Alimentation occidentale : de quoi donner des boutons !

En désorganisant le microbiote intestinal, le régime alimentaire occidental, trop riche en graisses et en produits laitiers, favoriserait le développement de l’acné, selon une étude chinoise.

 

L’acné vulgaris - ou acné-vulgaire –  est une maladie inflammatoire chronique de la peau qui affecte 80 % à 90 % des adolescents. Des prédispositions génétiques peuvent fortement influencer sa survenue, mais l’alimentation, et plus particulièrement de type occidental (riche en produits laitiers, chocolat, sucres raffinés et graisses saturées) est régulièrement pointée du doigt. Ce régime déséquilibrerait le microbiote intestinal et augmenterait le taux de lipides toxiques, contribuant ainsi à l’inflammation. Pour autant, il n’existe pour l’heure aucune preuve directe qui implique le déséquilibre de la flore dans le développement de l’acné.

Des différences dans la composition du microbiote intestinal

Pour déterminer son implication, des chercheurs chinois ont comparé le microbiote fécal de 43 étudiants présentant une acné plus ou moins sévère depuis trois ans en moyenne, à celui de 43 autres étudiants indemnes de cette affection. Ils ont observé une baisse significative de la diversité microbienne chez les patients acnéiques, sans que celle-ci ne soit liée à la sévérité des lésions. La différence la plus notable portait sur l’abondance de Bacteroidetes, nettement plus élevée que les Firmicutes en cas d’acné... De plus, la flore intestinale de ces adolescents acnéiques était nettement moins riche en quatre genres bactériens potentiellement bénéfiques.  Caractéristique du régime occidental, un tel déséquilibre dans ces familles bactériennes a déjà été observé et associé à d’autres maladies inflammatoires comme les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) telles que la maladie de Crohn ou le psoriasis.

Une alimentation équilibrée et des probiotiques

Pour les auteurs, la présence précoce de micro-comédons (de très petits points noirs provoqués par un excès de sébum) et de lésions inflammatoires chez les patients acnéiques illustrerait le rôle que joue le microbiote intestinal sur le système immunitaire et la réponse inflammatoire, suggérant ainsi que la dysbiose provoquée par la diète occidentale favoriserait l’acné. Le mécanisme précis, de même que le lien entre bactéries et développement de la maladie, restent cependant à éclaircir. Une alimentation moins riche en graisses et en produits laitiers ainsi que le recours aux probiotiques pourraient s’avérer une approche efficace pour prévenir et traiter ce type d’acné.

 

Sources :

Deng et al. Patients with Acne Vulgaris Have a Distinct Gut Mucrobiota in Comparison with Healthy Controls. Acta Dermato-Venereologica (2018) doi: 10.2340/00015555-2968