Votre aide mémoire pour diagnostiquer le SII

Combien de patients souffrant de troubles intestinaux recevez-vous par semaine en consultation ? Chez combien d’entre eux le syndrome de l’intestin irritable (SII) a-t-il été diagnostiqué ? Saviez-vous que certains malades ont dû lutter plus de 4 ans avant que le diagnostic médical formel du SII ne soit établi?

Pas moins de 75 % des personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable (SII) ne seraient pas diagnostiquées. En effet, le diagnostic du SII peut être difficile à établir et incertain pour plusieurs raisons : c’est une maladie complexe dont les symptômes sont souvent difficiles à quantifier de façon objective, et qui est compliquée à expliquer au patient lors d’une consultation ordinaire.

C’est pourquoi le professeur Jean-Marc Sabaté, le professeur Jan Tack, le docteur Pedro Costa Moreira et le Biocodex Microbiota Institute ont élaboré un outil sous forme de check-list qui permet de mieux diagnostiquer le SII et d’améliorer la communication avec le patient. Cet outil a reçu l’aval de l’Organisation Mondiale de Gastroentérologie.

SII
Actu GP : La dysbiose vaginale à l’origine de certains cas d’infertilité ?

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IBS Diagnostic Tool Pr. J Tack FR

52% Seule 1 personne sur 2 ayant souffert d’une pathologie digestive impliquant le microbiote fait le lien

Qu'allez-vous trouver dans l'outil de diagnostic du SII?

Cher professionnel de santé, vous trouverez pour la première fois toutes les informations dont vous avez besoin dans un seul outil pratique d’aide au diagnostic du SII :

  • Des illustrations simples pour expliquer la maladie, ses symptômes et sa physiopathologie
  • Les critères de diagnostic et les sous-types de SII
  • Une check-list des symptômes d’alarme qui vous aidera à confirmer votre diagnostic
  • La liste des examens nécessaires, ceux qui sont recommandés dans chaque cas particulier et enfin ceux qu’il est inutile de prescrire systématiquement
  • Les quatre grands concepts généraux de prise en charge du malade
  • Une proposition de fréquence des consultations pour le suivi des soins

Qu’est-ce que le syndrome de l’intestin irritable (SII) ?

Que savons-nous de sa physiopathologie ?

Comment poser un diagnostic sûr ?

Quels sont les signes d'alerte ?

Quels sont les examens nécessaires ?

Quels principes généraux de prise en charge ?

A quelle fréquence réaliser le suivi ?

Créer par

 Prof. Jean-Marc Sabaté

Le Professeur Jean-Marc Sabaté est consultant au sein du service de gastro-entérologie de l’Hôpital universitaire Avicenne, à Bobigny, en France, et est également professeur de gastro-entérologie à l’Université Sorbonne Paris Nord. Depuis 2002, il poursuit ses recherches dans le domaine du syndrome de l’intestin irritable (SII) à l’INSERM, dans l’unité U-987 « Physiopathologie et pharmacologie clinique de la douleur » (Hôpital Ambroise Paré, en France). Il est cofondateur et président du conseil scientifique de l’association APSSII (association française de patients souffrant du syndrome de l’intestin irritable).

Prof. Jan Tack

Le Professeur Jan Tack est actuellement responsable du département de gastro-entérologie, professeur de médecine interne et président du département de médecine clinique et expérimentale à l’Université de Louvain, en Belgique. Le Professeur Jan Tack est également directeur de recherches au Translational Research Center for Gastrointestinal Disorders (TARGID, Centre de recherche translationnelle pour les troubles gastro-intestinaux) de l’Université de Louvain. Il est aujourd’hui l’un des chercheurs les plus renommés en recherche clinique et fondamentale dans le domaine de la motilité gastro-intestinale. Il est président de la Rome Foundation for Functional Gastrointestinal Disorders (Fondation de Rome pour les troubles fonctionnels intestinaux).

Dr. Pedro Costa Moreira

Le Docteur Pedro Costa Moreira est gastro-entérologue au Centro Hospitalar do Tâmega e Sousa - Penafiel, à Porto, au Portugal. Il s’est spécialisé dans les maladies du foie et du pancréas et dans l’endoscopie avancée : échographie endoscopique (EUS), cholangio-pancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) et procédures de dilatation/implantation d’endoprothèse entérales. Il est également collaborateur et conseiller scientifique pour une plateforme numérique orientée vers la formation médicale continue des médecins traitants (MGFamilar.net). Il a débuté sa formation médicale au Centro Hospitalar de São João, à Porto, au Portugal.

Approuvé par

L’Organisation Mondiale de Gastroentérologie

L’Organisation Mondiale de Gastroentérologie (WGO) est une fédération qui regroupe 119 sociétés membres et 4 associations régionales de gastroentérologie représentant au total plus de 60 000 membres individuels dans le monde entier. La WGO a pour mission d’améliorer le niveau de formation, d’éducation et de pratique en gastroentérologie, en hépatologie et dans d’autres disciplines connexes à l’échelle mondiale. https://www.worldgastroenterology.org/

APSSII

L'APSSII est une association de patients souffrant du syndrome de l'intestin irritable (SII, aussi appelé colopathie fonctionnelle). Elle a pour but d'informer sur la maladie, de promouvoir la recherche, et de permettre aux patients de sortir de l'isolement.

 

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Tout ce que vous devez savoir sur le Syndrome de l'Intestin Irritable (SII)

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Recommandé par notre communauté

"En tant que gastro-entérologue, je n'ai jamais trouvé difficile de diagnostiquer le syndrome de l'intestin irritable, qui est de loin le trouble intestinal le plus courant à tout âge.
Mais tout outil pouvant aider les médecins (en particulier les généralistes) à établir un diagnostic correct est évidemment le bienvenu."
 -  Mario Guslandi (De Biocodex Microbiota Institute sur LinkedIn)

"Excellent, merci !" - Carlos Mora (De Biocodex Microbiota Institute sur LinkedIn)

Sources

1. Barbara G, Grover M, Bercik P, et al. Rome Foundation Working Team Report on Post-Infection Irritable Bowel Syndrome. Gastroenterology. 2019;156(1):46-58.e7.

2. Black CJ, Ford AC. Global burden of irritable bowel syndrome: trends, predictions and risk factors. Nat Rev Gastroenterol Hepatol 2020; 17: 473-86.

3. Blake MR, Raker JM, Whelan K. Validity and reliability of the Bristol Stool Form Scale in healthy adults and patients with diarrhoea-predominant irritable bowel syndrome. Aliment Pharmacol Ther. 2016;44(7):693-703.

4. Carbone F, Van den Houte K, Besard L, et al. Diet or medication in primary care patients with IBS: the DOMINO study - a randomised trial supported by the Belgian Health Care Knowledge Centre (KCE Trials Programme) and the Rome Foundation Research Institute [published online ahead of print, 2022 Apr 28]. Gut. 2022;gutjnl-2021-325821.

5. Collins, S. A role for the gut microbiota in IBS. Nat Rev Gastroenterol Hepatol 11, 497–505 (2014).

6. Drossman DA, Tack J. Rome Foundation Clinical Diagnostic Criteria for Disorders of Gut-Brain Interaction. Gastroenterology. 2022 Mar;162(3):675-679

7. Ford AC, Sperber AD, Corsetti M, et al. Irritable bowel syndrome. Lancet. 2020 Nov 21;396(10263):1675-1688.

8. Fukudo S, Okumura T, Inamori M, et al. Evidence-based clinical practice guidelines for irritable bowel syndrome 2020. J Gastroenterol. 2021;56(3):193-217.

9. Hillestad EMR, van der Meeren A, Nagaraja BH, et al. Gut bless you: The microbiota-gut-brain axis in irritable bowel syndrome. World J Gastroenterol. 2022 Jan 28;28(4):412-431.

10. https://www.snfge.org/content/constipation-chronique

11. Kindt S, Louis H, De Schepper H, et al. Belgian consensus on irritable bowel syndrome. Acta Gastroenterol Belg. 2022;85(2):360-382.

12. Lacy BE, Pimentel M, Brenner DM, et al. ACG Clinical Guideline: Management of Irritable Bowel Syndrome. Am J Gastroenterol. 2021;116(1):17-44.

13. Longstreth GF, Thompson WG, Chey WD, et al. Functional bowel disorders [published correction appears in Gastroenterology. 2006 Aug;131(2):688]. Gastroenterology. 2006;130(5):1480-1491.

14. Mearin F, Lacy BE, Chang L, et al. Bowel Disorders. Gastroenterology. 2016;S0016-5085(16)00222-5.

15. Moayyedi P, Mearin F, Azpiroz F, et al. Irritable bowel syndrome diagnosis and management: A simplified algorithm for clinical practice. United European Gastroenterol J. 2017;5(6):773-788.

16. Savarino E, Zingone F, Barberio B, et al. Functional bowel disorders with diarrhoea: Clinical guidelines of the United European Gastroenterology and European Society for Neurogastroenterology and Motility. United European Gastroenterol J. 2022;10(6):556-584.

17. Sayuk GS, Wolf R, Chang L. Comparison of Symptoms, Healthcare Utilization, and Treatment in Diagnosed and Undiagnosed Individuals With Diarrhea-Predominant Irritable Bowel Syndrome. Am J Gastroenterol. 2017 Jun;112(6):892-899.

18. Simrén, M., Tack, J. New treatments and therapeutic targets for IBS and other functional bowel disorders. Nat Rev Gastroenterol Hepatol 15, 589–605 (2018).

19. Sperber AD, Bangdiwala SI, Drossman DA, et al. Worldwide Prevalence and Burden of Functional Gastrointestinal Disorders, Results of Rome Foundation Global Study. Gastroenterology. 2021;160(1):99-114.e3.

20. Sperber AD. Epidemiology and Burden of Irritable Bowel Syndrome: An International Perspective. Gastroenterol Clin North Am. 2021 Sep;50(3):489-503.

21. Vasant DH, Paine PA, Black CJ, et al. British Society of Gastroenterology guidelines on the management of irritable bowel syndrome. Gut. 2021;70(7):1214-1240.

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Pour Noël je voudrais... un microbiote en bonne santé !

À l’approche des fêtes de fin d’année, la santé intestinale devient plus importante que jamais... Que vous souhaitiez profiter de cette période de l'année sans culpabiliser ou que vous preniez déjà de bonnes résolutions, retrouvez ci-dessous du contenu fiable.

Le microbiote intestinal Quels aliments pour un microbiote équilibré ?
All I want for Christmas... is a healthy microbiota

Découvrez du contenu dont vous avez besoin pour garder un microbiote en bonne santé pendant la période des fêtes. Nous vous souhaitons un Bon Noël et un Joyeux Microbiote !

De bonnes résolutions pour prendre soin de votre flore intestinale

Du sport – avec modération – pour un microbiote intestinal en pleine santé

Mode de vie, âge, génétique, alimentation… : nombreux sont les facteurs pouvant…

Salade de fruits, jolie, jolie… Et si c’était aussi une étonnante source de bactéries intestinales ?

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Découvrez comment les bactéries de votre intestin pourraient devenir une arme p…

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Cohabiter, se rencontrer c’est partager bien plus qu’un toit

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Grâce à leurs propriétés antioxydantes, les polyphénols contenus dans le vin ro…

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Actualités

Entérocolite nécrosante du nourrisson : des bactéries intestinales et des métabolites pour diagnostiquer plus tôt ?

Et s’il suffisait de certaines bactéries intestinales et 3 acides gras à chaîne courte pour une identification simple, fiable et précoce de l'entérocolite nécrosante néonatale ? C’est en tout cas ce que suggère une étude chez 34 prématurés.

ECN

Identifier tôt et intervenir le plus rapidement possible. Tels sont les impératifs de la prise en charge de l'entérocolite nécrosante néonatale (ECN), qui touche 5 à 12 % des prématurés. Mais faute de biomarqueurs suffisamment sensibles au stade précoce, ils restent au stade de vœux pieux. Or, de précédentes études ont montré l’apparition d’une dysbiose intestinale dans les 7 jours à 72 h précédant l’ECN. Le microbiote et ses métabolites, notamment les acides gras à chaîne courte (AGCC) impliqués dans le maintien de l'intégrité de l'épithélium intestinal, pourraient-il prédire l’ECN à venir ?

34 prématurés avec troubles digestifs

Afin d'explorer la valeur prédictive du microbiote intestinal et des AGCC, une étude prospective a été menée auprès de 34 prématurés (< 34 semaines d’aménorrhée) souffrant de troubles intestinaux (distension abdominale, vomissements ou selles sanglantes) : 17 potentiellement atteints d’ENN et 17 témoins appariés sans ECN, dont les selles ont été prélevées le jour de leur inclusion. À noter : sur les 17 enfants potentiellement ECN, (sidenote: Perforation intestinale au cours de l'étude Perforation intestinale chez les 5 autres enfants le jour de leur enrôlement dans l’étude. ) (soit un sous-groupe de l’échantillon initialement apparié) dont les selles ont été prélevées en moyenne 7 jours plus tard.

5 à 12 % des prématurés des prématurés développent une entérocolite nécrosante néonatale (ECN)

20 à 30 % des nourrissons pour 20 à 30 % des nourrissons l’issue est fatale

Une dysbiose intestinale précède l’ECN

Contrairement à ce que mettent en évidence de précédentes études, les chercheurs n’observent pas systématiquement de perte de diversité intestinale précédant la maladie : certains indices de richesse bactériennes (Ace et Chao1) évoquent une différence significative, d’autres (Simpson et Shannon) non. Selon les auteurs, les troubles digestifs de tous les enfants inclus, y compris les témoins, pourraient expliquer cette discordance avec les données de la littérature.

En revanche, 7 jours avant l'apparition de l’ECN, une modification de la composition de la flore apparaît : les bactéries Streptococcus salivarius et Rothia mucilaginosa augmentent tandis que Bifidobacterium subsp. lactis diminue. Des variations sont également explorées à l’échelle du phylum (augmentation des protéobactéries, baisse des Firmicutes, Actinobacteriota et Bacteroidota) mais elles restent non significatives.

3 AGCC comme marqueurs métaboliques

Les chercheurs se sont également penchés sur les métabolites bactériens. Et plus précisément sur l’acétate, le propionate et le butyrate qui représentent 90 à 95 % des AGCC totaux dans les intestins humains. L’étude montre que ces 3 AGCC diminuent significativement 7 jours avant l'apparition de l’ECN, sans doute en raison du déclin des Firmicutes et des Bacteroidota. Ces métabolites s’avèrent être de bien meilleurs biomarqueurs prédictifs de l’ECN que les biomarqueurs bactériens : ils sont plus spécifiques et plus sensibles (AUC de 68 à 73 % selon l’AGCC) ce qui permettrait une éventuelle application clinique.

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Actualités Pédiatrie Gastroentérologie

Microplastiques : gare aux barquettes des plats à emporter et leur impact sur les microbiotes !

Les particules de plastique dégagées par les contenants des plats à emporter semblent altérer le microbiote intestinal et oral. C’est ce que suggèrent les résultats d’une étude menée par des chercheurs chinois.

Le microbiote intestinal

Vous n’avez qu’une demi-heure pour manger ? Réfléchissez à deux fois avant d’aller chercher vos nouilles sautées au snack du coin… surtout si elle est servie dans une barquette en plastique ! Selon une étude récente, les microplastiques et les nanoplastiques de ces contenants jetables pourraient bien perturber vos microbiotes intestinal et buccal1.

Microplastiques et nanoplastiques : ils sont partout !

Résistant, léger, bon marché… le plastique a tout pour plaire. Problème : il peut se dégrader et engendrer des minuscules particules qui vont se disperser dans l’air, l’eau, les animaux, pour finir dans notre assiette… et in fine notre organisme. Les microplastiques mesurent moins de 5 millimètres ; on en retrouve dans les poumons, le placenta, le sang… Les nanoplastiques, encore peu étudiés car plus difficiles à détecter, mesurent moins de 100 nanomètres (500 fois moins que l’épaisseur d’un cheveu !). Si on sait encore peu de choses de leurs effets sur l’homme, ils n’en sont pas moins une source d’inquiétude. Non seulement ils pourraient traverser les barrières biologiques mais les additifs qu’ils contiennent, considérés comme des polluants chimiques, pourraient favoriser des pathologies comme le cancer et certaines maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI)2,3.

Déséquilibre du microbiote :  le plastique sur le banc des accusés

On sait que les barquettes des plats à emporter émettent des quantités non négligeables de particules plastiques de petite taille. Des tests sur des animaux nourris avec ces micro et des nanoplastiques ont montré un impact négatif sur leur microbiote intestinal. Mais qu’en est-il de leurs effets sur la santé de l’homme ?

Pour explorer la question, des chercheurs ont enrôlés 390 étudiants chinois âgés de 18 à 30 ans et les ont classés en 3 groupes : gros consommateurs de plats à emporter en plastique (au moins 3 fois par semaine), consommateurs occasionnels (maximum 1 fois par semaine) et non consommateurs. Ils ont prélevé leurs selles et leur salive afin d’analyser et comparer leurs microbiotes buccal et intestinal.

Des effets marqués sur l’équilibre des flores intestinale et buccale

Les résultats montrent que les consommateurs de plats à emporter dans des barquettes en plastique souffrent davantage de troubles intestinaux et toussent plus que ceux qui n’en consomment jamais. Plus inquiétant : ils présentent des altérations marquées ( (sidenote: Dysbiose La « dysbiose » n’est pas un phénomène homogène : elle varie en fonction de l’état de santé de chaque individu. Elle est généralement définie comme une altération de la composition et du fonctionnement du microbiote, provoquée par un ensemble de facteurs environnementaux et liés à l’individu, qui perturbent l’écosystème microbien. Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232. ) ) de leurs microbiotes intestinal et buccal, avec des signatures bactériennes spécifiques : Collinsella en quantité plus abondantes dans les selles des consommateurs de plats à emporter en plastique, et la quantité de Thiobacillus dans la bouche était plus élevée (une bactérie précédemment retrouvée dans des rizières polluées par du plastique)

Ouvrir un simple emballage plastique, un geste loin d’être anodin

Selon les résultats d’une étude menée par des chercheurs australiens4, couper, déchirer, tordre ou simplement manipuler un morceau de ruban adhésif, un emballage de chocolat ou un sac de course pourrait libérer des microplastiques potentiellement toxiques. Les résultats montrent qu’en fonction de la nature de l’emballage et de la technique d’ouverture, entre 0,46 et 250 particules de microplastique sont émises pour chaque centimètre coupé, déchiré ou tordu.

Des particules susceptibles de traverser les compartiments de l’organisme ?

Les auteurs émettent l’hypothèse suivante : la toux, plus fréquente chez les amateurs de plats à emporter, pourrait signifier que les micro et nano plastiques seraient capables de migrer depuis l’intestin vers les poumons, et de s’accumuler au sein du microbiote des voies aériennes en entraînant une dysbiose à l’origine de la toux. 

En attendant que ces résultats soient confirmés, pensez à préparer vous-même votre casse-croûte et surtout, transportez-le dans un contenant inerte en verre !

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Pollution de l’air : bébé exposé, microbiote perturbé

Faut-il se mettre au vert pour protéger ses enfants des maladies pulmonaires et cardiovasculaires ? Selon une étude publiée dans Gut Microbes, la pollution de l’air altère significativement le microbiote des bébés ce qui pourrait impacter leur santé future.

Le microbiote intestinal Le microbiote pulmonaire
Exposure to air pollution disturbs the microbiota of babies

Transport routier, usines, chauffage au bois… On sait depuis longtemps que la pollution de l’air a des effets délétères sur la santé pulmonaire et cardiovasculaire de l’homme. Des études récentes ont montré qu’elle affectait le microbiote des adultes. Mais quel est l’impact des polluants sur celui des plus jeunes ? 

Pour répondre à cette question, des scientifiques de l’université du Colorado à Boulder (États-Unis) ont mesuré le degré d’exposition aux polluants atmosphériques de 103 enfants californiens âgés de 6 mois. En parallèle, ils ont prélevé leurs selles afin d’analyser la composition de leurs microbiotes.

9 personnes sur 10 Selon l’OMS, 9 personnes sur 10 respirent un air pollué sur Terre.

7 millions Cette pollution serait responsable chaque année de 7 millions de décès.

Des perturbations inquiétantes du microbiote…

Les calculs des scientifiques montrent que plus les enfants sont exposés à la pollution, plus la structure de leur microbiote est modifiée, et ce, même en tenant compte de l’influence du poids de naissance, du statut économique de la famille, du mode d’accouchement et du type d’allaitement.

Pollution de l’air : un enjeu majeur de santé publique

Le chauffage résidentiel, le transport routier mais aussi les chantiers, les industries et les carrières sont les principales sources de pollution de l’air. Ils sont à l’origine de l’émission de particules toxiques appelées « PM » (particulate matter) et de dioxyde d’azote NO2. Les particules fines sont susceptibles de traverser les membranes protectrices de l’organisme et d’affecter le cœur, les poumons et le cerveau. 

Les enfants sont particulièrement sensibles à la pollution de l’air. Elle entraîne chez eux des maladies respiratoires, des cancers et des troubles cognitifs.

Selon les résultats, les microbiotes des bébés les plus exposés contenaient davantage de Dialister et Dorea, deux genres bactériens associés, chez l’adulte, à une réponse inflammatoire systémique et à un risque plus élevé de cancer, de sclérose en plaques et de troubles mentaux.

Leurs microbiotes contenaient également moins de bactéries productrices d’acides gras à longue chaîne ( (sidenote: AGCC Acides gras à chaîne courte ) ) dont on connaît les effets bénéfiques sur la perméabilité intestinale, la santé cardiovasculaire, la communication intestin cerveau ou la (sidenote: Barrière hémato-encéphalique La barrière hémato-encéphalique est une barrière "physique" qui permet de séparer le système nerveux central (SNC) de la circulation sanguine. Elle agit en contrôlant étroitement les échanges entre le sang et le compartiment cérébral.  Engelhard HH, Arnone GD, Mehta AI, Nicholas MK. Biology of the blood-brain and blood-brain tumor barriers. InHandbook of Brain Tumor Chemotherapy, Molecular Therapeutics, and Immunotherapy 2018 Jan 1 (pp. 113-125). Academic Press. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/B9780128121009000085 )

Comprendre les effets de la pollution sur les communautés microbiennes 

Cette étude met évidence pour la première fois une association entre exposition aux polluant de l’air ambiant et la composition de la flore intestinale des jeunes enfants.  Bien que préoccupants, ces résultats devront être confirmés et complétés par d’autres études. Prochaines étapes pour les chercheurs : suivre dans le temps l’évolution des microbiotes des enfants de la cohorte, tenter de comprendre par quels mécanismes la pollution exerce ses effets sur les communautés microbiennes et savoir si les modifications sont réellement associées à des problèmes de santé.

Pourquoi le microbiote intestinal est-il si important pour la santé ?

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Dysbiose intestinale : un facteur de risque d’infection par le VIH ?

La dysbiose intestinale et l’inflammation systémique constatées chez les patients atteints du VIH semblent présentes avant la séroconversion et augmenter la vulnérabilité à l’infection, révèle une récente étude américaine1. Cette perspective inattendue sur les liens entre VIH et microbiote intestinal pourrait ouvrir la voie à de nouvelles options de prévention ciblée.

VIH

A quelques jours de la Journée Mondiale de lutte contre le SIDA le 1er décembre, retour sur les liens entre VIH et microbiote. Les études montrant l’association entre l’infection par le VIH et des modifications du microbiote intestinal (MI) sont nombreuses, mais principalement transversales et méthodologiquement hétérogènes, donc soumises à différents biais de confusion. On sait que l’infection par le VIH s’accompagne d’une dysbiose intestinale et d’une translocation bactérienne responsable d’une inflammation systémique, mais le déroulé de ces événements n’est pas totalement élucidé. De plus, des études récentes ont montré qu’au-delà de l’âge, l’alimentation ou la prise d’antibiotiques, le comportement sexuel influait aussi sur le MI quel que soit le statut sérologique2,3, brouillant davantage les pistes.

Une étude longitudinale aux biais maîtrisés

 Afin de mesurer les changements se produisant au niveau du MI et des marqueurs d’inflammation lors de l’infection par le VIH, des chercheurs ont sélectionné des échantillons fécaux et sanguins provenant de quatre études longitudinales différentes (Etats-Unis, Pérou) réalisées sur des périodes de 4 mois à 2 ans auprès d’hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Parmi ces derniers, 27 ont été infectés par le VIH. Les échantillons des hommes infectés ont été appariés avec ceux de 28 sujets contrôles aux caractéristiques démographiques et comportementales similaires.

Des altérations du MI et des marqueurs inflammatoires précédant la séroconversion 

Les chercheurs ont identifié de minimes changements dans le MI des sujets infectés par le VIH pendant la phase aiguë. Seule une augmentation de Fusobacterium mortiferum a été observée peu après la séroconversion, ainsi qu’une diminution de Prevotella intermedia dans un sous-groupe issu d’une étude nord-américaine. Les différences les plus importantes ont été constatées entre les sujets en pré-infection et les contrôles. Le microbiote intestinal des sujets en pré-infection présentaient une diminution de plusieurs espèces de Bacteroides et une augmentation Megasphaera elsdenii dans leur microbiote intestinal. Ils avaient également un taux plasmatique plus élevé de cytokines inflammatoires : facteur d’activation des lymphocytes B, IL-8, TNFα.

Le microbiote intestinal, une option de prévention ciblée ?

Selon ses auteurs, cette étude suggère que l’altération du MI préexisterait avant l’infection. Appuyée par les résultats similaires d’une autre équipe américaine4, elle indique que cette dysbiose intestinale pourrait davantage contribuer à l’infection que d’en découler, même si une dysbiose est observée ensuite au stade chronique. En effet, la période d’observation de l’étude était trop courte pour que les chercheurs puissent identifier les changements ultérieurs. D’autres limitations liées au petit nombre des participants et à leur spécificités (sexe, âge, usage de drogue, comportement sexuel…) ne permettent pas non plus la généralisation des données. Cependant, les chercheurs estiment que l’identification d’une signature intestinale de susceptibilité au VIH et/ou des marqueurs inflammatoires pourrait constituer un nouvel outil de prévention ciblée.

Recommandé par notre communauté

"Bien" -@khubaibchandia (De Biocodex Microbiota Institute sur X)

Sources
  1. Fulcher JA, Li F, Tobin NH, et al. Gut dysbiosis and inflammatory blood markers precede HIV with limited changes after early seroconversion. EBioMedicine. 2022;84:104286
  2. Noguera-Julian M, Rocafort M, Guillen Y, et al. Gut microbiota linked to sexual preference and HIV infection. EBioMedicine. 2016;5:135–146.
  3. Armstrong AJS, Shaffer M, Nusbacher NM, et al. An exploration of Prevotella-rich microbiomes in HIV and men who have sex with men. Microbiome. 2018;6(1):198
  4. Chen Y, Lin H, Cole M, et al. Signature changes in gut microbiome are associated with increased susceptibility to HIV-1 infection in MSM. Microbiome. 2021;9(1):237
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Actualités Gastroentérologie

Déséquilibre du microbiote intestinal : un facteur de risque d’infection par le VIH ?

L’infection par le VIH s’associe à un déséquilibre du microbiote intestinal (dysbiose) : de nombreuses études l’ont déjà montré. Mais des chercheurs américains1 ont fait une surprenante découverte : cette dysbiose précéderait l’infection et pourrait même représenter un potentiel facteur de risque d’infection.

Le microbiote intestinal
VIH

Chez les scientifiques, une « association » montre que deux phénomènes se produisent en même temps, pas qu’ils ont une relation de cause à effet ! La dysbiose intestinale (c’est à dire un déséquilibre de la composition de la flore) constatée chez les personnes infectées par le virus de l’immunodéficience acquise (VIH) est-elle due à l’infection ou une conséquence de l’infection ? Ou les deux ? A quelques jours de la Journée Mondiale de lutte contre le SIDA le 1er décembre, il reste difficile d’avoir un avis tranché : non seulement l‘état du microbiote intestinal avant l’infection n’est pas forcément connu, mais bien d’autres facteurs influent sur l’apparition d’une dysbiose : l’âge, l’alimentation, la prise d’antibiotiques… et même le comportement sexuel d’après certaines données récentes2,3.  

Pour y voir plus clair, des chercheurs américains ont rassemblé des échantillons de microbiote intestinal d’une cinquantaine d’hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, recueillis lors de différentes études. Ils ont sélectionné des individus au profil (âge, ethnie, comportement sexuel…) similaires, dont la moitié a été contaminée par le VIH au cours de ces études, l’autre non. Ils ont ainsi pu comparer le microbiote intestinal des hommes infectés avant et juste après leur infection, mais aussi avec celui d’individus sains « comparables » non infectés.

38 millions Fin 2021, environ 38 millions de personnes vivaient avec le VIH dans le monde, dont plus des 2/3 en Afrique.

Des changements minimes du microbiote avant/après l’infection par le VIH… 

Premier résultat : pendant la phase aiguë de l’infection par le VIH, la composition du microbiote intestinal des hommes change très peu. Seule une augmentation de Fusobacterium mortiferum a été constatée. Cette espèce bactérienne, qui n’est normalement pas résidente de la flore intestinale, a déjà été associée au VIH dans d’autres études.

… mais des différences notables avant l’infection

En revanche, le microbiote intestinal des hommes qui allaient être infectés par le VIH (donc le microbiote intestinal « pré-infection ») avaient un microbiote intestinal diffère de celui des individus contrôles (qui ne s’infectent pas). En particulier, moins de bactéries du groupe des Bacteroides, et une augmentation d’autres bactéries (Megasphaera elsdenii, Acidaminococcus fermentans et Helicobacter cinaedi). Ce type de dysbiose a déjà été couramment observé chez des personnes infectées par le VIH. Sauf que dans cette nouvelle étude, le déséquilibre intestinal semble être déjà présent avant l’infection, ce qui participerait à la susceptibilité de l’infection par le VIH ou non selon les auteurs.

Transmission du VIH

Le VIH est un virus transmis par voie sexuelle, sanguine et de la mère à l’enfant (pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement). Il s’attaque à des cellules portant un récepteur « CD4 », notamment des cellules immunitaires, les lymphocytes T. Les lymphocytes T sont un type de globules blancs exerçant une fonction immunitaire majeure dans la défense de l'organisme face à l'agression par des agents microbiens extérieurs (bactéries, virus ou champignons), ou un autre type d’envahisseur étranger.

L’infection par le VIH se déroule en 3 phases successives sur 10 ans en moyenne (avec d’importantes différences entre les individus) : 

  • La phase aiguë ou primo-infection commence 10 à 15 jours après la contamination et dure environ 2 semaines. Le virus envahit l’organisme, pénètre les cellules CD4 et est combattu par le système immunitaire. Cette étape peut ne pas donner de symptôme ou se manifester par un état grippal.

  • La phase chronique entraîne l’épuisement du système immunitaire, principalement par la perte progressive des lymphocytes T CD4. Elle peut durer plusieurs années et s’accompagner de troubles mineurs cutanés et digestifs, de légère fièvre, de suées nocturnes…

  • La phase SIDA (Syndrome de l’Immunodéficience Acquise) correspond à un taux très bas de lymphocytes T CD4 et la survenue de maladies opportunistes (qui « profitent » de la faiblesse du système immunitaire pour se développer) comme des infections graves ou certains cancers4.

Microbiote intestinal et VIH : une nouvelle arme de prévention ?

Est-ce que cela signifie que la composition du microbiote intestinal joue un rôle dans la susceptibilité à l’infection par le VIH ? Confortés par les conclusions similaires d’une autre équipe américaine5, les chercheurs estiment que cette piste devrait être suivie par des études sur des effectifs plus larges. Leur espoir ? Déterminer un « microbiote intestinal-type » d’une plus grande susceptibilité à l’infection contribuerait à une prévention plus ciblée. Et pourquoi pas, en agissant sur le microbiote intestinal des personnes à risque6. 

Cette découverte ne contredit pas l’idée que le VIH entraîne lui-même une dysbiose, rappellent les chercheurs : la courte durée de l’étude n’a simplement pas permis d’observer les altérations de la composition du microbiote intestinal se produisant au stade de l’infection chronique par le VIH. Ces résultats obtenus sur un petit groupe au profil particulier ne peuvent pas non plus être généralisés à toute la population.

Le microbiote intestinal

En savoir plus
Sources
  1. Fulcher JA, Li F, Tobin NH, et al. Gut dysbiosis and inflammatory blood markers precede HIV with limited changes after early seroconversion. EBioMedicine. 2022;84:104286
  2. Noguera-Julian M, Rocafort M, Guillen Y, et al. Gut microbiota linked to sexual preference and HIV infection. EBioMedicine. 2016;5:135–146.
  3. Armstrong AJS, Shaffer M, Nusbacher NM, et al. An exploration of Prevotella-rich microbiomes in HIV and men who have sex with men. Microbiome. 2018;6(1):198.
  4. Collège des Universitaires de Maladies Infectieuses et Tropicales. Infection à VIH, UE6 n° 165. ECN Pilly 6ème édition 2020. Alinéa Plus, Paris ; p 195-210
  5. Chen Y, Lin H, Cole M, et al. Signature changes in gut microbiome are associated with increased susceptibility to HIV-1 infection in MSM. Microbiome. 2021;9(1):237
  6. UCLA Health Newsroom : Gut bacteria may contribute to susceptibility to HIV infection, UCLA-led research suggests (29/09/22) https://www.uclahealth.org/news/gut-bacteria-may-contribute-susceptibility-hiv-infection
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Troubles de consommation d’alcool : in microbiota veritas ?

Des millions de personnes dans le monde boivent régulièrement de l’alcool, mais toutes ne développent pas un trouble de consommation d’alcool. Une étude parue dans Translational Psychiatry1 suggère que la composition du microbiote intestinal contribuerait à expliquer les différences interindividuelles dans les schémas de consommation.

Le microbiote intestinal interagit avec le système nerveux central et joue un rôle dans diverses maladies, y compris mentales. Il détermine la manière dont le corps s’adapte et réagit à son environnement, ce qui pourrait inclure la consommation d’alcool. Certains individus semblent davantage apprécier et/ou tolérer l’alcool que d’autres, ou plus enclins à l’abus et à la dépendance. Des chercheurs espagnols ont souhaité explorer les liens entre le microbiote intestinal et le comportement vis-à-vis de l’alcool chez l’homme et l’animal.

3 millions Chaque année, l’abus d’alcool est responsable de 3 millions de décès dans le monde.

Microbiote intestinal et transit sont modifiés chez les plus gros buveurs

Les scientifiques ont évalué par questionnaire la consommation hebdomadaire en grammes d’alcool de 507 étudiants (83,3% de femmes, âge moyen 19,8 ans) en tenant compte du type d’alcool, la quantité, le temps entre 2 prises et le poids du sujet. L’aspect des fèces des participants a été classifié selon l’échelle de Bristol. Alors que près de 55% d’entre eux déclaraient un type 3, les plus gros buveurs avaient plutôt des selles de type 1 et une association linéaire entre consommation d’alcool et type 1 a été constatée. Résultat inattendu, puisque l’abus d’alcool est habituellement lié à de la diarrhée. Afin d’étudier l’effet de la consommation d’alcool sur la composition du microbiote intestinal, les chercheurs ont analysé des échantillons fécaux des 17 sujets de la cohorte qui ne buvaient pas et de 17 sujets qui consommaient le plus d’alcool. La (sidenote: Diversité α Une mesure indiquant la diversité d'un échantillon unique, soit le nombre d’espèces différentes présentes chez un individu. Hamady M, Lozupone C, Knight R. Fast UniFrac: facilitating high-throughput phylogenetic analyses of microbial communities including analysis of pyrosequencing and PhyloChip data. ISME J. 2010;4:17-27. https://www.nature.com/articles/ismej200997 ) ne différait pas significativement entre les deux groupes, mais la (sidenote: Diversité β Une mesure indiquant la diversité des espèces entre les échantillons, elle permet d’évaluer la variabilité de la diversité du microbiote entre les sujets. Hamady M, Lozupone C, Knight R. Fast UniFrac: facilitating high-throughput phylogenetic analyses of microbial communities including analysis of pyrosequencing and PhyloChip data. ISME J. 2010;4:17-27. https://www.nature.com/articles/ismej20099 ) montrait une augmentation des Actinobacteriae dans le second.

Les troubles de la consommation d’alcool toucheraient 107 millions de personnes à travers le monde (70% d’hommes). Les tranches d’âge les plus touchées sont les 25-34 ans. En Russie, 1 personne sur 10 entre 30 et 34 ans est alcoolique2.

Quand des rats transplantés développent une appétence pour l’alcool

Les chercheurs ont ensuite induit une dépendance alcoolique chez 8 rats par administration intragastrique d’alcool pendant 10 jours, jusqu’à apparition de signes de manque. Des échantillons fécaux ont été prélevés chez ces animaux pour les transplanter à des rats receveurs. Deux semaines après, ces animaux ont montré, comparé à des rats contrôles, une consommation d’alcool volontaire plus élevée (27,4%). Ce délai montrerait que le nouveau microbiote est la cause et non la conséquence de l’augmentation de la consommation d’alcool. L’analyse du microbiote intestinal des rats intoxiqués donneurs et de leurs receveurs indique que le genre Porphyromonas, diminué chez ces animaux par rapport aux contrôles, pourrait être associé à cette volonté de consommer. Les chercheurs n’ont pas trouvé de genre bactérien augmenté, mais notent que dans d’autres études chez des souris alcooliques, les Actinobacteriae étaient plus abondantes, comme chez l’humain.

Selon eux, le microbiote implanté serait un facteur prédisposant qui face à l’alcool, augmenterait chez le receveur certaines populations de bactéries qui tireraient davantage bénéfice de l’alcool. De plus, les rats receveurs ayant montré une réduction d’activité locomotrice, il pourrait également modifier le comportement vis-à-vis de l’alcool en influant sur la neurotransmission dopaminergique cérébrale et le système de récompense.

Gérer les troubles de la consommation d’alcool grâce au microbiote ?

En conclusion, les auteurs estiment que cette étude va dans le sens d’un lien entre le microbiote intestinal et la consommation d’alcool. Mieux, intervenir sur le microbiote intestinal avec des probiotiques et/ou prébiotiques pourrait aider à gérer les troubles de la consommation d’alcool. Les genres et espèces pertinentes restent à déterminer.

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Un verre, ça va, trois verres… : et si c’était aussi le microbiote intestinal qui décidait ?

Appétence, tolérance, abus, dépendance… Face à l’alcool, nous ne sommes pas tous égaux. Différents facteurs biologiques ou environnementaux influent sur notre motivation à boire et notre vulnérabilité à l’alcoolisme. Notre microbiote intestinal en fait partie, selon une publication de la revue Nature1.

Le microbiote intestinal Les probiotiques

Les études le montrent : l’alcool influe sur la composition de notre microbiote intestinal… qui lui-même influe sur notre comportement. Y compris face à l’alcool ? Des chercheurs espagnols ont décidé de le vérifier en mettant en regard la consommation d’alcool hebdomadaire et l’analyse du microbiote intestinal de 507 étudiants. Ils ont d’abord constaté que plus les participants étaient « gros buveurs », plus leurs selles étaient dures, typiques de la constipation. Une surprise, car on pensait que l’alcool donnait plutôt de la diarrhée. Ils ont ensuite découvert qu’entre les étudiants qui buvaient le plus d’alcool et ceux qui n’en buvaient pas, la principale différence dans la composition de leur flore intestinale concernait la classe des (sidenote: Actinobactéries Les actinobacteries sont l'un des 4 grands groupes bacteriens (phyla) majeur du microbiote intestinal avec les Bacteroidetes, les Firmicutes et les Proteobacteria . Parmis les actinobactéries, on peut citer les Bifidobactéries qui sont le plus représenté au sein de la flore intestinale. Binda C, Lopetuso LR, Rizzatti G, et al. Actinobacteria: a relevant minority for the maintenance of gut homeostasis. Digestive and Liver Disease. 2018 May 1;50(5):421-8. ) , les premiers en ayant nettement davantage que les deuxièmes.

Les troubles de la consommation d’alcool, un enjeu de santé publique

Cancer, maladies du foie (cirrhose, hépatite, pancréatite...), maladies cardiovasculaires, troubles cognitifs, troubles psychiques... Les troubles de la consommation d’alcool, autrement dit une consommation d’alcool engendrant des problèmes de santé, atteignent plus de 100 millions de personnes dans le monde. Les tranches d’âge les plus touchées sont les 25-34 ans. En Russie, 1 personne sur 10 entre 30 et 34 ans est alcoolique2. Chaque année, l’abus d’alcool tue 3 millions de personnes dans le monde3.

Les rats ayant reçu le microbiote d’un congénère alcoolique deviennent « soiffards » !

Les scientifiques ont poursuivi leurs recherches sur des rats : ils ont rendu ces animaux dépendants à l’alcool et ont transplanté leur microbiote fécal à des rats « sobres ». Deux semaines après la procédure, ces derniers préféraient davantage boire de l’eau contenant de l’alcool que de l’eau pure lorsqu’on leur donnait le choix entre ces deux boissons, comparé à des rats « contrôles ». Ce délai suggère que le changement de composition du microbiote intestinal est la cause et non la conséquence de l’augmentation de la consommation d’alcool, selon les chercheurs. Le microbiote intestinal de rat alcoolique deviendrait chez le rat receveur un facteur prédisposant à une volonté accrue de consommer de l’alcool, qui lui-même augmenterait la croissance de certaines bactéries « amatrices » d’alcool. Par l’« axe intestin-cerveau », il pourrait aussi affecter les circuits neuronaux dits « de récompense », impliqués dans le développement des addictions.

Les scientifiques avancent donc que le microbiote intestinal modifie le comportement vis-à-vis de l’alcool. Une étude récente, cette fois sur l’homme, semble le confirmer mais avec une issue plus positive : des personnes alcooliques ont vu une leur envie d’alcool fortement réduite après une transplantation de microbiote fécal issu de personnes non alcooliques.

Le microbiote intestinal

En savoir plus

Qui a bu… ne boira plus grâce à des probiotiques ? 

L’analyse du microbiote intestinal des rats alcooliques donneurs et receveurs suggère que le genre bactérien Porphyromonas, diminué par rapport aux contrôles, serait associé à leur volonté accrue de consommer. Les chercheurs n’ont pas trouvé de genre bactérien spécifiquement augmenté, mais dans d’autres études, les actinobactéries étaient, comme chez l’humain, plus abondantes chez des souris alcooliques. Toutefois, ils estiment que chez l’être humain, intervenir sur le microbiote intestinal, par exemple avec des probiotiques et/ou prébiotiques, pourrait contribuer à traiter un trouble de la consommation d’alcool. Les genres et espèces adéquates restent à découvrir !

Attention

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

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Édulcorants : des perturbateurs du microbiote et de la glycémie

Une étude clinique randomisée contrôlée montre que le microbiote intestinal et oral est impacté par l’ingestion d’édulcorants. Avec, à la clé, des modifications métaboliques à même de perturber la réponse glycémique.

C’est une stratégie nutritionnelle bien connue : pour éviter la prise de poids, le sucre est remplacé, dans notre alimentation, par des édulcorants non caloriques (NNS, pour non nutritive sweeteners). Bien que ces ingrédients soient généralement considérés sans risque, de précédents travaux chez la souris ont montré qu’ils pouvaient perturber le microbiote intestinal et la réponse glycémique. La même équipe a cette fois exploré les effets des NNS chez l’Homme, à travers un essai randomisé contrôlé réunissant 120 adultes en bonne santé répartis en 6 groupes. Quatre groupes devaient respectivement consommer des sachets contenant du sucralose, de la saccharine, de l’aspartame ou du stévia – à des doses inférieures aux (sidenote: La dose journalière admissible, ou DJA, est la quantité estimée d'une substance présente dans les aliments ou dans l'eau potable qui peut être consommée quotidiennement pendant toute la durée d’une vie sans présenter de risque appréciable pour la santé. ) établies pour ces substances. Du glucose étant présent dans les sachets d’édulcorants (ingrédient support), un cinquième groupe recevait des sachets de glucose (témoin glucose), tandis qu’un sixième ne recevait aucun supplément (témoin sans supplément).

25,1 % des enfants et 41,4 % des adultes américains consommaient des NNS entre 2009 et 2011, des chiffres en hausse par rapport aux précédentes enquêtes.

Les édulcorants modifient le microbiote et ses fonctions…

Le séquençage (shotgun) montre que les 4 édulcorants entraînent des modifications spécifiques (i.e. propres à chaque NNS) de la composition et/ou des fonctions métaboliques du microbiote intestinal ainsi que du microbiote oral. L’effet le plus impactant sur le microbiote intestinal était observé après ingestion du sucralose. Toutefois, seuls le sucralose et la saccharine affectaient significativement la tolérance au glucose, avec une élévation de la glycémie dans ces deux groupes.

…avec de possibles conséquences sur la réponse glycémique

Les modifications observées au niveau du microbiote intestinal, de ses fonctions et des métabolites circulants, sous l’effet des différents NNS étaient corrélées aux réponses glycémiques des participants. Pour déterminer si ces altérations pouvaient être à l’origine des troubles glycémiques, les chercheurs ont transplanté à des (sidenote: Souris axéniques Souris sans germes, élevées en milieu stérile ) le microbiote intestinal de certains sujets sélectionnés dans les 4 groupes expérimentaux : ceux dont la réponse glycémique était la plus impactée (‘top responders’) et la moins impactée (‘bottom responders’) par les NNS. Les réponses glycémiques observées chez les souris étaient à l’image de celles observées respectivement chez les donneurs, corroborant ainsi l’hypothèse causale.

Un microbiote spécifique, une réponse personnalisée aux NNS

Enfin, les chercheurs montrent que le microbiote intestinal des top versus bottom responders connaissent des évolutions distinctes au cours de leur exposition aux différents NNS, qui pourraient dépendre de leur état de départ avant l’expérimentation. Les chercheurs comparent ainsi le microbiote à un centre de réactivité ou adaptateur conditionnant la réponse physiologique aux édulcorants, avec des effets seulement chez certains individus, présentant un microbiote spécifique.

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