Dis-moi combien tu as de Lactobacilles dans ta salive, je te dirai si tu risques de grossir !

Une faible quantité de lactobacilles dans le microbiote salivaire pourrait être prédictive d'un gain de poids au cours du temps.

Selon des travaux récents, la composition du microbiote intestinal, particulièrement en bactéries du genre Lactobacillus, jouerait un rôle dans la régulation du poids. Des chercheurs danois se sont appliqués à le vérifier sur 322 volontaires, qui se sont prêtés à diverses analyses à 6 ans d'intervalle : mesure du poids et de la taille pour le calcul de l'IMC*, contrôle des apports alimentaires, analyse du microbiote. Les chercheurs ont prélevé des échantillons de salive, reflet du microbiote oral, puis ont réparti les participants en 4 groupes selon le nombre de lactobacilles présents dans leur bouche. Légèrement en surpoids au début de l'étude, ils ont, en moyenne, pris 900 g en 6 ans (tous groupes confondus).

Chez les individus ayant une consommation moyenne à faible de sucres complexes (pain, légumes secs, pâtes…) et dont les lactobacilles sont peu nombreux dans la flore orale, les chercheurs constatent une association avec un gain de poids. Si les lactobacilles sont nombreux au contraire, un individu maigrira s’il est peu consommateur de sucres complexes ou maintiendra son poids si sa consommation est moyenne. En revanche, le poids de l’individu progresse quel que soit le taux de lactobacilles si son absorption de sucres complexes est élevée. En d’autres termes, l’étude conclut à une interaction entre microbiote et aliments qui sous-tendrait l’obésité. La proportion dans la salive de lactobacilles (dont les chercheurs étudieront bientôt les souches) pourrait être un marqueur de probabilité dans la prise de poids.

*L'IMC, ou indice de masse corporelle, correspond au rapport du poids (kg) sur le carré de la taille (m2). Il permet de déterminer le degré de corpulence (déficit, poids souhaitable, surpoids, obésité)

Sources :

Rosing et al. Oral Lactobacillus Counts Predict Weight Gain Susceptibility: A 6-Year Follow-Up Study. Obes Facts 2017;10:473–482