Des bactéries dans nos narines

Certaines bactéries typiques des produits laitiers, appelées lactobacilles, peuvent également vivre dans notre nez. Et des espèces spécifiques, particulièrement poilues, pourraient réduire le risque de sinusite.

Publié le 23 septembre 2020
Mis à jour le 27 décembre 2021
Actu GP : Des bactéries dans nos narines

A propos de cet article

Publié le 23 septembre 2020
Mis à jour le 27 décembre 2021

Lorsque l’on vous dit « lactobacilles », vous pensez peut-être au yaourt, riche en ces bactéries, ou à votre microbiote intestinal. Mais saviez-vous que ces micro-organismes en forme de bâtonnets, qui produisent de l’acide lactique (d’où leur nom), sont également présents dans vos voies nasales ?

Davantage de lactobacilles dans les nez sans sinusite

La comparaison du microbiote des voies respiratoires supérieures d’une centaine de personnes saines avec celui de plus de 200 patients souffrant de rhinosinusite chronique le montre : les (sidenote: Lactobacilles Bactérie en forme de batônnet, dont la caractéristique principale est de produire de l’acide lactique. C’est pour cela que l’on parle de « bactéries lactiques ».  Ces bactéries sont présentes chez l’homme au niveau des microbiotes oral, vaginal, intestinal, mais aussi sur les plantes ou chez les animaux. On peut les consommer dans les produits fermentés : produits laitiers comme certains fromages et yaourts, mais aussi des d’autres types d’aliments fermentés : les cornichons, la choucroute etc.. Les lactobacillus sont aussi consommés dans les probiotiques, certaines espèces étant reconnues pour leurs propriétés bénéfiques.     W. H. Holzapfel et B. J. Wood, The Genera of Lactic Acid Bacteria, 2, Springer-Verlag, 1st ed. 1995 (2012), 411 p. « The genus Lactobacillus par W. P. Hammes, R. F. Vogel Tannock GW. A special fondness for lactobacilli. Appl Environ Microbiol. 2004 Jun;70(6):3189-94. Smith TJ, Rigassio-Radler D, Denmark R, et al. Effect of Lactobacillus rhamnosus LGG® and Bifidobacterium animalis ssp. lactis BB-12® on health-related quality of life in college students affected by upper respiratory infections. Br J Nutr. 2013 Jun;109(11):1999-2007. ) sont plus nombreux dans les cavités nasales (nez et nasopharynx) des personnes saines que chez celles souffrant de rhinosinusite chronique. En les observant de plus près dans des « nez sains », les chercheurs se sont rendus compte de quelques spécificités qui les rendent particulièrement adaptées aux voies aériennes supérieures. À commencer par leur capacité à vivre dans un milieu riche en oxygène (le nez), plutôt qu’au fond d’un yaourt (sans oxygène), grâce à l’acquisition d’outils leur permettant de résister à cet environnement.

Quand la colonisation tient à quelques poils

Mais surtout, certains types de Lactobacillus casei (une espèce de lactobacilles) isolés dans les nez sains, arborent de multiples poils qui leur permettent d’adhérer fortement aux parois nasales. Tel Spider-Man se lançant à l’assaut d’un immeuble, ces lactobacilles spécifiques peuvent escalader nos cavités nasales contre vents (éternuements) et marées (écoulements). Une fois en place, L. casei inhibera les agents infectieux qui ne pourront s’installer en terrain déjà conquis, et dont la croissance sera entravée par l’acide lactique produit par ces lactobacilles.

Bientôt un spray probiotique ?

Ces premiers résultats ont poussé les chercheurs à tester un spray contenant ces « lactobacilles à poils » auprès de 20 volontaires sains. Il en ressort que les bactéries semblent parvenir à s’implanter, au moins temporairement, dans les cavités nasales. Ainsi, le rôle bénéfique des lactobacilles serait loin de se cantonner aux seuls microbiotes intestinal et vaginal. Leur effet sur les voies respiratoires, jusque-là largement méconnu, offre de nouvelles pistes de traitement dans les affections respiratoires chroniques.

Old sources

Sources :

De Boeck I, van de Broek MFL, Allonsius CN, et al. Lactobacilli Have a Niche in the Human Nose. Cell Rep. 2020, 31(8):107674

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