Quand le diabète gestationnel nuit au microbiote du placenta

Une grossesse compliquée par un taux de sucre trop élevé dans le sang : c’est le lot d’un nombre croissant de futures mamans… et de leurs futurs bébés. Une étude en expose les conséquences néfastes sur les bactéries du placenta, où se développerait la première flore de notre vie.

 

L’épidémie de diabète de type 2 qui sévit sans ralentir dans le monde entier n’épargne pas les femmes enceintes : un bébé sur sept naît d’une maman dont le taux de sucre s’élève au-delà de la normale pendant la grossesse, ce que l’on appelle le diabète gestationnel. Déjà risqué pour la mère, de facto exposée sur le plan cardiovasculaire, ce diabète imprimerait aussi sa marque sur le placenta, par lequel tout transite : apport de nutriments et oxygène, élimination des déchets, du dioxyde de carbone et de certains toxiques, virus et bactéries… mais aussi bactéries de la flore maternelle (intestinale, orale, vaginale et urinaire), comme commencent à le proposer certains chercheurs.

Une flore placentaire pas comme les autres

Parmi eux, une équipe chinoise a collecté des placentas et du sang de cordon ombilical de nourrissons à leur naissance dans un hôpital de Pékin. La moitié des mères souffraient de diabète gestationnel ; les autres avaient eu une grossesse normale, et toutes ont accouché par césarienne – un critère qui permet d'éliminer le mode d’accouchement comme facteur influant sur les résultats. En sont ressorties des différences marquées entre les microbiotes placentaires de ces deux groupes, avec un taux plus bas de « bonnes » bactéries chez les mamans diabétiques.

Un gâteau en héritage

Les chercheurs ont ensuite relié leurs résultats à la présence dans le sang de cordon de trois hormones liées au métabolisme des sucres et au développement du fœtus : l’insuline, un facteur de croissance, et l’une des hormones de la satiété (la leptine). Des associations entre certaines bactéries et chacune de ces trois hormones ont pu être établies, signe que les bactéries placentaires feraient, elles aussi, partie de la grande aventure métabolique du fœtus. La recherche dans ce domaine est encore balbutiante et de futurs travaux devront défricher plus avant ce nouveau terrain, notamment sur les mécanismes inflammatoires et immunitaires qui seraient à l’œuvre. Hasard ou coïncidence, « placenta » vient du mot latin signifiant « gâteau ». Certains pourraient y voir un signe...

 

Sources :

Zheng J, Xiao X, Zhang Q, Mao L, Yu M, Xu J, Wang T. The Placental Microbiota is Altered among Subjects with Gestational Diabetes Mellitus: A Pilot Study. Front Physiol. 2017 Sep 6;8:675. doi: 10.3389/fphys.2017.00675.eCollection 2017