Mieux définir les banques de selles pour déployer la greffe

Le 22 juin 2019, plusieurs experts internationaux en matière de transplantation de microbiote fécal - communément appelée greffe de selles - se sont réunis à Rome pour s’accorder sur les orientations à donner au développement des banques de selles afin de promouvoir l’accessibilité à cette technique.

 

Traitement désormais reconnu de l’infection récidivante à Clostridium difficile (ICD), la transplantation de microbiote fécal (TMF) ne connaît pourtant pas l’essor qu’elle devrait. En cause : le manque de centres spécialisés, les difficultés à recruter des donneurs, la complexité des procédures. En soulageant les hôpitaux des lourdeurs administratives, les banques de selles pourraient permettre son déploiement. Mais leur législation, leur organisation et leur structure diffèrent trop pour offrir à tous les mêmes garanties.

Une trentaine d’experts se sont réunis pour donner une seule et même définition à la banque de selles et fournir un guide des bonnes pratiques. Après avoir épluché la littérature scientifique, ils ont abouti à un consensus sur 6 thèmes : 1) principes généraux de la TMF et de la banque de selles, ; 2) sélection et dépistage des donneurs ; 3) collecte, préparation et conservation des selles ; 4) services et clients ; 5) registres, suivi des résultats et questions éthiques ; 6) mise à jour des applications cliniques de la TMF.

Les principales recommandations

Voici quelques-unes des 40 recommandations émises, qui visent à sécuriser le don de selles :

• Garantir la protection des données personnelles ;

• Seul un gastroentérologue, un microbiologiste ou un spécialiste des maladies infectieuses, bénéficiant d’une expertise en TMF, peut prétendre à être directeur d’une banque de selles ;

• Les suspensions fécales sont destinées uniquement au traitement de l’ICD et à la recherche, sous réserve que les études aient été approuvées ;

• Les banques de selles dépendent des autorités de régulation de leur pays ;

• Le don de microbiote fécal se fait sur la base du volontariat, mais une compensation financière suivant le pays et la réglementation en vigueur ;

• Le recrutement des donneurs se fait sur la foi d’un questionnaire évaluant l’ensemble des facteurs de risque, à renouveler avant chaque don. Les conditions : avoir - idéalement - moins de 50 ans et être exempt d’infections multirésistantes ;

• Les selles seront suivies à la trace grâce à un code-barres unique ; il ne faudra pas dépasser 6h entre leur prélèvement et leur stockage, à -80°C pendant 2 ans maximum ;

• Enfin, les experts suggèrent d’élargir les indications de la TMF aux cas d’ICD les plus sévères ainsi qu’aux enfants.

 

Sources :

Cammarota G, Ianiro G, Kelly Colleen R. et al. International consensus conference on stool banking for faecal microbiota transplantation in clinical practice. Gut 2019; 68: 2111–2121. https://gut.bmj.com/content/68/12/2111