80 millions de bactéries échangées lors d'un baiser !

Plus vous embrassez votre partenaire plus vous partagez de bactéries entre vous, c’est ce que révèle une étude hollandaise.

Les chercheurs ne cessent d’être d'intrigués par la fonction du baiser chez l’Homme, seul mammifère de la planète à pratiquer le « french-kiss ». Est-ce un indicateur de compatibilité entre deux personnes ? Un facteur d'immunisation des femmes contre un virus tératogène ? La question n'est pas tranchée. Mais ces hypothèses suggèrent un rôle important du microbiote buccal.

Pour comprendre l'effet d'un baiser prolongé sur cet écosystème, des chercheurs hollandais ont étudié 21 couples. Dans leur étude publiée dans la revue Microbiome, ils ont observé que le microbiote de la langue présente davantage de similitudes entre deux partenaires qu'entre deux inconnus. Un effet des baisers échangés par les couples ? La vérité serait moins romantique... Ce mimétisme serait plutôt un effet à long terme des habitudes partagées au quotidien, en termes d'alimentation et d'hygiène corporelle. En revanche, les microbiotes salivaires, aussi distincts au sein d'un couple qu'entre deux individus lambdas, tendraient à se ressembler avec la fréquence des baisers, qui entraînent l'échange de 80 millions de bactéries ! Et si elles ne colonisent les surfaces buccales du (de la) partenaire que de manière transitoire, elles n'en sont pas moins essentielles à la constitution du microbiote buccal, estiment les auteurs pour qui l'identification de facteurs capables de déterminer leur statut (permanent ou transitoire) pourrait contribuer au développement de nouvelles stratégies préventives ou thérapeutiques des maladies infectieuses de la bouche.

Sources
Remco Kort et al. Shaping the oral microbiota through intimate kissing. Microbiome, 2014, 2:41 http://www.microbiomejournal.com/content/2/1/41