Les végétariens protégés des troubles métaboliques ?

La consommation de viande favoriserait la colonisation du tube digestif par des bactéries qui créent un environnement propice aux maladies cardiaques et aux troubles métaboliques. De la viande oui mais pas trop ?

 

Si les régimes riches en graisses et pauvres en fibres sont associés à un risque accru de diabète, de dyslipidémie et de maladies cardiovasculaires, un régime végétarien semblerait protéger contre ces pathologies. Mais quel rôle nos habitudes alimentaires jouent sur les bactéries du microbiote intestinal?

Pour le savoir, des chercheurs ont analysé les espèces bactériennes présentes dans la flore intestinale de 268 Brésiliens strictement végétariens, ovo-lacto-végétariens (pas de viande ni de poissons, mais des produits laitiers et des œufs) ou omnivores, puis ont comparé leur état inflammatoire, leur insulino-résistance et leur risque cardiovasculaire. Le surpoids était nettement plus fréquent parmi les omnivores que parmi les végétariens, stricts ou non, tout comme les signes de pré-diabète et l'hypertension artérielle. Malgré une insulinémie plus élevée, leur glycémie à jeun était relativement similaire, mais leur profil lipidique moins favorable. Globalement, les auteurs ont observé un gradient des marqueurs de l'inflammation, allant crescendo des végétariens aux omnivores. L'analyse du microbiote intestinal a montré que les végétariens stricts hébergeaient davantage de bactéries anti-inflammatoires (Roseburia et Faecalibacterium, Bacteroides) et moins de bactéries pro-inflammatoires (Firmicutes).

Au travers de cette analyse les les auteurs suggèrent que la consommation de produits d’origine animale pourrait créer un environnement qui favoriserait l'inflammation chronique et les troubles métaboliques.

 

Sources :
Franco-de-Moraes et al. Worse inflammatory profile in omnivores than in vegetarians associates with the gut microbiota composition. Diabetol Metab Syndr (2017) 9:62