentier.

 

Sources :

Yitzhaki S., Reshef L. ,Gophna U. et al - Microbiome associated with denture malodour – Journal of Breath Research 12 (2018) 027103.