Aspartame, sucralose, acésulfame… Les édulcorants hypocaloriques ont-ils leur place dans l’alimentation pour la prise en charge du surpoids ou de l’obésité ? Le sujet est controversé.
Des données scientifiques contradictoires
D’un côté, certaines études ont soulevé des inquiétudes qui ont amené l’OMS à déconseiller leur utilisation pour perdre du poids et améliorer la santé1 ; de l’autre, plusieurs essais cliniques de long terme montrent que ces additifs ont des effets au pire neutres, au mieux bénéfiques sur ces paramètres.
Concernant le microbiote, le problème est le même : des études suggèrent qu’ils ont des effets néfastes sur certains aspects du microbiote intestinal en lien avec la réponse glycémique, d’autres montrent le contraire, et d’autres encore que ce sont surtout les boissons sucrées qui impactent le microbiote et les métabolites associés au risque de diabète.
Une étude en conditions réelles pour trancher le débat
Pour tenter d’y voir plus clair, une équipe de chercheurs a recruté 341 personnes en surpoids ou obèses (IMC de 31 en moyenne) — 70 % de femmes, âge moyen 47 ans — vivant au Danemark, en Grèce, en Espagne et aux Pays-Bas. Objectif : tester l’effet réel du remplacement du sucre par des édulcorants après une perte de poids.
Les volontaires ont d’abord suivi un régime hypocalorique de 2 mois, puis ceux qui étaient parvenus à perdre plus de 5 % de leur poids corporel (277 personnes) ont adopté, sans restriction et durant les 10 mois suivants, une alimentation saine et équilibrée.
La moitié d’entre eux a consommé des produits édulcorés à la place des produits riches en sucre (groupe « Édulcorant ») ; l’autre moitié recevait des produits sucrés classiques à hauteur de moins de 10 % de l’apport énergétique total, en accord avec les recommandations de l’OMS (groupe « Sucre »).
Les chercheurs ont analysé l’évolution du poids corporel et des marqueurs cardiométaboliques de l’ensemble des participants, ainsi que la composition du microbiote d’un échantillon de 137 personnes issues des deux groupes.
Conclusion
Cette étude de qualité (multicentrique, de longue durée, en conditions réelles…) apporte la preuve qu’une utilisation prolongée d’édulcorants, dans le cadre d’une alimentation saine pauvre en sucre, peut contribuer à la perte de poids sans effet négatif, ni sur les paramètres cardiométaboliques, ni sur le microbiote intestinal.
À bon entendeur !