Microbiote oral et microbiote intestinal : vers une autre prise en charge de la ménopause

Le déficit en estrogènes induit par la ménopause expose par ailleurs les femmes à de nombreuses maladies auto-immunes et inflammatoires. Or de plus en plus de travaux de recherche pointent du doigt le rôle des microbiotes oral et intestinal dans leur développement. Les prébiotiques et les probiotiques pourraient-ils venir compléter le traitement hormonal de la ménopause (THM)  ?

Nombreuses sont les femmes à se plaindre de sécheresse buccale à la ménopause. Lié à la chute des estrogènes, ce manque de salive pourrait, d’après une équipe internationale de chercheurs12, avoir des conséquences délétères  : l’altération de la composition du microbiote buccal, la création d’une dysbiose (déséquilibre de la flore microbienne) et l’émergence de pathologies inflammatoires comme la gingivite ou la parodontite, une atteinte du soutien de la dentition potentiellement responsable de la perte de dents.

Baisse d’estrogènes et pathologies

Etant donné que les hormones sexuelles féminines influencent la composition des différents microbiotes, et plus particulièrement celui de l’intestin, une baisse d’estrogènes altère l’équilibre microbien et favorise l’émergence de maladies auto-immunes. Ceci expliquerait pourquoi certaines touchent davantage les femmes (lupus, syndrome de Sjögren, polyarthrite rhumatoïde) ou se déclarent à des moments précis de leur vie hormonale, après les règles ou pendant la période reproductive (asthme). Par ailleurs, l’altération du microbiote due au déficit d’estrogènes entraîne des modifications métaboliques. La plus redoutée des femmes  ? La prise de poids au niveau de l’abdomen, facteur de risque avéré de diabète de type 2. Enfin, le microbiote intestinal influencerait le risque de cancer du sein via ses effets sur les estrogènes produits par le tissu graisseux des femmes ménopausées.

La composition des microbiotes buccal et/ou intestinal et le déficit en estrogènes ont un lien établi avec toutes ces pathologies susceptibles d’émerger à la ménopause. C’est pourquoi les chercheurs invitent à poursuivre les travaux et à étudier l’effet des prébiotiques et des probiotiques en vue de leur utilisation, seuls ou en complément des THM.

Vignette

12 Vieira AT, Castelo PM, Ribeiro DA, Ferreira CM. Influence of Oral and Gut Microbiota in the Health of Menopausal Women. Front Microbiol. 2017; 8: 1884. Published online 2017 Sep 28. doi: 10.3389/fmicb.2017.01884. PMCID: PMC5625026