Pollution, surpoids et microbiote : des liens mieux identifies

Alors que de récentes études semblent indiquer que l’exposition accrue à la pollution de l’air liée au trafic routier joue un rôle important dans le diabète de type 2, des chercheurs américains ont montré qu’elle impactait le microbiote intestinal d’adolescents en surpoids - voire obèses - et par extension, le bon fonctionnement métabolique.

 

Mauvaise alimentation, sédentarité et faible niveau socioéconomique sont les facteurs de risque habituellement associés au diabète de type 2. L’exposition à la pollution automobile pourrait bientôt s’ajouter à ce trio. L’équipe de recherche s’est intéressée à ce facteur environnemental pour évaluer sa capacité à accroître le risque de développer cette maladie chronique. Pour cela, les chercheurs ont voulu voir si les polluants atmosphériques atteignent l’intestin et le sang et s’ils modifient la composition et/ou la fonction du microbiote intestinal : ces paramètres sont en effet également altérés chez des personnes obèses ou diabétiques de type 2.

Impact sur le microbiote intestinal

Les auteurs ont d’abord déterminé s’il y avait une corrélation entre l’exposition des 43 participants aux polluants de l’air et la composition de leur microbiote intestinal. Restait à vérifier ensuite si des bactéries spécifiques pouvaient être associées aux facteurs de risque du diabète de type 2 (glycémie et insuline à jeun, insulinorésistance…). En analysant la flore intestinale des jeunes gens, les auteurs ont montré que l’exposition accrue à la pollution atmosphérique était associée au même déséquilibre du microbiote (dysbiose) que celui mis en cause dans l’obésité, les troubles métaboliques, l’inflammation de l’intestin et le diabète de type 2. L’étude a par ailleurs révélé que le lien entre exposition à la pollution automobile et glycémie à jeun pouvait en partie être expliqué par la proportion de ces bactéries dans le microbiote, indépendamment de l’indice de masse grasse des adolescents (IMC).

Effets négatifs sur la santé

L’étude méritera d’être approfondie, mais elle confirme déjà formellement que des expositions environnementales modifient, chez l’Homme, les proportions de certaines bactéries intestinales. Elle prouve également que l’impact de la pollution atmosphérique sur l’écosystème bactérien intestinal peut avoir un effet délétère sur le bon fonctionnement du métabolique : altération du système immunitaire, contribution à l’obésité, à l’insulinorésistance et à l’émergence des maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) comme la maladie de Crohn.

 

Sources :

Alderete T., Jones R., Chen Z. et al., Exposure to traffic-related air pollution and the composition of the gut microbiota in overweight and obese adolescents. Environmental Research 161 (2018) 472–478