La greffe fécale améliorerait les symptômes psychiques associés au syndrome de l’intestin irritable

En rééquilibrant le microbiote intestinal, la greffe fécale pourrait améliorer les symptômes psychiques associés au syndrome de l’intestin irritable, selon une étude japonaise. Des résultats qui élargissent le champ d’application de cette approche thérapeutique, limité pour l’heure à l’infection à Clostridium difficile.

 

Le syndrome de l’intestin irritable est un trouble digestif fréquemment associé à la dépression et à l’anxiété. La coexistence de ces trois maladies reposerait sur l’axe cerveau-intestin au travers duquel communiquent le microbiote intestinal et le cerveau. En effet, selon une récente étude, les patients atteints de dépression et d’un syndrome de l’intestin irritable ont en commun un déséquilibre du microbiote intestinal ; cette dysbiose provoquerait une perméabilité intestinale accrue qui serait à l’origine des deux maladies. La greffe fécale, une approche thérapeutique qui permet de rééquilibrer le microbiote, a déjà été testée avec succès dans des travaux menés chez des patients atteints de troubles digestifs résultant d’une dysbiose. Elle pourrait donc s’avérer tout aussi efficace pour traiter les troubles psychiques associés.

Amélioration des symptômes psychiques

Pour tester cette hypothèse, des chercheurs japonais ont réalisé une greffe fécale chez 17 patients atteints d’un syndrome de l’intestin irritable avec prédominance de diarrhée ou de constipation ; 12 participants souffraient de dépression, associée à une anxiété pour 5 d’entre eux. L’analyse de leur microbiote intestinal montrait une moindre diversité en cas de dépression. La greffe fécale a entraîné l’enrichissement du microbiote de l’ensemble des malades. Au bout de quatre semaines, 9 participants ont retrouvé un transit normal, tant ceux atteints de diarrhée que de constipation ; la moitié des patients dépressifs et la majorité des patients anxieux ne présentaient plus de signes psychiques. Quant aux 8 patients dont les symptômes gastro-intestinaux ont perduré après la greffe, leurs symptômes psychiques se sont nettement améliorés.

La greffe fécale, une approche efficace

Pour les auteurs, ces résultats suggèrent qu’une greffe fécale, en augmentant la diversité de l’écosystème bactérien du tube digestif, peut améliorer les symptômes psychiques associés à un syndrome de l’intestin irritable, même en l’absence d’une amélioration des symptômes intestinaux.

 

Sources :

Kurokawa et al. The effect of fecal microbiota transplantation on psychiatric symptoms among patients with irritable bowel syndrome, functional diarrhea and functional constipation: An open-label observational study. Journal of Affective Disorders 235 (2018) 506–512 https://doi.org/10.1016/j.jad.2018.04.038