Le risque d’obésité, bientôt prédit par une simple analyse d'urine ?

Notre risque d'obésité ou de diabète pourrait être prédit par les métabolites urinaires de notre microbiote intestinal, ce qui permettrait, à terme, de proposer un régime adapté à chacun.

 

Soumis au même régime alimentaire, tout le monde ne réagit pas de la même façon. Fortement liés aux interactions entre nos gènes et l'environnement, l'obésité et le diabète dépendent également de notre microbiote intestinal, lui-même modulé par ce que nous ingérons. Pour mieux comprendre le rôle des bactéries dans le développement de ces troubles, des chercheurs ont analysé les métabolites urinaires de souris. Ils ont ainsi déterminé un profil métabolique microbien, propre à chaque rongeur. Ils ont ensuite astreint ces derniers à une alimentation riche en graisses et observé l'effet d'un tel régime. Tous n'ont pas réagi de la même façon : quand certains sont restés minces, d'autres sont devenus obèses et/ou moins tolérants au glucose - deux signes précoces du diabète.

A partir de leur profil métabolique microbien, les chercheurs ont découvert que certains composés, et plus particulièrement le TMAO (triméthylamine-N-oxyde), permettaient de prédire comment les souris allaient réagir au changement d'alimentation. Et d'en déduire que la façon de tirer profit des propriétés nutritionnelles des aliments est non seulement déterminée par nos gènes, mais également par ceux de notre microbiote intestinal. Une découverte qui ouvre d'immenses perspectives en matière de nutrition personnalisée : un jour peut-être, une simple analyse d'urine ou de sang permettra de déterminer l'alimentation la mieux adaptée à chacun.

 

Sources 
Dumas M. et al. Microbial-Host Co-metabolites Are Prodromal Markers Predicting Phenotypic Heterogeneity in Behavior, Obesity, and Impaired Glucose Tolerance. Cell Reports, vol. 20, Issue 1, p136-148, 5 July 2017.