Fresque sur la résistance aux antimicrobiens : apprendre, jouer et agir dès maintenant

La Fresque sur la résistance aux antimicrobiens est une expérience interactive et éducative qui sensibilise à l’un des plus grands défis de santé publique de notre époque. En alliant apprentissage, jeu et réflexion collective, elle invite chacun à comprendre les causes et les conséquences de la résistance aux antimicrobiens et à agir.

Photo WAAW 2025: Antimicrobial resistance fresco: learn, play and act now

C'est dans le cadre de la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (WAAW) que le Biocodex Microbiota Institute a contacté Querceo afin de concevoir un outil rapide et crédible pouvant être mis à la disposition du personnel médical et facilement déployé lors de divers événements et devant différents publics.

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À propos de la fresque AMR

Le résultat est une fresque éducative, visuelle et facile à utiliser qui met en évidence les liens étroits entre l'utilisation des antibiotiques, l'équilibre de notre microbiote et le phénomène de la résistance aux antibiotiques.

  • Cet atelier est ouvert au grand public et ne nécessite aucune connaissance scientifique préalable.
  • Facile à mettre en place, il est conçu pour une dizaine de participants et dure environ 15 minutes.

Il peut être facilement déployé dans de nombreux contextes : conférences médicales, réunions du personnel hospitalier, réunions de professionnels de santé, qu'il s'agisse de médecins généralistes, de pédiatres, de pharmaciens ou de personnel infirmier. Il peut également être utilisé dans les universités auprès d'étudiants en santé.

Guide d'animation

Ce guide d'animation permet aux animateurs de comprendre la dynamique de l'atelier et sa place dans le processus d'animation. Il décrit les différentes étapes de l'atelier, les explique et présente les résultats attendus en termes de matrice de cartes. Il offre également des conseils sur l'animation et les messages clés à transmettre tout au long de l'atelier. N'hésitez pas à garder ce document à portée de main lors de vos premiers ateliers.

Tout le matériel nécessaire pour organiser une fresque AMR :

Pour plus d'informations

Contactez-nous à l'adresse contact@biocodexmicrobiotainstitute.com

Tout ce que vous devez savoir sur les antibiotiques et la résistance aux antimicrobiens

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Qu'est-ce que la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens ?

Chaque année depuis 2015, l'OMS organise la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (WAAW), qui vise à sensibiliser le public à la résistance mondiale aux antimicrobiens. 

La résistance aux antimicrobiens survient lorsque des bactéries, des virus, des parasites et des champignons évoluent au fil du temps et ne réagissent plus aux médicaments. En raison de cette résistance aux médicaments, les antibiotiques et autres médicaments antimicrobiens deviennent inefficaces et les infections deviennent de plus en plus difficiles, voire impossibles à traiter, ce qui augmente le risque de propagation de la maladie, de formes graves et de décès.

Organisée du 18 au 24 novembre, cette campagne encourage le grand public, les professionnels de santé et les décideurs à utiliser avec prudence les antibiotiques, les antiviraux, les antifongiques et les antiparasitaires, afin de prévenir l'émergence de nouvelles résistances aux antimicrobiens.

À propos du Biocodex Microbiota Institute

Le Biocodex Microbiota Institute Biocodex Microbiota Institute est un centre international de connaissances dédié au microbiote humain. L'Institut communique avec ses utilisateurs en sept langues, s'adressant à la fois aux professionnels de santé et au grand public dans le but de sensibiliser à l'importance vitale de cet organe pour notre santé. La mission première du Biocodex Microbiota Institute est éducative : faire connaître l'importance du microbiote à tous.

À propos de Querceo

Querceo est un cabinet de conseil qui adopte une approche collaborative et systémique pour accompagner les organisations dans leur transition écologique. En créant et en diffusant des ateliers de sensibilisation, tels que la Fresque de la biodiversité, la Fresque One Health ou l'atelier SiNergie, Querceo contribue à mobiliser les organisations, permettant à chaque individu de comprendre et de s'approprier les grands enjeux de demain.

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Le microbiote nasal : la première ligne de défense de votre bébé

Pourquoi chez certains nourrissons le rhume reste-t-il bénin tandis que chez d'autres il se transforme en bronchiolite ? Une nouvelle étude révèle que la réponse ne concerne pas seulement le virus, mais aussi l'écosystème microbien du nez, qui agit en tant que première ligne de défense du système immunitaire.

Le microbiote pulmonaire

Tous les parents connaissent cette cascade d'événements : une simple toux et un nez qui coule peuvent rapidement se transformer en otite ou, pire, en bronchiolite. Nous avons longtemps blâmé le virus, mais une nouvelle étude capitale publiée dans Nature Communications 1 révèle qu'en général le virus ne fait qu'ouvrir le bal. En effet, tout se déroule au sein du (sidenote: Microbiote ORL Il s'agit de la communauté spécifique de microorganismes (bactéries, champignons, virus) qui résident dans les régions interconnectées de l'oreille, du nez et de la gorge. Cet écosystème se distingue du microbiote intestinal et joue un rôle crucial et direct dans l'immunité locale et la santé respiratoire. ) de votre bébé, la communauté de bactéries complexe présente dans le nez et la gorge, qui sert de première ligne de défense au système immunitaire. Cette recherche fournit un nouveau cadre pour comprendre la santé respiratoire au cours de la première année de vie.

Le déclencheur viral de la colonisation bactérienne

Les chercheurs ont suivi 300 nourrissons, dès leur naissance, en surveillant méticuleusement leur état de santé et en analysant plus de 2 400 prélèvements nasaux. Les données révèlent un mécanisme clair : une infection virale, qu'elle soit due à un rhinovirus courant ou au virus respiratoire syncytial (VRS), modifie profondément l'environnement du système respiratoire.

Le virus respiratoire syncytial (VRS)

Chaque années, le virus respiratoire syncytial (VRS), entraîne 3,6 millions d'hospitalisations et environ 100 000 décès chez les enfants de moins de 5 ans. ²

Il a été démontré que la présence d'un virus augmentait les risques de (sidenote: Colonisation bactérienne Il s'agit de la présence et de la croissance persistantes de bactéries sur une surface hôte, telle que la cavité nasale, sans provoquer de signes cliniques d'une quelconque maladie. C'est une condition préalable à l'infection, bien que distincte de celle-ci, qui représente un état de porteur asymptomatique. ) du nourrisson de 44 % pour Haemophilus influenzae, et de 83 % pour Streptococcus pneumoniae.

Pour les nourrissons déjà porteurs de S. pneumoniae, l'infection virale a presque quadruplé sa (sidenote: Densité de colonisation Il s'agit d'une mesure quantitative de la charge bactérienne, ou de la quantité d'une bactérie spécifique présente dans un échantillon, plutôt qu'un simple résultat indiquant la présence ou l'absence de cette bactérie. Une forte densité de colonisation peut augmenter le risque qu'un agent pathogène passe du statut de colonisateur inoffensif à celui d'infection active. ) créant un environnement à haut risque en matière de maladie invasive.

Nous arrivons à la partie la plus importante de l'étude. Le virus ne se contente pas d'aider les bactéries néfastes, il sabote activement les microbes bénéfiques qui les enrayent.

L'analyse a permis d'identifier quelques espèces protectrices spécifiques, comme Corynebacterium, qui empêchent les agents pathogènes de s'implanter. Cette étude a démontré qu'une infection virale entraînait une disparition directe de ces bactéries bénéfiques.

C'est cet appauvrissement qui ouvre la voie à la colonisation par des agents pathogènes. De manière contre-intuitive, les mêmes infections virales étaient associées à une probabilité 55 % moins élevée de contracter Staphylococcus aureus, ce qui révèle à quel point ces interactions microbiennes sont spécifiques et complexes.

Instauration d'un système immunitaire résilient pour votre enfant

Ces travaux soulignent qu'un microbiote ORL sain n'est pas une option ; il s'agit d'un élément fondamental pour une bonne immunité dès l'enfance.

En fait, la composition du microbiote nasal d'un nourrisson s'avère être un indicateur plus précis de la future acquisition de bactéries que les facteurs de risque cliniques standard. Le développement de cet écosystème est façonné par l' (sidenote: Exposome C’est en 2005, dans un article publié dans la revue Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention, que le Dr Christopher Wild définit pour la première fois l’exposome comme « la totalité des expositions auxquelles un individu est soumis de la conception à la mort. C’est une représentation complexe et dynamique des expositions auxquelles une personne est sujette tout au long de sa vie, intégrant l’environnement chimique, microbiologique, physique, récréatif, médicamenteux, le style de vie, l’alimentation, ainsi que les infections »
Source
)
, sachant que des facteurs tels que l'allaitement jouent un rôle déterminant dans l'ensemencement et l'alimentation des espèces bénéfiques.

Il est essentiel de comprendre ces dynamiques microbiennes précoces, car elles posent les bases de la santé respiratoire à long terme et peuvent influer sur le risque futur d'affections telles que les infections récurrentes et l'asthme.

Microbiote, asthme et antibiotique : une histoire de nez !

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Un consortium de 7 souches restaure l'intestin pour vaincre les bactéries résistantes aux antibiotiques

Comment éliminer les ERV après l'administration d'antibiotiques ? Surtout pas par une attaque directe, mais plutôt en restaurant l'écosystème. Un consortium de 7 souches, issu d'une conception rationnelle, restaure la barrière intestinale grâce à un synergiste clé de voûte qui libère le potentiel de tout le groupe.

Tout clinicien connaît ce compromis. Un traitement par antibiotiques à large spectre peut sauver des vies, mais il laisse souvent le microbiome intestinal à découvert. Cet état de (sidenote: Dysbiose Déséquilibre de la communauté microbienne, caractérisé par une diminution des bactéries bénéfiques et une augmentation des espèces néfastes, pouvant entraîner des problèmes de santé. ) ouvre la voie à la colonisation par des bactéries résistantes aux antibiotiques, au premier rang desquelles les entérocoques résistants à la vancomycine (ERV). Une nouvelle étude de l'INRAE détaille une stratégie précise pour restaurer les défenses de l'intestin, non pas par la méthode forte, mais par la méthode douce.

Une mécanique de précision pour la restauration du microbiote

Plutôt que de s'appuyer sur le mélange indéterminé d'une transplantation fécale, les chercheurs ont utilisé la modélisation mathématique pour concevoir rationnellement un consortium de sept (sidenote: Bactéries commensales Types de bactéries qui cohabite pacifiquement avec leur hôte, notamment dans l’intestin. Elles peuvent lui être bénéfiques en renforçant le système immunitaire, en aidant à la digestion ou en luttant contre les pathogènes. ) spécifiques. Ce (sidenote: Produit ou agent biotherapeutique Produit biologique contenant des organismes vivants, comme des bactéries, et destiné à prévenir ou traiter des troubles ou maladies (les vaccins n'entrent pas dans cette catégorie). Rouanet A, Bolca S, Bru A, et al. Live Biotherapeutic Products, A Road Map for Safety Assessment. Front Med (Lausanne). 2020;7:237. ) , appelé Mix7, comprend des souches des familles Lachnospiraceae, Ruminococcaceae, Lactobacillaceae et Muribaculaceae. Lorsqu'il a été administré à des souris infectées par Enterococcus, Mix7 ne s'est pas contenté de lutter pour reconquérir l'espace ; il a activement accéléré la restauration du microbiote. Cette étude montre un rétablissement rapide du phylum Bacteroidota, un groupe clé souvent appauvri par les antibiotiques, ce qui a un lien direct avec la réduction des niveaux d'ERV.

Il est intéressant de noter que les chercheurs ont constaté que l'effet de Mix7 ne se résumait pas à la somme de ses parties. Lorsqu'ils ont retiré un membre spécifique, (sidenote: Muribaculum intestinale Espèce de bactéries anaérobies appartenant à la famille des Muribaculaceae, un membre communément et abondamment présent dans le microbiote intestinal d'une souris en bonne santé. Cette souche spécifique a été identifiée dans l'étude comme un synergiste clé de voûte, constitutif de l'effet protecteur du consortium Mix7. ) , du consortium, tout l'effet thérapeutique a disparu. Pourtant, administrée seule, cette bactérie était inerte contre l'ERV. Des tests in vitro ont confirmé qu'aucune des souches Mix7, seule ou combinée, n'inhibait directement la croissance des ERV. Cela indique l'existence d'un mécanisme de coopération : M. intestinale n'est pas un « tueur direct », mais un synergiste clé de voûte nécessaire pour permettre aux six autres souches de restaurer efficacement la (sidenote: Barrière écologique Effet protecteur exercé par un microbiote intestinal sain et diversifié, qui empêche la colonisation par des agents pathogènes envahissants. Cette défense est assurée par des mécanismes tels que la compétition pour les nutriments et la production de composés antimicrobiens. ) . Il ne s'agit pas d'une action directe, mais d'une technique écologique.

Rétablissement fonctionnel

Cette restauration écologique a eu de profondes conséquences fonctionnelles. L'étude a montré que Mix7 était efficace même dans un état de dysbiose plus persistant, mais pas chez tous les sujets, avec un taux de réponse de 30 % à 70 % selon les essais. Chez les souris « répondeuses », l'élimination des ERV a été associée à un rétablissement fonctionnel complet de l'intestin, marqué par des concentrations cæcales plus élevées d'acides gras à chaîne courte, comme l'acétate, le propionate et le butyrate, ainsi que par une normalisation des profils des acides biliaires et des acides aminés.

Cette variabilité suggère une puissante application clinique : la composition initiale du microbiote d'un patient pourrait servir de biomarqueur prédictif, permettant de stratifier les patients les plus susceptibles de bénéficier de cette intervention. 

Vers une application clinique

Le chemin entre le banc d'essai et le patient semble prometteur. Pour mieux comprendre, cinq des sept espèces bactériennes de Mix7 sont communes à la souris et aux êtres humains ; les deux autres possèdent des équivalents fonctionnels directs avec les êtres humains. Ces travaux fournissent un schéma clair pour le développement de produits biothérapeutiques ciblés, qui non seulement éliminent un agent pathogène spécifique, mais restaurent également les défenses endogènes de l'hôte. Ces stratégies représentent un nouveau plan crucial dans la lutte contre les bactéries résistantes aux antibiotiques, un objectif clé souligné chaque année pendant la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (WAAW).

Tout ce que vous devez savoir sur les antibiotiques et la résistance aux antimicrobiens

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Qu'est-ce que la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens ?

Depuis 2015, l'OMS organise chaque année la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (WAAW) dont l'objectif est de sensibiliser sur le phénomène mondial de la résistance aux antimicrobiens. Cette campagne, qui se tiendra du 18 au 24 novembre, encourage le grand public, les professionnels de santé et les décideurs à faire un bon usage des antimicrobiens afin d'éviter l'apparition de résistance.

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Une fresque ludique et éducative pour saisir les enjeux de l’antibiorésistance

Comprendre les risques liés à l’antibiorésistance en 15 min chrono ! Tel est le défi proposé par le Biocodex Microbiota Institute avec sa première fresque digitale interactive, conçue pour sensibiliser largement à cette menace mondiale.

C’est une pandémie silencieuse qui prend de l’ampleur chaque année et pourrait devenir, d’ici 2050, la première cause de mortalité dans le monde, devant le cancer. L’antibiorésistance est dans le viseur de l’Organisation Mondiale de la Santé qui organise, chaque année, depuis 2015, la Semaine mondiale de sensibilisation au bon usage des antimicrobiens (dont les antibiotiques) qui poursuit plusieurs objectifs : sensibiliser et mieux comprendre la résistance aux antimicrobiens, mais aussi promouvoir des actions coordonnées pour lutter contre l'émergence et la propagation des agents pathogènes pharmaco-résistants.

Pilier de l’information scientifique et acteur incontournable de l’éducation et la formation des professionnels de santé et du grand public sur l’importance des microbiotes humains, le Biocodex Microbiota Institute participe, pour la sixième année consécutive, à cette campagne en proposant à ces différents publics un atelier pédagogique, ludique et interactif : la première fresque de sensibilisation à l’antibiorésistance.

15 minutes pour mesurer l’urgence, et passer à l’action

Destiné en priorité aux professionnels de santé (médecins généralistes, pharmaciens, pédiatres, personnels hospitaliers, étudiants en santé), l’atelier se veut simple, visuel et participatif. Il prend la forme d’un jeu de 60 cartes permettant de reconstruire différents scénarios d’usage des antibiotiques et d’en mesurer les conséquences à plusieurs échelles :

  • microbiote,
  • patient,
  • système de soins,
  • société.

L’atelier complet (guide d’animation, jeu de cartes) est dès aujourd’hui téléchargeable gratuitement

Accéder au matériel nécessaire pour faire l'atelier

L’atelier invite ensuite à prendre du recul sur les risques mondiaux liés à l’antibiorésistance (hausse des décès, pression sur la recherche, retour possible à une « ère post-antibiotique »). Enfin, il propose un temps de déclusion positif, autour de solutions concrètes et multi acteurs : prévention, vaccination, recherche, bon usage des prescriptions, approche One Health. Et pour la première fois, cet outil est proposé en libre accès, consultable et téléchargeable gratuitement par tous.

Un outil clé en main et accessible à tous

Conçu en partenariat avec Querceo, l’atelier a été pensé pour être facile à déployer :

  • Durée courte (15 minutes) et format adaptable à des groupes d’une dizaine de participants.
  • Utilisable lors de congrès médicaux, staffs hospitaliers, cours en faculté de médecine ou encore événements grand public.
  • Aucune connaissance scientifique préalable n’est nécessaire.
  • Disponible en libre accès et en 7 langues.

En rendant cet outil accessible à tous, le Biocodex Microbiota Institute poursuit plusieurs objectifs :

  • Équiper les professionnels de santé pour renforcer leur rôle de médiateurs auprès des patients et du public,
  • Éveiller la conscience collective autour d’un enjeu sanitaire et environnemental majeur,
  • Mobiliser largement contre l’antibiorésistance, chacun ayant un rôle à jouer.

Une initiative d’intérêt public confirmée par les chiffres de l’Observatoire

Les données récentes de l’Observatoire international des microbiotes montrent que si la sensibilisation progresse, les lacunes demeurent importantes.

Près de 3 personnes sur 4 savent aujourd’hui que les antibiotiques ont un impact sur leur microbiote (73%, +4 points vs 2023). Pourtant, seuls 2 patients sur 5 rapportent avoir reçu une information de la part d’un professionnel de santé sur ces effets (39%), et à peine 38% disent avoir été conseillés pour en limiter les conséquences.

« Ces chiffres traduisent un décalage préoccupant : alors que la prise de conscience grandit au sein de la population,
l’accompagnement médical sur les antibiotiques reste encore insuffisant. Cet atelier interactif et pédagogique n’a pas vocation à se substituer à l’information délivrée par les professionnels de santé, mais à offrir une clé de lecture complémentaire.
Son objectif est clair : renforcer le dialogue entre soignants et patients, et sensibiliser plus largement le grand public à ce défi sanitaire majeur, qui conditionne la médecine d’aujourd’hui et déterminera la santé des générations de demain. »

Olivier Valcke, Director of the Biocodex Microbiota Institute
À propos du Biocodex Microbiota Institute

Le Biocodex Microbiota Institute est un centre international de connaissances dédié au microbiote humain.
L’Institut communique avec ses utilisateurs en sept langues, en s’adressant à la fois aux professionnels de santé et au grand public, dans le but de sensibiliser à l’importance vitale que joue cet organe dans notre santé. La mission principale du Biocodex Microbiota Institute est éducative : faire connaître à tous l’importance du microbiote.

À propos de Querceo

Querceo est un cabinet de conseil qui adopte une approche collaborative et systémique pour accompagner les organisations dans leur transition écologique. En créant et en diffusant des ateliers de sensibilisation tels que la Fresque de la Biodiversité, la Fresque One Health ou encore l’atelier sinergie, Querceo contribue à mobiliser les organisations, en permettant à chacun de comprendre et de s’approprier les grands enjeux de demain.

Tout ce que vous devez savoir sur les antibiotiques et la résistance aux antimicrobiens

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Tout ce que vous devez savoir sur les antibiotiques et la résistance aux antimicrobiens

L’antibiorésistance (AMR) menace l’efficacité des soins. Il est temps d’agir : cette page vous fournit des outils concrets pour vous équiper et sensibiliser vos patients face à cet enjeu mondial.

Photo HCPs: AMR page for the 2025 WAAW campaign

Les antibiotiques ont révolutionné la médecine moderne, sauvant d’innombrables vies. Mais leur usage répété ou inapproprié perturbe profondément le microbiote intestinal, réduisant sa diversité et sa capacité de protection. Cette double facette entre progrès thérapeutique et déséquilibre microbien rappelle la nécessité d’un usage raisonné.

70 % des personnes interrogées affirment savoir que les antibiotiques ont un impact sur le microbiote

35 % Seule 1 personne sur 3 a été informée par un professionnel de santé que la prise d'antibiotiques pouvait avoir des conséquences négatives sur l'équilibre de son microbiote

À l'occasion de la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens organisée chaque année par l'OMS, le Biocodex Microbiota Institute fait le point.

Qu’est-ce que la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens ?

Depuis 2015, l’OMS organise chaque année la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (WAAW), qui a pour but de mieux faire connaître le phénomène mondial de résistance aux antimicrobiens.

Organisée du 18 au 24 novembre, cette campagne invite le grand public, les professionnels de santé et les décideurs politiques à faire un usage raisonné des antibiotiques, des antiviraux, des antifongiques et des antiparasitaires afin de prévenir le développement accru de la résistance aux antimicrobiens.

L’exposition répétée aux antibiotiques peut déséquilibrer profondément le microbiote, entraînant une dysbiose aux conséquences cliniques variées. Ces altérations du microbiote sont aujourd’hui reconnues comme un facteur de risque dans de nombreuses pathologies. Mieux les comprendre, c’est renforcer la prévention et la personnalisation des soins.

L'utilisation à grande échelle et parfois inappropriée des antibiotiques les rend de moins en moins efficaces dans le traitement des infections, de nombreuses bactéries étant désormais résistantes aux antibiotiques. La surveillance, la recherche et la sensibilisation restent essentielles pour maîtriser cet enjeu majeur de santé.

Microbiotalk : courtes conférences sur la résistance aux antimicrobiens

Cette conférence Microbiotalk vise à mettre en lumière les défis multiples de la RAM, en explorant les liens complexes entre le microbiote intestinal, les facteurs environnementaux et la santé publique. Avec la participation d’experts internationaux et de représentants de patients, l’événement abordera des sujets tels que l’impact des antibiotiques sur le microbiote intestinal, l’apparition de résistances dès la petite enfance, les réservoirs environnementaux de bactéries résistantes et le rôle crucial de l’engagement des patients et du grand public.

Microbiotalk : conférences sur la résistance antimicrobienne

Plongez dans les conférences

Fresque sur la résistance aux antimicrobiens : apprendre, jouer et agir dès maintenant

Chaque initiative compte dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Visualiser les données, partager les connaissances et renforcer la collaboration entre professionnels de santé sont des leviers essentiels. La sensibilisation collective est au cœur de la stratégie mondiale de prévention.

Découvrez le premier collage illustrant les enjeux de la résistance aux antimicrobiens.

La toute première fresque de l'antibiorésistance

En apprendre plus sur cet outil

Après un traitement antibiotique, le microbiote met du temps à retrouver son équilibre. Des approches basées sur la compréhension des interactions entre antibiotiques et flore intestinale ouvrent la voie à de nouvelles approches de soutien. Ces connaissances ouvrent des perspectives prometteuses pour le maintien d’un microbiote sain et la prévention des dysbioses post-traitement.

Comment reconstruire mon microbiote intestinal après avoir pris des antibiotiques ?

Comment parler de la santé intestinale : les conseils du Pr Sokol. Cette série de vidéos éducatives est conçue pour aider les professionnels de santé à mieux communiquer avec leurs patients sur le microbiote intestinal.

Comment reconstituer mon microbiote intestinal après une prise d’antibiotiques ?

Améliorez vos consultations grâce aux conseils d'experts

Résistance aux antibiotiques : explorez tous les effets

Les effets de la résistance aux antibiotiques dépassent la sphère clinique : ils concernent aussi l’environnement, le microbiote et la santé planétaire. Ce phénomène global exige une approche intégrée « one health” pour agir efficacement. L’heure est à la compréhension, à la prévention et à la collaboration.

Découvrez nos articles pour explorer l’ensemble des impacts de la résistance et les solutions envisagées à l’échelle mondiale :

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Phagothérapie : une nouvelle voie pour restaurer l’efficacité de la chimiothérapie

Une équipe de recherche chinoise viennent d’identifier une bactérie du microbiote intestinal qui serait impliquée dans la résistance aux chimiothérapie chez les patients atteints de cancer colorectal. Ils ont également mis en évidence un phage capable de cibler spécifiquement cette bactérie et de restaurer la sensibilité tumorale aux traitements.

Les phages feront-ils bientôt partie de l’arsenal thérapeutique pour lutter contre les cancers colorectaux (CCR) ? C’est ce que suggère une très belle étude publiée dans la revue Cell Host & Microbes. 1

Selon les auteurs, une bactérie intestinale présente en abondance chez les personnes en échec thérapeutique serait à l’origine de la résistance à la chimiothérapie. En l’éradiquant grâce à des phages, des virus ciblant les bactéries, il serait possible de rétablir la sensibilité des cellules cancéreuses aux traitements et ainsi d’améliorer la survie des patients.

Pour le mettre en évidence, les chercheurs ont procédé en plusieurs étapes. D’abord, à partir de l’analyse des microbiotes de deux cohortes indépendantes de malades (total de 106 patients dont 34 ne répondaient pas au traitement), ils ont remarqué que l’abondance de la bactérie Bacteroides fragilis était significativement plus élevée chez les non-répondeurs, et que cette abondance était corrélée à un moins bon pronostic.

1,9 million C’est le nombre de nouveaux cas de cancer colorectal en 2020 dans le monde. ²

930 000 C’est le nombre de décès liés au cancer colorectal en 2020. ²

Une bactérie intestinale qui assombrit le pronostic

Les scientifiques se sont demandé si B. fragilis était en cause dans la chimiorésistance. Pour tester leur hypothèse, ils ont mis en culture des cellules cancéreuses humaines en présence de B. fragilis puis de deux médicaments de chimiothérapie, le 5-fluoro-uracile (5-FU) et l’oxaliplatine (OXA).

Les résultats indiquent que B. fragilis réduit bien la sensibilité des cellules cancéreuses à la chimiothérapie, notamment en supprimant l’apoptose induite par ce traitement. La même expérience in vivo sur des modèles murins de CCR confirme ces résultats avec, après traitement par 5-FU et OXA, la présence d’un plus grand nombre de tumeurs chez les souris exposées à B. fragilis que chez celles qui n’y étaient pas exposées.

L’analyse des ARN des cellules cocultivées ou non avec B. fragilis puis traitées avec du 5-FU et de l’OXA a ensuite montré que B. fragilis régule à la hausse Notch1, une voie métabolique qui semble sous-tendre la chimiorésistance des cellules de CCR.

Fragilis mais redoutable !

Les chercheurs se sont alors demandé par quelles interactions bactérie-cellule cancéreuse la voie Notch1 était activée. Une observation au microscope électronique à balayage de cellules in vitro et in vivo leur a permis de constater que B. fragilis adhérait bien aux cellules cancéreuses.

Selon les auteurs, il existe à la surface des bactéries une lipoprotéine membranaire de la famille SusD/RagB capable de se fixer spécifiquement sur les récepteurs Notch1 des cellules cancéreuses. Cette fixation activerait la voie de signalisation Notch1 et induirait la « transition épithéliale-mésenchymateuse » correspondant à la première étape de dissémination des cellules cancéreuses (métastases).

3e cancer le plus fréquent. ²

2e cause de décès liés au cancer. ²

Les + de 50 ans sont les plus touchés. ²

Les phages à la rescousse

Pour couronner l’étude, les chercheurs ont identifié un phage nommé VA7 capable d’éliminer spécifiquement B. fragilis de manière sûre et efficace. Ils ont administré le phage à des souris CCR rendues chimiorésistantes après l’exposition à B. fragilis et constaté que celui-ci avait complètement inversé la chimiorésistance induite.

Cette étude est particulièrement intéressante car elle démontre que :

  • La présence d’une abondance de B. fragilis dans le microbiote de patients atteints de cancer colorectal pourrait servir de biomarqueur non invasif pour prédire l’efficacité de la chimiothérapie ; 
  • En combinant la chimiothérapie avec des phages VA7 chez les patients présentant une abondance de B. fragilis il pourrait devenir possible d’améliorer la réponse clinique et ce, sans effet secondaire.

Affaire à suivre !

B. fragilis n’est pas la seule bactérie influençant le pronostic de cancer du côlon

Selon des chercheurs français, Escherichia coli productrices de colibactine (une substance génotoxique et protumorale) serait, elle aussi, présente en abondance dans certains cancers colorectaux, notamment ceux touchant le segment droit du côlon. 3 Cette bactérie rendrait les cellules cancéreuses moins visibles par l’immunité antitumorale et moins sensibles à l’action de la chimiothérapie. En 2019, une étude chinoise 4 mettait en évidence que la présence de Fusobacterium nucleatum diminuait également l’efficacité du 5-fluoro-uracile.

Le lien entre microbiote et métabolisme dans le cancer du côlon

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Actualités Gastroentérologie Oncologie

Les amandes, un vrai coup de pouce pour le microbiote quand on mange mal

Un moyen ultrasimple d’améliorer son hygiène de vie : manger quotidiennement des amandes. En collation, ces oléagineux pourraient avoir une influence très positive sur la flore intestinale et la santé globale quand on a une alimentation déséquilibrée, selon une nouvelle étude.

Le microbiote intestinal Quels aliments pour un microbiote équilibré ?

Vous vous souciez de votre santé, mais avez du mal à adopter une alimentation saine ? Vous avez des kilos à perdre, mais êtes sujet aux fringales ? Essayez de remplacer vos barres de céréales, biscuits et autres snacks gras, sucrés et salés par des amandes. Une étude menée par des chercheurs américains de la Florida State University 1 laisse penser que que votre microbiote intestinal aurait beaucoup à y gagner, et votre santé aussi !

Contrebalancer les effets de la malbouffe

Les personnes qui ont une alimentation occidentale souffrent souvent de ddysbiose, et le surpoids entraîne généralement des déséquilibres intestinaux. Pour savoir si des amandes pourraient permettre de redresser la barre, les scientifiques ont recruté 15 adultes en surpoids ou souffrant d’obésité qu’ils ont répartis en deux groupes :

  • Le premier a suivi un régime américain « typique » (riche en graisses, glucides, viande, produits transformés…) ; 
  • Le second a suivi le même régime, mais complété de 42,5 g d’amandes par jour (deux petites poignées soit une trentaine d’amandes). 

Au bout des 4 semaines, tous les participants ont repris une alimentation normale durant 15 jours, puis ils ont interverti les régimes pour 4 semaines encore.

Les chercheurs ont prélevé des échantillons de selles et de sang pour analyser l’évolution de la composition du microbiote intestinal et des métabolites bactériens, ainsi que divers marqueurs de santé.

Un microbiote plus favorable à la santé

Les résultats montrent que le fait de grignoter des amandes enrichit le microbiote intestinal en bactéries bénéfiques et supprime les microorganismes pathogènes. Et ces modifications sont corrélées à des améliorations nettes de certains marqueurs de santé.

Ainsi, en soutenant la prolifération de Faecalibacterium prausnitzii, une bactérie bénéfique bien connue qui produit du butyrate (un acide gras à chaine courte, (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) ), les amandes pourraient renforcer la barrière intestinale, diminuer l’inflammation et favoriser la santé cardiovasculaire.  

En diminuant au contraire l’abondance de bactéries pathogènes, comme Ruminococcus torques, ces oléagineux pourraient entraîner une réorganisation favorable à la santé de la niche écologique du microbiote.

Les amandes ralentiraient le vieillissement cellulaire.

Deux grosses poignées d’amandes (60 g par jour) protégeraient les cellules contre les dommages oxydatifs tout en renforçant les défenses antioxydantes de l’organisme. C’est ce qu’affirment des scientifiques qui ont compilé les résultats de 8 essais cliniques menés sur les effets antioxydants des amandes. 2 Une condition pour bénéficier pleinement de ces effets : les manger « natures », c’est-à-dire avec la peau, non grillées et non salées.

Un effet probable sur le poids et la satiété

La consommation d’amandes pourrait par ailleurs entraîner une diminution de certains composés biliaires toxiques associés à des maladies intestinales, notamment au cancer du côlon, et une augmentation des taux de « corps cétoniques ».

Les corps cétoniques sont des molécules issues de la digestion de graisses corporelles. Leur augmentation lors de l’expérimentation serait liée à l’effet satiétogène des amandes qui pousserait l’organisme à davantage utiliser ses réserves de graisses comme source d’énergie.

La consommation d’amandes était enfin associée à une augmentation des taux de deux hormones, GLP-1 et YY, impliquées dans le contrôle de la faim, la sensibilité à l’insuline et le contrôle de la glycémie après le repas.

Pour les chercheurs, « la consommation quotidienne d’amandes en collation contribue non seulement à maintenir l’homéostasie intestinale, mais peut également modifier l’état métabolique et améliorer la santé métabolique ». 

À garder en tête la prochaine fois que vous ferez vos courses !

Le microbiote intestinal

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Glycanes et microbiote vaginal : un levier contre les naissances prématurées ?

Une étude 1 explorant les interactions entre le microbiote vaginal et les glycanes de l’hôte, révèle comment ces liaisons influencent la colonisation bactérienne et la compétition entre espèces, et avec elles, la santé reproductive des femmes.

Les glycanes, molécules de sucres situées à la surface des cellules et dans les sécrétions humaines (y compris le liquide cervicovaginal), sont spécifiquement reconnus par les anticorps, les (sidenote: Lectines Le terme lectine (du latin choisir) a été inventé par Boyd et Shapeleigh (1954) pour désigner une classe hétérogène de (glyco)protéines, principalement d'origine végétale. Malgré leur large gamme de propriétés physico-chimiques et d'activités biologiques, les lectines partagent une caractéristique commune qui est responsable de leurs diverses activités biologiques, biochimiques et immunochimiques : elles se lient avec une affinité et une spécificité élevées aux mono- et oligosaccharides des glucides complexes (et donc aux glycanes) dans des solutions, sur les surfaces cellulaires, les organites subcellulaires et les sections tissulaires. Source : Vierbuchen, M. (1991). Lectin Receptors. In: Seifert, G. (eds) Cell Receptors. Current Topics in Pathology, vol 83. Springer, Berlin, Heidelberg. https://doi.org/10.1007/978-3-642-75515-6_10 ) et les protéines de liaison des glucides. Au niveau du vagin par exemple, les glycanes de l’hôte modulent la colonisation microbienne, servant à la fois de sites de fixation et d'adhésion et de sources de nutriments.

13,4 millions de nourrissons sont nés prématurément (avant 37 semaines révolues de gestation) en 2020. ²

900 000 À l’origine de près de 900 000 décès en 2019, les complications de la prématurité sont la cause principale de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans. ²

Pour mieux comprendre les interactions entre ces glycanes humains et les principales bactéries vaginales pathogènes impliquées dans la santé reproductive, des chercheurs ont construit des ‘puces’ à glycanes et testé l’adhésion de bactéries in vitro, dans des conditions acides (pH = 4) à neutres (pH = 7) afin de refléter la réalité des gradients de pH vaginal observés chez les femmes.

Un éventail de protéines de liaison aux glycanes

Les résultats montrent que les différentes bactéries testées sont capables de se lier, plus ou moins fortement, à plusieurs types de glycanes. D’ailleurs, selon un précédent travail de l’équipe, les pathogènes semblent dotés d’un répertoire plus large de protéines de fixation à ces glycanes, comparés aux espèces commensales.

Certaines de ces liaisons sont partagées par différentes bactéries : à l’exception de quelques glycanes, les profils de liaison des commensales Lactobacillus crispatus et L. iners et ceux des bactéries potentiellement pathogènes comme Gardnerella vaginalis et Streptococcus agalactiae se chevauchaient… ce qui pourrait refléter une compétition.

En revanche, d’autres liaisons se révèlent très spécifiques : Fusobacterium nucleatum montre une préférence pour les glycanes terminés par du galactose tandis que S. agalactiae est l’une des rares bactéries à se lier à des glycanes terminés par de l’acide hyaluronique.

3/4 Les trois quarts de ces décès pourraient être évités grâce à des interventions courantes et d’un bon rapport coût/efficacité. ²

4 à 16 % En 2020, le taux de naissances prématurées allait de 4 % à 16 % selon les pays. ²

Sous influence du pH

Les auteurs montrent également que la force des liaisons varie selon le pH : à pH acide, majorité des souches se lient plus fortement à nombreux glycanes, à l’exception des chondroïtines non-sulfatées (pas ou peu de liaisons à pH=4) ; à pH neutre, seul F. nucleatum et quelques lactobacilles parviennent à se lier fortement des chondroïtines sulfates.

Ce double jeu de spécificité des liaisons et de force variable selon le pH, dans un contexte de grossesse (le col de l’utérus sécrète davantage d’acide hyaluronique, le placenta s’enrichit de chondroïtines peu sulfatés) pourrait expliquer pourquoi S. agalactiae et F. nucleatum peuvent alors coloniser le tractus génital inférieur et supérieur, où le pH est plus élevé que dans le vagin. D’où un risque d’infections, d’accouchement prématuré et de septicémie néonatale.

A l’inverse, le protecteur L. crispatus, qui concurrence S. agalactiae dans sa fixation au chondroïtine sulfate, pourrait protéger les femmes enceintes.

Vers des thérapies reposant sur les glycanes ?

Ces résultats ouvrent la voie au développement de thérapies reposant sur les glycanes, afin de bloquer l’adhésion des pathogènes ou de favoriser la colonisation par des probiotiques. Avec en ligne de mire, une possible réduction de l’incidence de la vaginose bactérienne, des accouchements prématurés, et des complications néonatales associées.

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Actualités Gynécologie

PMA et transfert d’embryon : une réussite dépendante des Lactobacilles ?

Un microbiote vaginal dominé par des Lactobacilles, notamment L. crispatus et L. gasseri, accroit les chances de grossesse après un transfert d’embryon. Des bactéries qui pourraient expliquer des disparités ethniques en termes de réussite de PMA.

En procréation médicalement assistée (PMA), les échecs d’implantation embryonnaire restent difficiles à expliquer, sans doute parce qu’ils impliquent divers facteurs. Parmi eux, un microbiote vaginal dominé par des Lactobacillus semble favoriser la réussite des transferts embryonnaires. Néanmoins, les résultats sont parfois contradictoires et l’origine ethnique des femmes rarement prise en compte.

Aussi, une étude prospective d’observation mono-site 1 (Phoenix, USA) a analysé, lors du transfert d’embryons congelés, le microbiote vaginal de 87 Américaines dont 15 femmes d’origine hispanique. Son objectif : mieux comprendre l’impact de la flore vaginale sur les taux de grossesse après transfert d’embryon congelé, en mettant en lumière le rôle protecteur des Lactobacillus, et en tenant compte de la diversité ethnique.

17,5% L'infertilité est fréquente dans le monde entier, avec une prévalence durant la vie estimée à 17,5 %.

Plus de Lactobacillus, plus de grossesses

Sur les 55 patientes qui sont tombées enceintes, les deux tiers (67 % soit 37 femmes) présentaient, au moment de l’insémination, un microbiote dominé par Lactobacillus. Ces femmes avaient 52 % de chances en plus de tomber enceintes, comparativement à celles dont la flore n’était pas sous la coupe des Lactobacilles. Les patientes qui ne sont pas tombées enceintes présentaient davantage de pathogènes opportunistes, notamment des espèces d’Enterobacteriaceae et de Streptococcus.

En revanche, la richesse ou la diversité de la flore vaginale était sans lien avec l’issue de la PMA. Ainsi, le microbiote vaginal semble interagir avec la fertilité féminine et le résultat du transfert d’embryon congelé : les microbiomes vaginaux dominés par Lactobacillus, et notamment ceux où les espèces L. crispatus ou L. gasseri s’imposent, se révèlent positivement associés à la grossesse.

Définition de l'infertilité

Affection du système reproducteur masculin ou féminin définie par l’impossibilité d’aboutir à une grossesse après 12 mois ou plus de rapports sexuels non protégés réguliers. 2

Le saviez-vous ?

Bien que les taux de réussite de la fécondation in vitro (FIV) se soient progressivement améliorés, le taux de naissances viables par prélèvement ovocytaire reste d’environ 41 % chez les femmes de moins de 35 ans et diminue progressivement avec l’âge maternel.

L’explication des disparités ethniques ?

L’étude s’est également penchée sur les disparités ethniques. Les femmes hispaniques, qui représentaient 18,3% des femmes de la cohorte (et de l’ordre de 19 % de la population américaine) présentaient des taux de grossesse clinique plus faibles suite au transfert d’embryon, une tendance également observée à l’échelle nationale.

Or, une plus faible proportion d’entre elles présentait un microbiote vaginal dominé par des Lactobacilles (vs les femmes blanches non hispaniques), une observation déjà rapportée dans de précédentes études. Cette moindre prévalence de la dominance de Lactobacillus chez les femmes hispaniques pourrait-elle en partie expliquer le moindre succès du transfert d’embryon dans cette population ? C’est en tout cas l’hypothèse des chercheurs.

Infertilité : des bactéries et des virus vaginaux co-impliqués

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Naissance prématurée : L. iners sur le banc des accusés

La présence, en début de grossesse, de la bactérie Lactobacillus iners dans le microbiote vaginal, semble aller de pair avec un risque accru de récidive de naissance prématurée. Certaines bactéries du groupe des lactobacilles auraient elles un double visage ?

Le microbiote vaginal

Avec 1,1 millions de décès chaque année, la prématurité est la première cause de décès chez les jeunes enfants de moins de 5 ans. Or, un malheur n’arrivant jamais seul, le risque pour la femme de donner naissance à un autre prématuré est malheureusement élevé, variant de 15 à plus de 50 % : plus la dernière (sidenote: Naissance prématurée Nourrisson né vivant avant 37 semaines de grossesse. Il existe des sous-catégories de naissances prématurées, en fonction de l’âge gestationnel : - La très grande prématurité (moins de 28 semaines) ;
- La grande prématurité (entre la 28e et la 32e semaine) ;
- La prématurité moyenne, voire tardive (entre la 32e et la 37e semaine). https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/preterm-birth
)
est survenue tôt dans sa grossesse, plus le risque de récidive est fort.

4-16% En 2020, le taux de naissances prématurées allait de 4 % à 16 % selon les pays. ¹

N°1 La prématurité est la principale cause de décès chez les enfants âgés de moins de 5 ans. ²

La médecine tente de trouver des parades mais la mauvaise connaissance des causes, sans doute multifactorielles, de ces récidives limite l’efficacité des traitements proposés ( (sidenote: Progestérone Hormone sexuelle femelle sécrétée après l'ovulation et pendant la grossesse. ) , (sidenote: Cerclage Le cerclage du col de l'utérus est une procédure chirurgicale exécutée pendant la grossesse qui consiste à placer un fil autour du col de l'utérus lorsqu'il existe un risque que celui-ci s'ouvre trop facilement. ) …). Et si la solution passait en partie par la flore vaginale de la femme ?

Telle était l’hypothèse d’un groupe de chercheurs qui a suivi 152 Chinoises enceintes présentant un risque élevé de fausse-couches… et le microbiote de leur vagin, prélevé avec un coton-tige en début de  grossesse (avant 16 semaines) puis entre 16 et 24 semaines.

Le microbiote vaginal

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Un risque lié à L. Iners.

Le suivi de ces femmes montre qu’un microbiote vaginal dominé par Lactobacillus iners avant 16 semaines de gestation va de pair avec un risque accru de naissance prématurée. Comment expliquer ce lien ? Pour les auteurs, une flore vaginale dominée par L. iners serait moins stable qu’une flore dominée par le lactobacille L. crispatus : elle aurait tendance à évoluer facilement vers une flore dans laquelle les bénéfiques Lactobacilles ne règnent plus en maîtres. Autrement dit, elle est moins douée pour tenir les bactéries pathogènes à distance, comme cela a déjà été montré pour le streptocoque B.

15-50% La naissance prématurée spontanée tend à se reproduire avec un taux de récidive de 15 à 50 %, inversement corrélé au nombre de semaines de gestation pour la naissance prématurée antérieure la plus récente.

Néanmoins, ce lien entre L. iners et la prématurité n’est plus retrouvé entre 16 et 24 semaines de gestation, soulignant que tout se joue en début de grossesse… y compris, un jour peut-être, une intervention sur le microbiote vaginal pour tenter de réduire le risque de récidive de naissance prématurée. Rappelons à ce propos que ce genre d’intervention ne relève plus de la science-fiction : une jeune mère de 30 ans qui enchaînait depuis son premier enfant fausse couche sur fausse couche a pu bénéficier, d’une transplantation de microbiote vaginal… et redevenir mère !

Lactobacillus iners: l’exception qui confirme la règle des bénéfiques lactobacilles ?

De manière générale, un vagin dont la flore est largement dominée par les lactobacilles est considéré comme sain. Mais contrairement à d'autres lactobacilles, L. iners s’avère incapable de produire certaines molécules ( (sidenote: Acide D-lactique Essentiel à la protection de la zone intime en maintenant un pH faible permettant de favoriser la croissance des lactobacilles et de prévenir les infections. ) , (sidenote: Peroxyde d'hydrogène et bactériocines Ils empêchent l'adhérence des agents pathogènes au moyen de biosurfactants : grâce à leurs propriétés amphiphiles ou « détergentes », les biosurfactants agissent sur les tensions de surface et créent ainsi une barrière limitant l'adhérence des agents pathogènes. ) , (sidenote: Peroxyde d'hydrogène et bactériocines Ils empêchent l'adhérence des agents pathogènes au moyen de biosurfactants : grâce à leurs propriétés amphiphiles ou « détergentes », les biosurfactants agissent sur les tensions de surface et créent ainsi une barrière limitant l'adhérence des agents pathogènes. ) …) destinées à repousser les pathogènes.

Conséquence : ce lactobacille s’avère bien moins efficace pour empêcher la prolifération de bactéries indésirables. Autre problème : cette bactérie a tendance à interagir avec notre système immunitaire et à lui faire baisser la garde : pas très malin si un indésirable pointe le bout de son nez ! Sans parler de son habileté à remodeler le col de l’utérus ce qui faciliterait également les invasions de pathogènes. Manque de chance, L. iners est également très doué pour persister dans le vagin : il adhère très fortement à sa paroi et s’avère très résistant, y compris face aux antibiotiques. 2

Biocodex Microbiota Institute soutient SOS Préma

Née en 2004 à l’initiative de Charlotte Bouvard, elle-même maman d’un garçon né prématurément, SOS Préma, association loi de 1901 reconnue d’intérêt général et association d’usagers par le ministère de la Santé, agit pour donner à tous les enfants prématurés les meilleures chances de bien grandir. Elle soutient les parents confrontés à la prématurité et/ou à l’hospitalisation de leur nouveau-né : information, conseil et orientation, soutien psychologique, accompagnement social et juridique, visites bénévoles à l’hôpital, formation des soignants...

Enfin, SOS Préma porte la voix des familles et défend leurs droits : l’association mobilise la société, le corps médical et les pouvoirs publics pour une meilleure connaissance des problématiques de la prématurité et une meilleure prise en en charge des familles.

Plus d’informations sur https://www.sosprema.com

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