Microbiote vaginal, la révolution rose

Ainsi Jean-Marc Bohbot et Rica Etienne ont baptisé leur ouvrage, paru mi-janvier. Si révolution il y a, c’est avant tout dans la capacité des femmes – mais aussi des professionnels de santé, y compris des spécialistes – à composer avec la communauté bactérienne vaginale pour mieux comprendre et accepter bien des maux spécifiquement féminins.

 

« Ne te lave pas, j’arrive » lançait Napoléon 1er à Joséphine. C’est ce que rappellent avec humour les auteurs pour illustrer les vertus aphrodisiaques attribuées dès le début du 19ème siècle aux effluves émanant du microbiote du vagin. Au travers de rétrospectives et de projections (jusqu’à 2030) mêlant courtes fictions et théorie, le lecteur - et pas seulement la lectrice - découvre ce qu’est le microbiote vaginal. Objectif ? Le connaître, le décrypter et le chouchouter pour maintenir son équilibre, probiotiques à l’appui si nécessaire.

Ouvrage à large spectre

Vaginose, douleurs, cystites, infections sexuellement transmissibles, rappels historiques, conseils pratiques d’hygiène intime destinés à prévenir et limiter certains désagréments féminins récurrents… : rien ou presque n’est laissé au hasard. L’ouvrage ambitionne ouvertement de s’adresser à toutes les femmes, de la fillette à la femme ménopausée. Et le but est atteint : on y apprend comment le microbiote vaginal, complexe et fragile, varie au fil des âges dans sa diversité et sa composition et qu’il est majoritairement composé de lactobacilles, stars de la bonne santé intime. Exit les idées reçues et la culpabilité de souffrir pendant un rapport sexuel. Exit aussi les fausses bonnes idées de remèdes comme les antifongiques et les antibiotiques, tueurs de flore. Et les hommes dans tout ça ? Présents, eux aussi, comme destinataires exclusifs d’un chapitre – tardif mais bienvenu – destiné à tordre le cou aux idées reçues.

Parole libre

La communauté bactérienne vaginale est observée sous toutes les coutures, aussi bien durant la petite enfance que pendant la grossesse ou après la ménopause. La sexualité n’est pas taboue - loin s’en faut - et l’étendue des résultats de la pratique médicale et de la recherche scientifique est livrée de manière aussi accessible que décomplexée : le cunnilingus et les masturbations mutuelles sont l’occasion d’évoquer le déséquilibre potentiel de la flore ; les rapports homosexuels féminins de parler de transmission de vaginose bactérienne, sans oublier les vertus cachées des godemichés chez les femmes en manque de partenaire. De quoi confirmer aux femmes, en effet, qu’elles « ont un trésor commun, leur microbiote vaginal », comme l’affirment les auteurs avec conviction.

 

Sources :

Microbiote vaginal, la révolution rose

Jean-Marc Bohbot et Rica Etienne

ISBN 978-2-501-12675-5

Editions Marabout