Un métabolite intestinal pourrait permettre de prédire le succès d'un traitement CAR-T

Nous savons que les antibiotiques nuisent aux résultats des traitements CAR-T. Mais pourquoi ? De nouvelles données issues d'une étude multicentrique révèlent que le microbiote intestinal, et plus particulièrement les bactéries productrices de butyrate, joue un rôle déterminant dans la réussite du traitement du lymphome non hodgkinien. Le butyrate circulant apparaît à la fois comme un biomarqueur et comme un potentialisateur thérapeutique, ce qui redéfinit la manière dont nous préparons les patients à la thérapie cellulaire.

Le microbiote intestinal s'est révélé être un modulateur essentiel de l'immunothérapie anticancéreuse, mais ses mécanismes précis dans le cadre de la thérapie par cellules CAR-T restaient jusqu'à présent mal connus. Une étude multicentrique convaincante1 publiée dans Clinical Cancer Research démontre désormais qu'un métabolite microbien spécifique, le (sidenote: Butyrate Un acide gras à chaîne courte produit par les bactéries intestinales par fermentation des fibres alimentaires. ) , pourrait constituer à la fois un biomarqueur pronostique et un levier thérapeutique potentiel pour les patients atteints d'un lymphome non hodgkinien (LNH) suivant un traitement par cellules CAR-T anti-CD19.

Quand les antibiotiques ont des répercussions au-delà de l'infection

L'étude a recruté 84 patients atteints de LNH dans quatre centres et a confirmé ce que suggéraient de récentes cohortes américaines et allemandes : l'exposition à des antibiotiques non prophylactiques avant la perfusion de CAR-T nuit considérablement à la survie sans progression. Les patients ayant reçu deux lignes ou plus d'antibiotiques non prophylactiques ont présenté des résultats nettement moins bons, les antibiotiques à haut risque, notamment le méropénème, la céfazoline, la ceftriaxone et la pipéracilline-tazobactam, présentant les associations négatives les plus fortes.

Les chercheurs de l'hôpital 12 de Octubre ne se sont pas contentés d'établir une corrélation ; ils ont examiné le mécanisme en jeu. Grâce au (sidenote: Séquençage de l’ARNr 16S Méthode de lecture d'un gène bactérien de type « code-barres » permettant d'identifier et de différencier les espèces. ) d'échantillons de selles prélevés lors d'une lymphaphérèse, ils ont constaté que les patients exposés aux antibiotiques présentaient des indices de (sidenote: Diversité du microbiote La variété et l'uniformité des espèces bactériennes au sein de l'écosystème intestinal, mesurées à l'aide d'indices tels que ceux de Shannon et de Pielou. ) nettement inférieurs. Surtout, cette diversité réduite était en soi un facteur prédictif d'une survie plus faible, créant ainsi une chaîne mécanistique allant de l'utilisation d'antibiotiques à l'échec clinique en passant par la dysbiose.

Les acides gras à chaîne courte apparaissent comme le chaînon manquant

L'analyse taxonomique a révélé une tendance frappante : les patients ayant répondu au traitement CAR-T présentaient des abondances relatives significativement plus élevées de (sidenote: Bactéries productrices d'AGCC Taxons bactériens qui métabolisent les substrats alimentaires en acides gras à chaîne courte, notamment l'acétate, le propionate et le butyrate. ) . Plus précisément, des taxons tels que Prevotella, Ruminococcus, Butyricicoccus et la famille des Clostridiaceae étaient plus abondants chez les patients ayant obtenu une réponse complète ou partielle. À l'inverse, les non-répondeurs présentaient des taux élevés de bactéries lactiques, notamment des Lactobacillales et des Enterococcus. La conséquence fonctionnelle est apparue clairement lorsque les chercheurs ont mesuré les métabolites sériques. Les patients présentant un taux de butyrate circulant plus élevé au départ ont démontré une survie sans progression et une survie globale supérieures. Une analyse multivariée a confirmé que le butyrate était un facteur pronostique indépendant, des taux faibles conférant un risque de progression plus de six fois supérieur.

Le butyrate reprogramme les cellules CAR-T pour une efficacité cytotoxique accrue

Afin de valider le rôle direct du butyrate, les chercheurs ont exposé des cellules CAR-T à des concentrations physiologiquement pertinentes in vitro. Les cellules CAR-T stimulées par le butyrate ont présenté une expression accrue des marqueurs d'activation, une efficacité de transduction plus élevée et une évolution vers des phénotypes de mémoire centrale, caractéristiques associées à une persistance supérieure. 

Sur le plan fonctionnel, ces cellules ont généré une lyse spécifique significativement plus importante des cibles lymphomateuses à plusieurs ratios effecteur/cible. Le séquençage complet du transcriptome a révélé une régulation à la hausse de 145 gènes impliqués dans la cytotoxicité, la réactivité aux chimiokines et la prolifération des cellules T, tandis que les gènes associés à la sénescence étaient régulés à la baisse. L'analyse d'enrichissement des voies métaboliques a confirmé une signalisation inflammatoire et une fonction cytotoxique accrues. Il est remarquable de constater que la supplémentation orale en butyrate dans un modèle murin de xénogreffe a considérablement réduit la charge tumorale et prolongé la survie par rapport aux témoins, démontrant ainsi la validité du concept in vivo. 

La conclusion à tirer n'est pas de supplémenter immédiatement tous les patients, mais de reconnaître que l'axe microbiote-butyrate représente un déterminant modifiable de l'efficacité des CAR-T qui mérite une évaluation prospective.

Les antibiotiques perturbent l'immunothérapie contre le cancer en induisant des réactions intestinales et immunitaires

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Source

1. García-Vicente R, et al. The Potential of the Gut Microbiota and Butyrate to Enhance CAR-T Cell Therapy in Non-Hodgkin Lymphoma. Clin Cancer Res. 2025. https://doi.org/10.1158/1078-0432.CCR-25-1676

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Les bactéries intestinales seraient-elles liées au risque de cancer du foie ?

Les bactéries intestinales liées au foie ? On associe généralement le cancer du foie à l'hépatite virale, à l'alcool et aux maladies métaboliques. Pourtant, une étude portant sur 12 cohortes révèle qu'un dysfonctionnement de la barrière intestinale, détectable des années avant le diagnostic grâce à des marqueurs de translocation bactérienne, permet de prédire de manière indépendante le cancer du foie. Ce mécanisme de l'axe intestin-foie redéfinit notre compréhension de l'hépatocarcinogenèse.

Le développement du cancer du foie a été principalement attribué à des facteurs de risque bien établis, notamment l'hépatite virale, la consommation excessive d'alcool et les troubles métaboliques. Cependant, une étude cas-témoins imbriquée novatrice publiée dans l'International Journal of Cancer a examiné 867 cas de cancer du foie et 867 témoins appariés issus de 12 cohortes américaines, révélant que les marqueurs immunologiques de la (sidenote: Translocation bactérienne Le passage de bactéries viables ou de produits bactériens, tels que le lipopolysaccharide et la flagelline, à travers la barrière intestinale vers la circulation systémique. Lorsque la fonction de barrière intestinale est altérée, la translocation bactérienne déclenche une activation immunitaire et une inflammation chronique susceptibles de contribuer à la carcinogenèse hépatique. ) , mesurés en moyenne 12 ans avant le diagnostic, sont indépendamment associés au risque de cancer du foie1.

La barrière intestinale sous la loupe

La barrière intestinale remplit une double fonction essentielle : elle permet l'absorption des nutriments tout en empêchant la translocation de produits bactériens nocifs dans la circulation sanguine. Des chercheurs issus de plusieurs institutions ont mesuré les concentrations sériques pré-diagnostiques de la (sidenote: Protéine de liaison aux lipopolysaccharides Protéine de phase aiguë principalement synthétisée par les hépatocytes, qui se lie au lipopolysaccharide des bactéries à Gram négatif pour former un complexe LPS-LBP. ) , du (sidenote: CD14 soluble Une protéine co-réceptrice qui reconnaît le complexe LPS-LBP et facilite la transmission des signaux immunitaires afin de déclencher des réponses inflammatoires. ) et des anticorps dirigés contre le lipopolysaccharide et la flagelline. Ces marqueurs reflètent la réponse de l'organisme aux produits bactériens d'origine intestinale qui ont franchi la barrière intestinale.

 

La LBP, une protéine de phase aiguë synthétisée principalement par les hépatocytes, se lie au lipopolysaccharide des bactéries à Gram négatif et forme des complexes reconnus par le CD14 soluble, déclenchant ainsi des cascades inflammatoires. Le résultat le plus marquant a été que les concentrations de LBP présentaient l'association la plus forte avec le risque de cancer du foie, avec un rapport de cotes de 1,48 pour chaque doublement de la concentration. Les IgA et IgG anti-flagelline, les IgG anti-lipopolysaccharide et le CD14 soluble étaient également associés de manière positive au risque.

Carcinome hépatocellulaire versus carcinome des voies biliaires

Lorsque les analyses ont été stratifiées selon le sous-type de cancer du foie, une distinction importante est apparue. Les concentrations de LBP étaient associées de manière positive au carcinome hépatocellulaire, avec un rapport de cotes de 1,77 par doublement, mais ne présentaient aucune association avec le cholangiocarcinome intrahépatique, avec un rapport de cotes de 0,67. Ce résultat suggère une spécificité potentielle de la voie de translocation bactérienne dans le développement du carcinome hépatocellulaire.

Des modèles animaux ont déjà démontré que l'accumulation de lipopolysaccharides active la voie de signalisation du (sidenote: Récepteur Toll-like 4 Un récepteur de reconnaissance des motifs qui détecte le lipopolysaccharide et déclenche des voies de signalisation inflammatoires. Des études animales ont montré que l'activation du TLR4 par le lipopolysaccharide bactérien favorise l'inflammation hépatique et accélère le développement du carcinome hépatocellulaire, établissant ainsi un lien mécanistique entre la translocation bactérienne et le cancer du foie. ) , favorisant ainsi l'inflammation hépatique et la formation de tumeurs. Le caractère prospectif de cette étude, dans laquelle les biomarqueurs ont été mesurés plusieurs années avant le diagnostic, suggère que l'élévation du LBP constitue un facteur étiologique précoce de l'hépatocarcinogenèse plutôt qu'une simple conséquence d'une maladie hépatique sous-jacente. Les associations observées étaient généralement cohérentes entre les sous-groupes et sont restées significatives même après exclusion des participants atteints d'une infection par l'hépatite B ou C.

Ces résultats mettent en évidence le rôle de l' (sidenote: Axe intestin-foie La relation bidirectionnelle entre le tube digestif et le foie, assurée par le système veineux porte qui achemine les nutriments et les métabolites bactériens de l'intestin vers le foie. ) en tant que voie modulable dans le développement du cancer du foie, ce qui nécessite de mener des recherches supplémentaires sur les interventions visant à préserver l'intégrité de la barrière intestinale.

Métabolites bactériens et efficacité de l’immunothérapie

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Quand votre routine beauté fait la peau à certaines bactéries

L'utilisation de crèmes hydratantes et de protections solaires est associée à des modifications du microbiote cutané qui vit à la surface de votre peau et participe à sa santé.

Le microbiote cutané

La peau est une barrière primordiale : elle protège notre organisme des redoutables rayonnements ultra-violets du soleil, des diverses substances chimiques que l’on touche, des microorganismes que l’on croise. Pour l’aider dans cette tâche, elle héberge un microbiote cutané, ensemble de microorganismes qui jouent un rôle clé dans notre immunité. Mais quel est l’effet des crèmes hydratantes et protections solaires dont on abreuve régulièrement ce petit monde ? Pour identifier et comprendre l’influence de ces routines sur notre microbiote cutané et sur la santé de notre peau, une équipe de chercheurs s’est penchée sur le visage de 10 hommes et 27 femmes1.

Votre routine beauté modifie votre microbiote

Côté peau, nous avons tous des points communs (comme par exemple, le fait d’héberger des bactéries comme Cutibacterium acnes et Staphylococcus epidermidis, si l’on en croit la peau des 37 participants de cette étude), et des différences (une diversité à géométrie très très variable des espèces vivant sur notre épiderme). Notre routine de soin du visage semble avoir un impact non négligeable sur ce petit monde : l’abondance relative des espèces du microbiote cutané s’avère plus élevée chez les participants utilisant uniquement une crème hydratante comparativement aux adeptes du combo crème hydratante + écran solaire. Certaines espèces bactériennes semblent également dépendre de la routine de soin : si vous doublez votre hydratation cutanée d’un écran solaire, vous favorisez sans doute des bactéries comme Corynebacterium sanguinis et Brachybacterium nesterenkovii.

Quelques chiffres sur les maladies cutanées

  • 4,69 milliards de cas de maladies cutanées et sous-cutanées, responsables de 41,9 millions d’années de vie ajustées sur l’incapacité, ont été recensés dans le monde en 20212.
     
  • Les maladies cutanées et sous-cutanées se classent parmi les 10 principales causes d’invalidité2.
     
  • La majeure partie de la charge des maladies de la peau au sein de toute communauté relève d’environ 10 diagnostics dermatologiques généraux courants. A condition de disposer des médicaments essentiels et de la formation et du soutien appropriés, les équipes de santé locales pourraient prendre en charge efficacement les patientes et les patients concernés2.
     
  • Le 10 février 2025, les maladies de la peau ont été déclarées priorité de santé publique mondiale par l’orgaisation mondiale de la santé (OMS)3.

Effet de l’exposition solaire

Autre élément influant grandement ce monde microscopique de votre peau : l’exposition solaire, qui suffit à modifier l’abondance de microorganismes bénéfiques, comme la levure Malassezia restricta ou la bactérie S. epidermidis. Vous aimez lézarder au soleil et utilisez régulièrement un hydratant ? Votre mode de vie favorise sans doute la croissance d'espèces protectrices comme S. epidermidis qui tiennent en respect des pathogènes comme S. aureus. Et quand on parle soleil, on pense forcément à l’hyperpigmentation : au regard de cette étude, l'usage d'écran solaire semble sans lien avec les bactéries liées à l'hyperpigmentation (Corynebacterium spp.). Ces résultats restent à confirmer sur des cohortes plus larges.

Une chose est sûre : lorsque vous étalerez demain votre crème hydratante ou solaire, vous aurez une pensée pour les minuscules bactéries, champignons et autres virus qui cohabitent discrètement à la surface de votre peau pour votre plus grand bien !

Bien dans sa peau… et son microbiote cutané

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Métabolites bactériens et efficacité de l’immunothérapie

Ce ne sont pas tant les espèces bactériennes intestinales que leurs voies métaboliques qui conditionneraient l’efficacité de l’immunothérapie dans le traitement du cancer. De quoi ouvrir la voie à des thérapeutiques combinant immunothérapie et biotiques ?

Le microbiote intestinal

L’ (sidenote: Immunothérapie par blocage des points de contrôle (ICB) La thérapie par inhibiteurs de points de contrôle immunitaire est une forme d’immunothérapie utilisée principalement dans le traitement de certains cancers. Ces médicaments bloquent des protéines appelées « points de contrôle » qui agissent comme des freins naturels du système immunitaire.
En bloquant ces freins, ils aident les cellules du système immunitaire (les lymphocytes T) à repérer et à attaquer les cellules cancéreuses, ce qui peut ralentir ou arrêter la progression de la tumeur. Les inhibiteurs de points de contrôle ciblent des protéines comme PD-1, PD-L1 ou CTLA-4, souvent utilisées par les tumeurs pour éviter d’être attaquées. Source : https://www.cancer.gov/publications/dictionaries/cancer-terms/def/immune-checkpoint-inhibitor
)
améliore significativement la survie face au cancer, mais son efficacité varie fortement d’un patient à l’autre. Des études ont mis en évidence un lien entre certaines bactéries intestinales et l’efficacité, mais les espèces incriminées sont incohérentes d’une étude à l’autre. Et si ce n’était pas tant les espèces que les métabolites qu’elles produisent qui faisaient toute la différence ? Telle est l’hypothèse, confirmée, d’une équipe néerlandaise1.
 

400 000 Chaque année, un cancer est diagnostiqué chez quelque 400 000 enfants².

1/6 À l’origine de près de 10 millions de décès en 2020, soit de l’ordre d’1 décès sur 6, le cancer est l’une des principales causes de mortalité dans le monde².

Les espèces bactériennes varient

L’analyse de 781 échantillons fécaux de patients souffrant de cancer et traités par ICB montre que la composition en espèces bactériennes varie fortement entre les patients et entre les études. De plus, la diversité bactérienne ne semble pas liée à la réponse au traitement. Enfin, le profil, en termes d’espèces bactériennes, de la flore intestinale ne permet pas de distinguer clairement les répondeurs des non-répondeurs.

Top 6 (cas)²

En 2020, les cancers les plus courants (en termes de nombre de cas recensés) étaient les suivants :

  • le cancer du sein (2,26 millions de cas) ;
  • le cancer du poumon (2,21 millions de cas) ;
  • le cancer colorectal (1,93 million de cas) ;
  • le cancer de la prostate (1,41 million de cas) ;
  • le cancer de la peau (non-mélanome) (1,20 million de cas) ; et
  • le cancer de l’estomac (1,09 million de cas).

Dysbiose métabolique rime avec mauvais pronostic

Les résultats sont tout autres lorsque l’on se penche sur le métabolisme du microbiote intestinal, et non sa composition bactérienne. Ces fonctions s’avèrent relativement stables entre les patients et entre les études. Les patients non-répondeurs montrent une dysbiose fonctionnelle plus marquée que les répondeurs. Par ailleurs, plus la flore conserve un profil métabolique proche d’un microbiote de témoin sain, meilleure est la réponse à l’ICB.

Ces résultats sont confirmés dans une cohorte prospective. Ainsi, une altération des fonctions métaboliques du microbiote intestinal semble aller de pair avec une mauvaise réponse à l’immunothérapie.

Top 5 (décès)²

En 2020, les cancers à l’origine du plus grand nombre de décès étaient :

  • le cancer du poumon (1,80 million de décès) ;
  • le cancer colorectal (916 000 décès) ;
  • le cancer du foie (830 000 décès) ;
  • le cancer de l’estomac (769 000 décès) ; et
  • le cancer du sein (685 000 décès).

Les voies impliquées

Enfin, les chercheurs ont identifié différentes voies métaboliques impliquées dans la réponse au traitement, dont la voie du méthylérythritol phosphate (MEP). Cette voie, spécifique des bactéries, produit des phosphoantigènes (ex : HMBPP) et active des lymphocytes Vδ2 impliqués dans l’immunité antitumorale. Elle est fortement associée à une meilleure réponse à l’ICB dans différents types de cancers. Les chercheurs apportent une preuve mécanistique : des bactéries capables de produire HMBPP (intermédiaire de la voie MEP) stimulent l’activité antitumorale des lymphocytes T Vδ2.

Une voie inverse, inhibitrice, est également dévoilée : la production microbienne de riboflavine est associée à une résistance à l’ICB, induit une suppression de l’immunité médiée par un autre type de lymphocytes T (cellules MAIT, Mucosal-Associated Invariant T cells) et va de pair avec une moindre survie.

Ainsi, la capacité métabolique du microbiote semble être un déterminant majeur de la réponse à l’ICB. La compréhension et la modulation de ces fonctions microbiennes ouvriront-elles la voie à de nouvelles interventions thérapeutiques, combinant microbiote et immunothérapie pour améliorer l’efficacité des traitements anticancéreux ?

Ce micro-organisme intestinal pourrait améliorer l'efficacité des traitements anticancéreux

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Édulcorants : des alliés pour garder la ligne et un microbiote en bonne santé ?

Plutôt controversés, les produits « light » refont parler d’eux. Une étude européenne récente suggère que les édulcorants, intégrés à une alimentation équilibrée et pauvre en sucre, pourraient aider à maintenir une perte de poids sans nuire à la santé ni au microbiote.

Le microbiote intestinal

Les produits « light », sucrés avec des édulcorants, sont-ils utiles quand on souhaite perdre du poids ? Difficile d’apporter une réponse tranchée à cette question tant les avis et les données scientifiques divergent : néfastes pour la santé et le microbiote selon certains, sans effets, selon d’autres, ou bénéfiques selon d’autres encore.

Avec plus d’un milliard de personnes en situation d’obésité et 43 % des adultes en surpoids à l’échelle planétaire1, la question mérite pourtant d’être posée sérieusement.

Édulcorants : anges ou démons ?

Dans une nouvelle étude2, des scientifiques européens se sont penchés sur le sujet pour tenter d’apporter des éléments factuels de réponse. Ils ont étudié l’impact d’une consommation de produits sucrés avec des édulcorants sur le maintien d’une perte de poids, la santé (cholestérol, glycémie, pression artérielle…), mais également sur le microbiote.

Pour cette recherche, ils ont recruté 277 personnes obèses ou en surpoids qui venaient de perdre 10 kg en moyenne à la suite d’un régime hypocalorique de 2 mois. 
 

Le goût sans les calories

Les édulcorants sont des ingrédients qui donnent une saveur sucrée à un aliment et qui apporte peu ou pas de calories ou qui n’ont pas les effets néfastes du sucre (caries, augmentation du sucre sanguin…)4.

  • Les édulcorants « intenses » comprennent la saccharine (E954), l’aspartame (E951), le sucralose, l’acésulfame de potassium (E950) ou l’extrait de stévia qui sont utilisés dans les biscuits, les gâteaux et les boissons (sodas).
  • Les polyols comprennent le maltitol (E965), l’isomalt (E953), le lactitol (E966), le mannitol (E421), le sorbitol (E420) ou le xylitol (E967) que l’on retrouve souvent dans les confiseries sans sucre, notamment les chewing-gums.

Ils les ont soumis durant 10 mois à un régime équilibré et sain relativement pauvre en produits sucrés, avec moins de 10 % de l’énergie sous forme de sucres libres, comme le conseille l’Organisation mondiale de la santé3. Aucune restriction de quantité n’était imposée.

 Les participants étaient répartis en deux groupes :

  • Un groupe « Édulcorants » dans lequel tous les aliments et boissons sucrés contenaient des édulcorants ;
  • Un groupe « Sucre », où ces produits contenaient du vrai sucre.

Que montrent les résultats ?

Aucun effet problématique

D’abord, tous les participants ont maintenu une bonne partie de leur perte de poids au cours des 10 mois où ils pouvaient manger sans restriction, ce qui prouve qu’une alimentation équilibrée est utile pour garder la ligne. Cependant, le groupe « Édulcorants » a réussi à maintenir une perte de 1,6 kg supplémentaire par rapport au groupe « Sucre ».

Ensuite, les paramètres de santé cardiométaboliques se sont améliorés transitoirement, même si les différences se sont ensuite atténuées. En tout cas, aucun effet délétère des édulcorants n’a été observé.

Un impact inattendu positif sur le microbiote

Plus intéressant : le microbiote des volontaires du groupe « Édulcorants » s’est significativement enrichi en bactéries productrices d’acides gras à chaîne courte ( (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) ) bénéfiques. Les chercheurs ont notamment remarqué une activation de certaines voies métaboliques liées à une meilleure utilisation des graisses et une meilleure satiété. Tous ces effets étaient potentiellement favorables à un meilleur contrôle du poids.

Seuls quelques symptômes digestifs (ballonnements, gaz, selles plus molles…) ont été observés dans le groupe « Édulcorants ».  

Pour les auteurs, cette étude prouve que l’utilisation prolongée d’édulcorants, dans le cadre d’une alimentation saine et pauvre en sucre, contribue au maintien de la perte de poids, et ce, sans effet négatif ni sur la santé ni sur le microbiote intestinal. 

Plutôt enthousiasmant ! 

Quand les sodas sucrent votre microbiote et votre santé

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Édulcorants : utiles pour la perte de poids et sans danger pour le microbiote

Accusés de perturber le microbiote et la santé métabolique, les édulcorants font l’objet de nouvelles données. Une étude européenne de grande ampleur vient d’éclairer leur impact réel sur le poids et le microbiote intestinal.

Aspartame, sucralose, acésulfame… Les édulcorants hypocaloriques ont-ils leur place dans l’alimentation pour la prise en charge du surpoids ou de l’obésité ? Le sujet est controversé.

Des données scientifiques contradictoires

D’un côté, certaines études ont soulevé des inquiétudes qui ont amené l’OMS à déconseiller leur utilisation pour perdre du poids et améliorer la santé1 ; de l’autre, plusieurs essais cliniques de long terme montrent que ces additifs ont des effets au pire neutres, au mieux bénéfiques sur ces paramètres.

Concernant le microbiote, le problème est le même : des études suggèrent qu’ils ont des effets néfastes sur certains aspects du microbiote intestinal en lien avec la réponse glycémique, d’autres montrent le contraire, et d’autres encore que ce sont surtout les boissons sucrées qui impactent le microbiote et les métabolites associés au risque de diabète.

29% C’est la part de marché des boissons sans calories ou hypocaloriques en Europe.³

17,7 % C’est la réduction de la teneur en sucres ajoutés dans les boissons en Europe depuis 2015.³

Une étude en conditions réelles pour trancher le débat

Pour tenter d’y voir plus clair, une équipe de chercheurs a recruté 341 personnes en surpoids ou obèses (IMC de 31 en moyenne) — 70 % de femmes, âge moyen 47 ans — vivant au Danemark, en Grèce, en Espagne et aux Pays-Bas. Objectif : tester l’effet réel du remplacement du sucre par des édulcorants après une perte de poids. 

Les volontaires ont d’abord suivi un régime hypocalorique de 2 mois, puis ceux qui étaient parvenus à perdre plus de 5 % de leur poids corporel (277 personnes) ont adopté, sans restriction et durant les 10 mois suivants, une alimentation saine et équilibrée.

La moitié d’entre eux a consommé des produits édulcorés à la place des produits riches en sucre (groupe « Édulcorant ») ; l’autre moitié recevait des produits sucrés classiques à hauteur de moins de 10 % de l’apport énergétique total, en accord avec les recommandations de l’OMS (groupe « Sucre »).

Les chercheurs ont analysé l’évolution du poids corporel et des marqueurs cardiométaboliques de l’ensemble des participants, ainsi que la composition du microbiote d’un échantillon de 137 personnes issues des deux groupes.

Un meilleur maintien du poids et un microbiote enrichi

Publiés dans Nature Metabolism2, les résultats montrent que les participants ont perdu en moyenne 10 kg grâce au régime hypocalorique et que, dans les deux groupes, cette perte a été globalement maintenue au cours des 10 mois de régime ad libitum.

Résultat intéressant : le groupe « Édulcorant » obtient de meilleurs résultats, avec un maintien à - 1,6 kg en moyenne par rapport au groupe « Sucre », ce qui prouve l’intérêt des édulcorants chez les personnes cherchant à maintenir leur perte de poids.

Les microbiotes du groupe « Édulcorant » sont par ailleurs plus riches en bactéries productrices d’acides gras à chaînes courtes ( (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) ) et de méthane, des changements associés à une augmentation de la dépense énergétique, une meilleure satiété et une meilleure santé métabolique. C’est une preuve que, contrairement à ce qui est souvent affirmé, les édulcorants ne détériorent pas le microbiote et même induisent des changements potentiellement bénéfiques.

Côté santé cardiométabolique, il existait une amélioration transitoire de certains marqueurs, notamment du cholestérol, qui disparaissait au bout de 12 mois, et aucune détérioration de ceux-ci.

Conclusion

Cette étude de qualité (multicentrique, de longue durée, en conditions réelles…) apporte la preuve qu’une utilisation prolongée d’édulcorants, dans le cadre d’une alimentation saine pauvre en sucre, peut contribuer à la perte de poids sans effet négatif, ni sur les paramètres cardiométaboliques, ni sur le microbiote intestinal.

À bon  entendeur !

Alimentation psychobiotique : moduler le microbiote intestinal pour réduire le stress

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Carcinome épidermoïde de l'œsophage (CEO) : s’appuyer sur le mycobiote intestinal ?

Le profil du mycobiote intestinal pourrait servir de biomarqueur pour prédire la réponse à l’immunochimiothérapie néoadjuvante dans le traitement du carcinome épidermoïde de l’œsophage. Voire inspirer des pistes thérapeutiques.

L’immunochimiothérapie néoadjuvante est considérée comme une avancée majeure dans le traitement du (sidenote: Carcinome épidermoïde de l'œsophage (CEO) Type de carcinome de l'œsophage qui peut toucher les différents segments de l'œsophage, mais est généralement limité à la partie haute ou moyenne. L'âge moyen d'apparition du CEO se situe entre 60 et 70 ans et est plus fréquent chez les hommes. Il est généralement asymptomatique jusqu'à un stade avancé où les symptômes apparaissent : dysphagie (au début avec les éléments solides, puis progressivement avec les liquides) et perte de poids. Plus rarement, odynophagie, enrouement de la voix, toux ou douleur à la poitrine peuvent constituer des signes de présentation. Source : https://www.orpha.net/en/disease/detail/99977 ) . Mais il reste difficile d’anticiper quels patients vont y répondre favorablement. Face à ce défi majeur, le mycobiote intestinal semble représenter un espoir : des signatures fongiques intestinales pourraient servir de biomarqueurs, au regard de travaux chinois.

Une dysbiose partiellement réparée

L’analyse d’échantillons fécaux souligne que les 68 patients souffrant de CEO présentent, avant traitement, une dysbiose significative de leur mycobiote intestinal, comparativement aux 19 témoins sains : baisse de la diversité, enrichissement en champignons pathogènes et moindre présence de champignons bénéfiques, réseaux écologiques moins complexes suggérant moins de synergies. Le traitement par immunochimiothérapie néoadjuvante améliore la diversité et la richesse de la communauté fongique et rééquilibre certaines voies métaboliques bénéfiques, sans toutefois atteindre les niveaux observés chez les sujets sains.

1 sur 29 400 Le carcinome épidermoïde de l'oesophage (CEO) a une incidence annuelle de 1/29 400 ¹.

0,1 % Bien que les champignons représentent moins de 0,1 % du microbiote, ils possèdent des caractéristiques métaboliques uniques qui contribuent aux fonctions de l’hôte ².

Un mycobiote prédicteur de réussite

Mais surtout, les profils des mycobiotes prélevés avant le traitement permettent de distinguer les futurs répondeurs des non-répondeurs. Ainsi, les répondeurs présentent, avant traitement, une diversité fongique plus élevée, des réseaux plus stables suggérant une meilleure résilience, et un enrichissement en champignons bénéfiques (dont s_Candida_boidinii), corrélés à des signatures de tumeurs « chaudes » (stimulation des lymphocytes T-helper 1, cytokines pro-inflammatoires, marqueurs cytotoxiques élevés).

Quid des non-répondeurs ? Leur mycobiote était enrichi en espèces immunosuppressives associées à des caractéristiques de tumeurs « froides » (lymphocytes Th-2, cytokines immunosuppressives).
Ainsi, le mycobiote des répondeurs semble favoriser une immunité contribuant à des phénotypes tumoraux favorables au succès de l’immunothérapie, tandis que celui des non-répondeurs pourrait contribuer à des microenvironnements tumoraux résistants aux immunothérapies.
 

Quel est le taux de survie pour les patients atteints de CEO ?

Le CEO étant diagnostiqué à un stade avancé, le pronostic global est mauvais, avec un taux global de survie à 5 ans de 10 à 20%. Pour les patients qui reçoivent des traitements à visée curative, le taux approche actuellement 40% 1.

Prédire… et moduler la réponse au traitement

Enfin, le mycobiote semble capable de prédire avec précision et robustesse l’efficacité future du traitement, avec une (sidenote: Aire sous la courbe (AUC) Indication du pouvoir discriminant d'un modèle de classification, par exemple, une AUC de 1,0 indique un classificateur parfait. C’est la probabilité que le modèle de classification classe correctement un échantillon positif. ) atteignant 82,9% (sur la base du genre) voire 87,4% (espèce). Le genre g_Saccharomyces serait le prédicteur le plus robuste de la non-réponse. Au regard de ces résultats, le mycobiote intestinal pourrait donc représenter un biomarqueur pour stratifier les patients dans le traitement du CEO.

L’autre application possible ? Optimiser les résultats de l’immunothérapie, les champignons identifiés, bénéfiques ou délétères, représentant autant de cibles de modulation du microbiote. Avec un premier résultat des chercheurs : l’administration de Candida boidinii a renforcé l’efficacité de l’anti-PD-1 chez la souris. Les champignons bénéfiques pourraient-ils un jour améliorer les réponses au traitement des patients atteints de CEO ?

Le microbiote buccal impliqué dans le cancer du pancréas

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Pourquoi les femmes de groupe A ont moins de risque d’accouchement prématuré

Les femmes du groupe sanguin A pourraient être mieux protégées contre certaines infections. Pourquoi ? Parce que leur vagin contient davantage d’une bactérie bénéfique appelée Lactobacillus crispatus.

Le microbiote vaginal

Plus d’un enfant sur 10 dans le monde nait (sidenote: Prématurité naissance avant 37 semaines de grossesse. Il existe des sous-catégories de prématurité, en fonction de l’âge gestationnel :
- la très grande prématurité (moins de 28 semaines) ;
- la grande prématurité (entre la 28e et la 32e semaine) ;
- la prématurité moyenne, voire tardive (entre la 32e et la 37e semaine). Source : OMS
)
. Une équipe britannique, en analysant les données de milliers de jeunes mères 1, vient de montrer que le groupe sanguin influence la composition du microbiote vaginal maternel, et avec lui, l’immunité et l'issue de la grossesse : les femmes de groupe A pourraient être mieux protégées contre certains risques infectieux grâce à la présence vaginale accrue d’une bactérie bénéfique, Lactobacillus crispatus.

Comment est-ce possible ?

Vous le savez sans doute : les quatre principaux groupes sanguins sont A, B, AB et O. Ces lettres traduisent la présence, à la surface des globules rouges, de gros sucres appelés antigènes, de type A et/ou B (ou à leur absence dans le cas du type O). Des groupes qui définissent par exemple la compatibilité lors d’une transfusion.

Mais, ce que l’on sait moins, c’est que ces antigènes ne se limitent pas au sang : on retrouve ces « marques » sur d’autres cellules (comme celles du vagin ou du col de l’utérus) et dans les fluides corporels (y compris ceux produits par le col de l’utérus et le vagin). Or, ces antigènes influencent la sensibilité aux infections, en participant à l’adhésion ou à l’alimentation des bactéries : par exemple, les personnes de groupe O sont statistiquement plus vulnérables à Helicobacter pylori, tandis que celles du groupe B à certaines bactéries comme E. coli.

A chaque groupe sanguin sa flore vaginale ?

La recherche vient donc de confirmer que les antigènes A, B et O jouent un rôle dans la composition du microbiote vaginal. Ainsi, les femmes du groupe sanguin A ont plus souvent un microbiote vaginal dominé par L. crispatus, une bactérie bénéfique qui s’attache très facilement au marqueur A. Conséquence directe de cette liaison : une flore vaginale peu inflammatoire et davantage de chances d’un accouchement à terme.

A l’inverse, L. crispatus est souvent en berne chez les femmes du groupe O, notamment celles à risque d’accouchement prématuré en raison d’une précédente grossesse prématurée, et chez les femmes du groupe sanguin B, qui abritent en général davantage du pathogène S. agalactiae, une bactérie qui s’accroche facilement au marqueur B.

Quelques chiffres sur la naissance prématurée

  • 13,4 millions de nourrissons sont nés prématurément (avant 37 semaines révolues de gestation) en 2020 ².
     
  • En 2020, le taux de naissances prématurées allait de 4 % à 16 % selon les pays ².
     
  • Plus de 90 % des très grands prématurés (moins de 28 semaines) nés dans des pays à revenu faible décèdent au cours des premiers jours de leur vie, contre moins de 10 % dans les pays à revenu élevé ².
     
  • À l’origine de près de 900 000 décès en 2019, les complications de la prématurité sont la cause principale de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans ².
     
  • Les trois quarts de ces décès pourraient être évités grâce à des interventions courantes, d’un bon rapport coût/efficacité ².

Pas de conclusions hâtives

Pour autant, il s’agit de ne pas sur-interpréter ces résultats… ou de s’autoriser à faire n’importe quoi avec sa flore vaginale si l’on est du groupe A ! L’effet du groupe sanguin sur le risque d’accouchement prématuré reste faible, et loin d’être aussi puissant que d'autres facteurs comme l’ethnie (les femmes africaines ou asiatiques sont plus exposées) ou les éventuels antécédents. Cette découverte doit être lue avant tout comme une porte qui s’ouvre vers de possibles thérapies à base de ces gros sucres appelés antigènes pour prévenir les naissances prématurées.

Naissance prématurée : L. iners sur le banc des accusés

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Alcoolisme : quand le microbiote intestinal et le cerveau trinquent

L’alcoolisme pourrait transformer votre cerveau en passoire. Mais une petite bactérie du nom de Faecalibacterium prausnitzii pourrait jouer les sauveurs et protéger votre mémoire.

Le microbiote intestinal

On le sait, l’alcool peut endommager le cerveau. Mais saviez-vous qu’il pourrait aussi fragiliser la barrière qui protège le cerveau des “intrus” venus du sang ? Cette protection, appelée barrière hémato-encéphalique, est un peu comme un filet de sécurité pour notre matière grise. Et surprise : notre intestin semble jouer les complices dans ce scénario.

Un microbiote pas si innocent

Les alcooliques chroniques présentent non seulement des problèmes de mémoire et de concentration, mais aussi de l’anxiété, de la dépression et des troubles du sommeil. Leur microbiote intestinal souffre aussi : Faecalibacterium, une bactérie anti-inflammatoire, s’avère moins présente, tandis que Streptococcus, inflammatoire, profite de la situation pour prendre ses quartiers. Et ce n’est pas tout : le plasma sanguin des hommes alcooliques diffère largement de celui d’hommes non accro à la bouteille, avec plus de 600 molécules en excès et tout autant en déficit. Bref, un (sidenote: Trouble de l’usage de l’alcool (TUA) Affection médicale caractérisée par une incapacité à arrêter ou à contrôler la consommation d’alcool malgré des conséquences négatives sur les plans social, professionnel ou de santé. Elle englobe ce que l’on désigne parfois comme l’abus d’alcool, la dépendance à l’alcool, l’addiction à l’alcool et le terme courant d’alcoolisme. Considéré comme un trouble cérébral, le TUA peut être léger, modéré ou sévère. Source : https://www.niaaa.nih.gov/publications/brochures-and-fact-sheets/understanding-alcohol-use-disorder
 
)
chamboule le microbiote intestinal, la composition du sang et le fonctionnement du cerveau.

Quand le cerveau fuit… littéralement

Pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents, des souris ont été alcoolisées plusieurs semaines. Bilan : la consommation chronique d’alcool rend perméable la barrière protégeant leur ciboulot ; des fuites apparaissent dans des zones clés, et des protéines essentielles à l’étanchéité de la barrière hémato-encéphalique sont en berne.

Plus étonnant : le transfert du microbiote intestinal de patients alcooliques à des souris sans bactéries et qui ne boivent pas d’alcool suffit à induire le même type de fuites cérébrales. Ainsi, l’altération du microbiote intestinal causée par l'alcoolisme serait responsable de la perturbation de la barrière hémato-encéphalique.

  • La consommation néfaste d’alcool est définie, notamment dans les pays anglo-saxons, comme plus de 3 verres par jour ou 7 par semaine chez les femmes, et plus de 4 verres par jour ou 14 par semaine chez les hommes 1.
     
  • On estime que 400 millions de personnes, soit 7 % de la population mondiale âgée de 15 ans et plus, présentaient en 2019 des troubles liés à la consommation d’alcool. Parmi elles, 209 millions de personnes (soit 3,7 % de la population mondiale adulte) étaient dépendantes à l’alcool 2.

Faecalibacterium prausnitzii, le sauveur ?

Puisque la gentille bactérie Faecalibacterium manque à l’appel chez les alcooliques, les chercheurs ont testé si elle pouvait protéger les souris. Bingo ! Quelques doses de Faecalibacterium prausnitzii permettent aux souris de retrouver de meilleures capacités cognitives et leur cerveau fuit moins. Comment une bactérie des intestins peut-elle protéger la barrière qui entoure le cerveau ? Sans doute via les petits acides gras anti-inflammatoires qu’elle fabrique dans notre système digestif, qui se glissent dans la circulation sanguine et gagnent ainsi le cerveau. F. prausnitzii pourrait-elle protéger des dégâts de l’alcoolisme ? Peut-être, même si de nombreux autres travaux demeurent nécessaires, cette étude 3 n’ayant été menée que chez l’homme (pas la femme) et la souris. Dans tous les cas, l’alcool reste et demeure à consommer avec modération.

Avec le « binge drinking », le microbiote intestinal des jeunes trinque

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Alcoolisme : une bactérie intestinale pour réduire les effets sur le cerveau ?

L’alcoolisme semble perturber la barrière hémato-encéphalique via l’axe intestin-cerveau. La bactérie intestinale Faecalibacterium prausnitzii pourrait atténuer ces effets et le déficit cognitif induit par l’alcool.

Actu GP : Agir sur le microbiote pour réduire la dépendance à l’alcool ?

L’éthanol, qui peut traverser la barrière hémato-encéphalique (BHE), peut endommager le système nerveux central. Mais il pourrait également altérer cette barrière assurant la protection de notre cerveau. Un processus pathologique auquel participerait l’axe intestin-cerveau, au regard de travaux publiés fin 2025 1.

La flore des alcooliques

Les chercheurs ont analysé le microbiote intestinal de 30 hommes souffrant d’un (sidenote: Trouble de l’usage de l’alcool (TUA) Affection médicale caractérisée par une incapacité à arrêter ou à contrôler la consommation d’alcool malgré des conséquences négatives sur les plans social, professionnel ou de santé. Elle englobe ce que l’on désigne parfois comme l’abus d’alcool, la dépendance à l’alcool, l’addiction à l’alcool et le terme courant d’alcoolisme. Considéré comme un trouble cérébral, le TUA peut être léger, modéré ou sévère. Source : https://www.niaaa.nih.gov/publications/brochures-and-fact-sheets/understanding-alcohol-use-disorder
 
)
(AUD, pour alcool use disorder) depuis des années, et de 30 hommes témoins. Par rapport à ces derniers, les hommes avec un AUD présentent une déficience cognitive et des signes d'anxiété, de dépression et de troubles du sommeil. Leur microbiote intestinal ne montre pas de différences significatives en termes d’abondance et de diversité. Pour autant, la composition de leur flore est spécifique : trouble de l’usage de l’alcool rime avec une diminution de Faecalibacterium et une augmentation de Streptococcus, une bactérie associée à l’inflammation.

Les métabolites microbiens présents dans le plasma s’avèrent également perturbés en cas d’AUD : 604 métabolites étaient surexprimés (notamment dans les voies liées au métabolisme des lipides, au métabolisme des acides aminés et à la sécrétion des acides biliaires) et 606 sous-exprimés. Ces variations étaient liées à l’abondance de certaines bactéries, comme Faecalibacterium.

Alcool ou transplantation fécale, mêmes conséquences chez la souris

Les auteurs montrent également que la consommation chronique d’alcool entraîne, chez la souris, un déclin cognitif et une altération de la BHE, avec l’apparition de fuites dans le cortex préfrontal et l’hippocampe et une baisse de l’expression de protéines des jonctions serrées des cellules endothéliales.

Mais surtout, une simple transplantation fécale issue de patients avec un AUD à des souris axéniques suffit à provoquer les mêmes effets.
L'altération du microbiote intestinal causée par l'alcool serait donc en partie responsable de la perturbation de la BHE.

  • La consommation néfaste d’alcool est définie, notamment dans les pays anglo-saxons, comme plus de 3 verres par jour ou 7 par semaine chez les femmes, et plus de 4 verres par jour ou 14 par semaine chez les hommes 2.
     
  • On estime que 400 millions de personnes, soit 7 % de la population mondiale âgée de 15 ans et plus, présentaient en 2019 des troubles liés à la consommation d’alcool. Parmi elles, 209 millions de personnes (soit 3,7 % de la population mondiale adulte) étaient dépendantes à l’alcool 3.

L’effet réparateur de Faecalibacterium prausnitzii

Puisque Faecalibacterium est moins abondant chez les patients AUD, les chercheurs ont testé si F. prausnitzii pouvait protéger les souris contre les troubles cérébraux causés par l’alcool chronique. Et c’est effectivement le cas : la fonction cognitive est améliorée, les fuites de la BHE réduites et les protéines de jonction reboostées. 

Physiologiquement, F. prausnitzii a entraîné une augmentation significative de certains acides gras à chaîne courte bactériens (acide butyrique, l’acide valérique et l’acide caproïque) connus pour leurs effets anti-inflammatoires. Il semble donc que cette bactérie puisse protéger la BHE des dommages de l’éthanol via l’action de métabolites bactériens bénéfiques.

Binge drinking : un lien entre dysbiose et addiction ?

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