France 2026 : connaissances et comportements concernant le microbiote

Cette enquête a été réalisée par Ipsos auprès de 7 500 personnes dans 11 pays (France, Portugal, Pologne, Finlande, Italie, Allemagne, États-Unis, Mexique, Brésil, Chine et Vietnam).

La France et le microbiote : la sensibilisation s'accroît, mais la compréhension stagne et l'information dispensée par les professionnels de santé est en baisse.

Résumé des résultats de la France dans cette enquête

La France confirme sa place de pays européen où la notoriété du microbiote est la plus élevée : 86 % des personnes interrogées ont déjà entendu parler de ce terme (soit une hausse de 5 points depuis 2023). Mais derrière ce chiffre phare, la réalité est plus préoccupante : la compréhension précise du sujet n’a pas progressé, les informations transmises par les professionnels de santé ont fortement diminué et les changements de comportement ont chuté à 38 % (soit 15 points de moins que la moyenne mondiale). La France connaît le mot. Elle peine à aller plus loin.

1. La forte sensibilisation des Français au microbiote masque une connaissance superficielle et peu approfondie de ce sujet

La France arrive en tête en Europe en matière de connaissance du microbiote : 86 % des personnes interrogées ont déjà entendu ce terme, un chiffre bien supérieur à la moyenne mondiale de 72 %. Mais ce chiffre global masque une réalité plus nuancée : la notoriété s'est stabilisée plutôt que d'avoir progressé, et la compréhension du microbiote reste largement superficielle.

86%

 



 

des Français ont déjà entendu parler du terme « microbiote 

(chiffre stable par rapport à 2025)

31%


 1 sur 3 d'entre eux sait exactement ce qu'est le microbiote

(contre 24 % à l'échelle mondiale)

26%

ont entendu parler des 7 microbiotes spécifiques

(contre 32 % à l'échelle mondiale)

Une conscience guidée par l'intuition

En France, le microbiote intestinal occupe une place bien plus importante dans la conscience collective que dans d'autres pays. Alors que 74 % des personnes interrogées ont déjà entendu parler du microbiote intestinal (contre 63 % à l'échelle mondiale), la notoriété des autres types de microbiotes est nettement inférieure et n'a pas connu d'amélioration significative d'une année sur l'autre.

  • 51 % connaissent le microbiote vaginal, ce qui correspond à la moyenne mondiale ;
  • De même, 51 % connaissent le terme « microbiote buccal » (contre 52 % au niveau mondial) ;
  • Environ 42 % ont déclaré connaître le microbiote cutané (contre 50 % au niveau mondial) ;
  • Seuls 6 % connaissent précisément les 7 microbiotes (contre 7 % au niveau mondial).

De plus, les Français étaient moins enclins à établir un lien entre les problèmes de santé et le microbiote (57 % d'entre eux faisaient ce lien, contre 68 % dans l'ensemble).

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Ce que la science sait et ce qu'elle ignore

Les participants français obtiennent une note moyenne de 5,2 sur 9 aux questions portant sur des connaissances spécifiques, soit un score légèrement inférieur à la moyenne mondiale de 5,4. Leurs connaissances sont solides sur les concepts généraux, mais présentent des lacunes sur les aspects spécifiques les plus importants :

  • Environ 2 personnes sur 3 savent que les antibiotiques ont un impact sur le microbiote (contre 71 % à l'échelle mondiale) ;
  • Mais la moitié ignore que le microbiote ne se trouve pas exclusivement dans l'intestin, et cette lacune ne tend pas à se combler ;
  • Seuls 18 % étaient conscients du rôle que le microbiote peut jouer dans les allergies respiratoires (contre 23 % à l'échelle mondiale).
  • Et 39 % ignoraient le lien entre le traitement du cancer et le microbiote (nouveau point en 2026).
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2. Malgré leur prise de conscience, peu de Français ont modifié leurs habitudes pour favoriser un microbiote équilibré

Environ 1 sur 3 des Français interrogés ont modifié leurs habitudes pour protéger leur microbiote (soit une baisse de 10 points par rapport à 2024 et 15 points de moins que la moyenne mondiale de 53 %). La France figure parmi les pays les moins performants de l'étude sur cet indicateur. Ce recul est d'autant plus frappant que le niveau de sensibilisation reste élevé : connaître le terme ne suffit manifestement pas à susciter des actions concrètes

38%

des personnes interrogées en France ont modifié leurs habitudes pour protéger leur microbiote

(contre 53 % à l'échelle mondiale)

43%




moins de la moitié estime que son microbiote intestinal est bien équilibré

(contre 59 % à l'échelle mondiale)

Là où les habitudes françaises sont bien ancrées

Malgré un écart général en matière de comportements, les personnes interrogées en France obtiennent de bons résultats concernant plusieurs habitudes de vie saines traditionnelles :

Actu PRO L’activité physique, c'est bon pour le microbiote !

La majorité des Français déclarent pratiquer une activité physique au moins une fois par semaine (71 %, soit +3 points par rapport à 2025) et ne boivent pas d'alcool fréquemment, voire jamais (83 % contre 85 % à l'échelle mondiale).

Ils indiquent également limiter leur consommation de viande rouge (72 % contre 63 % dans l'ensemble) et consommer plusieurs fruits et légumes chaque jour (43 % contre 40 % au niveau mondial).

Les lacunes des habitudes françaises

Certaines habitudes spécifiques au microbiote restent encore largement sous-développées :

Seule la moitié des Français déclarent consommer régulièrement des aliments fermentés (56 % contre 67 % au niveau mondial), mais ils sont tout aussi nombreux à consommer des aliments ultra-transformés au moins une fois par mois (57 % contre 66 % au total).

Bacterial diarrhea: the only case where antibiotics can be used

Environ 1 Français sur 5 interrogé a déclaré consommer des probiotiques au moins une fois par mois (contre 42 % à l'échelle mondiale), et seuls 16 % consomment des prébiotiques au moins une fois par mois (contre 38 % à l'échelle mondiale).

Quelle est la différence entre les prébiotiques, les probiotiques et les postbiotiques ?

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Photo HCPs: AMR page for the 2025 WAAW campaign

3. Les professionnels de santé jouissent d'une grande confiance, mais fournissent moins d'informations qu'auparavant sur le microbiote

En France, la confiance accordée aux professionnels de santé est quasi universelle : 95 % des personnes interrogées, dont 99 % des personnes âgées de 60 ans et plus, citent les professionnels de santé parmi leurs sources d’information les plus fiables en matière de microbiote. Quatre personnes sur cinq déclarent qu’elles s’adresseraient en premier lieu à un professionnel de santé. Pourtant, les informations que ces mêmes patients reçoivent réellement diminuent d’année en année.

84%








des Français considèrent les professionnels de santé comme leur principale source d'information sur le microbiote 

(contre 79 % à l'échelle mondiale)

21%



Seule une personne sur cinq a reçu toutes les informations essentielles sur le microbiote de la part de son professionnel de santé 

(contre 33 % à l'échelle mondiale)

6%

d'entre eux ont reçu toutes les informations essentielles à plusieurs reprises 

(-2 points par rapport à 2025)

Le fossé en matière d'information se creuse

Le recul de la formation sur le microbiote dispensée par les professionnels de santé en France n'est pas une tendance nouvelle, mais bien une tendance qui s'accélère. Les trois indicateurs de qualité de l'information ont tous connu une baisse significative en 2026 :

Moins d’un Français sur trois a été sensibilisé à l’importance de préserver l’équilibre du microbiote (30 %, soit une baisse de 7 points par rapport à 2025). Ces mêmes 30 % ont reçu des conseils sur les comportements à adopter (soit une baisse de 6 points par rapport à 2025). Enfin, seul 1 répondant sur 5 a reçu une explication sur ce qu’est le microbiote et sur son rôle (26 %, -8 points par rapport à 2025).

La communication des professionnels de santé est également influencée par l'âge : les patients plus jeunes (moins de 35 ans) reçoivent davantage d'informations sur le microbiote que les plus âgés. Parmi les personnes interrogées âgées de 60 ans et plus, seules 18 % ont reçu une explication sur ce qu'est le microbiote, alors qu'il s'agit précisément de la tranche d'âge la plus encline à faire confiance à son médecin et la moins susceptible de rechercher des informations ailleurs.

La prescription de probiotiques et la sensibilisation aux antibiotiques sont toutes deux peu répandues

La France est l'un des pays européens les moins performants tant en matière de prescription de probiotiques que d'éducation sur le microbiote en lien avec les antibiotiques :

  • Seuls 28 % des personnes interrogées se sont vu prescrire des probiotiques ou des prébiotiques (-4 points par rapport à 2025, 51 % au total) ; 
  • 17 % ont reçu toutes les informations essentielles sur le microbiote lors de la prescription d'antibiotiques (contre 25 % au niveau mondial) ;
  • Environ 1 personne sur 5 s'est vu prescrire des probiotiques en association avec des antibiotiques 
    (contre 38 % au niveau mondial).

Les médecins généralistes (67 %) et les pharmaciens (30 %) sont les principaux acteurs de la sensibilisation au microbiote en France. 

Le fossé en matière d'information se creuse : la communication des professionnels de santé est en baisse. Année après année, de moins en moins de patients français reçoivent des informations sur le microbiote de la part de leurs professionnels de santé. Le canal qui inspire le plus confiance est aussi celui qui est de moins en moins utilisé.

Antibiotics: what impact on the microbiota and on our health?

Antibiotiques : quels impacts sur le microbiote et notre santé

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4. Les 1 000 premiers jours : un concept encore largement méconnu des parents français

Le dossier consacré aux « 1 000 premiers jours » met en lumière l’un des écarts les plus frappants en France. Alors que 37 % des parents et des femmes enceintes en France ont entendu parler de ce concept (un chiffre inférieur à la moyenne mondiale de 43 %), seuls 18 % savent exactement ce qu’il signifie. Et lorsqu’il s’agit de savoir concrètement ce qui influence le microbiote d’un bébé, les parents français n’ont répondu correctement qu’à 1,4 question sur 5 dans le sondage, soit le score le plus bas ou parmi les plus bas de l’étude.

37%





des parents et des femmes enceintes en France connaissent le concept des « 1 000 premiers jours » 

(contre 43 % à l'échelle mondiale)

18%

d'entre eux ont affirmé savoir exactement ce que cela signifie

(contre 15 % à l'échelle mondiale)

20%

1 personne sur 5 déclare avoir reçu des informations
sur le développement précoce du microbiote de la part d'un professionnel de santé

(contre 39 % à l'échelle mondiale)

Idées fausses courantes chez les parents français

Les parents français présentent des lacunes spécifiques et importantes dans leurs connaissances sur le développement du microbiote au cours des premières années de la vie :

  • 9 % des parents savaient que le microbiote du bébé ne commence pas à se développer dans l'utérus maternel, l'un des taux les plus bas de l'étude ; 
  • 81 % ignorent qu'à l'âge de 5 ans, le microbiote intestinal n'est pas encore comparable à celui d'un adulte ;  
  • 54 % ignorent l'impact de l'utilisation précoce d'antibiotiques sur le développement du microbiote intestinal du nourrisson, un taux nettement supérieur à la moyenne mondiale de 35 % ;
  • Seul 1 parent sur 3 sait que l'exposition aux animaux de compagnie au cours des premières années de vie influence le microbiote intestinal.
Gut microbiota: our immune system’s best friend

Le microbiote intestinal : l'allié de notre système immunitaire

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La formation des professionnels de santé en pédiatrie est très limitée

Les pédiatres français dispensent aux parents des informations sur le microbiote à un rythme bien inférieur aux moyennes mondiales. L'écart entre les prescriptions cliniques et l'éducation des patients est particulièrement flagrant dans ce domaine :

  • 38 % des personnes interrogées en France ont été informées du rôle de l'allaitement maternel sur le microbiote de l'enfant (contre 62 % à l'échelle mondiale) ;
  • 37 % ont reçu des informations sur l'importance de préserver l'équilibre du microbiote de l'enfant (contre 57 % à l'échelle mondiale) ;
  • 31 % ont été informées du lien entre les antibiotiques et le microbiote du nouveau-né (contre 55 % à l'échelle mondiale) ;
  • Seuls 20 % ont reçu des informations sur le développement du microbiote au cours des 1 000 premiers jours (contre 39 % à l'échelle mondiale). 

Méthodologie

Cette quatrième édition de l'Observatoire international du microbiote a été réalisée par Ipsos auprès de 7 500 personnes dans 11 pays (France, Portugal, Pologne, Finlande, Italie, Allemagne, États-Unis, Brésil, Mexique, Chine, Vietnam), entre le 3 février et le 13 mars 2026. Les échantillons sont représentatifs de la population âgée de 18 ans et plus, grâce à un échantillonnage par quotas (sexe, âge, région, catégorie socioprofessionnelle). La signification statistique est calculée avec un niveau de confiance de 95 %. L'enquête a duré dix minutes.

Le questionnaire portait sur : la sensibilisation et les connaissances relatives au microbiote ; les informations fournies par les professionnels de santé ; les comportements ; les connaissances des femmes sur le microbiote vaginal ; les connaissances des parents concernant les 1 000 premiers jours ; et les données de santé.

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