Antibio-résistance : les surfeurs y contribuent

Une étude britannique indique que les surfeurs sont plus à risque d’être contaminés par des bactéries résistantes aux antibiotiques présentes dans l’eau de mer.

 

La résistance bactérienne aux antibiotiques est devenue un enjeu mondial de santé publique. Selon certaines estimations, à l’horizon 2050, les bactéries résistantes pourraient causer près de 10 millions de décès par an. Comprendre comment les personnes sont exposées et contaminées par ces bactéries permettrait de développer des stratégies de lutte plus pertinentes. Des chercheurs ont ainsi évalué la présence d’Escherichia. coli résistantes dans les eaux de baignade britanniques… ainsi que dans les intestins de surfeurs !

97 sites étudiés

De récents travaux ont montré que la baignade augmentait le risque de souffrir d’infections gastrointestinales. Or la bactérie E. coli est fréquemment impliquée dans ce type d’infections. Très commune, cette bactérie n’est pas dangereuse, mais les formes résistantes aux antibiotiques, de plus en plus nombreuses, peuvent rendre difficile la prise en charge d’infections pourtant bégnines. Les chercheurs de l’université d’Exeter ont mené une étude en deux temps. Ils ont tout d’abord prélevé et analysé de l’eau de mer sur 97 sites des côtes anglaises et galloises. Puis ils ont comparé des échantillons de selles provenant de 143 surfeurs et de 130 personnes habitant dans ces régions mais ne se baignant pas.

2,5 millions de baignades à risque

Les analyses révèlent la présence de deux types de bactéries résistantes aux antibiotiques dans 15 % et 11 % des échantillons d'eau de mer. La concentration de ces bactéries dans l'eau était certes faible (0,12 % et 0,07 %) mais les chercheurs estiment qu’en 2015, pas moins de 2,5 millions de baignades ont pu conduire à des contaminations au Royaume Uni. Les échantillons de selles indiquent eux que les amateurs de surf sont entre trois et quatre fois plus à risque d’être colonisés par des E. coli résistantes aux antibiotiques.

Etre porteur de telles bactéries n’a pas d’impact direct sur la santé, mais peut d’une part compliquer le traitement d’une infection banale, et d’autre part contribuer à la dissémination de la résistance aux antibiotiques. « Nous espérons que ces résultats aideront les décideurs politiques, les responsables des plages et des compagnies des eaux à agir pour améliorer la qualité des eaux dans l’intérêt de la santé publique », a commenté2 le Dr. Will Gaze, en charge de ces travaux.

 

Sources :

1. Leonard A, Zhang L. Balfour A et al. Exposure to and colonisation by antibiotic-resistant E. coli in UK coastal water users:         Environmental surveillance, exposure assessment, and epidemiological study (Beach Bum Survey). Environment International   Pathogens 2018 ; in press

2. Communiqué de presse de l’université d’Exeter

href="https://www.exeter.ac.uk/news/featurednews/title_631842_en.html">https://www.exeter.ac.uk/news/featurednews/title_631842_en.html