2026: Ce que les femmes savent (et ignorent) de leur microbiote vaginal International Microbiota Observatory
Pour la quatrième année consécutive, le Biocodex Microbiota Institute a chargé Ipsos de mener une grande enquête internationale sur le microbiote : l’Observatoire International des Microbiotes. Cette vaste enquête a été réalisée par Ipsos auprès de 7 500 personnes dans 11 pays (États-Unis, Brésil, Mexique, France, Allemagne, Italie, Portugal, Pologne, Finlande, Chine et Vietnam).
Le microbiote vaginal est essentiel à la santé des femmes. Mais dans quelle mesure les femmes le comprennent-elles ? Quels comportements adoptent-elles pour le préserver ? Quels conseils reçoivent-elles de la part des professionnels de santé ?
Les résultats de cette quatrième édition montrent une prise de conscience croissante du microbiote vaginal ; cependant, la compréhension de son fonctionnement n’a pas beaucoup progressé. Les conseils prodigués par les professionnels de santé restent limités. Il est essentiel de renforcer et d’élargir ces conseils afin de donner aux femmes les moyens d’adopter des pratiques favorisant un mode de vie respectueux du microbiote.
1. Le microbiote vaginal est de plus en plus connu, mais reste encore mal compris
La notoriété du microbiote vaginal auprès des femmes continue de progresser : 56 % d’entre elles connaissent l’existence du microbiote vaginal, soit une hausse de 2 points depuis 2025.
Cependant, seule une petite minorité sait précisément de quoi il s’agit. Actuellement, une femme sur cinq affirme en avoir une compréhension précise (23 %). Ce niveau de connaissance approfondie est comparable à celui de l’année précédente, affichant une légère baisse d’un point par rapport à 2025. Bien que la tendance soit encourageante, il semble que les connaissances manquent encore de profondeur.
La compréhension des femmes reste solide sur plusieurs aspects clés :
des personnes interrogées sont conscientes des effets néfastes des antibiotiques sur le microbiote vaginal
(-3 points vs. 2025)
des personnes interrogées reconnaissent le risque de sécheresse vaginale lié à un déséquilibre du microbiote
(-2 points vs. 2025)
savent que le microbiote vaginal varie d'une femme à l'autre
(-2 points vs. 2025)
La sensibilisation dans certains domaines ne s'est pas améliorée et reste limitée. Plus de la moitié des femmes savent que le microbiote vaginal subit des changements tout au long de la vie (56 %, soit une baisse de 4 points par rapport à 2025). Par ailleurs, 57 % d'entre elles connaissent la fonction d'autonettoyage du vagin (-1 point par rapport à 2025).
Il existe encore des lacunes notables dans la compréhension des facteurs influençant le microbiote vaginal, et, une fois de plus, aucun progrès n’a été enregistré au cours de l’année écoulée.
Seules 50 % des femmes interrogées reconnaissent que le tabagisme peut affecter leur microbiote vaginal, et cette prise de conscience a baissé de 5 points depuis 2025. De plus, seules 45 % des femmes ont conscience du lien entre le microbiote intestinal et le microbiote vaginal, un chiffre qui reste inchangé depuis 2025.
Enfin, seules 37 % sont conscientes de l’impact de l’accouchement (par voie basse ou par césarienne) sur le microbiote intestinal du nouveau-né, ce qui représente une baisse de 4 points depuis 2025.
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2. Comportements favorables au microbiote vaginal : adoption partielle ; persistance de pratiques néfastes
Si certains comportements protecteurs sont bien intégrés dans les habitudes quotidiennes des femmes, d’autres restent peu adoptés, et des pratiques ayant un impact négatif sur le microbiote vaginal persistent.
Quelques comportements bénéfiques qui sont adoptés
74 % portent régulièrement des sous-vêtements en coton
(-10 points vs. 2025)
avoid using deodorants or hygiene sprays on their intimate areas
(nouvelle question en 2026)
44 % des femmes utilisent des produits nettoyants sans savon
(-12 points vs. 2025)
Par ailleurs, certaines pratiques néfastes persistent :
- Les douches vaginales sont encore pratiquées par plus d’un quart des femmes (28 %) ;
- La pratique consistant à dormir en sous-vêtements plusieurs fois par semaine semble plus courante, puisque 68 % des femmes le font (+13 points par rapport à 2025) ;
- Et plus de la moitié des femmes (58 %) ont tendance à se laver le corps deux fois ou plus par jour au moins une fois par semaine, ce qui peut nuire à la santé du microbiote vaginal ;
- Plus de la moitié (56 %) optent pour l’automédication en cas d’irritation, de démangeaisons ou de sensations de brûlure plutôt que de consulter un professionnel de santé.
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3. Les femmes souhaitent obtenir des réponses concernant leur microbiote vaginal, mais trop peu d'entre elles reçoivent des conseils concrets.
Les conseils prodigués par les professionnels de santé restent trop limités ; la plupart des femmes n'ont reçu que peu d'informations de la part de ces derniers.
Seules 36 % des femmes se souviennent avoir reçu des explications sur le microbiote vaginal, son rôle et ses fonctions (-1 point vs. 2025).
Seuls 40 % avaient été sensibilisés à l'importance de préserver l'équilibre du microbiote et une proportion identique avait reçu des conseils pratiques à ce sujet, ce qui représente une baisse de 2 points par rapport à 2025.
Par ailleurs, l 'impact des produits d'hygiène intimeet d'autres produits tels que les serviettes hygiéniques et les coupes menstruelles sur le microbiote vaginal est abordé, avec moins de la moitié (respectivement 47 % et 42 %)
Il existe toujours un besoin urgent d’améliorer l’information et la communication auprès des patientes dans tous ces domaines. Par ailleurs, la demande d’informations est sans équivoque. Une proportion écrasante de 86 % des femmes souhaitent recevoir davantage de conseils de la part de leurs professionnels de santé concernant le microbiote vaginal et ses implications pour la santé (+1 point par rapport à 2025).
Cependant, certaines femmes reconnaissent qu’il peut être difficile d’aborder des questions de santé intime avec des professionnels de santé. Deux femmes sur cinq ont du mal à parler de leurs troubles sexuels avec des professionnels de santé (41 %), 31 % ont du mal à aborder la sécheresse vaginale et un quart ont du mal à évoquer les infections urinaires ou à levures (23 %).
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4. L’âge est un facteur déterminant pour comprendre et protéger le microbiote vaginal
Cette année encore, les femmes âgées de 60 ans et plus sont les moins informées et les moins sensibilisées au microbiote vaginal. Cependant, ces femmes âgées adoptent tout de même des comportements protecteurs pour leur microbiote vaginal. La sensibilisation reste nettement plus faible chez les femmes âgées :
des personnes âgées de 60 ans et plus savent exactement ce qu'est le microbiote vaginal
(contre 23 % de l'ensemble des femmes)
seule la moitié des femmes de plus de 60 ans savent que le vagin est un organe qui s'auto-nettoie
(contre 57 % de l'ensemble des femmes)
savent que le tabagisme peut avoir un impact sur le microbiote vaginal
(contre 50 % de l'ensemble des femmes)
De plus, cette tranche d’âge fait preuve d’une moindre sensibilisation à l’impact potentiel d’un déséquilibre du microbiote sur les IST (62 % contre 67 %), la fertilité (44 % contre 53 %), le risque de fausse couche et de complications de la grossesse (39 % contre 49 %), ainsi que le risque d’accouchement prématuré (35 % contre 45 %).
Pourtant, chez les femmes âgées de 60 ans et plus, la sensibilisation à certains sujets clés est relativement élevée :
savent que les antibiotiques peuvent perturber le microbiote vaginal
(contre 60 % chez les femmes plus jeunes)
reconnaissent que le microbiote vaginal de chaque femme est unique
(contre 64 % de l'ensemble des femmes)
savent que cela évolue de l'enfance à la ménopause
(contre 56 % de l'ensemble des femmes)
Les femmes âgées de 60 ans et plus déclarent adopter des comportements clés bénéfiques pour leur microbiote vaginal.
- Une proportion plus élevée porte régulièrement des sous-vêtements en coton (80 % contre 74 % dans l’ensemble) ;
- Elles évitent d’utiliser des déodorants dans les zones intimes (77 % contre 69 %) ;
- La majorité s’abstient également de pratiquer des douches vaginales (61 % contre 56 % de l’ensemble des femmes)
Cependant, certaines pratiques ne sont pas systématiquement meilleures que la moyenne :
- Seules 46 % utilisent une solution nettoyante sans savon pour l’hygiène intime plusieurs fois par semaine (contre 44 % dans l’ensemble) ;
- Et 28 % se lavent le corps plusieurs fois par jour — une habitude qui peut perturber l’équilibre du microbiote vaginal (contre 25 % dans l’ensemble).
Les changements du microbiote chez les femmes âgées
En savoir plusJeunes femmes : si la sensibilisation au microbiote vaginal est plus forte chez elles, cela ne se traduit toutefois pas systématiquement par des comportements favorables à ce microbiote. Cela souligne la nécessité de transformer cette prise de conscience en habitudes durables et bénéfiques pour la santé, afin de préserver l'équilibre du microbiote vaginal.
La sensibilisation à certains thèmes clés est relativement élevée. Les femmes âgées de 25 à 34 ans sont plus nombreuses (31 %) à savoir précisément ce qu’est le microbiote vaginal, contre seulement 23 % de l’ensemble des femmes. Elles connaissent mieux la capacité d’autonettoyage du vagin (61 % contre 57 % de l’ensemble des femmes) et comprennent mieux l’impact des modes d’accouchement sur le microbiote intestinal du nouveau-né (44 % contre 37 %).
De plus, ces femmes sont mieux informées sur l'impact d'un déséquilibre du microbiote sur la fertilité (58 % contre 53 %) et sur les risques de fausse couche ou de grossesses à complications (53 % contre 49 %).
Toutefois, des lacunes notables subsistent : si une majorité sait que le microbiote vaginal agit comme une barrière contre les micro-organismes pathogènes, le niveau de sensibilisation est inférieur à la moyenne (60 % contre 64 %), et la même proportion comprend que les antibiotiques peuvent perturber le microbiote vaginal, ce qui est là encore inférieur à la moyenne générale (60 % contre 69 %).
Les femmes âgées de 25 à 34 ans déclarent recevoir davantage d’informations de la part des professionnels de santé que les autres femmes.
Elles ont été mieux informées sur l'importance de préserver l'équilibre du microbiote vaginal (48 % contre 40 % pour l'ensemble des femmes), ainsi que sur les comportements bénéfiques à adopter pour maintenir cet équilibre (49 % contre 40 %).
Elles se souviennent également plus souvent que les professionnels de santé leur ont donné des conseils sur les pratiques d’hygiène intime (53 % contre 47 % pour l’ensemble des femmes), les ont mises en garde contre les effets des produits d’hygiène intime (53 % contre 47 %) et d’autres produits d’hygiène tels que les serviettes hygiéniques et les coupes menstruelles (48 % contre 42 %) sur le microbiote vaginal. Bien que supérieurs à la moyenne, ces taux restent modérés, environ la moitié des femmes bénéficiant de ces conseils.
Méthodologie
Cette quatrième édition de l’Observatoire International des Microbiotes a été menée par Ipsos auprès de 7 500 personnes, dans 11 pays (France, Allemagne, Portugal, Pologne, Finlande, Italie, Etats-Unis, Brésil, Mexique, Chine et Vietnam). Les pays interrogés sont les mêmes que lors de la vague précédente.
L’enquête a été réalisée par Internet, du 3 février au 13 mars 2026. Dans chaque pays, l’échantillon interrogé est représentatif de la population du pays âgée de 18 ans et plus en termes de :
- Sexe
- Âge
- Profession
- Région
La représentativité a été assurée par la méthode des quotas, il s’agit du plan d’échantillonnage le plus couramment utilisé pour obtenir un échantillon représentatif de la population étudiée. Les variables de quotas se sont ainsi portées au sein de chaque pays sur le genre, l’âge, la région, et la catégorie socio-professionnelle. Les données ont été redressées :
- Au sein de chaque pays pour assurer une fois de plus la représentativité de chacune des populations
- Au global pour que chaque pays représente chacun le même poids. Les analyses statistiques ont été réalisées par le logiciel Cosi (M.L.I., France, 1994), prenant comme seuil de significativité 95%.
La population interrogée comprend 48% d’hommes, 52% de femmes. L’échantillon composé de 7500 individus permet une analyse fine selon les tranches d’âge :
- 18-24 ans
- 25-34 ans
- 35-44 ans
- 45-59 ans
- 60 ans et plus
Les évolutions mesurées affichées sont celles d’une année sur l’autre, c’est-à-dire par rapport à la 3ème édition de l’Observatoire conduit en 2025. Les évolutions par rapport aux éditions précédentes, les 1ère et 2ème édition, sont affichées à périmètre constant, c’est-à-dire qu’elles ont été calculées en ne tenant compte que des pays présents dans toutes les vagues de l’enquête (à savoir les Etats-Unis, le Brésil, le Mexique, la France, le Portugal et la Chine. Les autres pays, intégrés dans l’Observatoire en 2ème ou 3ème édition, ne sont pas inclus dans les résultats affichés à périmètre constant.
Le questionnaire est composé de 24 questions, il comprend :
- des données socio-démographiques
- l’évaluation des connaissances sur les microbiotes
- le niveau et le souhait d’information des professionnels de santé
- le niveau de connaissances et d’informations des parents et femmes enceintes sur le microbiote de l’enfant
- l'identification et l'adoption des comportements destinés à lutter contre les déséquilibres des microbiotes
- le niveau de connaissances, d’informations et les comportements des femmes sur le microbiote vulvo-vaginal
- des données de santé.
Le questionnaire avait une durée de 10 minutes, les 7500 individus devaient répondre à l’ensemble du questionnaire pour faire partie de l’enquête. Les termes utilisés dans le questionnaire pour parler du microbiote ont été traduits et adaptés en fonction des termes utilisés dans chaque pays.
BMI-26.44