Régime psychobiotique : des aliments fermentés ou riches en prébiotiques pour réduire le  stress ? 

Réduire son anxiété, gérer son stress au quotidien, un vœu pieu pour une grande partie de la population coincée dans la routine métro, boulot… K.O ! Opter pour une alimentation riche en composés bénéfiques au microbiote intestinal, ou « psychobiotiques », serait l’un des moyens d’y parvenir, révèle une étude.

Le microbiote intestinal Troubles anxieux Troubles de l'humeur Quels aliments pour un microbiote équilibré ? Prébiotiques : l'essentiel pour comprendre
The psychobiotic diet: might fermented or prebiotic-rich foods reduce stress?

Avoir la peur au ventre, se faire de la bile, mal digérer une mauvaise nouvelle… On sait « viscéralement » que notre intestin et notre tête dialoguent constamment au gré de nos émotions. Cet « axe intestin-cerveau », qui transite par le microbiote digestif, représente aujourd’hui un véritable boulevard vers de nouveaux horizons de connaissances… et de solutions pour améliorer notre bien-être physique et mental. Ainsi, de nombreux travaux scientifiques révèlent que le microbiote intestinal est impliqué dans nos mécanismes cérébraux, donc notre santé (sidenote: Cognition Ensemble des processus mentaux liés à la connaissance qui mettent en jeu l’attention, l’apprentissage, l’intelligence, le langage, la mémoire, la perception, la prise de décision, la résolution de problèmes, le raisonnement, etc. Cognition_National Cancer Institute ) et mentale.

L’anxiété, la dépression et certains troubles de l’humeur seraient ainsi associées à une dysbiose intestinale. Or l’alimentation joue un rôle important dans l’équilibre de notre microbiote intestinal. Elle peut donc représenter un moyen de soutenir notre moral, en particulier si elle contient des composés psychobiotiques (qui agissent sur le cerveau via le microbiote intestinal), par exemple des aliments fermentés ou naturellement riches en prébiotiques.

Qu’est-ce qu’un régime psychobiotique ?

Particulièrement bénéfique pour le microbiote intestinal, le régime psychobiotique privilégie la consommation d’aliments prébiotiques (oignons, laitue, chou, pomme, banane, céréales complètes…) et fermentés (choucroute, kéfir, kombucha…).
 

L’effet des psychobiotiques par le menu

Une équipe de chercheurs a donc exploré l’impact d’un régime psychobiotique pendant 4 semaines sur le microbiote intestinal ainsi que sur l’humeur et la sensation de stress de 24 adultes en bonne santé, comparés avec 21 sujets contrôles. Le régime du groupe « psychobiotique » privilégiait des aliments bénéfiques au microbiote intestinal avec des céréales complètes, des fruits et légumes à haute teneur en prébiotiques (oignons, laitue, chou, pomme, banane…) et des aliments fermentés (choucroute, kéfir, kombucha) et réduisait à la portion congrue les friandises, les sodas et le « fast-food ». Celui du groupe contrôle a simplement été orienté par des conseils diététiques classiques d’équilibre alimentaire.

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Moins de stress en moins d’un mois

Au bout des 4 semaines, les deux groupes ont tiré parti de la modification de leurs habitudes alimentaire, avec une diminution du niveau de stress perçu par les participants par rapport au début de l’étude. Mais cette réduction n’a été significative (32%) que dans le groupe « psychobiotique », et d’autant plus importante que leur régime était suivi avec plus d’assiduité. L’analyse d’échantillons de selles des participants n’a révélé que de légères différences dans la composition de leur microbiote intestinal. Cependant, un changement significatif de certains composés, appelés (sidenote: Métabolites Petites molécules produites au cours du métabolisme cellulaire ou bactérien. Les acides gras à chaine courte sont par exemple des métabolites produits par le microbiote intestinal lors de la fermentation de sucres complexes non digestibles (fibres…).  Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25.  Lamichhane S, Sen P, Dickens AM, et al An overview of metabolomics data analysis: current tools and future perspectives. Comprehensive analytical chemistry. 2018 ; 82: 387-413 ) lipidiques, a été observé dans le groupe « psychobiotique » (et pas dans le groupe contrôle). Selon les chercheurs, il peut résulter de la réduction de l’apport en graisses alimentaires du régime psychobiotique, mais aussi suggérer que le microbiote intestinal influe sur l’humeur en régulant le métabolisme des graisses.

Le microbiote intestinal

En savoir plus

Bien nourrir notre microbiote intestinal pourrait donc nous aider à réduire notre stress … Désormais, des études incluant un plus grand nombre d’individus et plus longues sont nécessaires pour confirmer l’effet d’un régime psychobiotique sur le stress, mais aussi pour éclaircir les mécanismes sous-jacents et le rôle du microbiote intestinal dans ces bénéfices.

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"Excellente information" - Commentaire traduit de Peggy Rhinelander

"Bonne question" - Commentaire traduit de Bear Beauchamp

"Bonne information !" - Commentaire traduit de Hazel Vienneau

"C'est bon à savoir" - Commentaire traduit de Colette Pellerin

(Repris de My health, my microbiota)

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Journée internationale des femmes et des filles de science : quels sont leurs thèmes de recherche sur le microbiote ?

Elles explorent et étudient le microbiote, et sensibilisent le grand public à son importance pour la santé. À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science (le 11 février), le Biocodex Microbiota Institute donne la parole à des femmes scientifiques particulièrement actives dans la recherche sur le microbiote.

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Journée Internationale des Femmes et des Filles de Science : elles font avancer la recherche sur le microbiote !

Ce sont des femmes. Elles viennent de Finlande, de France, des États-Unis, du Canada... Elles sont à l’origine d’avancées majeures dans la recherche sur le microbiote. À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science (le 11 février), le Biocodex Microbiota Institute donne la parole à des femmes scientifiques et médecins particulièrement actives dans la recherche sur le microbiote.

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"Merci pour cette reconnaissance qui renforce mon engagement à promouvoir la science du microbiote auprès du plus grand nombre pour la prévention de la santé. Bravo à tous pour leurs réalisations." - Anne-Sophie ALVAREZ (De Biocodex Microbiota Institute sur LinkedIn)

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Schizophrénie et comportement agressif : quelle implication du microbiote intestinal ?

Chez les adultes schizophrènes, un phénotype pro-inflammatoire, un stress oxydant, une dysbiose et une perméabilité intestinale seraient associés au comportement agressif. De quoi envisager de futures thérapies microbiennes ou anti-inflammatoires ?

La schizophrénie touche 1 % de la population adulte, en particulier les jeunes adultes. Cette maladie psychiatrique multiplierait la propension à l’agressivité sans que l’on sache réellement pourquoi. Néanmoins, quelques pistes se dessinent, impliquant le microbiote intestinal et une possible translocation bactérienne en cas de perte d’étanchéité de la muqueuse intestinale. Suivant cette hypothèse, une récente étude a profilé la diversité et composition du microbiote intestinal, certains (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) fécaux (acides gras à chaîne courte) et neurotransmetteurs de 50 patients schizophrènes dont 25 avaient des comportements agressifs. Objectif : comprendre le lien entre l’inflammation, l’oxydation, la perméabilité intestinale et le microbiote chez des patients schizophrènes ayant des comportements agressifs.

Un phénotype inflammatoire…

Les résultats montrent que les patients schizophrènes à tendance agressive présentaient des taux largement accrus de biomarqueurs sériques d'oxydation des acides nucléiques et des lipides, comparativement aux patients schizophrènes non agressifs. Ces réponses pro-oxydative et pro-inflammatoire étaient liées à la sévérité de l'agression, suggérant une co-implication de l’inflammation systémique et de l’oxydation dans le développement de l'agressivité chez les schizophrènes.

1% de la population mondiale souffre de schizophrénie.

facteur 4 à 7 La schizophrénie peut multiplier par un facteur 4 à 7 la propension à l’agressivité.

… doublé d’une dysbiose bactérienne

Les patients schizophrènes à tendance agressive affichaient en outre une bien moindre diversité bactérienne. Cette dysbiose intestinale semble ainsi corrélée à l'étiologie ou à la gravité de l'agressivité chez les individus schizophrènes, sans que l’on puisse conclure pour autant à une relation causale.

De plus, l'abondance du genre Prevotella était significativement augmentée, tandis que Bacteroides, Faecalibacterium, Blautia, Bifidobacterium, Collinsella et Eubacterium coprostanoligenes étaient largement appauvris dans le groupe de patient à tendance agressive. Cette modification allait de pair avec des réductions importantes de certains métabolites, même si les auteurs ne peuvent établir de lien de cause à conséquence : 6 AGCC fécaux (acides acétique, propanoïque, butyrique, isobutyrique, isovalérique et isohexanoïque) et 6 neurotransmetteurs (5-hydroxytryptophane, lévodopa, chlorhydrate de noradrénaline, chlorhydrate d’adrénaline, acide kynurénique et histidine) s’avéraient beaucoup moins présents chez les patients ayant des comportements agressifs.

Une hypothèse à confirmer

Considérant ces résultats dans leur ensemble, les auteurs émettent l'hypothèse que le phénotype pro-inflammatoire systémique précédemment constaté chez les schizophrènes à tendance agressive impliquerait des altérations du microbiote intestinal et de ses métabolites, une hyper-perméabilité de la paroi intestinale permettant aux bactéries intestinales de rejoindre la circulation générale en entrainant un stress oxydatif, lié à la sévérité du caractère agressif.  Ainsi, l’hyper-inflammation aurait conduit, via le microbiote intestinal, à l’hyper-oxydation et in fine à l’agressivité. Une hypothèse qui reste encore à valider dans des études à plus large échelle.

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"C'est noté !" - Commentaire traduit de Kamara Daniel (Repris de Biocodex Microbiota Institute sur X)

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Actualités Gastroentérologie Psychiatrie

Légumes fermentés : de bonnes raisons de les mettre au menu

Quel rapport entre la choucroute, le kombucha, le pain au levain ou le kéfir1? Ce sont tous des aliments fermentés, et leurs bienfaits sur la santé intéressent de plus en plus les scientifiques. Une étude américaine2 révèle qu’en à peine 6 semaines, manger chaque jour une portion de légumes fermentés a des bénéfices sur le microbiote intestinal.  

Le microbiote intestinal

Selon leur définition scientifique officielle, les aliments fermentés sont « des aliments préparés à l’aide d’une croissance microbienne et de conversions enzymatiques de composants alimentaires » 3. Plus simplement, ils sont transformés avec des microorganismes tels que des lactobacilles (on parle alors d’aliments lacto-fermentés) et autres espèces de bactéries, des champignons filamenteux ou des levures3. Sources de microorganismes bénéfiques, de vitamines, de prébiotiques et de composés bioactifs d’origine végétale équilibrants pour le microbiote intestinal, ces aliments nous apporteraient des bienfaits digestifs et métaboliques, selon différentes études3,4.

5000 aliments fermentés Plus de 5 000 aliments et boissons fermentés sont recensés dans le monde, contribuant entre 5 et 40 % de l’alimentation humaine.

Quand la fermentation s’invite dans nos assiettes

Alors pourquoi ne pas intégrer des aliments fermentés dans notre alimentation quotidienne pour améliorer notre forme ? Des chercheurs ont ainsi décidé d’évaluer la faisabilité et l’effet de la consommation de légumes fermentés (choux et cornichons) pendant 6 semaines sur la composition du microbiote intestinal de 31 femmes. Les participantes ont été partagées en trois groupes : le premier consommant 100 g de légumes fermentés par jour, le deuxième 100 g des mêmes légumes en saumure (non fermentés mais conservés par acidification3) par jour, et le troisième groupe control, à qui l’on a demandé de poursuivre leur alimentation habituelle. Des échantillons de selles ont été recueillis au début et à la fin de l’étude pour analyse du microbiote intestinal.

Plus de bactéries bénéfiques dans le microbiote intestinal

Résultats : le microbiote intestinal des femmes ayant consommé des légumes fermentés était plus riche en bactéries Faecalibacterium prausnitzii, qui selon des études seraient abondantes chez les personnes en bonne santé et protégeraient contre l’inflammation, le stress oxydant et les germes pathogènes. Il comprenait également moins de Ruminococcus torques, des bactéries qui favoriseraient l’inflammation et des problèmes métaboliques. Globalement, leur microbiote présentait une plus grande diversité microbienne, ce qui est bénéfique à son équilibre.

Un transit chouchouté par le chou fermenté !

Côté digestion, les femmes consommant des légumes fermentés avaient davantage de ballonnements que les femmes ne consommant pas de légumes, ce qui était attendu de la part du chou, fournisseur bien connu de gaz naturel ! Mais elles avaient aussi moins de diarrhée que celles consommant des légumes en saumure, ce qui suggère que la fermentation des légumes améliore la consistance des selles, et moins de maux de ventre que les deux autres groupes. Enfin, côté assiduité, si 70 à 90% des femmes des groupes « choux-cornichons » se sont bien tenues à leur régime, quelques-unes ont commencé à le trouver pénible vers la fin des 6 semaines…

Cette étude pilote indique que consommer 100 g de légumes fermentés par jour pendant 6 semaines, c’est faisable et bénéfique pour le microbiote intestinal : d’autres travaux doivent maintenant être menés pour déterminer si les légumes fermentés pourraient lutter efficacement contre les dysbioses. Ses auteurs suggèrent de proposer aux participants des légumes plus variés afin de réduire les effets indésirables et la lassitude.

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Urétrites idiopathiques masculines : de nouvelles étiologies infectieuses identifiées ?

Chez les hommes, les urétrites idiopathiques sont largement traitées par antibiothérapie probabiliste. Afin d’envisager une approche plus ciblée de ces infections communes, des chercheurs1 ont analysé le microbiote urinaire et urétral de sujets symptomatiques en tenant compte de leur orientation sexuelle. De « nouvelles » bactéries potentiellement en cause ont été identifiées, dont Haemophilus influenzae.

L’urétrite est une infection sexuellement transmissible (IST) principalement due à Neisseria gonorrhoeae, mais aussi à Chlamydia trachomatis ou Mycoplasma genitalium, moins souvent à un virus comme herpès simplex. Mais jusqu’à 50% des urétrites non-gonococciques sont considérées idiopathiques. Non infectieuses dans de rares cas, leur étiologie est le plus souvent indéterminée, ce qui pose un défi diagnostique et thérapeutique aux cliniciens. L’antibiothérapie probabiliste est largement appliquée dans ces cas, mais peut aboutir à des traitements inadéquats ou excessifs dans un contexte de risques d’antibiorésistances. Par ailleurs, de récentes études suggèrent que les agents infectieux responsables d’urétrites non-gonococciques diffèrent entre les hommes ayant des relations sexuelles avec des femmes (HSF) et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). 

Une exploration du microbiote urinaire et urétral en fonction de l’orientation sexuelle

Des chercheurs australiens ont souhaité déterminer quels agents infectieux, hormis ceux déjà connus, pouvaient contribuer aux urétrites non-gonococciques chez l’homme et ce, en tenant compte des pratiques sexuelles et du genre de leur partenaire. Pour cela, ils ont réalisé une étude cas incluant 199 hommes, parmi eux, 96 présentaient des symptômes d’urétrite idiopathique et les 103 qui n’en présentaient pas, servaient de sujets contrôles. D’âge médian de 31 ans, 73 ont eu une relation avec un homme dans le mois précédent l’inclusion (classés HSH), les autres étant classés HSF. Pour tous, les chercheurs disposaient d’échantillons de microbiote urinaire et urétral utilisables pour une analyse par séquençage.

Des urétrites pas si « idiopathiques » que cela : vers des traitements plus ciblés 

Leurs résultats ont montré qu’Haemophilus influenzae, qui colonise naturellement le microbiote du nasopharynx, était plus abondante chez les HSH avec urétrite idiopathique. De plus, H. influenzae était bien associée à des caractéristiques cliniques telles que sensations de brûlure urétrale, dysurie et écoulement purulent. Selon les chercheurs, le sexe oral sans préservatif pourrait être le principal mode de contamination par cette bactérie. Le genre Corynebacterium était quant à lui augmenté chez les HSF atteints, ce qui est surprenant car il est considéré commensal dans le microbiote génital masculin. Certaines espèces spécifiques de Corynebacterium pourraient devenir pathogènes lorsque leur charge est élevée, d’après les scientifiques. Ureaplasma, Staphylococcus haemolyticus, Streptococcus pyogenes, Escherichia et Streptococcus pneumoniae étaient également augmentés dans le microbiote urinaire et urétral des sujets symptomatiques et pourraient donc tous favoriser l’urétrite. 

De possibles causes infectieuses d’urétrites non-gonococciques jusque-là qualifiées d’idiopathiques, variables selon l’orientation sexuelle, ont ainsi été découvertes. Si ces résultats sont confirmés par d’autres études, les médecins pourraient à terme proposer des traitements plus ciblés à leurs patients.

Académie du Microbiote Urogénital

Biocodex Microbiota Institute est un partenaire institutionnel de l'Académie du microbiote urogénital (AMUR). L'AMUR a été fondée pour enrichir les connaissances sur le microbiote et développer des approches novatrices visant à prévenir et traiter les troubles de la sphère urogénitale.

Pour en savoir plus sur le microbiote urogénital visitez AMUR 

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Actualités Urologie

Insomnie chez les personnes âgées : le microbiote intestinal impliqué ?

Montre-moi ton microbiote, et je te dirai comment tu dors (et cogite). Telle est en substance la conclusion d’une étude qui met en évidence une interrelation entre les troubles du sommeil, la cognition et le microbiote intestinal chez le senior insomniaque.

Le microbiote intestinal Quels aliments pour un microbiote équilibré ?
Insomnie chez les personnes âgées : le microbiote intestinal impliqué ?

Difficile de dormir comme un bébé quand on a déjà soufflé 65 bougies. A cet âge, une personne sur 2 souffre d’ (sidenote: Insomnie Difficultés d’endormissement, de maintien du sommeil, réveils précoces ou sensation d’un sommeil non réparateur. Sa sévérité se mesure en termes de fréquence de survenue et retentissement diurne sur les activités courantes, les performances sociales et cognitives. L’insomnie peut être aiguë si elle dure moins d’un mois, ou chronique si elle dure plus de 6 mois.  Amatéis, C., Büla, C., Insomnies chez les personnes âgées : quelle approche ?, Rev Med Suisse, 2007/132 (Vol.-7), p. 2537–2541. ) chronique, qui aggrave les troubles (sidenote: Cognition Ensemble des processus mentaux liés à la connaissance qui mettent en jeu l’attention, l’apprentissage, l’intelligence, le langage, la mémoire, la perception, la prise de décision, la résolution de problèmes, le raisonnement, etc. Cognition_National Cancer Institute ) liés à l’âge. Mais rassurez-vous : des chercheurs s’attèlent à décrypter les mécanismes sous-jacents, encore mal compris. Une équipe s’est ainsi penchée sur le microbiote intestinal, identifié depuis plusieurs années comme capable d’influer le fonctionnement du cerveau1.

50% Les insomnies touchent environ 50 % de la population adulte de plus de 65 ans.

1 senior sur 2 L’insomnie touche 1 senior sur 2, contre 1 personne sur 3 voire 1 personne sur 6 dans la population générale.

Or, avec les années qui passent, la dentition, la fonction salivaire, la digestion et le transit intestinal sont mis à mal, affectant le microbiote intestinal et entrainant un déséquilibre (dysbiose) : la composition et la diversité de cette flore bigarrée de bactéries, champignons, virus et autres petits (sidenote: Micro-organismes Organismes vivants qui sont trop petits pour être vus à l'œil nu. Ils incluent les bactéries, les virus, les champignons, les archées, les protozoaires, etc… et sont communément appelés "microbes". What is microbiology? Microbiology Society.   ) évoluent au fil des années, au point que le microbiote des seniors s’éloignent progressivement de celui d’adultes plus jeunes.

L’évolution du microbiote intestinal liée à l’insomnie

Chez les seniors insomniaques, les chercheurs observent ainsi qu’un embranchement bactérien (les Bacteroidetes) se taille la part du lion, alors que les Firmicutes et Proteobacteria sont moins présents que chez des patients sains. Mais surtout, les chercheurs montrent que chez les seniors souffrant d’insomnie, le sommeil et la cognition expliquent à eux seuls 7,5 à 7,9 % de la variation de la composition du microbiote intestinal), soit un impact important, comparable à celui provoqué par les médicaments, les paramètres sanguins, le transit digestif, le régime alimentaire, l’état de santé, le poids et la taille, d’après une précédente étude2 !

Vieillir ou dormir : il faut choisir !

L’âge n’est pas en soi une cause d’insomnie mais représente plutôt un facteur favorisant en raison des problèmes de santé associés à l’avancée en âge3.

Bactéries typiques des insomniaques

Autre enseignement : les seniors insomniaques abritant dans leurs entrailles une forte proportion de bactéries du genre Lachnoclostridium ont un sommeil efficace et des performances cognitives plus élevées. A l’inverse, des performances cognitives plus faibles vont de pair avec davantage de Blautia.
Inutile de vouloir en déduire des relations de cause à effet : c’est impossible à ce stade. En revanche, le microbiote intestinal pourrait un jour aider au diagnostic des personnes âgées souffrant d'insomnie et de déclin cognitif. Et, si une relation de cause à effet est un jour prouvée, il pourrait devenir une nouvelle cible thérapeutique dans le domaine du vieillissement… et de l’endormissement. Mais d’ici là, le marchand de sable sera maintes fois passé et repassé…

Le microbiota intestinal

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Règles et microbiote vaginal : les progrès de la science…

De récentes publications scientifiques apportent de nouvelles informations mettant en lumière le rôle clé du microbiote vaginal dans la santé des femmes. Le Biocodex Microbiota Institute lance une série d’interviews d’experts consacrées au microbiote, aux femmes et à la santé. Quel est l’état actuel des connaissances sur la santé des femmes et le microbiote ? Que reste-t-il encore à découvrir ?

Deuxième acte : le cycle menstruel et le microbiote vaginal. Le professeur Ina Schuppe Koistinen, chercheuse spécialisée dans le microbiote, nous dit tout sur cette question !

Le microbiote vaginal Candidose vaginale Vaginose bactérienne - déséquilibre du microbiote vaginal Le microbiote intestinal Quels aliments pour un microbiote équilibré ?
Periods & vaginal microbiota: Science in progress…

52% Seule 1 femme sur 2 sait que le vagin se nettoie tout seul

Qu’est-ce que le microbiote vaginal exactement et quel est son rôle ?

Prof. Ina Schuppe Koistinen: On peut définir le microbiote vaginal comme l’écosystème complexe formé par les (sidenote: Microorganismes Organismes vivants qui sont trop petits pour être vus à l'oeil nu. Ils incluent les bactéries, les virus, les champignons, les archées, les protozoaires, etc… et sont communément appelés "microbes". Source : What is microbiology? Microbiology Society.
 
)
– bactéries, virus et champignons – qui vivent dans le vagin et qui, de par l’évolution biologique, contribuent à la protection de l’appareil reproducteur féminin.

Le microbiote vaginal

En savoir plus

Contrairement au microbiote intestinal, un microbiote vaginal sain se caractérise par une diversité réduite. Il est dominé par les espèces du genre Lactobacillus qui protègent le vagin contre la prolifération d’autres microorganismes en maintenant un pH vaginal faible grâce à la production d’acide lactique et d’antimicrobiens tels que le H2O2 et les bactériocines. Les lactobacilles participent également à la lutte pour les nutriments, adhèrent fermement à la muqueuse et modulent le système immunitaire local.

Quels changements le microbiote vaginal subit-il au cours du cycle menstruel ?  

I. S.-K.: On sait qu’un microbiote vaginal sain est résilient face aux changements tels que les menstruations, les relations sexuelles et les fluctuations hormonales. Chez la plupart des femmes (mais pas toutes), le microbiote vaginal reste relativement stable pendant les règles. Le sang menstruel élève le pH et fournir des nutriments aux bactéries vaginales telles que Gardnerella ou Prevotella qui ont été associées à un déséquilibre du microbiote vaginal (encore appelé (sidenote: Dysbiose La « dysbiose » n’est pas un phénomène homogène : elle varie en fonction de l’état de santé de chaque individu. Elle est généralement définie comme une altération de la composition et du fonctionnement du microbiote, provoquée par un ensemble de facteurs environnementaux et liés à l’individu, qui perturbent l’écosystème microbien. Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232. ) ).

Il se produit donc bien un effet pendant l’écoulement sanguin puisque la diversité du microbiote vaginal augmente1, même si elle redevient généralement normale après la menstruation (c’est ce qu’on appelle la « résilience »).

Les protections hygiéniques ont-elles un impact sur le microbiote vaginal ?

I. S.-K.: On dispose de très peu de données scientifiques sur le lien entre la menstruation, la méthode de protection hygiénique utilisée et le microbiote vaginal. À ce stade, on ignore si les protections hygiéniques ont un impact sur sa composition. Il s’agit pourtant d’une information critique puisque la moitié de la population féminine (environ 26 % de la population mondiale2) se trouve en âge de procréer et est donc concernée. Malgré cela, aucune étude de grande envergure n’a été réalisée pour comparer les différentes méthodes de protection hygiénique : tampon, serviette, coupe menstruelle ou culotte absorbante. L’étude que nous menons actuellement en Suède s’intéresse à l’impact de la protection hygiénique sur le microbiote vaginal de 2000 femmes. J’ai hâte d’en connaître les résultats.

Menstruations : ne sous-estimez pas le pouvoir de l’alimentation !

De nombreuses femmes déclarent souffrir de symptômes digestifs pendant leurs menstruations (ballonnements, douleur abdominale, diarrhée…). Saviez-vous qu’une alimentation saine peut soulager les douleurs de l’appareil digestif associées aux menstruations ? Des légumes, des fruits et des aliments fermentés riches en bifidobactéries et en lactobacilles, ainsi que des aliments riches en fibres possédant des propriétés anti-inflammatoires, peuvent être bénéfiques pour le microbiote intestinal. Si vous n’êtes toujours pas convaincue, c’est le moment idéal pour goûter le kimchi et la choucroute !

Existe-t-il un lien entre règles douloureuses et microbiote ?

I. S.-K.: Encore une fois, la recherche sur cette question est malheureusement limitée. Dans une étude suédoise3, 50 % des adolescentes ont indiqué avoir des règles douloureuses et près de 40 % souffrir de douleurs intenses. La recherche a montré que les femmes ayant des règles douloureuses présentent des niveaux élevés de prostaglandines, hormones dont on sait qu’elles provoquent des douleurs abdominales aiguës.

50% des adolescentes ont indiqué avoir des règles douloureuses .

Pour le moment, on ne sait pas si le microbiote est impliqué. Il faudrait intensifier la recherche car l’on répète depuis longtemps aux jeunes filles qu’il est normal d’avoir des règles douloureuses, Et pourtant cela n’est pas normal ! Il conviendrait d’étudier les facteurs associés à la douleur menstruelle afin de soulager les femmes et d’améliorer le diagnostic de l’endométriose. Selon le magazine Forbes, seulement 4 % des fonds alloués à la recherche et au développement dans le domaine pharmaceutique sont consacrés à des problèmes spécifiques de santé des femmes, ce qui est plutôt décourageant… Je suis convaincue qu’il faut améliorer la sensibilisation sur cette question. Telle est en tout cas la mission que je me suis donnée !

Existe-t-il un risque d’augmentation des infections vaginales au cours du cycle menstruel? Ce risque est-il lié au microbiote ?  

I. S.-K.:  Le risque d’infections vaginales (candidose ou vaginose bactérienne) est plus élevé pendant les menstruations et cette hausse est liée au microbiote vaginal. Comme je l’ai déjà expliqué, le sang menstruel crée un environnement qui favorise la prolifération de bactéries pathogènes et qui conduit à une (sidenote: Dysbiose La « dysbiose » n’est pas un phénomène homogène : elle varie en fonction de l’état de santé de chaque individu. Elle est généralement définie comme une altération de la composition et du fonctionnement du microbiote, provoquée par un ensemble de facteurs environnementaux et liés à l’individu, qui perturbent l’écosystème microbien. Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232. ) .

72 million de femmes dans le monde doivent gérer leurs menstruations sans avoir accès à des toilettes décentes.

Selon (sidenote: Sources ) , 72 millions de femmes dans le monde doivent gérer leurs menstruations sans avoir accès à des toilettes décentes. De surcroît, les femmes qui n’ont pas les moyens de s’offrir une protection hygiénique sont exposées à un risque d’infection plus élevé. Pour remédier à cet état de fait, il faudrait à la fois plus de ressources et plus d’éducation.

 

Les rapports sexuels pendant les règles ont-ils un impact sur le microbiote vaginal et sur le risque d’infection ?

I. S.-K.: Il n’y a a priori pas d’inconvénient à avoir des rapports sexuels pendant les menstruations, mais l’utilisation de préservatifs est recommandée en cas de prédisposition du microbiote vaginal aux dysbioses. Toutes les pratiques sexuelles impliquant un échange de secrétions corporelles peuvent aggraver la dysbiose vaginale. Une dysbiose vaginale peut augmenter la prédisposition aux infections sexuellement transmissibles d’origine bactérienne telles que la chlamydiose et la gonorrhée, ainsi qu’à celles d’origine virale comme le papillomavirus humain (HPV) ou encore le VIH4-6.

Auriez-vous un conseil à donner pour mieux prendre soin de son microbiote vaginal pendant les règles ?  

I. S.-K.:  Le premier conseil que je donnerai à toutes les femmes c’est de choisir un produit avec lequel elles se sentent bien. Cela les aidera à affronter leurs menstruations de façon positive en se sentant bien et sûres d’elles-mêmes. Il est important pour chaque femme de choisir un produit adapté à son écoulement sanguin.

Ensuite, il convient de suivre quelques règles simples : changer de tampon ou de coupe menstruelle (sans oublier de la stériliser avant insertion) toutes les 4 à 6 heures afin de limiter le risque de (sidenote: Syndrome du choc toxique Le SCT est une affection rare mais potentiellement mortelle qui est provoquée par la pénétration dans le corps de bactéries libérant des toxines nocives et qui est associée à l’utilisation de tampons ou de coupelles menstruelles. Sources. ) 7, se laver les mains avant d’introduire la protection hygiénique, éviter les tampons et serviettes parfumés ou contenant d’autres substances chimiques. Le vagin est auto nettoyant, il n’est donc pas nécessaire de procéder à des douches vaginales. Lavez-vous la vulve à l’eau tiède, avec une solution nettoyante sans savon ou à l’huile non parfumée et n’utilisez pas d’antimicrobiens susceptibles de perturber votre microbiote. Ayez des rapports sexuels protégés et prenez soin de votre vulve et de votre vagin, n’abusez pas du savon et du parfum, c’est le meilleur conseil que je puisse vous donner !

Découvrez l'interview du professeur Ina Schuppe Koistinen :

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"Je pense que c'est une bonne idée de poster cet article parce qu'on peut le lire dans l'intimité de sa propre maison, sans personne autour" - Louise Strong (From My Health, my micrbiota)

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Patients stories : vivre avec le Syndrome de l'Intestin Irritable (SII)

PATIENTS STORIES : le Biocodex Microbiota Institute donne la parole aux patients afin qu'ils partagent leur histoire, leur quotidien mais aussi leurs conseils pour apprendre à vivre avec la maladie.

Le microbiote intestinal Le syndrome de l’intestin irritable (SII) TFI Adulte / Enfant
SII
Patients stories IBS

Ce nouveau format est consacré au Syndrome de l'Intestin Irritable (SII) : 75% des personnes atteintes du SII ne seraient pas diagnostiquées alors que cette pathologie toucherait 10% de la population. En cause, le fait que cette maladie ne soit expliquée par aucune anomalie anatomique décelable.

Les premiers épisodes de notre série sont réalisés avec le soutien de l'APSSII.

52% Seule 1 personne sur 2 ayant souffert d’une pathologie digestive impliquant le microbiote fait le lien

Jennifer et le Syndrome de l'Intestin Irritable (SII) - FR

Découvrez le témoignage de Jennifer

Âgée de 32 ans, Jennifer est cheffe de produit dans le milieu de la mode. On lui a diagnostiqué un Syndrome de l'Intestin Irritable à l'âge de 29 ans, après 21 ans d'errance médicale.

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Jennifer et le Syndrome de l'Intestin Irritable (SII) - FR
Jennifer et le Syndrome de l'Intestin Irritable

Je m'appelle Jennifer, j'ai 32 ans et je suis chef de produit dans le milieu de la mode.

Pouvez-vous nous décrire le Syndrome de l'Intestin Irritable ?

Le Syndrome de l'Intestin Irritable, c'est une maladie digestive, chronique, invisible et incomprise.

Quels étaient vos symptômes ?

J'avais de la constipation, comme des poignards dans le ventre, des douleurs, des spasmes, des nausées, des diarrhées de temps en temps et au-delà de ça j'avais aussi une fatigue chronique.

Mes premiers symptômes, étonnamment, étaient des allergies alimentaires et j'ai aussi développé un Syndrome de Raynaud, c'est-à-dire qu'on a les extrémités, les mains et les pieds extrêmement froids, puisque le sang ne circule plus.

J'avais aussi un mal de dos qui m'a obligée à porter une ceinture corset à 25 ans.

Combien de temps a-t-il fallu attendre avant le diagnostic ?

J'ai ressenti ces symptômes pendant 21 ans avant d'avoir le diagnostic à 29 ans.

Quel événement vous a poussé à consulter un médecin ?

Un matin, je me lève encore extrêmement fatiguée, très en retard pour aller au travail. Et là, je m'écroule.

Où avez-vous cherché conseil à propos de vos symptômes ?

Au départ, j'ai cherché conseil auprès de mes médecins généralistes, des gastro-entérologues mais les réponses étaient toujours les mêmes : comme j'étais d'origine plutôt constipée, on me donnait beaucoup de laxatifs et on ne cherchait pas plus loin. J'ai cherché aussi auprès de rhumatologues et je n'ai jamais eu de réponse jusqu'au dernier gastro-entérologue qui m'a vue, et qui m'a parlé du Syndrome et des FODMAP.

Les FODMAP c’est quoi ?

C'est les sucres fermentescibles dans les aliments et cela peut poser problème aux personnes qui sont atteintes du Syndrome de l'intestin irritable.

Saviez-vous que votre microbiote intestinal pouvait jouer un rôle dans le SII ?

Je savais que mon microbiote était impliqué à partir du moment où le gastro-entérologue m'a fait prendre conscience que c'était mon alimentation qui posait problème. A partir du moment où j'ai changé mon alimentation, où j'ai mis en place un protocole FODMAP et où j'ai réussi à reprendre soin de mon microbiote, tous mes symptômes ont disparu. Mais vraiment tous.

Vivre avec le SII au quotidien ça ressemble à quoi ?

Au quotidien, je gère la maladie avec une bonne hygiène de vie. Il faut vraiment que je dorme et il faut que je fasse attention à ce que je mange. Et j'essaye aussi d'éviter du mieux que je peux toute source de stress inutile qui pourrait aussi agir sur mon ventre et du coup sur ma tête.

Que pouvez-vous nous dire du lien intestin-cerveau dans le SII ?

Pour moi, l'Intestin Irritable, c'est le fait que la tête et le ventre soient complètement liés. Pour moi, c'est même l'intestin le premier cerveau. Quand ça va mal au niveau du ventre, ça ne peut qu'aller mal dans la tête.

Votre message pour les personnes atteintes du SII ?

Comme conseil que je pourrais donner aux personnes atteintes d'Intestin Irritable, j'en ai plein et j'en ai d'ailleurs fait un blog qui s'appelle foodmapers.com dans lequel je rassemble tous mes conseils.

Écoutez-vous, faites-vous confiance. Ce n'est pas dans votre tête. S'il y a quelque chose que vous sentez qui ne va pas c'est peut-être en lien avec votre microbiote et la façon dont vous digérez.

Je l'ai vécu. On ne peut pas continuer inlassablement de faire des radios, des échographies pendant 20 ans et toujours se faire entendre dire il n'y a rien. C'est sûr qu'il peut y avoir quelque chose. Et une fois qu'on a ce diagnostic là, il y a plein de choses à faire sur le plan nutritionnel, sur le plan de l'anxiété, sur le stress, sur le sommeil.

Le mot de la fin

Il faut rester positif, mais surtout continuer d'investiguer, ne pas baisser les bras et trouver les professionnels de santé qui seront à même à vous épauler et de vous aider à trouver ce qui ne va pas.

Suivez son blog et son podcast dédiés au SII

Découvrez le témoignage de Mihai

Après une appendicite aiguë, Mihai, 25 ans, a développé un syndrome de l'intestin irritable. Il nous raconte comment son quotidien a été bouleversé depuis le diagnostic et évoque les contraintes auxquelles il est désormais confronté.

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Mihai et le Syndrome de l'Intestin Irritable (SII) - FR
Mihai et le Syndrome de l'Intestin Irritable

Bonjour, je m'appelle Mihai,j'ai 25 ans. Je suis secrétaire en maison de retraite et je suis atteint du Syndrome de l'Intestin Irritable.

Pouvez-vous décrire le syndrome du côlon irritable ?

C'est une maladie au niveau du système digestif qui n'est pas maligne mais bénigne.

​​​​​​Quels étaient vos symptômes ?

Des maux de ventre, des ballonnements, des gonflements. Je ne pouvais plus manger ce que j'aimais, ni boire. Le ventre gargouille, vibre. On dirait que j'ai un téléphone
dans la poche et j'ai perdu 35 kilos en six sept mois.

Qu'est-ce qui vous a poussé à consulter un médecin ?

J'ai développé le SII suite à ma période d'appendicite aiguë. J'ai contracté du coup des maux de ventre. J'ai fait pas mal d'examens,
un passage aux urgences. Ils m'ont donné des traitements, et cetera mais qui n'ont pas fait effet.

Combien de temps a-t-il fallu attendre avant le diagnostic ?

Sur cette période 2016-2022, J'ai vu six gastro-entérologues et par la suite je suis retourné
aux urgences et un interne m'a dit “Bon, je sais ce que vous avez, vous avez l'intestin irritable”.

Où avez-vous cherché des conseils concernant vos symptômes ?

J'ai cherché des informations au niveau des associations, l’APSSII où je suis actuellement adhérent  et par ailleurs Instagram et d'autres réseaux sociaux.

Le rôle du microbiote ?

Je savais que le microbiote était impliqué dû à des vidéos sur le microbiote intestinal et par la suite des associations d'où l’APSSII. J'ai fait des réunions en visio avec certaines personnes qui ont ce même problème et ils m'ont parlé de la flore intestinale microbienne.

​​​​​​​Qu'est-ce que ça fait de vivre avec le SII au quotidien ?

C'est une maladie qui est difficile à vivre au quotidien. Je ne peux plus prendre
les transports en commun. Je suis obligé d'annuler mes soirées
avec mes amis parce que ça m'empêche de vivre. Il y a des jours où j'ai envie de faire des choses, mais je ne peux pas parce que
le ventre dit le contraire. Malgré le fait que je travaille, que j'essaye d'avoir  une vie convenable pour moi et c'est compliqué.

Votre message pour les personnes atteintes du SII ?

C’est déjà consulter, s'alimenter au mieux par rapport à ce qu'on a. J'ai appris à vivre avec le stress. Je suis relax maintenant, mais
il faut simplement écouter son corps et ce qu'on ressent aussi, c'est la moindre des choses, écouter son corps avant tout.

Suivez Mihai sur Instagram
Photo: IBS patients stories - Aline (FR)

Découvrez le témoignage d'Aline 

Aline, 50 ans, souffre du Syndrome de l’Intestin Irritable depuis son enfance. Malgré les difficultés au quotidien, elle a aujourd’hui appris à vivre avec la maladie pour mener l’existence la plus normale possible.

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Aline et le Syndrome de l'Intestin Irritable (SII) - FR
Aline et le Syndrome de l'Intestin Irritable

Je suis Aline, j'ai 50 ans, dans la vie professionnelle, je suis chargée de mission environnement et je souffre effectivement du Syndrome de l'Intestin Irritable. 

Pouvez-vous nous décrire le Syndrome de l'Intestin Irritable ?

Le SII c'est un ensemble de symptômes qui atteignent l'intestin et en particulier le côlon, qui vont créer douleurs, ballonnements, constipation ou diarrhée selon les patients ou alternance des deux et surtout une hypersensibilité viscérale, chez moi, en particulier.

Qu'est ce qui déclenche vos crises ?

Tout stress, toute angoisse, tout mal-être psychologique se traduit souvent par des coliques, des crampes ou des douleurs pour lesquels il faut s'adapter, apprendre à vivre avec au mieux.

Une anecdote à nous partager ?

Anecdote insolite, la caissière me regarde avec un certain aplomb, sûre d’elle, et elle dit “Eh bien, messieurs dames, veuillez laisser passer la dame enceinte”. La dame enceinte, c'était moi.

Comment s'est déroulé votre diagnostic ?

Le médecin tâtonnait sur l'appellation, sur le traitement aussi. Toute l’enfance, toute l’adolescence, les médecins parlaient plutôt de fragilité intestinale, de colopathie colite spasmodique. Mais l'expression Syndrome de l'Intestin Irritable est venue vraiment très tardivement. Je devais avoir une trentaine d'années de mémoire.

Où avez-vous cherché conseil à propos de vos symptômes ?

J'ai appris pas mal de choses par moi-même, via l’APSSII, via des conférences organisées par l’APSSII, les journées annuelles. Au fait, j'ai besoin de comprendre, même si tout ne s'explique pas, mais j'ai vraiment besoin de le comprendre, d'être actrice par rapport à la pathologie.

Et le microbiote dans tout ça?

Le microbiote, c'est tout un ensemble de 10 000 milliards de bactéries et de champignons, d'archées qui jouent de multiples rôles au service de l'intestin, mais aussi de l'organisme dans son ensemble puisqu'il contribue à la digestion. Digestion des fibres, en particulier, à la production de certaines vitamines, à la formation du système immunitaire. Intestin et cerveau communiquent via le nerf vague. chez moi c’est une autoroute parce que je pense que les informations vont très très vite. Donc c'est vraiment un acteur majeur de la santé intestinale et de la santé de l'homme en général.

Vivre avec le SII au quotidien, ça ressemble à quoi ?

Au quotidien, comment gérer ? Alors je ne vous cache pas que ce n'est pas toujours facile. J'essaye de mener la vie la plus normale possible. Je ne veux pas que ça me cantonne à une vie restreinte, seule chez moi, surtout pas, ce serait pire.

Votre message pour les personnes atteintes du SII ?

En conclusion, pour les patients qui souffrent du SII, c’est surtout, ne restez pas isolés, parlez-en, faites-vous aider par les médecins et médecins spécialistes et menez la vie la plus normale possible avec le moins d'interdits possible surtout.

Vous souhaitez contacter une association de patients ?

Découvrez l'APSSII :
L'Association des Patients Souffrant du Syndrome de l'Intestin Irritable
L'association peut être contactée par mail à secretariat@apssii.org
ou par téléphone au 07 83 25 82 60

Association reconnue d’intérêt général et agréée par le Ministère en charge de la Santé.

Qu'est-ce que le Syndrome de l'Intestin Irritable ?

En savoir plus sur la pathologie

Attention

Biocodex Microbiota Institute est dédié à l'éducation sur le microbiote humain pour le grand public et les professionnels de la santé, il ne donne aucun conseil médical.
Nous vous recommandons de consulter un professionnel de santé pour répondre à vos questions et demandes.

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