Infection urinaire a e. coli : du microbiote intestinal a la vessie

Escherichia coli a-t-elle besoin de s’adapter lors de son passage du réservoir intestinal à la vessie pour initier une infection urinaire ? Des chercheurs danois soulèvent la question.

 

Très fréquentes, les infections urinaires touchent une femme sur trois à l'âge de 24 ans. Dans 80 % des cas, la bactérie Escherichia coli est impliquée. Elle provient généralement du propre microbiote intestinal de la patiente, ce qui suppose qu'elle transite vers la vessie via le périnée et l'urètre. Mais comment fait-elle pour s'adapter à ce nouvel environnement ? Possède-t-elle des caractéristiques génétiques particulières qui rendent cette colonisation possible ou doit-elle muter pour déclencher l’apparition des symptômes ? Pour le savoir, le génome des E. coli isolées des échantillons d'urine et de selles d'une cinquantaine de femmes souffrant d'infection urinaire ont été analysés. Les résultats ont montré que les 42 souches bactériennes d’E. coli identifiées dans les urines étaient en tous points similaires aux souches d’E. coli fécales, si ce n'est quelques rares mutations génétiques. Les auteurs concluent qu’E. coli est capable de transiter de l’intestin à la vessie sans besoin d’adaptation particulière. Un environnement propice semble néanmoins nécessaire à la colonisation de cette bactérie dans les voies urinaires.

 

Sources :
Nielsen et al. Adaptation of Escherichia coli traversing from the faecal environment to the urinary tract.International Journal of Medical Microbiology, 306(2016)595-603