Comment les métabolites du microbiote bucco-dentaire favorisent les maladies des gencives et l’inflammation

Et si les maladies des gencives n’étaient pas seulement causées par les bactéries buccales, mais aussi par ce qu’elles sécrètent ? Une nouvelle étude 1 révèle que certains métabolites du microbiote bucco-dentaire ne se contentent pas de coexister : ils provoquent des lésions, de l’inflammation et des maladies parodontales. Autrement dit, la bouche parle, mais les métabolites crient.

Les maladies parodontales (maladies des gencives) sont un problème de santé majeur dans le monde. (sidenote: Dysbiose La « dysbiose » n’est pas un phénomène homogène : elle varie en fonction de l’état de santé de chaque individu. Elle est généralement définie comme une altération de la composition et du fonctionnement du microbiote, provoquée par un ensemble de facteurs environnementaux et liés à l’individu, qui perturbent l’écosystème microbien. Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232. ) du microbiote bucco-dentaire est un facteur important qui contribue à leur développement et à leur progression. Par le passé, nous nous sommes concentrés sur l’identification des bactéries pathogènes. Mais une étude récente 1 met en lumière un autre élément crucial : les métabolites produits par ces microbes et leur impact direct sur la santé de nos tissus gingivaux.

L’étude montre que le déséquilibre du microbiote bucco-dentaire affecte directement la quantité et l’équilibre de la composition des métabolites. Certains métabolites, en lien avec les bactéries associées à la parodontite, peuvent avoir des effets inflammatoires sur les  (sidenote: Cellules épithéliales gingivales Cellules de surface formant la muqueuse des gencives. Elles représentent la première ligne de défense contre l’invasion microbienne dans la cavité buccale. )  humaines. Cela établit une relation directe entre les altérations de l’écosystème microbien bucco-dentaire, ses produits métaboliques et la réponse inflammatoire dans les tissus de l’hôte.

Lien entre le microbiote et les métabolites

Les auteurs, de la Faculté des sciences dentaires de l’Université de Kyushu (Japon), ont analysé des échantillons d’eau de rinçage buccal de personnes atteintes de maladie parodontale (n = 24) et de témoins sains (n = 22). Ce type d’échantillon reflète fidèlement les informations présentes dans la salive. Les chercheurs n’ont pas seulement identifié les bactéries les plus répandues dans les états pathologiques, confirmant les suspects habituels tels que Porphyromonas gingivalis et Fusobacterium nucleatum, mais ils ont surtout établi un lien entre ces espèces bactériennes spécifiques et les métabolites trouvés dans les mêmes échantillons. Cette approche ciblée a permis d’identifier 20 métabolites fortement corrélés au microbiote de la parodontite. Il ne s’agissait pas seulement de composés aléatoires, mais aussi de dérivés d’acides aminés, d’ (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. )  et de polyamines.

Cette approche met en évidence l’interaction profonde entre le microbiote bucco-dentaire et l’environnement de l’hôte par le biais de ses sous-produits métaboliques. Outre les espèces bactériennes bien connues, l’étude démontre que leurs profils métaboliques, en particulier dans des conditions pathologiques, peuvent perturber considérablement l’homéostasie de la plaque, ce qui suggère que ces déséquilibres ne sont pas seulement corrélatifs, mais peut-être causaux.

Métabolites ayant des effets pathogènes

L’étape cruciale suivante consistait à vérifier si les métabolites identifiés avaient un impact direct sur les cellules gingivales humaines. Pour cela, les chercheurs ont testé 20 métabolites corrélés sur des cellules épithéliales gingivales humaines. Les résultats ont révélé que plusieurs composés présentaient un potentiel pathogène évident. En particulier, le propionate, le succinate, l’homosérine et la citrulline ont considérablement inhibé la croissance de ces cellules épithéliales gingivales. En outre, le traitement des cellules à l’ (sidenote: Homosérine Composé dérivé d’un acide aminé, peu présent dans le métabolisme humain mais produit par certaines bactéries. Il peut exercer des effets pro-inflammatoires ou cytotoxiques sur les tissus hôtes, notamment sur l’épithélium gingival. ) , au propionate et au succinate a augmenté de manière significative l’expression de l’ (sidenote: Interleukine-8 (IL-8) Protéine de signalisation (cytokine) sécrétée par les cellules pour attirer les cellules immunitaires, notamment les neutrophiles, vers le site de l’infection ou de l’inflammation. Un taux élevé d’IL-8 est souvent associé à une inflammation des tissus en cours. ) , une cytokine inflammatoire clé, indiquant que ces métabolites peuvent déclencher une inflammation locale et contribuer aux lésions tissulaires associées à la plaque dentaire.

L’étude suggère également que la parodontite chronique pourrait être exacerbée par un déséquilibre persistant du métabolisme microbien, ce qui fait des métabolites microbiens des biomarqueurs potentiels à la fois de l’apparition précoce de la maladie et de la perturbation de la plaque.

Enfin, si l’homosérine était connue pour être produite par certaines bactéries, cette étude révèle une nouvelle découverte en détectant sa production par plusieurs espèces de bactéries parodontales clés, notamment Prevotella melaninogenica, Prevotella intermedia, et Porphyromonas gingivalis. Cela suggère que ces microbes associés à la parodontite contribuent directement aux niveaux locaux d’homosérine observés dans les états pathologiques, confirmant ainsi leur potentiel d’impact sur l’hôte.

Des solutions pour les maladies des gencives ?

De nouvelles thérapies basées sur le microbiote dentaire offrent des alternatives prometteuses pour traiter les maladies des gencives en rétablissant un équilibre sain des communautés microbiennes dans la bouche. Les probiotiques, des bactéries bénéfiques présentes dans certains compléments alimentaires, ont démontré leur capacité à réduire l’inflammation et les microbes nocifs lorsqu’ils sont utilisés en complément des soins dentaires traditionnels.

D’autres approches innovantes et émergentes, telles que les greffes de microbiote bucco-dentaire 2 ou les peptides antimicrobiens ciblés, , sont à l’étude. L’objectif est de développer des traitements plus doux et plus efficaces, capables de s’attaquer à la cause racine des maladies des gencives plutôt que d’éliminer simplement toutes les bactéries.

En substance, cette étude apporte des preuves irréfutables que certains métabolites, bien au-delà des bactéries elles-mêmes, participent activement à la progression des maladies parodontales. Ces sous-produits microbiens représentent à la fois de nouvelles cibles thérapeutiques et de nouveaux indicateurs diagnostiques potentiels de la parodontite, ouvrant la voie à de nouvelles perspectives en matière de soins prédictifs, de diagnostics bucco-dentaires et de thérapies centrées sur le microbiote.

Xpeer: Le rationnel de pourquoi et comment choisir un probiotique ?

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Actualités Médecine générale

Que vous révèlent vraiment les microbes de votre bouche ?

Et si les maladies des gencives ne résultaient pas uniquement d’un mauvais brossage, mais aussi de substances chimiques toxiques produites par les bactéries présentes dans votre bouche ? De nouvelles recherches montrent comment ces minuscules composés enflamment silencieusement les gencives, détériorent les tissus et pourraient changer notre compréhension de la santé bucco-dentaire.

Le microbiote ORL Les probiotiques

Pendant des années, les dentistes et les chercheurs se sont concentrés sur les « mauvaises » bactéries présentes dans notre bouche, par exemple Porphyromonas gingivalis, comme étant les principales responsables des maladies des gencives. Mais une étude récente de l’Université de Kyushu, au Japon, suggère que les véritables coupables ne seraient pas uniquement ces bactéries, mais aussi les substances chimiques qu’elles produisent. 1

Ces substances, appelées métabolites, sont de petits sous-produits libérés par les microbes lorsqu’ils se nourrissent et se développent. En quelque sorte, ce sont leurs empreintes chimiques. Certaines de ces empreintes sont toxiques. Les chercheurs ont découvert qu’en s’accumulant, ces métabolites peuvent irriter et même endommager les cellules qui tapissent nos gencives, provoquant une inflammation et contribuant ainsi au développement de maladies parodontales.

20-50% Les maladies parodontales touchent entre 20 et 50 % de la population mondiale, représentant un enjeu majeur de santé publique dans le monde entier. ³

Qu’est-ce que la maladie parodontale?

La maladie parodontale est une inflammation des tissus autour des dents. Elle débute souvent par une gingivite (gencives rouges, enflées, saignant facilement), puis peut évoluer en parodontite, entraînant une récession gingivale, une perte osseuse, voire une mobilité dentaire. Porphyromonas gingivalis et Treponema denticola sont parmi les principales bactéries responsables. 2

Au-delà des bactéries : ce sont leurs actions qui comptent

Pour comprendre ces liens, les chercheurs ont analysé des échantillons d’eau de rinçage buccal de deux groupes : 24 personnes atteintes de maladies des gencives et 22 personnes en bonne santé. Ce type d’échantillon donne un aperçu du microbiote bucco-dentaire et de son activité, une sorte d’« empreinte salivaire ».

Ils ont utilisé des technologies avancées pour identifier non seulement les bactéries les plus fréquentes dans le groupe de malades, mais aussi les métabolites présents. 20 de ces métabolites ont ensuite été testés directement sur des cellules gingivales humaines en laboratoire.

Ces  (sidenote: Cellules épithéliales gingivales Cellules de surface formant la muqueuse des gencives. Elles représentent la première ligne de défense contre l’invasion microbienne dans la cavité buccale. )  constituent la première ligne de défense de l’hôte dans l’espace sous-gingival où s’accumule la plaque dentaire ; elles sont utilisées pour reproduire ce qui se passe dans la bouche.

Cette étape leur a permis de mettre en évidence non seulement des associations, mais aussi des effets biologiques réels, fournissant ainsi des indices solides sur les composés susceptibles d’endommager les gencives.

Les scientifiques ont découvert que plusieurs des métabolites liés à la maladie, notamment l’ (sidenote: Homosérine Composé dérivé d’un acide aminé, peu présent dans le métabolisme humain mais produit par certaines bactéries. Il peut exercer des effets pro-inflammatoires ou cytotoxiques sur les tissus hôtes, notamment sur l’épithélium gingival. ) , le propionate, le succinate et la citrulline, nuisaient à la croissance des cellules hôtes et stimulaient l’inflammation, un élément central du développement de la parodontite. Ces substances ne se contentaient pas de rester inactives, elles ralentissaient activement la croissance cellulaire et déclenchaient la libération d’ (sidenote: Interleukine-8 (IL-8) Protéine de signalisation (cytokine) sécrétée par les cellules pour attirer les cellules immunitaires, notamment les neutrophiles, vers le site de l’infection ou de l’inflammation. Un taux élevé d’IL-8 est souvent associé à une inflammation des tissus en cours. ) , une molécule clé de la réponse inflammatoire de l’organisme.

Plus surprenant encore : l’homosérine, un composé n'ayant jamais été lié aux maladies bucco-dentaires, était produite par certaines des bactéries les plus pathogènes, notamment Prevotella intermedia et P. gingivalis. Cela signifie que ces microbes ne sont pas seulement « mauvais » par association, mais qu’ils pourraient produire activement des toxines susceptibles d’aggraver les maladies des gencives. La présence de ces métabolites bactériens est également un signe de (sidenote: Dysbiose La « dysbiose » n’est pas un phénomène homogène : elle varie en fonction de l’état de santé de chaque individu. Elle est généralement définie comme une altération de la composition et du fonctionnement du microbiote, provoquée par un ensemble de facteurs environnementaux et liés à l’individu, qui perturbent l’écosystème microbien. Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232. ) du microbiote sous-gingival, où un déséquilibre de la plaque dentaire favorise l’apparition de la maladie.

Qu’est-ce que le microbiote parodontal ?

Le microbiote parodontal désigne l’ensemble des micro-organismes présents dans la zone sous-gingivale. Les gencives saines abritent un mélange équilibré de bactéries, mais en cas de parodontite, les espèces pathogènes telles que P. gingivalis, T. denticola et Fusobacterium nucleatum dominent, perturbant cet équilibre et favorisant l’inflammation.4

Qu’est-ce que cela signifie pour vous et votre dentiste ?

Cette découverte met en lumière un fait nouveau : certaines bactéries contribuent à l’inflammation buccale, non seulement par leur colonisation, mais aussi par l’activité de leurs métabolites dans l’environnement dentaire sous-gingival. Pendant longtemps, le traitement des maladies des gencives a été assez simple : trouver les mauvaises bactéries et les éliminer. C’est pourquoi les traitements comprennent souvent des nettoyages en profondeur, des bains antiseptiques ou des antibiotiques, afin d’éliminer les germes.

Mais cette étude nous apprend que le véritable problème n’est peut-être pas la nature des bactéries présentes dans votre bouche, mais leur action.

Microorganismes : de précieux microbes pour la santé humaine

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Ces microbes agissent comme de minuscules usines chimiques. Même en faible quantité, certains peuvent produire des substances qui irritent et enflamment vos gencives. Cela change la donne. Il ne suffira peut-être plus de tuer les bactéries, il faudra plutôt neutraliser les substances nocives qu’elles produisent.

Demain, votre dentiste pourrait ne plus se contenter de vérifier la présence de plaque dentaire, il pourrait analyser votre salive pour détecter ces substances chimiques nocives et adapter votre traitement en fonction de l’état de votre microbiote bucco-dentaire. C’est une avancée majeure vers une médecine dentaire personnalisée basée sur le microbiote.

Comment traite-t-on la parodontite ?

Le traitement inclut un nettoyage dentaire professionnel pour éliminer la plaque dentaire et le tartre, une meilleure hygiène bucco-dentaire, et parfois l’utilisation d’antibiotiques dans les cas graves. Restaurer un microbiote bucco-dentaire sain peut passer par des probiotiques et un changement de mode de vie. Des visites régulières chez le dentiste sont essentielles pour le suivi et l’entretien.5

Pourquoi analyser la salive et la plaque sous-gingivale ?

Bien que l’étude se soit basée sur l’eau de rinçage buccal, les chercheurs ont constaté que les échantillons prélevés directement sous la gencive reflètent encore mieux le microbiote au niveau des lésions, en particulier dans les cas de parodontite. Croiser l’analyse microbienne avec l’analyse des métabolites de la plaque sous-gingivale pourrait bientôt devenir une méthode de référence pour diagnostiquer les maladies bucco-dentaires.

Le microbiote ORL

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Actualités

Les changements du microbiote chez les femmes âgées

Comment le microbiote affecte-t-il la santé des femmes à mesure qu'elles vieillissent ? De la ménopause à la longévité, découvrez comment les microbiotes intestinal, vaginal, urinaire et cutané évoluent et influencent la digestion, l’immunité, l’humeur, la santé des os et bien plus encore. Apprenez comment l'alimentation, le mode de vie et les probiotiques favorisent l’équilibre, atténuent les symptômes de la ménopause et préviennent les troubles liés à l'âge. Explorez la science derrière le microbiote et le vieillissement en bonne santé chez les femmes âgées.

Le rôle du microbiote dans le vieillissement

À mesure que nous vieillissons, notre microbiote évolue et joue un rôle clé dans notre santé. Préserver son équilibre est essentiel pour bien vieillir, en alliant longévité et bien-être. L'alimentation, les probiotiques et le mode de vie contribuent tous à un microbiote sain pour un vieillissement en bonne santé.


 

Microbiote intestinal et alimentation

Comment le microbiote intestinal impacte-t-il la santé globale ? L'alimentation, les probiotiques ou les aliments fermentés peuvent-ils améliorer l'équilibre du microbiome ? Découvrez les dernières recherches sur le microbiote intestinal, la dysbiose et le rôle de la nutrition dans la prévention des maladies.

Mode de vie des seniors

Comment le microbiote intestinal influence-t-il le vieillissement en bonne santé et la longévité ? Les études récentes révèlent son rôle clé dans la vitalité des seniors, allant des régimes équilibrés à l'exercice, le sommeil et la fonction immunitaire. Découvrez les dernières découvertes pour promouvoir un vieillissement en bonne santé.

Axe intestin-cerveau

L'axe intestin-cerveau joue un rôle clé dans l'humeur, la cognition et la santé neurologique.

Des migraines à la maladie d'Alzheimer, les déséquilibres du microbiote affectent le bien-être mental. Découvrez les dernières recherches sur l'axe intestin-cerveau.


 

Microbiote et maladies chroniques

Comment le microbiote affecte-t-il la santé des os, des voies urinaires et du cerveau ? De l'ostéoporose à la cystite en passant par Alzheimer, les recherches révèlent son rôle dans l’immunité, le vieillissement et les maladies. Découvrez comment les microbiotes intestinal, vaginal et cutané soutiennent le bien-être et la prévention.

Troubles osseux

Le microbiote joue un rôle clé dans la santé osseuse. De l'ostéoporose à l'absorption de la vitamine D, l'équilibre intestinal affecte la solidité des os et peut jouer un rôle dans la prévention de l'ostéoporose. L'alimentation et les choix de mode de vie influencent également le microbiote, soutenant ainsi la santé osseuse.


 

Troubles urinaires

Les microbiotes urinaires et vaginaux sont essentiels pour la santé urogénitale. Leur équilibre influence les infections, l'incontinence et la cystite. Les recherches explorent leur rôle dans les troubles urinaires et comment les probiotiques, la nutrition et le mode de vie soutiennent leur stabilité.

Maladies neurologiques

Le microbiote intestinal peut-il influencer des maladies neurologiques comme Alzheimer, Parkinson, ou même l’humeur et l’anxiété ? Les recherches émergentes révèlent son rôle dans la santé du cerveau, du déclin cognitif à des conditions comme l’autisme, la dépression et les migraines. Explorez la connexion intestin-cerveau et son impact.

Autres conditions

Comment le microbiote influence-t-il le cancer, la longévité ou même la récupération ? Du microbiote intestinal à la peau, son rôle dans l’immunité, l’inflammation et la réponse aux médicaments est essentiel. Découvrez comment les déséquilibres du microbiote impactent la santé des seniors, de la diarrhée infectieuse au COVID-19.

Ménopause, changements hormonaux et santé intestinale

Ménopause et microbiote : quel est le lien ? Les changements hormonaux impactent les microbiotes intestinal, vaginal, oral, urinaire et cutané, pouvant déclencher inflammation, ostéoporose ou infections urinaires. Mais un microbiote équilibré peut-il atténuer les symptômes, améliorer la réponse au traitement et soutenir la récupération ? Explorez les dernières recherches et les points de vue des experts.

Périménopause

Les changements hormonaux pendant la périménopause affectent les microbiotes intestinal, vaginal et cutané, provoquant des problèmes digestifs, de la sécheresse et des modifications de la peau. Un microbiote équilibré peut atténuer les symptômes et soutenir une transition plus douce vers la ménopause. Que peut-on mettre en place ?

Ménopause

La ménopause peut-elle affecter les microbiotes intestinal, vaginal et oral ? Un microbiote déséquilibré peut-il déclencher une inflammation ou de l’ostéoporose ? S'appuyant sur des publications scientifiques et des points de vue d'experts, notamment celui d'Ina Schuppe, explorez les dernières recherches sur le rôle du microbiote pendant la ménopause, en particulier en ce qui concerne sa découverte et son impact sur cette étape de la vie.

Post-ménopause

Naviguer en post-ménopause : comment apaiser les symptômes tout en préservant votre microbiote ? De la sécheresse vaginale aux infections urinaires et à la santé des os, découvrez le rôle essentiel des microbiotes intestinal, vaginal et urinaire. Explorez les recherches scientifiques sur l'alimentation, les probiotiques et d'autres approches pour vivre pleinement et sereinement après la ménopause.

Avancées de la recherche

Comment la ménopause impacte-t-elle le microbiote ? Quel rôle les microbiotes intestinal, vaginal et cutané jouent-ils dans l'équilibre hormonal, le métabolisme et la santé globale ? Découvrez les dernières recherches sur la connexion entre la ménopause et le microbiote, ainsi que son influence sur le bien-être.

Journée internationale des femmes et des filles de science : quels sont leurs thèmes de recherche sur le microbiote ?

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Ce que les femmes savent (et ne savent pas)

sur leur microbiote vaginal

Quel est le lien entre le microbiote et la santé des femmes ? L'Observatoire International du Microbiote, basé sur une enquête menée auprès de 7 500 personnes dans 11 pays, explore les connaissances, perceptions et comportements des femmes concernant leurs microbiotes intestinal, vaginal et urinaire. L'édition 2024 révèle un manque de sensibilisation à l'échelle mondiale, un intérêt croissant pour le rôle du microbiote dans la santé hormonale, digestive et intime, et une forte demande pour une meilleure prévention, éducation et soutien. Plongez dans le rapport complet pour découvrir les points clés, les faits saillants des données et ce que les femmes du monde entier savent réellement de leur microbiote.

Découvrez l'enquête 2024 de l'Observatoire International du Microbiote

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L'Observatoire International des Microbiotes 2025 - Communiqué de presse

L'élan du microbiote : Faire le lien entre la prise de conscience et l'action

CP_The International Microbiota Observatory 2025

Le microbiote est constitué de billions de micro-organismes tels que les bactéries, les virus, les champignons, les archées, etc. Il vit dans notre tube digestif, notre peau, notre bouche, notre nez et nos poumons. Ces organismes jouent un rôle crucial dans notre bien-être en facilitant la digestion, en stimulant notre système immunitaire et en nous protégeant contre les maladies infectieuses. Mais au-delà de ces fonctions, le microbiote influence également notre humeur, notre métabolisme et même notre longévité. Un déséquilibre du microbiote, souvent causé par des facteurs tels que l'alimentation, le mode de vie ou les médicaments, peut entraîner des problèmes de santé majeurs, allant des troubles digestifs aux problèmes cardiovasculaires et à la dépression. Le maintien d'un microbiote sain dans l'ensemble de l'organisme est donc essentiel pour notre santé et notre bien-être général.

Pour la troisième année consécutive, le Biocodex Microbiota Institute a chargé Ipsos de réaliser une enquête internationale majeure sur le microbiote : l’Observatoire international du microbiote. Quelles sont les tendances en matière de sensibilisation au microbiote ? Les individus ont-ils adopté davantage de comportements pour protéger et préserver leur microbiote cette année ? Quel rôle les professionnels de santé jouent-ils dans la sensibilisation de leurs patients ? Que pensent les gens des tests de microbiote ?

Cette vaste enquête a été réalisée par Ipsos auprès de 7 500 personnes dans 11 pays (États-Unis, Brésil, Mexique, France, Allemagne, Italie, Portugal, Pologne, Finlande, Chine et Vietnam). Dans chaque pays, un échantillon représentatif de la population âgée de 18 ans et plus a été interrogé. La représentativité a été assurée par la méthode des quotas appliquée au sexe, à l'âge, à la région et à la profession des répondants. L'enquête a été réalisée en ligne, du 21 janvier au 28 février 2025.

Les résultats ont été présentés le 27 juin 2025, à l’occasion de la Journée Mondiale du Microbiome.

Résultats 2025 : L'Observatoire International des Microbiotes

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« La sensibilisation au microbiote n'est qu'un début. Agir pour préserver son équilibre est l'étape suivante. Cette année, l'Institut des Microbiotes Biocodex a franchi une étape supplémentaire en transformant les données en actions. En partenariat avec Le French Gut, nous traduisons les connaissances en engagement public - en donnant aux citoyens, aux chercheurs et aux professionnels de santé les moyens de travailler main dans la main pour une meilleure santé. »

Olivier Valcke, Directeur - Biocodex Microbiota Institute

À propos du Biocodex Microbiota Institute

Le Biocodex Microbiota Institute est un centre de connaissances international spécialisé dans le microbiote. Cet institut sensibilise le grand public et les professionnels de santé à l’importance du microbiote pour notre santé et notre bien-être.

Contact presse du Biocodex Microbiota Institute

Olivier Valcke

Directeur du Biocodex Microbiota Institute
Communication mondiale sur le microbiote
 +33 6 43 61 32 58
o.valcke@biocodex.com

Contact presse Ipsos

Etienne Mercier

Directeur du pôle Opinion et Santé - Ipsos Public Affairs
+33 6 23 05 05 17
Etienne.Mercier@ipsos.com

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L'Observatoire International des Microbiotes 2025 - Communiqué de presse

L'élan du microbiote : Faire le lien entre la prise de conscience et l'action

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Le microbiote est constitué de billions de micro-organismes tels que les bactéries, les virus, les champignons, les archées, etc. Il vit dans notre tube digestif, notre peau, notre bouche, notre nez et nos poumons. Ces organismes jouent un rôle crucial dans notre bien-être en facilitant la digestion, en stimulant notre système immunitaire et en nous protégeant contre les maladies infectieuses. Mais au-delà de ces fonctions, le microbiote influence également notre humeur, notre métabolisme et même notre longévité. Un déséquilibre du microbiote, souvent causé par des facteurs tels que l'alimentation, le mode de vie ou les médicaments, peut entraîner des problèmes de santé majeurs, allant des troubles digestifs aux problèmes cardiovasculaires et à la dépression. Le maintien d'un microbiote sain dans l'ensemble de l'organisme est donc essentiel pour notre santé et notre bien-être général.

Pour la troisième année consécutive, le Biocodex Microbiota Institute a chargé Ipsos de réaliser une enquête internationale majeure sur le microbiote : l’Observatoire international du microbiote. Quelles sont les tendances en matière de sensibilisation au microbiote ? Les individus ont-ils adopté davantage de comportements pour protéger et préserver leur microbiote cette année ? Quel rôle les professionnels de santé jouent-ils dans la sensibilisation de leurs patients ? Que pensent les gens des tests de microbiote ?

Cette vaste enquête a été réalisée par Ipsos auprès de 7 500 personnes dans 11 pays (États-Unis, Brésil, Mexique, France, Allemagne, Italie, Portugal, Pologne, Finlande, Chine et Vietnam). Dans chaque pays, un échantillon représentatif de la population âgée de 18 ans et plus a été interrogé. La représentativité a été assurée par la méthode des quotas appliquée au sexe, à l'âge, à la région et à la profession des répondants. L'enquête a été réalisée en ligne, du 21 janvier au 28 février 2025.

Les résultats ont été présentés le 27 juin 2025, à l’occasion de la Journée Mondiale du Microbiome.

Résultats 2025 : L'Observatoire International des Microbiotes

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« La sensibilisation au microbiote n'est qu'un début. Agir pour préserver son équilibre est l'étape suivante. Cette année, l'Institut des Microbiotes Biocodex a franchi une étape supplémentaire en transformant les données en actions. En partenariat avec Le French Gut, nous traduisons les connaissances en engagement public - en donnant aux citoyens, aux chercheurs et aux professionnels de santé les moyens de travailler main dans la main pour une meilleure santé. »

Olivier Valcke, Directeur - Biocodex Microbiota Institute

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Outils de diagnostic

Identifiez rapidement le syndrome de l’intestin irritable (SII) ou la dyspepsie fonctionnelle (DF) grâce à nos check-lists cliniques, élaborées et validées par des professionnels de santé reconnus. Ces outils pratiques et conçus par des experts aident les professionnels de santé à poser un diagnostic précis et efficace en suivant des critères diagnostiques clés.

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Article Gastroentérologie Médecine générale

Vers un exposome plus favorable

La route pour comprendre et mesurer le poids de l’ensemble des expositions environnementales sur la santé humaine est encore longue. 

Le microbiote intestinal L’alimentation, un facteur-clé Troubles anxieux

Cependant, les premières études suggèrent que le microbiote, en tant qu’interface entre notre organisme et le monde extérieur, pourrait jouer un rôle clé. Elles montrent que :

  • La modernisation de nos modes de vie impacte autant les écosystèmes que notre santé et celle de nos microbiotes ; 
  • Un environnement pauvre riche en microbes diversifiés joue un rôle néfaste protecteur ; 
  • Il existe, au tout début de la vie, une fenêtre d’opportunité où la nature des expositions peut prédisposer l’organisme aux maladies chroniques ou au contraire le protéger ;
  • Il existe des moyens simples (alimentation peu transformée et végétalisée, activité physique, sommeil de qualité, contact avec la nature, limitation des produits chimiques et des médicaments…) de tendre vers un exposome plus favorable à notre santé.

En pratique

Même si nous n’avons pas la main sur l’ensemble des facteurs auxquels notre organisme est exposé, quelques gestes et habitudes simples peuvent contribuer à atténuer les expositions néfastes et à donner plus de place à celles qui nous protègent.

Alimentation

  • Favoriser les aliments « bruts », bio et de saison (fruits légumes, légumineuses, céréales complètes…) qui sont riches en fibres, vitamines et minéraux, et diminuer la part des aliments ultra-transformés (plats préparés, viandes transformées, biscuits apéritifs, gâteaux industriels, confiseries, etc  .) ;
  • Privilégier la volaille et limiter les autres viandes (porc, bœuf, veau, mouton, agneau, abats) à 500 g par semaine ; alterner avec des aliments qui apportent plutôt des protéines végétales, par exemple des légumes secs ou des produits céréaliers complets ou semi-complets ;

 

  • Éviter les eaux en bouteille qui sont susceptible de contenir des microplastiques ; préférer l’eau filtré avec un système de cartouche de charbon actif ou d’osmose inverse qui semblent aujourd’hui les plus efficaces pour éliminer les « polluants éternels » (PFAS)  ;
  • Limiter les emballages plastiques et les films étirables, et favoriser le vrac et les bee wrap (tissu enduit de cire d’abeille) pour recouvrir les restes et emballer les casse-croûtes ; 
  • Utiliser des boîtes de conservation en verre ou en pyrex (inertes) plutôt qu’en plastique, surtout pour chauffer les aliments au micro-onde ; 

Microplastiques : gare aux barquettes des plats à emporter et leur impact sur les microbiotes

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Hygiène

Utiliser des produits les plus simples et les moins parfumés possible : huiles végétales, hydrolats, savons naturels, crèmes à base de produits naturels comportant un nombre limité d’ingrédients… Il existe des applis (Yuka, INCI Beauty, QuelProduit…) permettant de scanner les produits et repérer ceux qui présentent moins de substances problématiques. 

Santé

  • Éviter l’automédication, surtout en ce qui concerne les antibiotiques ;
  • Rapporter les médicaments non-utilisés chez le pharmacien (éviter de les jeter dans les poubelles ou l’évier) ;

Antibiotiques : quels impacts sur le microbiote et notre santé ?

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Maison

  • Pour le ménage, favoriser les produits traditionnels (savon de Marseille, vinaigre, cristaux de soude, terre de Sommières…) en évitant les détergents trop agressifs et parfumés et les assouplissants ; 
  • Eviter de faire la chasse aux microbes en bannissant la javel   et tous les produits anti-microbiens de son domicile ;
  • Éviter les bougies parfumées, les désodorisants, les vaporisateurs… ;
  • Éviter les meubles en aggloméré, les vernis, les peintures… sources de composés organiques volatiles (COV), surtout dans la chambre du bébé et des enfants ; 
  • Aérer les pièces 10 minutes par jour.

Ma famille, mes colocs, mes voisins… et mon microbiote !

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Loisirs, activité physique, gestion du stress

 

  • Limiter les écrans pour aller vers des loisirs artistiques, créatifs et partagés (jeux, musique, peinture...)
  • Limiter la sédentarité en intégrant l’activité physique dans son quotidien : préférer la marche à pied, le vélo, le roller aux transports motorisés, prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur... ;
  • Opter pour des vacances respectueuses de l’environnement, que ce soit dans les pratiques ou les transports ;
  • Chouchouter sa santé mentale en pratiquant des techniques de gestion du stress (méditation, respiration, cohérence cardiaque) et en apprenant à ralentir, à s’écouter, à contempler, à communiquer…

Microbiote & sport : des micro-organismes de compétition

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Activité professionnelle

  • S'informer sur ses expositions professionnelles aux substances chimiques (émissions de moteurs diesel, silice cristalline, amiante...), aux agents biologiques (bactéries, virus ou moisissures susceptibles de provoquer infection, allergie ou intoxication), agents physiques (bruit, chaleur, froid, rayonnements…) au stress (horaires, rythme de travail, manque de moyens, tensions interpersonnelles…) ;
  • Respecter des conseils de préventions professionnels

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Indice HACK : identifier les espèces clés de voûte de l'intestin pour améliorer les résultats des patients

Définir ce qu'est un microbiote intestinal sain est difficile en raison de la variabilité individuelle. L'indice HACK classe 201 bactéries intestinales en fonction de leur prévalence, de leur stabilité et de leur lien avec la maladie, offrant ainsi aux cliniciens un outil fiable et reproductible pour évaluer et optimiser la santé intestinale. Cet article s'inscrit dans le cadre d'un effort plus large visant à définir le microbiote intestinal humain et à soutenir les professionnels de la santé à l'aide d'outils pratiques fondés sur des données.

Si vous lisez cet article, vous savez probablement que le microbiote est un élément fondamental de la santé dans de nombreux systèmes, du métabolisme à l'immunité, en passant par les fonctions cognitives. Mais définir à quoi ressemble vraiment un intestin « sain » qui soit non seulement tangible, mais également résilient et associé au bien-être, s'est avéré être un défi de taille étant donné son incroyable variabilité d'une personne à l'autre et d'un endroit à l'autre.

Une nouvelle étude publiée dans Cell Reports 1 apporte un éclairage nouveau grâce à l'indice HACK (Health-Associated Core Keystone). Il ne s'agit pas d'une simple liste de microbes, mais plutôt d'un classement unique et fiable de 201 espèces de bactéries intestinales clés, basé sur leur lien cohérent avec des aspects cruciaux de la santé de l'hôte et du microbiote.

Décodage de l'indice HACK : comment obtient-on une clé de voûte ?

Les chercheurs ont établi ce nouveau classement à partir d'un ensemble considérable de données de plus de 45 000 microbiotes intestinaux provenant de 141 cohortes d'études, réparties sur 42 pays et couvrant 28 catégories de maladies différentes. Ils ont classé 201 taxons intestinaux communs, les microbes, en les évaluant sur la base de trois propriétés essentielles :

  1. Association core : degré de prévalence et de lien cohérent d'un taxon dans la composition de la communauté chez les individus non malades. Cette évaluation a été réalisée à l'aide d'une nouvelle approche « Remove-Renormalize-Relate (3R) » sur plus de 18 000 échantillons provenant de patients non malades.
     
  2. Stabilité longitudinale : mesure dans laquelle l'abondance d'un taxon est associée à une moindre modification du microbiote, au fil du temps, chez les individus. Cette étude a utilisé des données issues de plus de 9 000 échantillons longitudinaux.
     
  3. Lien avec la santé : degré de cohérence de l'association négative d'un taxon à une maladie dans plusieurs catégories. Pour ce faire, une analyse de plus de 18 000 échantillons provenant de cohortes témoins, couvrant 28 pathologies, a été réalisée.

Ces trois scores ont été combinés afin d'obtenir l'indice HACK final pour chaque taxon. L'analyse a confirmé la fiabilité de cet indice, quels que soient les techniques de séquençage et les modes de vie. Le classement HACK est resté fiable indépendamment de la technologie de séquençage (WGS ou 16S), que les populations soient industrialisées ou non, et a été validé dans 14 cohortes indépendantes. Cette fiabilité suggère un aspect fondamentalement lié à la santé, au-delà des différences géographiques et techniques.

Inégalités entre les membres core

L'étude a révélé plusieurs informations surprenantes, qui remettent en question les hypothèses courantes en matière de recherche sur le microbiote.

Le plus frappant est peut-être la découverte que certains taxons systématiquement identifiés comme core-associés, c'est-à-dire prévalents et étroitement liés à la communauté dans les intestins non malades, étaient également antérieurement associés à de multiples maladies. Une analyse basée sur des tableaux a dévoilé que Collinsella aerofaciens en faisait partie. Cela démontre que la simple présence commune ne garantit pas un bénéfice pour la santé, mais renforce l'importance de combiner l'association communautaire avec l'abondance, la stabilité et le lien avec la maladie, comme le fait (sidenote: Indice HACK Classement composite de 201 espèces de bactéries intestinales, basé sur la prévalence/l'association communautaire, la stabilité et le lien avec certaines maladies. ) .

Pleins feux sur les ressources cliniques : Observatoire International des Microbiotes

L'indice HACK n'est pas le seul outil centré sur les données permettant d'enrichir nos connaissances sur le microbiote intestinal.

L'Observatoire International des Microbiotes fournit des données mondiales provenant de plus de 30 pays, qui suivent l'évolution du microbiote intestinal humain à l'échelle des populations et des pathologies.

Les cliniciens peuvent exploiter cette ressource parallèlement à l'indice HACK, afin de contextualiser l'analyse du microbiote des patients dans les différentes régions.

De l'alimentation aux traitements

Quelles sont les répercussions du point de vue clinique ? L'indice HACK constitue un nouvel outil puissant.

L'étude a démontré qu'un simple score issu de l'abondance moyenne des rangs des 17 taxons HACK les mieux notés (score HACK-top-17) obtenait des résultats comparables, voire meilleurs, à ceux des indicateurs sanitaires existants du microbiote/microbiome quand il s'agissait de différencier les états malades et non malades, ainsi que les microbiotes stables et instables.

En outre, l'analyse a révélé qu'une corrélation positive significative avait été observée entre l'indice HACK d'un taxon et son lien avec une réponse positive au traitement à base d'inhibiteurs de points de contrôle immunitaires (ICI). Cela suggère que l'indice HACK pourrait potentiellement aider à identifier les microbes intestinaux les plus susceptibles de favoriser le succès thérapeutique, en oncologie et au-delà.

De plus, l'indice établit également un lien entre les schémas microbiens et l'alimentation. Les scores HACK plus élevés correspondent à des microbes plus sensibles aux régimes alimentaires de type méditerranéen, ce qui indique un potentiel thérapeutique basé sur l'alimentation.

L'alimentation est non seulement un facteur modifiable, mais aussi un outil diagnostique permettant de comprendre la réponse du microbiote à des habitudes alimentaires spécifiques.

Régime méditerranéen « vert » : quels liens entre santé cardiométabolique et microbiote intestinal ?

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Cet article apporte un nouvel éclairage sur l'interaction complexe entre le microbiote humain et la santé. L'indice HACK marque une étape importante vers une définition fonctionnelle et cliniquement applicable d'un intestin sain. Bien que des travaux supplémentaires soient nécessaires, notamment en ce qui concerne l'analyse au niveau des souches, ce cadre d'analyse fiable et reproductible ouvre déjà de nouvelles perspectives pour les outils de diagnostic et les cibles thérapeutiques, en particulier lorsqu'il est intégré aux habitudes alimentaires humaines et à la réponse aux interventions médicales.

L'analyse de ces outils et indices à partir de données à grande échelle sur le microbiote et de tableaux d'applications cliniques est désormais essentielle pour faire progresser la médecine personnalisée. À mesure que la recherche sur l'intestin avance, des outils tels que l'indice HACK pourraient guider les interventions fondées non seulement sur la présence microbienne, mais aussi sur la stabilité fonctionnelle, qu'il s'agisse de stratégies basées sur l'alimentation ou de traitements basés sur l'immunité.

Boîte à outils pour les professionnels : autres ressources cliniques

Vous avez besoin d'aide pour mettre ces concepts en pratique ? Le Biocodex Microbiota Institute propose une boîte à outils dédiée aux professionnels, contenant des synthèses accessibles, vidéos, des infographies et des outils de diagnostic. Tous les contenus pédagogiques s'appuient sur la science. Jetez-y un coup d'œil !

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Actualités Médecine générale Gastroentérologie

Faire avancer les enquêtes sur les agressions sexuelles grâce aux bactéries ?

L’utilisation du microbiote en médecine légale pourrait déboucher sur une méthode révolutionnaire permettant de retrouver les suspects d'agression sexuelle grâce aux signatures bactériennes uniques laissées lors des rapports sexuels. Ces « empreintes » microbiennes peuvent persister pendant plusieurs jours, leur détection restant possible même lorsque les preuves ADN sont rares. Cette nouvelle méthode d'identification pourrait donc aider un grand nombre de victimes, notamment dans les cas où les preuves ADN sont absentes ou dégradées.

Le microbiote vaginal Le microbiote urinaire

Depuis des années, dans les affaires d'agression sexuelle, les enquêtes criminelles reposent dans une large mesure sur l'analyse de l'ADN humain masculin, souvent issu du sperme retrouvé sur la victime. Mais hélas, cela n'est pas toujours aussi simple. En effet, il peut être difficile d'obtenir une quantité suffisante de spermatozoïdes viables, surtout si le prélèvement a lieu plus de 48 heures après l'agression. C'est là que le microbiote – la vaste communauté de microbes qui vivent à l’intérieur de notre corps et sur notre peau – entre en scène dans le contexte médico-légal, offrant une nouvelle piste pour la détection et l'identification des délinquants sexuels.

Cette nouvelle étude 1 s'appuie sur des travaux précédents ayant montré que les communautés microbiennes diffèrent d'un endroit à l'autre du corps et d'un individu à l'autre. Si ces signatures microbiennes uniques sont transférées lors de rapports sexuels, laissent-elles une trace que les méthodes traditionnelles d'analyse de l'ADN risqueraient de manquer ? C'est précisément la question centrale à laquelle tente de répondre cette étude, qui s’intéresse spécifiquement au " (sidenote: Sexome Ensemble des signatures microbiennes échangées spécifiquement lors des rapports sexuels. ) " c'est-à-dire à l'échange de microbes qui a lieu au cours du rapport sexuel.

La science offre désormais de nouvelles possibilités de traitement des cas de violence sexuelle non résolus ou difficiles. Les victimes de crimes sexuels pourraient bénéficier de ces avancées scientifiques.

Le sexe et une signature bactérienne unique

Le chercheur a donc recruté 12 couples homme/femme consentants pour participer à cette étude scientifique. Les participants ont prélevé des échantillons de leurs zones génitales avant et après un rapport sexuel avec pénétration. Les échantillons « avant » ont été prélevés à la fin d’une période d'abstinence d’au moins 2 à 4 jours, tandis que les échantillons « après » ont été prélevés entre 3 et 12 heures après le rapport sexuel, reproduisant ainsi le scénario de prélèvement habituel dans le contexte médico-légal. Ils ont ensuite analysé chaque échantillon par la méthode du séquençage complet du (sidenote: Séquençage de l’ARNr 16S Méthode de lecture d'un gène bactérien de type « code-barres » permettant d'identifier et de différencier les espèces. ) . Le gène 16S est une sorte de code-barres bactérien à haute définition (au niveau de l'espèce), ce qui est absolument essentiel dans le domaine de la criminalistique.

Comme il fallait s’y attendre, les échantillons de peau du pénis masculin étaient généralement plus diversifiés que les échantillons vaginaux féminins. En fonction de leurs profils de base, les couples ont montré différents niveaux de similitude microbienne après les rapports sexuels.

Le fait d'être en couple a donc un impact significatif sur la composition globale de la flore bactérienne retrouvée... Les chercheurs ont également observé un bouleversement des communautés microbiennes dans les échantillons prélevés tant sur les hommes que sur les femmes après le rapport sexuel.

Certains types de bactéries ont été transférés entre partenaires. Les bactéries typiques de la peau masculine (comme Corynebacterium, Staphylococcus, Finegoldia) étaient en augmentation dans les échantillons féminins, tandis que les principales bactéries vaginales (espèces de Lactobacillus) étaient plus abondantes qu’à l’accoutumée dans les échantillons masculins.

Microbiote urétral : des infections urinaires masculines mieux comprises

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Des résultats surprenants ayant un impact médico-légal

Ce qui est surprenant, c'est que malgré l’utilisation de préservatifs, les bactéries sont tout de même transférées, principalement de la femme à l’homme, laissant des indices microbiens derrière elles. Des bactéries exclusivement féminines ont persisté sur un partenaire masculin pendant cinq jours malgré la toilette, permettant à la détection médico-légale de ne plus se limiter à l'ADN du sperme. En outre, de nouveaux germes provenant de l'intestin ou de la peau peuvent apparaître dans les organes génitaux après un rapport sexuel, offrant potentiellement de nouvelles preuves de contact. Tout cela pourrait bien donner une nouvelle dimension aux affaires d'agression sexuelle.

Une avancée en criminalistique : un nouvel outil entre les mains de la justice

La leçon à tirer est claire : des signatures bactériennes spécifiques sont transférées lors des rapports sexuels. L'utilisation de techniques de séquençage à haute définition offre aux médecins légistes la possibilité d'identifier des types de bactéries uniques.

L'étude démontre de manière convaincante que l'analyse du microbiote constitue un outil supplémentaire précieux pour les enquêtes sur les agressions sexuelles, notamment lorsque l'ADN masculin est limité ou absent. Elle démontre également que l'échange microscopique de bactéries lors d'un contact sexuel laisse une signature détectable à haute définition – le " (sidenote: Sexome Ensemble des signatures microbiennes échangées spécifiquement lors des rapports sexuels. ) " – qui ouvre des possibilités très prometteuses aux enquêteurs criminels dans la quête de justice. 

Le microbiote vaginal

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Actualités Microbiote vaginal

Les effets surprenants de la ménopause sur les microbiotes

Bouffées de chaleur, changements d'humeur, sécheresse vaginale… Les signes de la ménopause sont désormais bien connus. Ils ne seraient pourtant que la pointe émergée de l’iceberg, selon une étude 1 sur les liens entre la baisse des hormones sexuelles et les microbiotes buccal, vaginal et intestinal.

Le microbiote vaginal Le microbiote intestinal Le microbiote ORL

Comment les changements hormonaux de la ménopause modifient la composition du microbiote oral, intestinal et urogénital ? C’est pour répondre à cette question qu’une équipe de chercheurs espagnols a décortiqué plus de 100 études menées sur le sujet. 

26 % de l'ensemble des femmes et des filles du monde ont plus de 50 ans (soit une hausse de 10 % par rapport à 2011)²

+21 ans C’est le temps moyen que peut espérer de vivre une femme de 60 ans²

Publiée dans la revue npj Women Health, 1 leur analyse montre que la baisse des hormones sexuelles (œstrogènes et progrestérone) altère significativement les muqueuses et a de multiples impacts sur les différentes communautés bactériennes de l’organisme. Et ce n’est pas sans conséquences sur la santé !

45 à 55 ans C’est l’âge auquel la transition de la ménopause démarre chez la majorité des femmes³

20 à 25 % des femmes ménopausées souffrent de troubles sévères affectant la qualité de vie⁴

Microbiote buccal

La cavité buccale est une zone du corps où les modifications liées à la diminution des œstrogènes sont particulièrement visibles. Outre des modifications de la muqueuse qui vont perturber les communautés microbiennes, on assiste à une diminution de la quantité et de la qualité de la salive qui devient plus acide.

Ces deux changements peuvent favoriser l’inflammation et la colonisation de la flore buccale par des bactéries pathogènes. Moins équilibré, ce microbiote perturbé induit des risques de lésions et de maladies telles que la candidose (prolifération de Candida albicans), la gingivostomatite (inflammation des gencives) ou la perlèche (inflammation des commissures des lèvres).

Le microbiote ORL

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Microbiote vaginal

La baisse des œstrogènes a pour effet de diminuer la teneur des cellules de la paroi vaginale en glycogène, la nourriture préférée des Lactobacilles. Ces bactéries ont habituellement une position dominante dans le microbiote vaginal ; elles sécrètent l’acide lactique qui acidifie le vagin et empêche la prolifération des pathogènes. 

Quand leur abondance diminue, le vagin est moins acide et la diversité bactérienne augmente ; on parle de « paradoxe de la ménopause ». Ce déséquilibre de la flore vaginale ouvre la porte à des troubles tels que des inflammations et ou des infections à répétitions, telles que la vaginose bactérienne, et peut contribuer au cancer de l’endomètre. Il arrive qu’il mène également à une sécheresse persistante. 

Le microbiote vaginal

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Microbiote intestinal

Les études ne permettent pas à ce jour de savoir si la baisse des œstrogènes affecte l’équilibre du microbiote intestinal. On sait cependant que les femmes ménopausées ont une plus faible abondance de Ruminococcus, une famille de bactéries dont certaines sont des productrices d’acides gras à chaîne courte ( (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) ) bénéfiques. Elles ont également plus de Prevotella et de Sutterella, deux bactéries associées à l’obésité.

Ce déséquilibre de la flore intestinale peut contribuer à certains troubles métaboliques, digestifs ou immunitaires. Une flore intestinale équilibrée semble jouer un rôle essentiel dans la santé globale, y compris la régulation hormonale.

Le microbiote intestinal

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Prendre soin de son microbiote

Si d’autres études seront nécessaires avant de pouvoir proposer aux femmes ménopausées des prises en charges spécifiques ciblant les microorganismes de l’intestin, du vagin et de la bouche (probiotiques adaptés à chaque flore, modifications alimentaires…), rien n’empêche de prendre soin de son microbiote pour limiter les dégâts. 

Un régime alimentaire varié, riche en fibres et en aliments fermentés, une activité physique quotidienne si possible dans un environnement naturel, l’abandon de la cigarette et de l’alcool et un recours le plus modéré possible aux  antibiotiques ont des effets bénéfiques prouvés sur le microbiote.

Un mode de vie sain et équilibré est donc un levier concret pour soutenir l'équilibre de la flore microbienne pendant la ménopause.

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