Microbiotalks : quand la science rencontre la conversation autour des microbiotes

La série Microbiotalks réunit des experts internationaux, des chercheurs et le grand public autour d’une même mission : comprendre comment les microbiotes façonnent la santé et le bien-être.
À travers des discussions inspirantes et des connaissances fondées sur des preuves scientifiques, chaque session ouvre de nouvelles perspectives sur les grands enjeux de santé d’aujourd’hui.

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Quand les édulcorants sucrent l’efficacité des immunothérapies

Le sucralose, un édulcorant largement consommé, modifie le microbiote intestinal, impactant par ricochet le système immunitaire via le métabolisme des cellules T, et avec eux, la réponse aux immunothérapies.

Le microbiote intestinal est un régulateur majeur de la réponse aux immunothérapies par (sidenote: Immunothérapie reposant sur des anticorps monoclaux dirigés contre les points de contrôle du système immunitaire ) dans plusieurs cancers, dont le mélanome et le cancer du poumon non à petites cellules (NSCLC). Pour autant, l'impact de facteurs alimentaires comme les édulcorants reste mal connu.

Quid par exemple du sucralose, largement consommé et connu pour modifier le microbiote ? Pour répondre à cette question, des chercheurs ont évalué l'association entre la consommation de cet édulcorant et l'efficacité des traitements anti-PD-1.

Une perte de chances observée chez les adeptes des sucrettes

L'analyse a porté sur 3 cohortes de patients : 91 avec un mélanome avancé, 41 avec un NSCLC avancé, et 25 avec un mélanome résécable à haut risque, tous traités par une immunothérapie à base d'anti-PD-1. 

Une consommation élevée de sucralose (> 0,16 mg/kg/jour) est associée à de moins bons résultats cliniques :

  • dans le mélanome avancé, la survie sans progression (SSP) médiane baisse de 13 à 8 mois ;
  • dans le NSCLC, elle passe de 18 à 7 mois, avec un taux de réponse au traitement plus faible (12 % contre 49 %) ;
  • dans le mélanome résécable, la réponse au traitement est moindre, comme la survie sans récidive (19 vs 25 mois).

Des tendances similaires sont observées avec un autre édulcorant, l'acésulfame, mais pas avec l'aspartame ni la saccharine.

Des mécanismes impliquant les lymphocytes T

Des modèles murins ont confirmé ces observations et permis d'explorer les mécanismes sous-jacents. La consommation de sucralose entraîne une résistance à l'immunothérapie anti-PD-1 et une croissance tumorale significativement accrue, alors que la consommation de saccharose (sucre de table) est sans effet. Les mécanismes semblent impliquer les lymphocytes T : la consommation de sucralose a des effets délétères sur plusieurs processus (prolifération, fonction cytotoxique, métabolisme) des lymphocytes T. Ces effets ne semblent pas limités au seul cancer : ils toucheraient divers états pathologiques, du cancer à l'infection virale saisonnière.

24-37% La consommation d’édulcorants intenses est répandue dans la population générale, tant chez les personnes minces qu’obèses, 24 % à 37 % des adultes américains déclarant en consommer selon les enquêtes de rappel alimentaire.

Le microbiote intestinal, nécessaire et suffisant

L’effet du sucralose dépend entièrement du microbiote intestinal : des transferts de microbiote fécal (TMF) de souris consommant du sucralose suffisent à réduire l’efficacité de l’immunothérapie chez des souris naïves. Inversement, un TMF provenant de souris répondeuses au traitement restaure l'efficacité de l'immunothérapie chez les souris consommant du sucralose.

Plus spécifiquement, le sucralose modifie la composition du microbiote, favorisant des bactéries qui dégradent l'arginine et donc une réduction des niveaux d'arginine dans les selles, le sérum et la tumeur. Or, l’arginine est un métabolite clé du métabolisme des lymphocytes T. D’où leur épuisement. De manière remarquable, une supplémentation en arginine ou citrulline (précurseur de l'arginine) permet de restaurer la fonction des lymphocytes T et de surmonter la résistance à l'immunothérapie induite par le sucralose chez la souris.

Ainsi, certains facteurs alimentaires, dont les édulcorants artificiels, semblent représenter un mécanisme de résistance aux inhibiteurs de points de contrôle. Des études prospectives seront nécessaires pour confirmer un lien de causalité.

Tout ce que vous devez savoir sur le microbiote et l'immunité

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Le microbiote intestinal, épurateur de PFAS ?

Les PFAS, plus connus sous le terme de polluants éternels, ont contaminé notre environnement et nos aliments. Nos bactéries intestinales pourraient limiter l’absorption de ces substances par notre organisme : elles les séquestrent avant de les entraîner avec nos selles dans les toilettes. Bon débarras !

Le microbiote intestinal

Les  (sidenote: PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) Grand groupe de composés chimiques, également appelés « polluants éternels », formés d’une chaîne carbonée plus ou moins longue ou ramifiée, et contenant au moins un groupement fluoré. Leur extrême persistance dans l’environnement est connue depuis longtemps : la demi-vie de certains PFAS pourrait atteindre plusieurs dizaines d’années dans l’environnement. Toutefois, d’autres propriétés, présentes dans certains sous-groupes de PFAS, s’avèrent préoccupantes :

• la capacité de bioaccumulation dans les organismes vivants ;
• une forte mobilité dans l’eau, le sol et l’air ;
• un potentiel de transport sur de longues distances ;
• des effets (éco)toxiques ayant un impact sur la santé humaine et l’environnement.


Sources : 
European Environment Agency: PFAS Pollution in European Waters
Gaillard L, Bernal K, Coumoul X et al. Forever pollutants and human contamination: State of art and challenges around per- and polyfluoroalkyl substances (PFASs).Cah Nut & Diet. 2024. Dec (59);6:349-361.
)
, ou « polluants éternels », très présents dans les objets du quotidien (matériaux anti-incendie de notre mobilier, poêles antiadhésives, etc ...) se retrouvent aujourd’hui dans l’environnement, dans nos aliments… et a priori dans les bactéries de notre microbiote intestinal. C’est en tout cas ce que démontre pour la première fois une étude 1 menée chez des souris qui ont dû consommer 42 PFAS présents dans notre alimentation. 

4 700 Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) regroupent plus de 4 700 composés. ¹

50 à 80 milliards € Le coût annuel pour la santé de l’exposition aux PFAS est estimé entre 50 et 80 milliards d’euros en Europe. ¹

Des bactéries plus ou moins bioaccumulatrices

Résultat : plusieurs de leurs bactéries intestinales bioaccumulent en grande quantité certains PFAS. Leurs préférés, de manière surprenante : les PFAS de grande taille.
Sur 89 souches bactériennes étudiées, 38 s’avèrent être de redoutables ‘aspirateurs’ à PFAS, notamment celles appartenant à la famille des Bacteroidota. Même à très faible dose, les PFAS sont absorbés en 3 minutes chrono et accumulés dans les bactéries à des concentrations parfois 50 fois plus élevées que celle de l’environnement de la bactérie.

100

La demi-vie des PFAS à longue chaîne — c’est-à-dire le temps nécessaire pour que la moitié d'une substance se dégrade ou soit éliminée — pourrait aller de 10 à 100 ans, ce qui illustre leur extrême persistance dans l’environnement. Dans un organisme vivant, la demi-vie varie de quelques heures à quelques années selon la molécule. 2

Même pas mal !

Aussi surprenant que cela puisse paraître, malgré leur toxicité et leur effet "savon" (les PFAS sont connus et utilisés pour leurs propriétés tensio-actives), les PFAS semblent peu perturber le fonctionnement des bactéries intestinales. Ils s'accumulent à l’intérieur de ces microorganismes sous forme d’amas compacts, ce qui limiterait leur toxicité selon les auteurs. 

Mieux encore, les bactéries semblent s’adapter : après une centaine de générations, les descendants de Bacteroides uniformis ou E. coli grandissent plus vite que leurs aînés, malgré la présence maintenue des PFAS qu’ils continuent à piéger efficacement.
Même si les bactéries survivent bien, quelques changements sont néanmoins observés dans leur fonctionnement en réponse à ce stress, sans qu’on ne puisse, à ce stade, en mesurer les conséquences pour le microbiote ou l’hôte. 

Microbiote et exposome : un dialogue au cœur de notre santé

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Des PFAS éliminés par les selles

Mais surtout, et c’est la grande découverte de l’étude : les bactéries qui piègent les PFAS facilitent leur élimination naturelle. Chez des souris à qui l’on a transféré un microbiote intestinal humain, les PFAS sont retrouvés en plus grande quantité dans leurs crottes que chez des souris sans microbiote. Et plus les bactéries présentes dans le système digestif sont bioaccumulatrices, plus cette élimination est importante.

Ainsi, le microbiote intestinal, surtout s’il est riche en bactéries bioaccumulatrices, pourrait agir comme une sorte d’extracteur naturel de PFAS, piégeant ces polluants dans leur cytoplasme, avant de les emporter avec eux dans les selles. Direction : les égouts !
Ces résultats apportent un éclairage inédit sur l’impact des PFAS sur le microbiote, mais des études complémentaires restent indispensables pour comprendre le rôle de ces bactéries bioaccumulatrices sur la santé.

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Les bactéries intestinales, pièges à PFAS

Certaines bactéries du microbiote intestinal bioaccumulent les PFAS. Elles concentrent ces polluants au niveau intracellulaire, jusqu’à 50 fois plus que leur environnement. Un mécanisme inattendu qui pourrait participer à leur élimination via les selles.

Les PFAS1 ou « polluants éternels » ont envahi notre quotidien : mousses ignifugées de nos canapés, vêtements imperméables, poêles anti-adhésives, etc. Or, des interactions entre certains PFAS s’accumulant dans l’environnement et les bactéries sont déjà documentées : certaines souches de Pseudomonas, isolées de sites contaminés par les PFAS, bioaccumulent un PFAS contenant du soufre ; des lactobacilles se ‘bio-lient’ avec un autre PFAS. Quid du microbiote intestinal, interface clé entre l’exposition à ces substances via l’alimentation et notre corps ? Une question à laquelle répondent des travaux publiés en 2025 dans Nature Microbiology.

Une bioaccumulation forte et rapide

En testant 89 souches microbiennes, les chercheurs ont constaté que la capacité de bioaccumulation des PFAS varie considérablement d’une bactérie à l’autre : 38 souches, dont les bactéries du phylum des Bacteroidota, se montrent particulièrement bio-accumulatrices. Et ce, même à des concentrations faibles de PFAS. Le processus se révèle très rapide (quelques minutes suffisent), définitif (pas de relargage) et très efficace : la concentration intracellulaire en PFAS des bactéries est de l’ordre de 50 fois supérieure à celle du milieu, atteignant le millimolaire. Plus la molécule de PFAS est longue, plus elle est bioaccumulée par la bactérie. 

4,700 Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) regroupent plus de 4 700 composés.

50 à 80 milliards € Le coût annuel pour la santé de l’exposition aux PFAS est estimé entre 50 et 80 milliards d’euros en Europe.

Peu d’impact sur le fonctionnement des bactéries

De manière surprenante, les PFAS bioaccumulés impactent peu la vie des bactéries : leurs propriétés physico-chimiques les conduit à s’agréger en amas intracellulaires denses, limitant leur toxicité cellulaire et leurs effets. Les bactéries semblent même s’adapter au fil des générations : la 100e génération de B. uniformis et E. coli ΔtolC grandit plus vite que ses ancêtres en présence de PFAS, tout en conservant ses capacités de bioaccumulation.

Si elle ne remet pas en cause la viabilité des bactéries, la bioaccumulation induit néanmoins quelques modifications, notamment chez les bactéries les plus accumulatrices : des changements sont observés au niveau des protéines membranaires (notamment les pompes à efflux chargées d’excréter les toxiques) et de la sécrétion d’acides aminés impliqués dans l’axe intestin-cerveau ou la réponse au stress.

Le saviez-vous ?

La demi-vie des PFAS à longue chaîne — c’est-à-dire le temps nécessaire pour que la moitié d'une substance se dégrade ou soit éliminée — pourrait aller de 10 à 100 ans, ce qui illustre leur extrême persistance dans l’environnement. Dans un organisme vivant, la demi-vie varie de quelques heures à quelques années selon la molécule.2

Des PFAS excrétés dans les selles

Enfin, la présence de bactéries bioaccumulatrices dans l’intestin accroit l’élimination des PFAS : les selles de souris porteuses d’un microbiote humain s’avèrent bien plus riches en PFAS que celles de souris sans microbiote. Et l’excrétion de PFAS est d’autant plus efficace que les bactéries de la flore intestinale sont fortement bioaccumulatrices. Pour autant, les auteurs se refusent à se stade à en tirer la moindre conclusion quant à un éventuel bénéfice santé.

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Fresque sur la résistance aux antimicrobiens : apprendre, jouer et agir dès maintenant

La Fresque sur la résistance aux antimicrobiens est une expérience interactive et éducative qui sensibilise à l’un des plus grands défis de santé publique de notre époque. En alliant apprentissage, jeu et réflexion collective, elle invite chacun à comprendre les causes et les conséquences de la résistance aux antimicrobiens et à agir.

Photo WAAW 2025: Antimicrobial resistance fresco: learn, play and act now

C'est dans le cadre de la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (WAAW) que le Biocodex Microbiota Institute a contacté Querceo afin de concevoir un outil rapide et crédible pouvant être mis à la disposition du personnel médical et facilement déployé lors de divers événements et devant différents publics.

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À propos de la fresque AMR

Le résultat est une fresque éducative, visuelle et facile à utiliser qui met en évidence les liens étroits entre l'utilisation des antibiotiques, l'équilibre de notre microbiote et le phénomène de la résistance aux antibiotiques.

  • Cet atelier est ouvert au grand public et ne nécessite aucune connaissance scientifique préalable.
  • Facile à mettre en place, il est conçu pour une dizaine de participants et dure environ 15 minutes.

Il peut être facilement déployé dans de nombreux contextes : conférences médicales, réunions du personnel hospitalier, réunions de professionnels de santé, qu'il s'agisse de médecins généralistes, de pédiatres, de pharmaciens ou de personnel infirmier. Il peut également être utilisé dans les universités auprès d'étudiants en santé.

Guide d'animation

Ce guide d'animation permet aux animateurs de comprendre la dynamique de l'atelier et sa place dans le processus d'animation. Il décrit les différentes étapes de l'atelier, les explique et présente les résultats attendus en termes de matrice de cartes. Il offre également des conseils sur l'animation et les messages clés à transmettre tout au long de l'atelier. N'hésitez pas à garder ce document à portée de main lors de vos premiers ateliers.

Tout le matériel nécessaire pour organiser une fresque AMR :

Pour plus d'informations

Contactez-nous à l'adresse contact@biocodexmicrobiotainstitute.com

Tout ce que vous devez savoir sur les antibiotiques et la résistance aux antimicrobiens

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Qu'est-ce que la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens ?

Chaque année depuis 2015, l'OMS organise la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (WAAW), qui vise à sensibiliser le public à la résistance mondiale aux antimicrobiens. 

La résistance aux antimicrobiens survient lorsque des bactéries, des virus, des parasites et des champignons évoluent au fil du temps et ne réagissent plus aux médicaments. En raison de cette résistance aux médicaments, les antibiotiques et autres médicaments antimicrobiens deviennent inefficaces et les infections deviennent de plus en plus difficiles, voire impossibles à traiter, ce qui augmente le risque de propagation de la maladie, de formes graves et de décès.

Organisée du 18 au 24 novembre, cette campagne encourage le grand public, les professionnels de santé et les décideurs à utiliser avec prudence les antibiotiques, les antiviraux, les antifongiques et les antiparasitaires, afin de prévenir l'émergence de nouvelles résistances aux antimicrobiens.

À propos du Biocodex Microbiota Institute

Le Biocodex Microbiota Institute Biocodex Microbiota Institute est un centre international de connaissances dédié au microbiote humain. L'Institut communique avec ses utilisateurs en sept langues, s'adressant à la fois aux professionnels de santé et au grand public dans le but de sensibiliser à l'importance vitale de cet organe pour notre santé. La mission première du Biocodex Microbiota Institute est éducative : faire connaître l'importance du microbiote à tous.

À propos de Querceo

Querceo est un cabinet de conseil qui adopte une approche collaborative et systémique pour accompagner les organisations dans leur transition écologique. En créant et en diffusant des ateliers de sensibilisation, tels que la Fresque de la biodiversité, la Fresque One Health ou l'atelier SiNergie, Querceo contribue à mobiliser les organisations, permettant à chaque individu de comprendre et de s'approprier les grands enjeux de demain.

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Le microbiote nasal : la première ligne de défense de votre bébé

Pourquoi chez certains nourrissons le rhume reste-t-il bénin tandis que chez d'autres il se transforme en bronchiolite ? Une nouvelle étude révèle que la réponse ne concerne pas seulement le virus, mais aussi l'écosystème microbien du nez, qui agit en tant que première ligne de défense du système immunitaire.

Le microbiote pulmonaire

Tous les parents connaissent cette cascade d'événements : une simple toux et un nez qui coule peuvent rapidement se transformer en otite ou, pire, en bronchiolite. Nous avons longtemps blâmé le virus, mais une nouvelle étude capitale publiée dans Nature Communications 1 révèle qu'en général le virus ne fait qu'ouvrir le bal. En effet, tout se déroule au sein du (sidenote: Microbiote ORL Il s'agit de la communauté spécifique de microorganismes (bactéries, champignons, virus) qui résident dans les régions interconnectées de l'oreille, du nez et de la gorge. Cet écosystème se distingue du microbiote intestinal et joue un rôle crucial et direct dans l'immunité locale et la santé respiratoire. ) de votre bébé, la communauté de bactéries complexe présente dans le nez et la gorge, qui sert de première ligne de défense au système immunitaire. Cette recherche fournit un nouveau cadre pour comprendre la santé respiratoire au cours de la première année de vie.

Le déclencheur viral de la colonisation bactérienne

Les chercheurs ont suivi 300 nourrissons, dès leur naissance, en surveillant méticuleusement leur état de santé et en analysant plus de 2 400 prélèvements nasaux. Les données révèlent un mécanisme clair : une infection virale, qu'elle soit due à un rhinovirus courant ou au virus respiratoire syncytial (VRS), modifie profondément l'environnement du système respiratoire.

Le virus respiratoire syncytial (VRS)

Chaque années, le virus respiratoire syncytial (VRS), entraîne 3,6 millions d'hospitalisations et environ 100 000 décès chez les enfants de moins de 5 ans. ²

Il a été démontré que la présence d'un virus augmentait les risques de (sidenote: Colonisation bactérienne Il s'agit de la présence et de la croissance persistantes de bactéries sur une surface hôte, telle que la cavité nasale, sans provoquer de signes cliniques d'une quelconque maladie. C'est une condition préalable à l'infection, bien que distincte de celle-ci, qui représente un état de porteur asymptomatique. ) du nourrisson de 44 % pour Haemophilus influenzae, et de 83 % pour Streptococcus pneumoniae.

Pour les nourrissons déjà porteurs de S. pneumoniae, l'infection virale a presque quadruplé sa (sidenote: Densité de colonisation Il s'agit d'une mesure quantitative de la charge bactérienne, ou de la quantité d'une bactérie spécifique présente dans un échantillon, plutôt qu'un simple résultat indiquant la présence ou l'absence de cette bactérie. Une forte densité de colonisation peut augmenter le risque qu'un agent pathogène passe du statut de colonisateur inoffensif à celui d'infection active. ) créant un environnement à haut risque en matière de maladie invasive.

Nous arrivons à la partie la plus importante de l'étude. Le virus ne se contente pas d'aider les bactéries néfastes, il sabote activement les microbes bénéfiques qui les enrayent.

L'analyse a permis d'identifier quelques espèces protectrices spécifiques, comme Corynebacterium, qui empêchent les agents pathogènes de s'implanter. Cette étude a démontré qu'une infection virale entraînait une disparition directe de ces bactéries bénéfiques.

C'est cet appauvrissement qui ouvre la voie à la colonisation par des agents pathogènes. De manière contre-intuitive, les mêmes infections virales étaient associées à une probabilité 55 % moins élevée de contracter Staphylococcus aureus, ce qui révèle à quel point ces interactions microbiennes sont spécifiques et complexes.

Instauration d'un système immunitaire résilient pour votre enfant

Ces travaux soulignent qu'un microbiote ORL sain n'est pas une option ; il s'agit d'un élément fondamental pour une bonne immunité dès l'enfance.

En fait, la composition du microbiote nasal d'un nourrisson s'avère être un indicateur plus précis de la future acquisition de bactéries que les facteurs de risque cliniques standard. Le développement de cet écosystème est façonné par l' (sidenote: Exposome C’est en 2005, dans un article publié dans la revue Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention, que le Dr Christopher Wild définit pour la première fois l’exposome comme « la totalité des expositions auxquelles un individu est soumis de la conception à la mort. C’est une représentation complexe et dynamique des expositions auxquelles une personne est sujette tout au long de sa vie, intégrant l’environnement chimique, microbiologique, physique, récréatif, médicamenteux, le style de vie, l’alimentation, ainsi que les infections »
Source
)
, sachant que des facteurs tels que l'allaitement jouent un rôle déterminant dans l'ensemencement et l'alimentation des espèces bénéfiques.

Il est essentiel de comprendre ces dynamiques microbiennes précoces, car elles posent les bases de la santé respiratoire à long terme et peuvent influer sur le risque futur d'affections telles que les infections récurrentes et l'asthme.

Microbiote, asthme et antibiotique : une histoire de nez !

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Un consortium de 7 souches restaure l'intestin pour vaincre les bactéries résistantes aux antibiotiques

Comment éliminer les ERV après l'administration d'antibiotiques ? Surtout pas par une attaque directe, mais plutôt en restaurant l'écosystème. Un consortium de 7 souches, issu d'une conception rationnelle, restaure la barrière intestinale grâce à un synergiste clé de voûte qui libère le potentiel de tout le groupe.

Tout clinicien connaît ce compromis. Un traitement par antibiotiques à large spectre peut sauver des vies, mais il laisse souvent le microbiome intestinal à découvert. Cet état de (sidenote: Dysbiose Déséquilibre de la communauté microbienne, caractérisé par une diminution des bactéries bénéfiques et une augmentation des espèces néfastes, pouvant entraîner des problèmes de santé. ) ouvre la voie à la colonisation par des bactéries résistantes aux antibiotiques, au premier rang desquelles les entérocoques résistants à la vancomycine (ERV). Une nouvelle étude de l'INRAE détaille une stratégie précise pour restaurer les défenses de l'intestin, non pas par la méthode forte, mais par la méthode douce.

Une mécanique de précision pour la restauration du microbiote

Plutôt que de s'appuyer sur le mélange indéterminé d'une transplantation fécale, les chercheurs ont utilisé la modélisation mathématique pour concevoir rationnellement un consortium de sept (sidenote: Bactéries commensales Types de bactéries qui cohabite pacifiquement avec leur hôte, notamment dans l’intestin. Elles peuvent lui être bénéfiques en renforçant le système immunitaire, en aidant à la digestion ou en luttant contre les pathogènes. ) spécifiques. Ce (sidenote: Produit ou agent biotherapeutique Produit biologique contenant des organismes vivants, comme des bactéries, et destiné à prévenir ou traiter des troubles ou maladies (les vaccins n'entrent pas dans cette catégorie). Rouanet A, Bolca S, Bru A, et al. Live Biotherapeutic Products, A Road Map for Safety Assessment. Front Med (Lausanne). 2020;7:237. ) , appelé Mix7, comprend des souches des familles Lachnospiraceae, Ruminococcaceae, Lactobacillaceae et Muribaculaceae. Lorsqu'il a été administré à des souris infectées par Enterococcus, Mix7 ne s'est pas contenté de lutter pour reconquérir l'espace ; il a activement accéléré la restauration du microbiote. Cette étude montre un rétablissement rapide du phylum Bacteroidota, un groupe clé souvent appauvri par les antibiotiques, ce qui a un lien direct avec la réduction des niveaux d'ERV.

Il est intéressant de noter que les chercheurs ont constaté que l'effet de Mix7 ne se résumait pas à la somme de ses parties. Lorsqu'ils ont retiré un membre spécifique, (sidenote: Muribaculum intestinale Espèce de bactéries anaérobies appartenant à la famille des Muribaculaceae, un membre communément et abondamment présent dans le microbiote intestinal d'une souris en bonne santé. Cette souche spécifique a été identifiée dans l'étude comme un synergiste clé de voûte, constitutif de l'effet protecteur du consortium Mix7. ) , du consortium, tout l'effet thérapeutique a disparu. Pourtant, administrée seule, cette bactérie était inerte contre l'ERV. Des tests in vitro ont confirmé qu'aucune des souches Mix7, seule ou combinée, n'inhibait directement la croissance des ERV. Cela indique l'existence d'un mécanisme de coopération : M. intestinale n'est pas un « tueur direct », mais un synergiste clé de voûte nécessaire pour permettre aux six autres souches de restaurer efficacement la (sidenote: Barrière écologique Effet protecteur exercé par un microbiote intestinal sain et diversifié, qui empêche la colonisation par des agents pathogènes envahissants. Cette défense est assurée par des mécanismes tels que la compétition pour les nutriments et la production de composés antimicrobiens. ) . Il ne s'agit pas d'une action directe, mais d'une technique écologique.

Rétablissement fonctionnel

Cette restauration écologique a eu de profondes conséquences fonctionnelles. L'étude a montré que Mix7 était efficace même dans un état de dysbiose plus persistant, mais pas chez tous les sujets, avec un taux de réponse de 30 % à 70 % selon les essais. Chez les souris « répondeuses », l'élimination des ERV a été associée à un rétablissement fonctionnel complet de l'intestin, marqué par des concentrations cæcales plus élevées d'acides gras à chaîne courte, comme l'acétate, le propionate et le butyrate, ainsi que par une normalisation des profils des acides biliaires et des acides aminés.

Cette variabilité suggère une puissante application clinique : la composition initiale du microbiote d'un patient pourrait servir de biomarqueur prédictif, permettant de stratifier les patients les plus susceptibles de bénéficier de cette intervention. 

Vers une application clinique

Le chemin entre le banc d'essai et le patient semble prometteur. Pour mieux comprendre, cinq des sept espèces bactériennes de Mix7 sont communes à la souris et aux êtres humains ; les deux autres possèdent des équivalents fonctionnels directs avec les êtres humains. Ces travaux fournissent un schéma clair pour le développement de produits biothérapeutiques ciblés, qui non seulement éliminent un agent pathogène spécifique, mais restaurent également les défenses endogènes de l'hôte. Ces stratégies représentent un nouveau plan crucial dans la lutte contre les bactéries résistantes aux antibiotiques, un objectif clé souligné chaque année pendant la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (WAAW).

Tout ce que vous devez savoir sur les antibiotiques et la résistance aux antimicrobiens

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Qu'est-ce que la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens ?

Depuis 2015, l'OMS organise chaque année la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (WAAW) dont l'objectif est de sensibiliser sur le phénomène mondial de la résistance aux antimicrobiens. Cette campagne, qui se tiendra du 18 au 24 novembre, encourage le grand public, les professionnels de santé et les décideurs à faire un bon usage des antimicrobiens afin d'éviter l'apparition de résistance.

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Une fresque ludique et éducative pour saisir les enjeux de l’antibiorésistance

Comprendre les risques liés à l’antibiorésistance en 15 min chrono ! Tel est le défi proposé par le Biocodex Microbiota Institute avec sa première fresque digitale interactive, conçue pour sensibiliser largement à cette menace mondiale.

C’est une pandémie silencieuse qui prend de l’ampleur chaque année et pourrait devenir, d’ici 2050, la première cause de mortalité dans le monde, devant le cancer. L’antibiorésistance est dans le viseur de l’Organisation Mondiale de la Santé qui organise, chaque année, depuis 2015, la Semaine mondiale de sensibilisation au bon usage des antimicrobiens (dont les antibiotiques) qui poursuit plusieurs objectifs : sensibiliser et mieux comprendre la résistance aux antimicrobiens, mais aussi promouvoir des actions coordonnées pour lutter contre l'émergence et la propagation des agents pathogènes pharmaco-résistants.

Pilier de l’information scientifique et acteur incontournable de l’éducation et la formation des professionnels de santé et du grand public sur l’importance des microbiotes humains, le Biocodex Microbiota Institute participe, pour la sixième année consécutive, à cette campagne en proposant à ces différents publics un atelier pédagogique, ludique et interactif : la première fresque de sensibilisation à l’antibiorésistance.

15 minutes pour mesurer l’urgence, et passer à l’action

Destiné en priorité aux professionnels de santé (médecins généralistes, pharmaciens, pédiatres, personnels hospitaliers, étudiants en santé), l’atelier se veut simple, visuel et participatif. Il prend la forme d’un jeu de 60 cartes permettant de reconstruire différents scénarios d’usage des antibiotiques et d’en mesurer les conséquences à plusieurs échelles :

  • microbiote,
  • patient,
  • système de soins,
  • société.

L’atelier complet (guide d’animation, jeu de cartes) est dès aujourd’hui téléchargeable gratuitement

Accéder au matériel nécessaire pour faire l'atelier

L’atelier invite ensuite à prendre du recul sur les risques mondiaux liés à l’antibiorésistance (hausse des décès, pression sur la recherche, retour possible à une « ère post-antibiotique »). Enfin, il propose un temps de déclusion positif, autour de solutions concrètes et multi acteurs : prévention, vaccination, recherche, bon usage des prescriptions, approche One Health. Et pour la première fois, cet outil est proposé en libre accès, consultable et téléchargeable gratuitement par tous.

Un outil clé en main et accessible à tous

Conçu en partenariat avec Querceo, l’atelier a été pensé pour être facile à déployer :

  • Durée courte (15 minutes) et format adaptable à des groupes d’une dizaine de participants.
  • Utilisable lors de congrès médicaux, staffs hospitaliers, cours en faculté de médecine ou encore événements grand public.
  • Aucune connaissance scientifique préalable n’est nécessaire.
  • Disponible en libre accès et en 7 langues.

En rendant cet outil accessible à tous, le Biocodex Microbiota Institute poursuit plusieurs objectifs :

  • Équiper les professionnels de santé pour renforcer leur rôle de médiateurs auprès des patients et du public,
  • Éveiller la conscience collective autour d’un enjeu sanitaire et environnemental majeur,
  • Mobiliser largement contre l’antibiorésistance, chacun ayant un rôle à jouer.

Une initiative d’intérêt public confirmée par les chiffres de l’Observatoire

Les données récentes de l’Observatoire international des microbiotes montrent que si la sensibilisation progresse, les lacunes demeurent importantes.

Près de 3 personnes sur 4 savent aujourd’hui que les antibiotiques ont un impact sur leur microbiote (73%, +4 points vs 2023). Pourtant, seuls 2 patients sur 5 rapportent avoir reçu une information de la part d’un professionnel de santé sur ces effets (39%), et à peine 38% disent avoir été conseillés pour en limiter les conséquences.

« Ces chiffres traduisent un décalage préoccupant : alors que la prise de conscience grandit au sein de la population,
l’accompagnement médical sur les antibiotiques reste encore insuffisant. Cet atelier interactif et pédagogique n’a pas vocation à se substituer à l’information délivrée par les professionnels de santé, mais à offrir une clé de lecture complémentaire.
Son objectif est clair : renforcer le dialogue entre soignants et patients, et sensibiliser plus largement le grand public à ce défi sanitaire majeur, qui conditionne la médecine d’aujourd’hui et déterminera la santé des générations de demain. »

Olivier Valcke, Director of the Biocodex Microbiota Institute
À propos du Biocodex Microbiota Institute

Le Biocodex Microbiota Institute est un centre international de connaissances dédié au microbiote humain.
L’Institut communique avec ses utilisateurs en sept langues, en s’adressant à la fois aux professionnels de santé et au grand public, dans le but de sensibiliser à l’importance vitale que joue cet organe dans notre santé. La mission principale du Biocodex Microbiota Institute est éducative : faire connaître à tous l’importance du microbiote.

À propos de Querceo

Querceo est un cabinet de conseil qui adopte une approche collaborative et systémique pour accompagner les organisations dans leur transition écologique. En créant et en diffusant des ateliers de sensibilisation tels que la Fresque de la Biodiversité, la Fresque One Health ou encore l’atelier sinergie, Querceo contribue à mobiliser les organisations, en permettant à chacun de comprendre et de s’approprier les grands enjeux de demain.

Tout ce que vous devez savoir sur les antibiotiques et la résistance aux antimicrobiens

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Tout ce que vous devez savoir sur les antibiotiques et la résistance aux antimicrobiens

L’antibiorésistance (AMR) menace l’efficacité des soins. Il est temps d’agir : cette page vous fournit des outils concrets pour vous équiper et sensibiliser vos patients face à cet enjeu mondial.

Photo HCPs: AMR page for the 2025 WAAW campaign

Les antibiotiques ont révolutionné la médecine moderne, sauvant d’innombrables vies. Mais leur usage répété ou inapproprié perturbe profondément le microbiote intestinal, réduisant sa diversité et sa capacité de protection. Cette double facette entre progrès thérapeutique et déséquilibre microbien rappelle la nécessité d’un usage raisonné.

70 % des personnes interrogées affirment savoir que les antibiotiques ont un impact sur le microbiote

35 % Seule 1 personne sur 3 a été informée par un professionnel de santé que la prise d'antibiotiques pouvait avoir des conséquences négatives sur l'équilibre de son microbiote

À l'occasion de la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens organisée chaque année par l'OMS, le Biocodex Microbiota Institute fait le point.

Qu’est-ce que la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens ?

Depuis 2015, l’OMS organise chaque année la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (WAAW), qui a pour but de mieux faire connaître le phénomène mondial de résistance aux antimicrobiens.

Organisée du 18 au 24 novembre, cette campagne invite le grand public, les professionnels de santé et les décideurs politiques à faire un usage raisonné des antibiotiques, des antiviraux, des antifongiques et des antiparasitaires afin de prévenir le développement accru de la résistance aux antimicrobiens.

L’exposition répétée aux antibiotiques peut déséquilibrer profondément le microbiote, entraînant une dysbiose aux conséquences cliniques variées. Ces altérations du microbiote sont aujourd’hui reconnues comme un facteur de risque dans de nombreuses pathologies. Mieux les comprendre, c’est renforcer la prévention et la personnalisation des soins.

L'utilisation à grande échelle et parfois inappropriée des antibiotiques les rend de moins en moins efficaces dans le traitement des infections, de nombreuses bactéries étant désormais résistantes aux antibiotiques. La surveillance, la recherche et la sensibilisation restent essentielles pour maîtriser cet enjeu majeur de santé.

Microbiotalk : courtes conférences sur la résistance aux antimicrobiens

Cette conférence Microbiotalk vise à mettre en lumière les défis multiples de la RAM, en explorant les liens complexes entre le microbiote intestinal, les facteurs environnementaux et la santé publique. Avec la participation d’experts internationaux et de représentants de patients, l’événement abordera des sujets tels que l’impact des antibiotiques sur le microbiote intestinal, l’apparition de résistances dès la petite enfance, les réservoirs environnementaux de bactéries résistantes et le rôle crucial de l’engagement des patients et du grand public.

Microbiotalk : conférences sur la résistance antimicrobienne

Plongez dans les conférences

Fresque sur la résistance aux antimicrobiens : apprendre, jouer et agir dès maintenant

Chaque initiative compte dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Visualiser les données, partager les connaissances et renforcer la collaboration entre professionnels de santé sont des leviers essentiels. La sensibilisation collective est au cœur de la stratégie mondiale de prévention.

Découvrez le premier collage illustrant les enjeux de la résistance aux antimicrobiens.

La toute première fresque de l'antibiorésistance

En apprendre plus sur cet outil

Après un traitement antibiotique, le microbiote met du temps à retrouver son équilibre. Des approches basées sur la compréhension des interactions entre antibiotiques et flore intestinale ouvrent la voie à de nouvelles approches de soutien. Ces connaissances ouvrent des perspectives prometteuses pour le maintien d’un microbiote sain et la prévention des dysbioses post-traitement.

Comment reconstruire mon microbiote intestinal après avoir pris des antibiotiques ?

Comment parler de la santé intestinale : les conseils du Pr Sokol. Cette série de vidéos éducatives est conçue pour aider les professionnels de santé à mieux communiquer avec leurs patients sur le microbiote intestinal.

Comment reconstituer mon microbiote intestinal après une prise d’antibiotiques ?

Améliorez vos consultations grâce aux conseils d'experts

Résistance aux antibiotiques : explorez tous les effets

Les effets de la résistance aux antibiotiques dépassent la sphère clinique : ils concernent aussi l’environnement, le microbiote et la santé planétaire. Ce phénomène global exige une approche intégrée « one health” pour agir efficacement. L’heure est à la compréhension, à la prévention et à la collaboration.

Découvrez nos articles pour explorer l’ensemble des impacts de la résistance et les solutions envisagées à l’échelle mondiale :

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Phagothérapie : une nouvelle voie pour restaurer l’efficacité de la chimiothérapie

Une équipe de recherche chinoise viennent d’identifier une bactérie du microbiote intestinal qui serait impliquée dans la résistance aux chimiothérapie chez les patients atteints de cancer colorectal. Ils ont également mis en évidence un phage capable de cibler spécifiquement cette bactérie et de restaurer la sensibilité tumorale aux traitements.

Les phages feront-ils bientôt partie de l’arsenal thérapeutique pour lutter contre les cancers colorectaux (CCR) ? C’est ce que suggère une très belle étude publiée dans la revue Cell Host & Microbes. 1

Selon les auteurs, une bactérie intestinale présente en abondance chez les personnes en échec thérapeutique serait à l’origine de la résistance à la chimiothérapie. En l’éradiquant grâce à des phages, des virus ciblant les bactéries, il serait possible de rétablir la sensibilité des cellules cancéreuses aux traitements et ainsi d’améliorer la survie des patients.

Pour le mettre en évidence, les chercheurs ont procédé en plusieurs étapes. D’abord, à partir de l’analyse des microbiotes de deux cohortes indépendantes de malades (total de 106 patients dont 34 ne répondaient pas au traitement), ils ont remarqué que l’abondance de la bactérie Bacteroides fragilis était significativement plus élevée chez les non-répondeurs, et que cette abondance était corrélée à un moins bon pronostic.

1,9 million C’est le nombre de nouveaux cas de cancer colorectal en 2020 dans le monde. ²

930 000 C’est le nombre de décès liés au cancer colorectal en 2020. ²

Une bactérie intestinale qui assombrit le pronostic

Les scientifiques se sont demandé si B. fragilis était en cause dans la chimiorésistance. Pour tester leur hypothèse, ils ont mis en culture des cellules cancéreuses humaines en présence de B. fragilis puis de deux médicaments de chimiothérapie, le 5-fluoro-uracile (5-FU) et l’oxaliplatine (OXA).

Les résultats indiquent que B. fragilis réduit bien la sensibilité des cellules cancéreuses à la chimiothérapie, notamment en supprimant l’apoptose induite par ce traitement. La même expérience in vivo sur des modèles murins de CCR confirme ces résultats avec, après traitement par 5-FU et OXA, la présence d’un plus grand nombre de tumeurs chez les souris exposées à B. fragilis que chez celles qui n’y étaient pas exposées.

L’analyse des ARN des cellules cocultivées ou non avec B. fragilis puis traitées avec du 5-FU et de l’OXA a ensuite montré que B. fragilis régule à la hausse Notch1, une voie métabolique qui semble sous-tendre la chimiorésistance des cellules de CCR.

Fragilis mais redoutable !

Les chercheurs se sont alors demandé par quelles interactions bactérie-cellule cancéreuse la voie Notch1 était activée. Une observation au microscope électronique à balayage de cellules in vitro et in vivo leur a permis de constater que B. fragilis adhérait bien aux cellules cancéreuses.

Selon les auteurs, il existe à la surface des bactéries une lipoprotéine membranaire de la famille SusD/RagB capable de se fixer spécifiquement sur les récepteurs Notch1 des cellules cancéreuses. Cette fixation activerait la voie de signalisation Notch1 et induirait la « transition épithéliale-mésenchymateuse » correspondant à la première étape de dissémination des cellules cancéreuses (métastases).

3e cancer le plus fréquent. ²

2e cause de décès liés au cancer. ²

Les + de 50 ans sont les plus touchés. ²

Les phages à la rescousse

Pour couronner l’étude, les chercheurs ont identifié un phage nommé VA7 capable d’éliminer spécifiquement B. fragilis de manière sûre et efficace. Ils ont administré le phage à des souris CCR rendues chimiorésistantes après l’exposition à B. fragilis et constaté que celui-ci avait complètement inversé la chimiorésistance induite.

Cette étude est particulièrement intéressante car elle démontre que :

  • La présence d’une abondance de B. fragilis dans le microbiote de patients atteints de cancer colorectal pourrait servir de biomarqueur non invasif pour prédire l’efficacité de la chimiothérapie ; 
  • En combinant la chimiothérapie avec des phages VA7 chez les patients présentant une abondance de B. fragilis il pourrait devenir possible d’améliorer la réponse clinique et ce, sans effet secondaire.

Affaire à suivre !

B. fragilis n’est pas la seule bactérie influençant le pronostic de cancer du côlon

Selon des chercheurs français, Escherichia coli productrices de colibactine (une substance génotoxique et protumorale) serait, elle aussi, présente en abondance dans certains cancers colorectaux, notamment ceux touchant le segment droit du côlon. Cette bactérie rendrait les cellules cancéreuses moins visibles par l’immunité antitumorale et moins sensibles à l’action de la chimiothérapie. En 2019, une étude chinoise 4 mettait en évidence que la présence de Fusobacterium nucleatum diminuait également l’efficacité du 5-fluoro-uracile.

Le lien entre microbiote et métabolisme dans le cancer du côlon

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